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Axel ou le loup-libellule

De
46 pages

Prise de conscience. Fuite. Axel prend courage et quitte ce monde régi par des codes pour s'adonner enfin, en toute tranquillité, à la noyade de son âme vers son imaginaire.

La connaissance est un danger, le langage une barrière à l'expression... Le loup-libellule n'a rien d'humain si ce ne sont ses gènes. La peur que la créature a de vieillir et d'ainsi devoir remplacer son monde de rêves par des responsabilités et des routines assommantes lui font prendre conscience de la libellule dans son reflet. Le loup grimpe à l'arbre, il se cache, et vous pourrez alors voir la différence entre une réalité mortelle et le fin fond d'un esprit torturé de désirs et de rêves pour retrouver l'inné.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-83980-0

 

© Edilivre, 2014

Axel ou le loup-libellule

 

 

Les vampires se sont mis d’accord pour projeter des saphirs dans les cœurs des libellules. Alors Axel s’est mise à courir. Il n’y a rien dans cette maison décorée comme dans un catalogue. Elle a retrouvé sont jean déchiré dans la poubelle, a enfilé sa veste en cuir meurtrie par dessus le débardeur trop court et s’est mise a courir. Pas le temps de s’arrêter. Il faut atteindre l’autre bout avant de pouvoir se reposer, d’apprécier le repos.

Une chanson de Stepenwolf dans la tête, les pieds lourds, ignorant les passants, il fallait atteindre l’autre bout. Le vent tire les larmes de ses yeux.

Elle dépasse les dernières maisons, cour à travers champ, pas le temps de regarder les oiseaux, trop jalouse pour s’arrêter, espérant même que le vent la portera par dessus l’arbre. Mais elle passe en dessous.

Courir, ça empêche de penser.

Le souffle est court, le cœur proteste, le sang bout.

Continue. Ne t’arrête pas. Pas avant de voir l’autre côté.

Elle ne s’inquiète pas. Elle courra le temps qu’il faut.

Vers la fin de la journée, elle ne voit pas la chute du chemin, glisse, roule, s’écorche, les muscles au repos, les pieds ne touchant plus le sol, les cheveux ramassant les feuilles.

En arrivant en bas, sur le dos, le souffle coupé court, les ecchymoses commencent à se manifester sur tout le corps, Axel tourne la tête d’abord vers le haut de la colline recouverte de forêt, puis vers ce qui l’a tirée ici.

En léchant le sang sur ses lèvres, elle découvre l’autre côté.

Les couleurs sont ternes, les branches des arbres lèchent la surface de l’eau noire, reflétant leurs forment désarticulées.

*
* *

Il fallait absolument que je vous parle du loup-libellule qui pleure tout le temps.

Comment vraiment savoir ce qu’il se passait, puisque les langues trop pendues ne savent pas parler. C’est comme un cerveau sans bouche qui s’exprime à travers des organes indépendants. C’est le foutoir, tout simplement. Mais ça, on s’en fou en fait, parce que tout ce qui intéresse l’animal, c’est de pouvoir parler, pour mieux oublier les mots. Va-t-il falloir aussi se projeter en dehors du coquelicot ? C’est assez douloureux de ne pas pouvoir crier. Alors évitons d’éveiller les soupçons.

C’est comme une lanterne qui a mal aux yeux. Ou un arbre retourné.

Qui va vous dire comment rédiger une note d’adieu ? Il n’y a je crois que la mort pour rendre palpable une telle chose.

Donc passons aux choses sérieuses. Prendre une boussole et aller se perdre dans le lac...