Avis charitables, adressés à l'auteur du discours patriotique ([Reprod.]) / par un ami de la vérité & de la religion [signé : Philalèthe, ami de la religion]

De
Publié par

[s.n.]. 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : samedi 1 janvier 1791
Lecture(s) : 9
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 37
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
NBS lOlOo
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Headington Hill Hall, Oxford OX3 08W, UK
A
A VI S
•C'H-A R I TA B LES,
ADRESSÉS
«4 £ 'Auteur du difeours patriotique par uh Ami
de ta vérité & de ta religion.
PREMIER AVIS.
O i le ton d'infpiré que vous prenez, Mon-
iieur^ dès l'exorde de votre difcours prétendu
patriotique fi ces déclamations véhément
& emportées que vous vous y permettez
fans pudeur contre des hommes qui penfujf
différemment de vous ne m'ont pas prouvé
la vérité elles m'ont convaincu au moins
de la confiance que vous avez en vos propres
lumières. » On vous trompe, on vous féduit,
» on vous abufe dites^-vous à vos auditeurs
w croyez-en à la vérité; ôc vous vous donnez
vous mêmes pour caution de cette vérité
car, ajoutez-vous, après le plus tnûr &
s
» te plus, férieux examen, nous n avons rien
trouvé dans la nouvelle Conftitution du
» Clergé, qui puïffe Méfier la Religion.
Vous paroiffez fi persuadé, de votre infailli-
bilité, que vous^édaignez de forrifier votre
témoignage de 'autorité de cette foule d'écri-
vains de vowe parti, dont les feuilles font
répandues vec profuron dans tous les lieux,
afin d'égare le peuple & de détourner fon
attention d dangers éroinens qui menacent
la Reli^on. On ne peut cependant pas douter
que vous ne les connoiffiez, puifque vous les
copiez*
Mais quelle idée vous êtes-vous donc for-
mée de ces hommes qui excitent votre, bile
oratoire^ vous leur attribuez une tendre folli-
citude, un zèle apoftoUque & auflù-tôt vous
leur imputez l'ignorance, la mauvaife foi,
vous les déclarez indignes de la fociété. Com-
ment conciliez-vous des qualifications fi dif-
parâtes la tendre follicitude le zele apoilo-
Tiqué ne peuvent manquer d'être étonné de
fe voir accouplés avec la mauvaîfe foi, &
déclarés indigne de la fociété. N'en doutez
pas, s'ils fympathifent ce ne peut, être que
par un miracle de votre éloquence.
Vous traitez ces hommes d'ignorans il- et
A »
Vrai qu*ils ne font ni du club, ni jureur
comme vous; mais, comme vous, ils ont lu
les Obfervatkms de M. le Coz, oh vous avez
à peu-près puifé toute votre fcience & s'il
leur manque quelque chofe pour être auffi
favans que vous ce ne peut être que là
confiance en leurs lumières & en celles de
M. le Coz.
Mais vous les traitez d'ignorans il faut
donc taxer auffi d'ignorance les Lvêques de
France, qui tous, excepté quatre, réprou-
vent le ferment que vous voulez juftifier. il
faut taxer d'ignorance le pape, qui, dans fon
Bref au Cardinal de Lon.énie le blâme d'a·
voir prêté le ferment, & le menace de le dé-
pouiller de la, pourpre, s'il ne le retrace pas.
11 faut donc taxer d'ignorance tous les Evéques
voiâns de la France qui ont adhéré unanU
tnement à l*expofition des principes des Pré-
lats Français contre la Conftitution du Clergé,
& par conséquent contre le ferment. Il faut
taxer d'ignorance la Sorbonne & la Faculté
entiere de Théologie de Paris, qui a repoufTi
le ferment; prefque tous les Profeffeurs &
Directeurs des Séminaires du Royaume toutes
les Univerfités les trois quarts des Curés &
autres Fondionnaires Publics; ea tw mot
presque tout ce qu'il y a de favans & de
vertueux Eccléfiaftiques Dans l'Eglife Galli-
cane, tous ont rejette airec horreur le ferment,
ils font donc tous des ignorans felon vous
cette ce refus du ferment a été
fi général parmi les bons Eccléfiaftiques du
royaume, qu'un Député, partifan du fer-
ment, ne put s'empêcher de dire nous avons
par la loi du ferment, mis le Clergé au creuset;
mais il ne nous en eft refté que la craffe Se
il difoit vrai.
Vous allez me répondre d'après cette
tourbe d'écrivailleurs foldés dont vous vous
faite l'écho, que le Pape regrette fes annates
les Evêques les Abbes & tous les autres
Bénéficiers, leurs, riches poffeflions & leurs
douces jouiffances. C'e"fl-là la reffource ufée
des Schifmatiques & des Méciéans,de,tousles
fiecles, qui croyént échapper aux cenfures
qu'ils ont méritées en prêtant des vues &
des motifs humains aux premiers Payeurs de
l'Eglife qui les condamnent.
Mais, je vous le demande, fur quoi fon-
derez-vous la promeffe qu'a faite J. C. d'être
avec les apôtres & leurs fuccefleurs jufqu'à
la confommation des fiecles; fi vous- croyez
que l'ambition, l'intérêt ou quelqu'autre paf-
t
A3
Bon peuvent les aveugler.& leur faire mécon-
noître la vérité ? D'ailleurs, oh eft donc fin-
térêt dans le -cas préfent du ferment? N'ef?-
ce pas pour tout le Clergé de le prêter ? $C
ne faut-il pas" que la religion que la conf-
cience leur parlent plus haut. que tous les
intérêts temporels pour le réfuter? Que leur
produit le refus & que peut-il leur pro-
duire ? La perte du traitement que la confli.
tution leur accorde, des persécutions des
outrages de mauvais traitemens &c. Si
l'intérêt les décide leur intérêt eft donc de
fe rendre malneureux ? Vous voyez vous-même
que les Evêques font déjà déplacés Jies Curés
chafles de leurs Eglifes les Vicaires privés de
leur penfion tous les Fonftionnaires publics
déchus de leurs appoïntemens Se de leurs
places. Non il n'y a que l'amour de la Re-
ligion & l'efpfrance des biens d'une autre vie
qui puitfe -leur faire facrifier ainfi tous ceux
de la vie présente.
Ah je vous croirois bien plutôt, fi vous
me difiez que c'eft l'intérêt te l'ambition qui
détermine les jureurs au ferment. Pourquoi ?
C'eft que le plus fur moyen de fatisfaire l'un
& l'autre eft de jurer. Par -là les Fonction-
naires confervent leurs places $& les non-Fonc»
4
tionnaires font comme affeués d'en 'obtenir'
les interdits mêmes feront rétablis & employas
les Moines apoftats appellés & placés dans les
Parcages. AuÆ, avec quel emprelfement toute
cette lie du Clergé n'eft elle pas accourue
pour prêter le ferment? Vous-même Mon-
fieur qu'avez-vous facrifié en jurant Vous
avez perdu, à la pourfuite d'une cure, votre
tems votre peine & vos frais & par le
ferment, vous allez en obtenir une autre fans
peine & fans procès. Votre fituation aûuelle
le goût décidé que vous avez montré pour
les cures & fur-tout votre zele à prêcher &
prêter lèveraient, quoique la loi n'exigeât
de vous ni run ni fautre, puifque vous n'étiez
pas Fonctionnaire public; tout cela, dis- je
donne droit de ne voir dans votre patrio-
tifme qu'un égojifme déguifé qu'une recherche
adroite de vos intérêts,
Ne foyez donc pas fi prompt à juger &
condamner ceux qui ne penfent pas comme
vous. Fidèles Dieu & à leur confcience
ufqu'à tout facrifier pour ne pas les trahir
ils ne le feront pas moins la Patrie lorf
qu'il s'agira de fes vrais intérêts. Leur patrio-
tiime eft peut-être pluspur & plus généreux que
le votre, quoique vous en difiez j'ajoute
Il
A4
qu'un peu ds medeftie & de défiance de foi-
mime ne meflied jamais. Il s'y a gueres que
les ignorans qui ne favent douter de rien
qui prennent un ton, auffi tranchant que l'efl.
le vôtre dans votre difcours. Vous aviez fans
doute oublié lopfque jfpus l'avez prononcé
ces mots fi connus de flvangifê & un aveugle
en conduit un autre ils tombent tous les
deux dans te foifé. Si vous vous en étiez
fouvenu, vous auriez eu quelque crainte d'être
cet aveugle trop confiant qui pour vouloir
guider les autres, les précipite & fe précipite
a"-c eux.
1 P A v i s.
Je vous entends, Monfieur, avancer avec
l'affurance d'un illuminé que la Conflitutioa
du Clergé n'a rien de contraire à la religion
& vous vous chargez de le démontrer. Pour
y réuffir vous commencez par en faire une
analyse de votre façon. La voici
« La Constitution civile du Clergé dites*
» vous a remis au Peuple l'éleâion des
» Evêques & des autres Payeurs. Elle a dé-
» fendu de recourir à Rome pour Finfthution
canonique & pour les fondions adtninif-
» tratives des Paroüfes. » Je n'ai jamais ouï»
t
dire qu'on ait. recoaru à Rome, pour les
fondions adminiftratives des Paroilfes mais
vpus n'y regardez pas de fi près. Vous con-
tinuez « Elle a aboli la forme a&uelle des
» Chapitres elle a réduit le nombre des
n Evéchcs; enfin eU. déclaré, à la difpo-
» fitïon de la nation, les biens du Clergé &
,» des Religieux; or, de tous ces articles', il
n'en eft aucun qui foit contraire à la re-
»
Qui ne croiroit à vous entendre que
cette analyfe eft exa&e & Rémunération entiere?
car fi elle ne l'eft pas tout votre difcours
porte à faux & ne conclut rien. Or, cette
analyte eft fi peu complette ce tableau de
la conftitutîon eft fi peu fidèle qu'on pour-
roit vous accorder tout ce qu'il renferme
fans ceffer de croire qu'elle eft contraire
& qu'elle porte atteinte à la Religion.
En voulez-vous la preuve ? je n'irai pas la
chercher loin. Elle eft à la portée de toutes
les âmes fideles. Je là trouve dans le caté-
chisme que vous avez sans doute enseigné;
puisque vous avez été vicàire qu'efI-ce que
l'Eglife Ceft dit le Catéchise, l'affem-
-blée des fidèles gouvernés par notre Saint-
le Pape & par les Evêques. Avez.vous
9
cette dé-
finition de l'Eglife eft conforme à la Religion? #
Si elle n'y eft pas conforme, vous avez en"
feigné l'erreur. Si elle y eft conforme là
Constitution du Clergé y eft néceffairement
contraire. Quel parti prendrez-vous ? Dans
le premier cas il faudra effacer la répond
-du Catéchifme mais alors il faudra eflace*
auffi du vingtieme chapitre des Actes des
Apôtres, ces paroles Le Saint-Esprit a éta*
bli les Evêques pour gouverner l'églife dé
Dieu. S pin tus Sanctus pi/fuit EpifcojM ngere
Ecdejîam Dei. Dans le deuxieme cas if faudttr
Tétraâer votre ferment, fi vous voulez con-»
ferver votre Religion.
• J'ai dit que fi la définition que je vous ai
rapportée de l'Eglife de J.-C. eft conforme
à la Religion, la Constitution du Clergé y
efl néceffairement contraire. Comment ? Ceft
que par la Conftitution l'Affemblée Natio-
nale s'attribue le gouvernement de fEglife
exclufivement aux Evêques que le St~Efpriï
en avoit chargés. Car elle s'arroge le droit
de créer des Evêchés & d'en fupprimer
d'autres: de régler le choix le nombre,
les fonctions les qualités des de
1a Religion d'étendre ou refferrer à fon gr^
Ieut jurifdiâion fpirituelle; de h Mpendre)
de la tranfporter de l'un, l'autre, de donne*
à quelques-uns une jurifdiâkm.à laquelle, ils;
n'a voient aucun droit. Or n'eft-ce pas-là
s'emparer du gouvernement de l'Eglife ?
Qu'en refte-t-il après cela aux Evoques? Il
faut donc convenir que la définition 5 ::on..
nue de l'EgKft étant conforme à la Religion,
puifqu'elle eft conforme à l'Ecriture la Cons-
titution du Ciergé y eft néceffairement con-
traire:
Colt vous n'avez vraifemblablement pat
ta la Constitution que vous eflayea de dé*
fendre pttifqu* vous n'y av« rie» Vu de
ce que je viens de dire je vais entrer dans
le détail. Je ferai court. D'abord, la Coniti-
tution du Clergé crée des Evâchés dans les
ailles de Vefoat Versifie* Laval Saint-
Maixént icc. et. il n'en avoit jamais exiftéj
Elle en opprime un nombre de plta de cin-
quante elie règle le choix, le nombre les
qualités des Miniftres de la Religion. pu.
qu'elle établit les Elections, défigne les Elec-
teurs, & les Eligibles, prefcrit la forme de
Méâion de l'inftittrtion canonique y &c<
Elle étend ou leffewe à fort gré leur" jutïfdic-*
tion fpirituelle, par l'étendue ou les, bornes
qu'elle affigne aux elle htrutfpoTtf
de l'un à l'autre; c'eftainfi qu'elle fait paner
celle qu'avoit l'Evêque de Saint-Flour fur
le diftriâ de Brioude à l'Evêque du Puy. Je
choifis cet exemple entre mille, parce qu'il
eft fous Vos yeux. Elle fufpend à volonté
l'exercice de la jurifdiaioft dont nous par
Ions elle fait plus elle déplace & remplace
des Miniftres qu'elle n'avoît pas inftirués,
puifqu'ils tiennent leur inftitution de ),*&
comme elle pourroit déplacer & remplacer
les- Juges & les Officiers Municipaux qui font
fon ouvrage. Enfin, elle difpofe de la jurtf-
diâion fpirituelle & toute divine de l'Eglife,
avec une fouveraineté 6c un arbitraire dont
il n'y eût jamais d'exemple que parmi les
Hérétiques & les Schifmatiques en effet
elle fait l*Eveque de Rennes Métropolitain,
& lui en attribue de fa feule autorité la jurif-
diâion elle donne au premier ou fécond vi-
caire de l'Evéqut, le pouvoir de gouverner
le Diocèfe pendant la vacance du Siège; elle
élevé de (impies Prêtres au-deflus même des
Evêques puisqu'elle met ceux-ci dans la
dépendance abfolue de leurs ficaires dans
tout ce qui concerne le gouvernement du
Diocèfe car felon la difpofition expreffe de
I*
fa Conftitution l'Evêque ne pouita rien
ordonner ou décider que de leur avis pris à
la pluralité des voix. L'on pourra encore ap-
peller de lâ décifion ainfi prononcée au Synode
uniquement cqmpofé de Prêtres. Ce fera donc
les Prêtres qui, vu leur nombre gouverne-
ront, & fEvêque & le Diocèfe.
Et remarquez qu'en établiflant ce nouvel
ordre de chofes, dans la conftitution du Clergé,
l'Affemblée abroge tous les canons & les loix
de .PEglife fur les mêmes objets afin qu'elle
ne foit plus gouvernée que par les bennes.
Pouvoit-elle mieux s'affurer la fuprématie dans
l'Eglife ? Ah f les Empereurs Romains tels
que Néron, Dioclétien, &c. qui n'avoient pas
moins de pouvoir dans leurs Etats, que l'Af-
femblée Nationaie s'en attribue en France
a volent eu lapuiflance que celle-ci veut exercer
fur 1'Eglife, eût-il été difficile de détruire la
Religion chrétienne qu'ils haïffoient ? Vous me
direz, fans doute qu'ils étoient payens. J'en
conviens. Mais croyez vous que Ï'Eglife en
ouvrant fon fein aux Princes & aux Nations
qui la perfécutoient, qu'en leur faifant part
de Ses biens fpirituéls elle leur ait auffi livré
fon gouvernement fpirituel avec les pouvoirs

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.