Avis aux vrais catholiques, ou Conduite à tenir dans les circonstances actuelles ([Reprod.])

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de l'impr. de Crapart (Paris). 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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Il:1
NBS 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Headington Hill Hall, Oxford OX30BW, UK
^̃P^CATHOLIQÙES,
CONDUITE ATBNIR
DANS LES CIRCONSTANCES ACTUELLES,
Eu réponse aux cinq Questions suivautes
Que doivent faire les électeurs ?
a°. Que doit faire l'ecclésiastique élu ?
4 y. Que doit faire le pasteur déplacé ?
4°. Que doivent faire les xutres ecclésiastiques ?
5°. Que doivent faire lis simples fidèles ?
CINQUIÈME ÉDITION,
Augmentée par l'Auteur.
A P AAR I S
De rimprirnèrie de CRAPART Libraire i
place Saint-Michel.
A2
A V I S
A U X
VRAIS CATHOLIQUES,
ou
CONDUITE A TENIR
DANS LES CIRCONSTANCES ACTUELLES.
LES maux qui affligent aujourd'hui l'église
de France, et ceux dont elle est menacée,
donnent lieu à cinq grandes questions vrai-
ment intéressantes qui se présentent d'abord,
et qu'il importe d'éclaircir au plutôt. Le
tems ne me permettant pas de les traiter avec
toute l'étendue dont elles seroient suscepti-
bles, je tâcherai du moins d'y suppléer par
l'exact itude des principes, et la clarté de nies
réponses. Mon unique dessein est d'éclairer
le vrai fidèle sur la conduite à tenir dans ces
tristes conjonctures, d'après les règles cer-
taines de la piété chrétienne et de la foi ca-
tholique. Mais avant tout, il convient de
( 4)
mettre ici sous les yeux du lecteur, les déci-
cbions alaires et précises du saint concile de
Trente qui n'a fait en cela que rappellér
la doctrine et la discipline constante de l'é-
glise.
Aucun évêque (dit-il, session VI, de
reformatione, chap. 5, et session XIV, chap.
5. ) ne peut, sous aucun prétexte que ce
soit, exercer les fonctions attachées à sa
dignité dans le diocèse d'un autre, ni or-
donner aucun sujet de celui-ci sans sa-per-
mission expresse. S'il en agit autrement
qu'il demeure IPSO Jl RE, suspens del'exer-
cice de ses fonctions ̃> ainsi que celui qu'il
au roit ainsi ordonné, A la session XXIII
de ordine, vers îa fin du chap. 4 nous li-
sons ces paroles remarquables-^ Le saint con-
cile déclare que tous, ceux qui ,'n'étant ap-
pelles et établis que par le peuple ou par
la puissance séculière, oseroient s'ingérer
dans l'exercice du saint ministère t doivent
être regardé NON COMME DES MINISTRES
DE L'ÉGLISE MAIS COMME DES^ VOLEURS
ET*DES LARRONS qui ne sont pas entrés
par la porte. Il ajoute, ihid. à la fin du ca-
non 7: Si quelqu'un dit que ceux qui nesont
ni légitimement ordonnés ni envoyés par la
puissance ecclésiastique et canonique mais
qui viennent d'ailleurs, sont ministres legi-
limes de la parole divine et des sacremens;
QU'II. SOIT anathème.
Cela posé, l'on demande
(S)
A 3.
PREMIERE QUESTION.
Que doivent/aire les électeurs.
Je réponds qu'ils ne peuvent en cons-
cience, et sans se rendre très-coupables, con-
courir en aucune man^re aux nouvelles dlec.
tions pour une place ecclésiastique. En effet,
ces élections renferinent
i°. Une démarche absolument abusive
et une révolte ouverte contre V église. C'est
un axiome avoué de tout le monde qu'il
n'y a pas de plus grand défaut que celui de
pouvoir. Non est aefectus major, quant de-
fectus potestatis. Or, je le demande à un
électeur de qui tenez-vous le droit d'élire
un évêque ou un cure? Ce n'est pas de vous-
même vous n'oseriez le dire, ni même lis
penser. Ce n'est pas de la libre concession
de l'église elle s'y oppose au contraire for-
mollement par la réclamation de tous les
premiers pasteurs. Ce n'est pas enfin de
l'assemblée nationale car elle ne l'a pas
plus que vous. Quels sont ses pouvoirs ?
ceux que portent les cahiers. Citez-en un
seul qui ait demandé une forme d'élections
ecclésiastiques, aussi inconnue à foutfc l'anti-
quité depuis tes apôtres aussi déshonorante
pour le sacerdoce, qui n'y auroit plus la
moindre influence quoique plus int éressé au
bon choix des pasteurs; tells enfin qu'elfe
̃{*)
pourroit avoir lieu «ûr-tout en certaine
villes et provinces par des hommes qui se-
roienttou9, où du moins presque tous juifs,
hérétiques, excommuniés infidèles, schisma-
tiques, ou notoirement athées, c'est-à-dire,
par les ennemis même de notre sainte reli-
gion, et c'est ce qu'on assure être effective-
ment arrivé, entr'autres k-Strasbéurg et à
Nismes. Tranchons le mot la nation elle-
même n'auroit pu vous donner ce droit que
vous vous arrogez. Car c'est de Jesus-Christ
même que l'église tient sa puissance et son
autorité pour tout ce qui a rapport à la foi,
à la morale, à l'administration des sacremens;
enfin a l'établissement et à l'institution de
ses ministres; puissance et autorité aussi in-
dépendantes du pouvoir civil, pour taus ces
objets purement spirituels, que le pouvoir
civil en est lui-même indépendant dans les
choses teinporelles. Cette doctrine (j'en prends
a témôin tout ce qu'il y a de plus éclairé par-»
miles canonistes et les docteurs en théologie)
est clairement fondée sur les paroles expres-
ses de la. sainte écriture ainsi que sur la tra-
diction et la pratique constante de l'église. A
elle.seule appartient donc le droit dechan-
ger
t Ju§ques4à les nouvelles élections seroient
une inyasiqn coupable du .pouvoir civil sur
l'autorité divine et essentielie de l'église, un
mépris formel et scandaleux de ses lois, une
usurpntica manifeste des droits du pape et
des évêques* î
A4
En
sont un retour k
plus
abrogée ? l'église elle seule peut donc aussi
gesse, si telle ou telle discipline- r telle on
telle forme d'élections,
vernement spirituel des âmes eu égardaur
circonstances actuelles.
élections doivent paraître d'autant moins
étranges qu'anciennement même des iiucs
le roi, par
exemple, aux évêchés, et des seigneurs, »
des. cures,- prieurés et chapelles. Je répond»
d'ailleurs ce
que par la concession expresse, de l'église
quï, par des raisons supérieures de sagesse et
de pouvoir le leur,
accorder. Ici, au contraire les
l'arrogent de leur plein pouvoir ou dirmoihs
en vertu des seuls décrets de l'assemblée, mais
sans aucune autorisation de l'église', ou plu-
opposition formelle ;,et, sans
vouloir attendre la décision de son chef, cent*
2°. Hlne injustice criante envers le titu*
laire, a la place duquel on veut nommer»
personne,
l'intervention de l'église. C'est d'elle qu'il
tient son titre. Il repose donc toujours sur sa
tête» et ne peut lui; être enlevé que par elle
seule, suivant les formes canoniques, d'après
ce principe évident
Le pouvoir de destituer
n'appartient qu'à cclui qui a le droit de don*
jner l'institution..
refusant
Je serment nouveau est censé» au terme des
décrets se démettre de sa* place.- Oui, cette
S rétendue démission n'est qu'une chimère ri-
ioule une fiction trop absurde pour mériter
une réfutation sérieuse,: et qui est démentie
par le fait même de la réclamation authenti-
que de tous tes pasteurs. Et à quels tems en
sommes-nous donc venus de quelle horrible
liberté jouissons-nous si nous n'avons pas
trait dé plume, sans aucune forme de procès,
«St en dépit des droits si vantés de l'homme,
suffît pour dépouiller tout-à-coup près de
cent mille citoyens vertueux de leur état et
pas voulu souiller leurs lèvres par un serment.
(>>
un pariure ?
3o. Enfin., un horrible attentat contre la
suites funestes qui vont en résulter pour 1 une
et l'autre.
nommant nouvel
curé, qu'allez-vous faire? Vn intrus, c est-
à-dire un fantôme et un vain simulacre de
pasteur qui n'en aura que le nom, mais sans
mission canonique, sans aucune mri*chction
réelle, puisque l'église seule pentla donner
cette mission et jurisdiction dont par-consé-
quent toutes les absolutions et dispenses se-
ront radicalement nulles; un ministre de
ruine et de mort, dons tous les actes seront
autant de profanations sacrilèges-, un mons-
tre dans l'église de Pieu, un loup dans la
bergerie, et comme s'exprime Jesus-Christ
même dans l'évangile un. mercenaire, un
voleur et un larron.
Qn'àllez-vous faire encore? le plus grand
des maux qui puissent affliger la religion,
un schisme dont mousserez tout-à-Ia-fois et
les coupables insirumens, et les premières
victimes. Vousallez élever autel contre autel,
pasteur contre pasteur vous allèx d&hirer
le sein deTéglise votre mère. Par une suite
inévitable de cette fatale scission, l'église,
gallicane va perdre ce double caractère essen-
tiel à la véritable église de Jesus-Chnt, l'u-
nité «t l'apostôiieité l'unité en se séparant
des pasteurs légitimes et du S. Siège 5 ïapos-
toiletté, en rompant
et vénérable, par laquelle ses premiers pas-
teurs
vertu de leur
légitime ordination. Calculez enfin si vous
trouble» et le* désordres
^affreux qui Vont s'en suivre; le» sacreptens
l'autre;
le. de tous
les secours spirituels le ministère avili à
leurs yeux; la haine et la fureur des parti$
«ifférens; les persécutions sourdes ou pu-
blique*. Tel est l'abîme ou
vont nous précipiter. Tous ces maux déplo-?
râbles que je ne fais qu'indiquer, et mille
autres qu'il est facile de prévoir, vous en
devenez complice, si vous osez participer 4
une élection, où il s'agit de remplacer le
concouru par le*ur suffrage doivent se les
reprocher amèrement comme
un grand crime, en témoigner publique-
ment leur repentir, et en faire une péni-
tence d'autant que, leur fautât
est plus énorme en elle-même, et plus fu,
neste dans ses suites. Quant à celles qui
resteroient encore à jwre un électeur
.vraiment chrétien ne se bornera point
.s'absenfer de l'assemblée ou ne point
donner de suffrage -v ,(̃
roit pa^ le mal de se faire çens«
fait en son nom. ) Il faut de plus qu'il s,
(II )
Omette, s'il ne
réclamer «es,
aussi
Que doit faire un '>
Refuser hautement et
la conséquence nécessaire et immédiate de
ce que~fsTdit plus haut,
n'est point permis de concourir aux nou-
velles élection». Les mêmes raisons prou-
vent, avec bien plus de force, encore que
celui qui seroit nommé ne peut accepter.
Tant qu'il ne consent point tout n'e»t pas
encore désespéré, et la
teurs se réduit a une tentattve aussi vain©
quelle est coupable.
tion. il y mettroit comme le sceau le mal
seroit à son comble, et le
sommé. Et dès-tors quel sujet de frayeur
pour lui au lit de 1» moFt
Dieu au jour terrible
de ses vengeance*
ux toufje,
Faut cependant l'avouer et de
tous les siècles, ne le confirme «me trop les
ou
que la cupidité domine. Afin donc de rendre
r i2 )
la chose s'il est possible plu« sensible en-
core et plus palpable je vais, présenter rapi-
dement sous un nouveau jour les motifs
principaux qui doivent déterminer ira ec-
clésiastique vertueux refuser la place, qu'on
lui un devoir
également impérieux et sâ*cré soit que le
bénéfice soit, réellement vacant la mort
du titulaire soit qu'il, s'agisse simplement
d'un évêché ou d'une cure nouvellement
érigés soit enfin à bien plus forte raison
lorsqu'on veut le mettre à la place du pas-
teur véritable et légitime. é
i°. Les maximes de, la foi. Elle nous en-
seigne à tous que la mission et l'institution
des ministres de la religion dtant d'un ordre
surnaturel ne peuvent dériver d'aucune
puissance humaine. Comme mon père m'a
envoyé je Vous envoie disoit le Sauveur
à ses apôtres. Telle est la source véritable
du pouvoir des ministres. Son origine ~èst
toute céleste et les évêques, successeurs
des apôtres en sont le canal unique et
nécessaire. Celui qui vient d'ailleurs dit
encore Jesu s -Christ, est un larrontet un
voleur Qui venit aLiunde fur et latro.
l'ecclésias-
tique élu qui oseroit accepter. Si Vous re^
montez en effet à la source de sa mission
et de ses pouvoirs, il est clair qu'en der-
nièrè alyse il les tiendroit non de Jesus-
N^hrist par l'organe de l'église, mais de
l^enàblée^ Cela n'est il pas évident en
('3)
particulier soit pour les nouveaux métro-
politains qu'elle a
miers
titués pour gouverner le diocèse pendant la
vacance du
tiendront
n'est de
il en sera de même de tous les nouveaux
élus. En vain pour mieux en Imposer au
peuple" est-il convenu, dit -on, entre- eux
et leurs partisans, de publier par tout que
c'est de l'église et conséquemment de, J* C.
même, qu'ils ont reçu ou recevront leur
mission, en vertu de leur con-
sécration ? Comment les fidèles, pourroient-
ils donner dans un piège aussi grossier?
légitime il ne suffit pas de la tenir d'un
évêque quelconque mais qu'il faut encore
la recevoir de celui que l'église a charge de
la conférer ? Ignorent-ils qu'un évêque en
vertu seule de sa consécration reçoit bien
le caractère de Tépiscopat 'et le pouvoir
radical de jurisdiction mais que pour exercer
valider» en cette jurisdiction et la tlranS"
mettre à d'autres volt dément il a besoin de
plus d'émission spéciale, que l'église seule
peut donner? De même qu'un prêtre reçoit
dans son ordination le pouvoir radical de
remettre les péchés mais il ne peut exercer
ce pouvoir même validement sans une
jurisdiction spéciale et déterminée que l'é-
glise- seule peut conférer, et confère en effej
(V)
par la mission et approbation de l'évêque Il-
son
histoire consultez sa tradition constante
en
particulier dont j'ai cité les paroles au com-
mencement. Par-tout elle condamne haute-
ment la témérité des intrus et les appelle
d'âpres même, des voleurs et
(i) Voyez l'ouvrage nouveau intitulé Des prin-
cipes de la /q^C'est au défaut de mission, dit l'au-
teur pag. 17 gpjfqu'on a toujours reconnu tes novateurs
pt les schismatiques. Les saints pères n'ont point em-
ployé d'autre moyen contre les novateurs et les doiia-
tistes que l'on regardent comme des intrus parce qu'ils
n'avoient point eu de. mission de l'église quoiqu'ils
eussent recule caractère épiscopal. Ainsi dans
l'ordre civil, on né peut exercer de fonction publique
qu'après avoir justifié de ces pouvoirs. Le gouvernement
de l'église scroit-il bien ordonne seroit-il digne de la
sagesse de. son divin auteur si chaque évêque pouvoit
mettre la faulx dans la maison de son voisin? Il faut
donc une mission, et cette mission est distinguée du
caractère épiscopal. Les paroles du concile de Trente
citées ail- coimnencement ue laissent aucun doute' à
«et un évêque canoniquement
dépose, est par cela même dépouillé de sa mission et
ne peut plus exercer aucun acte de jurisdiction de
l'aveu de M. Camus, Et cependant il conserve toujours
le caractère épiscopal. La mission n'est donc point
inhérente au en facture.Or, l'église seule peut don-
ner -cette mission et jurisdiction. C'est ce qui est expres-
sément défini par les mêmes paroles du concile. La
possession civile accordée par les cours se borne uni-
quement à la jouissance des fruits. etc.

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