Avis aux français , par Mailhe,...

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Debray (Paris). 1798. 54 p. ; in-8.
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Publié le : lundi 1 janvier 1798
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AVIS
AUX FRANÇAIS.
AVIS
AUX FRANÇAIS,
V
/,'" '\- : 1 '*,
:k/:M A I L H E ,
~-(~Rie reporte par la loi
N^^p^ç^fjrtictidor, an V.
A PARIS,
Chez
GUILLAUME, Libraire. rue Je l'Epf'r(,n, n*. 52,
DE B It A Y, Libraire, Palais - Egalité , GALTRIPS
1 de bois.
AN VI î.
- A
AVIS
AUX FRANCAIS,
Par MA ï L HE, ex-député,
déporté par la loi du 19 fruc-
tidor 7 an V. *
PASSANT, il ya quelques jours, le long
d'un quai, vers les six heures du soir, je
fus coudoyé par un citoyen, qui s'arréta.
pour me fixer. Il n'en falloitpas tant pour
me déterminer à précipiter mes pas. Un
instant après , je me sentis frapper sur
l'épaule, et j'entendis aussitôt une voix
qui me dit : Pourquoi me fuis-tu, regar-
de-moi , et tu reconnoîtras bientôt que
tu n'as rien à craindre de ma part. Je me
rappelai, en effet, qu'il étoit venu chez
moi, après le neuf thermidor, me remer-
cier des. soins que je m'étais donnés pour
* L'original de cette pièce est déposé chez le cit. Bro,
notaire, rue Sulpice, près la rue Garancière, u'. 7,23.
( 2 ) � -
le recouvrement de sa liberté, et que je
l'avois vu ensuite, dans plusieurs autres
'occasions. Nous fîmes quelques fours sur
le quai, malgré que le temps ne fût rien
moins que favorable à la promenade ;
puis, il me dit qu'il étoitinvité à un sou-
per , où devoient se trouver quelques jo- -
lies femmes ; et il me proposa de m'in-
troduire dans cette partie de plaisir. Nous
arrivâmes chez l'Amphytrion, quelques
lieures avant celle du rendez - vous, {j'é-
toit un homme assez avancé en âge, gros,
gras, et cependant vif et dispos. Nous le
trouvâmes auprès d'un bon feu, causant
avec un jeune homme long, pâle, sec, et
costumé à-peu-près comme on l'étoît
en g3. Ils figurent l'un et F autre dans le
dialogue qui suit , savoir; le premier,
- sous le nom de Terrier; le second, sous
le nom de Satu 'rnin. Mitigat, mon intro-
ducteur , me présenta sous mon véritable
nom, et avec ma triste épithète de dé-
porté. Terrier, et sur-tout Saturnin, pré-
tendirent me connoître de réputation, et
pour avoir entendu ou lu mes opinions
( 3 )
politiques. Ce dernier ajouta: « Je suis
« frappé par l'acte du 22 floréal comme
, « tu Tes par la loi du 19 fructidor; con-
« soloiis - nous - en, tout cela pourra sa
« réparer. » J'avoue que je fus effrayé
de me trouver avec un tel homme ; mais
il n'était plus temps de reculer. Je pris
mon parti.
La conversation s'engagea d'abord en
termes vagues sur les deux lois dont je
viens de parler ; et l'on arriva insensible-
ment au point où commence le dialogue.
Révolté des opinions et des propos de
Saturnin et de Terrier , je me retirai au
moment du souper; et comme jemetrou-
vois dans un quartier très-éloigné de mon
asyle, et que nul n'est moinsverséquemoi
dans laconnoissancedesrues de Paris, Mi-
tigat voulut bien m'accompagnera Com-
ment appelles-tu, lui dis-je en chemin, les
deux sots que nous venons de quitter ?
N'as-tu pas vu,me répondit-il, qu'avarftno.
■ tre discussion ils m'ont parlé à l'oreille ?
Cétoit pour me recommander de ne point
prononcer leurs noms, et de te les laisser
( 4 )
ignorer, dans le cas où tu n'entrerais pas
dans leurs vues. Je l'ai promis, et je dois
tenir ma parole. — J e te jure que ma cu-
riosité étoit sans objet. Quand même je
connoîtrois leurs noms, je les déguiserois
dans le dialogue que je me propose de
rédiger. — Quoi I sérieusement, tu veux
faire cette rédaction? — Ri en "n'est plus
certain ; et, si tu y consens, je t'y ferai
parler sous ton véritable nom. Les opi-r
nions que,tù as énoncées ne peuvent que
te faire honneur. - Garde -t'en bien; je
te désavouerois. Je n'ai nulle envie de me
mettre en spectacle, et je me trouvé trop
bien de mon obscurité, pour vouloir ja-
mais en sortir. — Je ne saurois blâmer ta
détermination. Plût-à-dieu que, dans le
temps, j'en eusse pris une semblable, et
que je l'eusse toujours observée 1
Ainsi le nom de Mitigat est supposé
comme ceux de Saturnin et de Terrier.
On ne doit pas non plus s'attendre à re-
trouver ici avec une scrupuleuse exacti-
tude , soit l'ordre des idées émises par les
interlocuteurs, soit la contexture de leurs
v �
( ■> )
expressions. Eussé-je voulu m'y assujettir,
ma mémoire ne m'auroit pas servi jus-
ques-là; mais il est certain que la subs-
tance du dialogue est purement histori-
que. J'ai cru que la publication pourroit
enêtre utile dans un temps oùdes factieux
de diverses couleurs ne cessent de rêver
la dissolution du gouvernement. Le ha-
sard m'a fourni en effet d'autres occa-
sions de voir des royalistes aux prises
avec des hommes tels que Mitigat. J'ey
ai vu sourire aux fureurs délirantes que
quelques anarchistes manifestent contre
le directoire, et dans leurs discours, et
dans leurs écrits. J'en ai entendu dire
qu'il n'y avoit d'espoir pour le prétendant
que dans-la réunion des anarchistes et des
royalistes. D'autres prétendoient avoir
appris que cette réunion existoit réelle-
ment entre les chefs des deux partis. Les
insensés! ils ne voient pas que si l'anar-
chie pouvoit renverser le gouvernement,
deux mois lui suffiraient pour réaliser
l'extermination méditée par Babceuf ; ils
ne voient pas que leur réunion, même
( G )
avec les anarchistes, ne les conduirait pas.
'à leur but, ou que du inoins ils n'y arri-
veraient que morts, ou irrévocablement
privés de tout ce qui leur est cher ; que
cette réunion ne pourroit en effet se ci-
menter que par un accord et une série
interminable de proscriptions respective-
ment dirigées contre les hommes des
deux partis originaires ; que, si elle ré-
sistait aux efforts des républicains, elle
seroit divisée, avant la consommation de
l'objet de son monstrueux traité, par la
nature et le but du crime qui l'auraient
formée ; que sa persévérance et ses succès
mêmes convertiraient la France en une
mer de sang, sans port et sans rivages ;
qu'alors sans doute le prétendant, et les
rois auxiliaires qu'il aurait admis au par-
tage du territoire de la république, pour-
raient s'emparer de leur proie , mais
qu'ils ne trouveraient plus à régner que
sur des cadavres, des décombres et des
déserts.
Français, croyez-en la funeste expé-
rience que j'ai acquise dans la révolution.
( 7 )
Quelles que soient vos opinions,vous avez
tous un intérêt commun, c'est celui de-
prévenir toute secousse dans l'ordre établi
par la constitution, d'abjurer tout esprit
4e haine et de passions particulières, dj
, fermer les yeux sur le passé, de ne les te-
nir-ouverts que sur le présent et l'avenir,
<îe V0135 rallier autour du gouvernement,
de lui aider franchement à consolider les
grandes destinées de la France; qu'il ne
voie plus d'ennemis dans l'intérieur, qu'iL
puisse porter toute son attention et ses
- forces au - dehors, et bientôt vous verrez
disparoître les nouveaux mouvemens de
discorde et de guerre que la perfidie bri-
tannique cherche à soulffer sur l'un et
l'autre hémisphère; et bientôt vous sen-
tirez jusqu'où peuvent se porter les jouis-
sances de votre constitution, et bientôt il
ne sesa pas un de vous qui ne se glorifie
d'avoir sacrifié quelques vains préjugés a il
repos public et à la félicité générale.
Français, le bonheur est dans vos
mains, malheur à vous, si vous le laissez
échappes !
(8)
On croira peut-être que je cherche ici
à me faire valoir ; non. Mon sort est dé-
cidé. Compris dans une .mesure terrible^
dont j'ai reconnu trop tard la nécessité,
je n'attends, et ne demande aucune grace
particulière ; bien déterminé cependant
à mourir, s'il le faut, plutôt que de lais-
ser grossir de mon nom l'infâme liste des
émigrés, je me présenterai pour subirma
v destinée. Quand je serai au lieu de ma
déportation, je compléterai; s'il m'est
possible, la rédaction du dialogue qu'on
va lire; car la crainte d'être trop long
dans ce premier écrit, ne m'a permis d'y
; ramener qu'une partie des objets vrai-
ment importans qui avoient été discutés
entre les quatre interlocuteurs.
MAILHE. f
( 9 )
DIALOGUE.
I
Entre TERRIER, royaliste forcené ;
S^TURNIN , anarchiste, repoussé
du corps législatif par la loi dit 22
floréal ; M1 T I G AT , royaliste par
penchant , mais républicain par
raison ; et MAILHE , condamné à
la déportation par la loi du 19
fructidor.
Terrier.
Puisque nous nous trouvons réunis ici
tous quatre, nous en profiterons pour dis-
cuter un projet politique que vous necon-
noissez encore , ni vous , Mailhe , ni
vous, Mitigat; mais j'en suis déjà d'ac-
cord avec Saturnin, et nous pouvons en
conférer sans crainte de trouble, en at-
tendant le souper.
M A ,1 L H E.
Ce citoyen, que vous appelez Saturnin,
ne disoit-il pas tout-à-l'heure qu'il est
- ( ro ) �
, pn de ceux qui furent repousses du corps
législatif par la loi du 22 flo re'al?
Terrier.
Oui, et il n'en vaut que mieux.
M A I L H E.
Mais, si je ne me trompe, vous êtes
un royaliste bien prononcé; c'est du
moins sous ce rapport que Mitigat m'a
prévenu sur votre compte : comment
donc se fait-il que vous puissiez être
d'accord avec un anarchiste sur quel-
que objet politique?
Saturnin.
Il sièd bien à un royaliste fructido-
risé de me qualifier d'anarchiste.
M /A 1 L H E.
(
Je desire que tu ne sois pas plus anar-
chiste que je ne suis royaliste : mais
enfin
Terrier. ,
Mes amis, point de querelles, il s'a-
git au contraire de se rapprocher ; eh !
( II )
qu'importent quelques nuances dans
les opinions ? le point essentiel est de
marcher vers le même but. J'y marche
de concert ave Saturnin ; et si vous con-
sentez l'un et l'autre ( en s'adressant
à Mailhe et Mitigat ) à joindre vos res-
sources aux nôtres, comme je n'en doute
point, nous ne tarderons pas à renver-
ser notre ennemi commun.
M A i L H E, ( bas à lilitigat.)
Est-ce dans un conciliabule de cons-
pirateurs que tu m'as attiré ?
Mitigat, ( bas à Mailhe. )
Je m'en doute comme toi; mais j'ai
cru, je te le jure, qu'il ne s'agissoit que
de nous égayer dans un souper agréable.
Dissimulons cependant, pour voir quelle
est leur trame.
Terrier.
Les amis de la monarchie et de
Louis XVIII ont échoué dans tous leurs
complots. Les partisans du régime qui
précéda le g thermidor ont également
( 12 )
succombé dans les divers combats qu'ils
ont livrés à la constitution ; et ce résul-
tat, de part et d'autre, étoit infaillible,
toutes les fois qu'il arrivoit, par je ne
sais quelle fatalité , que les uns se trou-
voient réciproquement réunis contre les
autres sous l'étendard des républicains.
Le plus souvent on a vu les royalistes
et les anarchistes combiner leurs attaques
sous les mêmes drapeaux ; mais alors
ils n'ont pas mis assez d'intelligence ou
d'ensemble dans leur marqhe, et jamais
d'ailleurs, ni ceux-là, ni ceux-ci- n'ont
eu l'art suffisant de déguiser leurs pro-
jets, soit respectifs, soit communs.
Enfin l'expérience nous a rendus sages
et clairvoyans ; les royalistes et les anar-
chistes se sont convaincus qu'ils ne
peuvent rien séparément, et les chefs
des deux partis se sont déterminés à une
réunion franche, loyale, mais secrète, de
leurs forces. Cela ne suffiroit pas néan-
moins dans un temps où le gouvernement,
malgré ses revers maritimes, est encore
brillant et fort de ses triomphes intérieurs
( 13 )
et de ses invasions continentales ; mais
la coalition est renouée, et. bientôt ses
foudres se feront entendre sur les di vers 1
points de nos frontières : en attendant,
il s'agit de lui aplanir moralement les
chemins vers le cœur de la France. La
masse de ses habitans est malheureuse-
ment attachée à sa chimère de consti-
tution de l'an 3 ; il faut lui faire voir
qu'il n'en existe plus que le nom; qu'elle
fut déchirée le 18 fructidor, et mise en
lambeaux le 22 floréal ; il faut rejeter
sur le directoire exécutif toute l'horreur
de ce double attentat ; il faut le peindre
comme ayant, par là, usurpé la souve-
raineté du peuple; il faut affirmer qu'en
vertu d'une convention ténébreuse avec
Louis XVIII lui-même, il se "dispose
à prostituer sa puissance au rétablisse-
ment de l'antique monarchie, dont il doit
recevoir, à titre perpétuel d'indemnités,
les plus hautes faveurs.
Voilà comment nous accumulerons sur
les cinq têtes les haines mêmes des-plus
francs constitutionnels ; voilà comment
( 14 )
chacun finira par se demander : Mais
pour qui donc irai-je me battre? et dès.
lors plus de conscription; voilà com-
ment l'esprit même des armées serefroi-
dira et s'aliénera du gouvernement, pour
tomber sousnotre influence directe. Dans
une telle situation, quels obstacles pour-
roient empêcher l'arrivée de nos libéra-
teurs? Nous ne les attendrons même pas
s'il se présente une occasion intermédiaire
et décisive ; mais nous frapperons nous-
mêmes le grand coup ; et quelle gloire
pour nous ! quels droits à la reconnois-
sance du trône que nous aurons relevé !
C'est sur - tout par des écrits indus-
trieusement répandus parmi le peuple
et les armées, que nous amènerons les
esprits au point de dégradation néces-
saire à notre succès. Le grand art sera
d'éviter également dans ces écrits toute
couleur royale et anarchique : que les dé.
clamations contre le directoire y portent
l'empreinte d'un patriotisme paisible et
raisonné; qu'on y fasse profession d'un
attachement inébranlable à la constitua
( 15 )
tion -, qu'on y provoque un ralliement
général autour d'elle, pour la faire re-
lever des atteintes qu'elle a reçues, et
pour assurer enfin aux citoyens la jouis-
sance entière des bienfaits qu'elle leur
promet ; qu'en même temps on y prêche
Foubli de toutes les haines et la persé-
vérance d'une seule passion, qui sera
ee^le de ]a liberté constitutionnelle : avec
ces précautions, le succès est certain;
sans elles, nous nuirions à notre cause
plus que nous ne la servirions.
MAILHE, {à part.}
Dissimulons encore. (haut) Eh ! vous
présentez sérieusement cette tactique
comme nouvelle ? elle est usée.
TERRIER,
Je conviens qu'elle a déjà été employée;
mais jamais avec assez d'art, et toujours
avec des imprudences qui laissoient ap-
percevoir le but.
SATURNIN.
Terrier n'a pas tout dit ; Mitigat et
Mailhe, qui sans doute ont entendu
( r.6 ) ;
parler de mon ardent patriotisme , pa-
roissent encore étonnés du changement
dé mon opinion ; il faut leur en dire fran6
chement la cause.
C'est avec l'appui des patriotes qu'au
18 fructidor le gouvernement abattit le
royalisme : .alors plusieurs d'entre nous
furent rétablis dans les fonctions publi-
ques ; mais peu de temps après ils en,
furent presque tous expulsés , sous le:
vain prétexte de quelques excès ou exa-
gérations , qui n'éloient que des vertus -
révolutionnaires et nécessaires. Cette in-
gratitude les exaspéra. Quelques - uns
d'entre eux se rapprochèrent du roya-
lisme ; et c'est sur le plan de cette-réu-
nion que furent préparées les dernières
élections dans plusieurs départemens :
mais les heureux résultats en furent
annullés par l'acte du 22 floréal.;Je me
trouvai personnellement atteint par cet
acte infâme, et jamais je ne le pardonne-^
rai à ceux qui le provoquèrent.
J'aimois le régime républicain , non
pas tel qu'il est avec une constitution
( 17)
aristocratique, mais tel qu'il avoit été
conçu par le célèbre martyr de Ven-
dôme. Dans le désespoir de l'obtenir,
j'y renonce ; mais, à son défaut, je pro-
fère la royauté à toute autre forme de
gouvernement, et cette détermination
m^jromet deux grands avantages. D'a-
bord , je me venge du directoire ; et
périsse la liberté jusques dans ses der-
niers vestiges , pourvu que je satisfasse
mon ressentiment ! Ensuite je jouerai
sous la monarchie un rôle dont l'impor-
tance aura pour mesure celle de mes
services. La même destinée vous attend
- l'un et l'autre, ainsi que vos amis eti.
les miens ? si vous travaillez à la mé-
ri ter.
M 1 T 1 G A ,T.
Que demandes-tu de nous ?
SATURNIN.
Toi, d'abord , tu es connu par des
o p inions modérées, sans avo i r l' i m p ru-
dente^^ OT ^D^id^rtains roya listes; on
sait .ti^parV^^s secrètement leur
.,sa1 it - lew
B
( la )
vpcti : ta réputation te donnera une grande
innuence, soit sur les royalistes, mêmes,
pour leur apprendre à dissimuler leurs
espérances , soit sur les esprits faibles et ,1
mécontens qu'encouragera la foi de ta
sagesse, et qui se tiendront prêts à éclater
à là première occasion.
M I T I G A T.
Tu connois mal" mon caractère poli-
tique et le voici en deux mots : lors-
qu'il eu étoit encore temps , je desirois
le mairuiende lamonarchie par la crainte'
des désordres que, je, pressentais dans les'
résultats de sa chûJe, Mais aujourd'hui
que la république est élablie, je desire,
et tout Français , tant soit peu honnête
et humain dpit franchement desirer -
avec moi qu'elle se maintienne , pour
ne pas voir retomber la France dansun
nouveau déluge de calamités publiques
et privées , qu'entraîneroit nécessaire-
ment sa dissolution
Terrier.
—Nous vous guérirons de vos alarmiques
préjugés. de vos.a l arrn i q ues
( 19 )
S A t U R NIN.
, Quant A Mailhe , il a une vieille ré-
putation de patriotisme raisonnable qu'il
lui sera facile de rajeunir, malgré sa
dégradation civique ) si les circonstances
le demandent. Il a fait une étude de
l'art avec lequel il faut paraître marcher
sur la ligne qui sépare les deux extrêmes ,
et sa phllne y est dès long-temps exerr-
cée. Nul rie sait mieux parler le langage
de la constitution , ni plus adroitement
broyer les couleurs séduisantes qu'exige
notre plan ; et si une fois il se guérit de
ses craintes sur le retour du régime ré-
volutionnaire , qui donneroient à son
style une teinte noire et suspecte ; s'il
travaille imperturbablement à mettre
notre système en œuvre, et que ses écrits
paroissent sous le nom de quelque ré-
publicain sans tache comme.
Mailhe.
Tes prétendus éloges sont des ou- -
ti ages.,I, 'art de déguiser ce qu'on pense-
ne fut jamais le mien. Si j'ai quelque
( 2° )
mérite, il est dans ma franchise; et - je
vais t'en donner une preuve. Le plan
que vous venez d'énoncer l'un 'et l'autre
n'est qu'une horrible conspiration. Il ré-
volte toutes les facultés -de, mon ame; et
ce n'est qu'à force dé me contraindre
que j'ai pu l'entendre. Mais ce n'est
point par les expressions seules de mon
indignation que je veux vous répondre :
j'opposerai le langage de la raison a
eelui du délire qui vous entraîne.
x Tout votre système repose dans le
masque de patriotisme dont vous pré-
tendez vous revêtir. Nous avons vu les
plus habiles scélérats épuiser succes-
sivement cette ressource dans tous les
sens dont elle est susceptible : mais Les
traces encore sanglantes de leurs succès
et de leurs chûtes sont depuis long-temps,
pour le peuple, une instruction toujours-
parlante à ses yeux et à son esprit ; et
vous ne le verrez plus s'agiter, dans sa
nra.&se , à la voix d'aucuue espèce de
charlatanisme politique. L
Vous comptez sur votre réunion ae-

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