Avis pressant, ou Réponse à mes calomniateurs ([Reprod.]) / [de Gouges]

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[s.n.]. 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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Source : BnF/Gallica
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A
RÉPONSE A MES CALOMNIATEURS,
Xj'État eft obéré il attend fon falut de l'é-4
lite des François, de ce qu'il y a enfin de plus
fage & de plus recommandable dans le Royaume.
La Nation eft agitée par une difcorde intefline.'
Les efprits s'exaltent, on infîfte de nouveau, &
tout devient défefpérant.
Il faut porter en ce moment les yeux fur un
homme profcrit de fa Patrie. A-t-il mérité ce
traitement ? Mais s'il eft innocent, pourquoi n'inf-
truiroit-il pas la Nation des objets majeurs qui
doivent l'éclairer fur les véritables intérêts d.
l'Etat ? Pourquoi M. de Calonne n'a-t-il point
été appelé aux Etats Généraux Pourquoi n'eft-U
pas- condamné ou juftifié ? Qui pourrait inieux
que lui rapprocher les efprits ? Qui, a plus que
Mi de Calonrie l'art des grandes négociations?
N'eft-ce pas lui qui a, découvert le .déficit ife
N'eft-ce pas lui qui a demandé les .Notables j
& les Notables n'ont-ils pas demandé les: Etats
Généraux? Pourquoi la: Nation;, à fort. tour, .no
demande-t-elle pas M,iide. Calonne &c pourquoi
M. Necker ne le demànde-t-il pas lui-même f
Verroit^on pour la premiere fois deux grands
antagonhtes voler 1'un,au devant de l'autre pauç
fauver la Patrie & l'Etat? Quand cela feroit, cet
exemple ne fecoit-U pas. mémorable, t
t*5
M. Necfcer vêut-U être" plus que Roi dans fi^
place, comme fes ennemis Non, fa
probité cil à toute épreuve &, la véritable vertu
ife cache fous le voile de la modeftie.
M. Necker eft bon financier avec tous fes
autres avantages, il n'a, il me femble, travaillé
«que pour les momens urgens.
M. de Calonne en véritable homme d'Etat a
travaillé (pour le temps) fi la Nation, t dépouillée
de toute perfonnalité, 6niffoit ce qu'il a ébauché,
ferablable à ces fameux Peintres dont les ta-
bleaux font la richcffe encore de cette ancienne
Rome appauvrie, & qui, des quatre parties du
Monde, n'attirent pas moins tous les regards.
Voilà mon opinion; le' tout puiffant
lie peut la balancer fur le Miniftre difgrncie;je
puis me tromper, mais aucun intérêt perfonnel
ne me guide le jour rreft pas plus pur que ma
confciencei ce qufferoit peut-être la fource de
«non-bonHeur dans un autre fiecle fait mon maî-
heur «dans celui-ci.
Je n'ai que des notions très fuccin&es fur la
politique mais il me femble que, dans cette cü-
conftance il ne s'agit pas de citer Montefquieu
Jean Jacques, ai de créer. de nouvelles Lois; il
ae faut que Ies étayer> bannir les abus, & àc-
quitter la dette pente les
objets importans qu'il s'agiffoit de traiter; & fur
Ssfqaels la Nation devrai «tre occupée depuis
fcwig- temps. ;i-
Quel génie à ce travail

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