Bains des Fumades. Eaux minérales sulfureuses...

Publié par

1866. In-8°. Pièce.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : lundi 1 janvier 1866
Lecture(s) : 12
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

BAINS DES FUMA DES
>.EAUX
MlftiRlM SULFUREUSES & BITUMINEUSES
LES SEULES QUI CONTIENNENT LA GLUCYNE
SITUÉES DANS LA COMMUNE D'ALLÈGRE
arrondissement d'AIais (Gard)
J. MARTIN, IJlPRIMECa A AUIS ,
place S1-Jean.
s o r n
LES FUMADES
EAUX MINÉRALES SULFUREUSES ET BITUMINEUSES
k qui seules eontienticiil la gîucyne
NOTICE HISTORIQUE (0
Les Eaux sulfureuses dites des Fumades ou Fémades (2), ou
Font pudente, situées sur le territoire de la commune d'Allègre,
délaissées depuis de longs siècles, ont recommencé à être visitées
par les malades en 1853. Des fouilles ont été exécutées dans ces
dernières années aux environs de la source ancienne, soit pour
bâtir des locaux destinés au service des baigneurs, soit "pour
(1) Cette notice, pleine d'érudition, est due à M. Germer Durand , l'un
des membres les plus savants de l'Académie du Gard, et l'un des numis-
mates les plus habiles de France. Elle a été lue dans la se'ance de l'Académie,
en daté du 24 février 1866, et reproduite par l'Opinion du Midi, journal dé
Nimes, dans son numéro du 23 mars 1865.
(2) C'est ainsi que ce nom est. écrit sur la carte du diocèse d'TJzës, publiée
vers 1715, par II.' Gautier et 3. B. Nolin. On donnait anciennement le nom
de fumades à des cabanes bâties en pierre, où. l'on parquait les bestiaux
durant la saison d'hiver.
_ 4 -
chercher de nouvelles sources (1), et pouvoir mettre a la dispo-
sition du public un plus grand nombre de bains (2).
Ces fouilles ont donné lieu a la découverte d'une piscine anti-.
que où l'on voit encore deux rangs de gradins en briques ( 3). En
curant cette piscine on a trouvé un certain nombre de médailles
qui ont été en grande partie dispersées. Trois d'entre elles ont été
recueillies, l'une par l'honorable M. Delbos d'Auzon, maire d'Al-
lègre, et les deux autres par M. L. Crozals, propriétaire (4). Il est
regrettable qu'on n'ait pu examiner toutes les pièces trouvées
dans cette piscine. Cependant, les trois seules qui nous sont par-
venues sont d'époques assez différentes pour permettre d'établir
que les bains sulfureux des Fumades ont été fréquentés par les
( 1 ) Grâce aux indications toujours sûres et bienveillantes de M. Crespon,
ingénieur à.la Fenadou, grâce aux conseils précieux de M. Dumas, ingénieur
â Bességes, sous la direction de M. Noul, d'abord, et ensuite de M. D.oley,
maîtres-sondeurs, M. Crozals découvrit trois sources: la source Augustine,
la source Etienne et la source Thérèse. La première donne un débit de 4,500
litres à l'heure, la deuxième de 5,100 litres et la troisième de 10,000 litres.
Cette dernière source a été creusée sur l'indication précise et presque mathé-
matique de M. Doley, sondeur à Mcyrannes.
(2) Les deux sources anciennes, Delbos supérieure et inférieure, pouvaient
à peine fournir de 100 à 120 bains par jour, aujourd'hui l'établissement peut
en donner 2,000.
(3) Cette piscine est faite en briques dont le grain est de beaucoup plus
grossier que le grain des briques actuelles, mais elles sont aussi dures que la
pierre. Elles présentent cette particularité que le milieu de la brique est
composé d'uue veine argileuse de 3 à 4 millimètres d'épaisseur. Celte veine
se continue dans toute l'étendue de la brique. La couleur de l'argile parai-
trait avoir résisté à la cuisson.
Le diamètre de la piscine est de 3B 95e. Le canal d'amener a 50e de largeur
et 43e de hauteur ; le canal de sortie qui est à gauche du canal d'amener, à
la distance de 2ln 65°, a 50e de largeur et 63e de hauteur. Le fond de la
piscine est recouvert en ciment romain. Ce ciment a résisté à l'action du
temps. Les Romains prenaient ces bains froids , à peine s'ils laissaient l'eau
exposée pendant 24 heures à la chaleur du soleil. Les baigneurs qui prenaient
leurs bains dans cette piscine étaient assis sur deux rafigs de gradins : ceux
qui occupaient le premier rang avaient de l'eau jusques au col ; ceux qui
occupaient le second n'étaient baignés qu'à mi-corps. La circonférence de
cette piscine étant de 1 lm 85°, elle pouvait contenir environ 60 baigneurs.
(4) Ces trois médailles ont été soumises à l'honorable M. Germer Durand
par M. Maurin, conseiller à la Cour de Nimes et secrétaire perpétuel de
l'Académie du Gard. Tout le monde sait que RI. Maurin est tout à la lois
jurisaonsulte profond et littérateur très distingué.
Gallo-Romains pendant plus de quatre siècles. A un kilomètre de
Font pudenle se trouve un hameau du nom d'Arlinde, qui paraît
avoir été, à l'époque Gallo-romaine, la principale localité des
Ségustones (1 ), comme le hameau voisin de Suzon aurait été l'op-
pidum de celte même peuplade, a l'époque celtique. On a décou-
vert, de tout temps, sur le territoire d'Arlinde, des inscriptions,,
des médailles et autres objets antiques. C'est évidemment le voi-
sinage de nos Eaux sulfureuses qui avait créé l'a ce centre de po-
pulation.
« L'usage antique de jeter des pièces de monnaie en offrande
» dans les lacs et les fontaines était, comme on sait, très répandu
» chez les Gaulois (2) » dit M. de la Saussaye, en s'appuyant sur
le témoignage de César, de Diodore de Sicile et de Strabon (3).
Nous ajouterons que cet usage n'était point particulier à la Gaule,
et que, dès la plus haute antiquité, les peuples d'Italie le prati-
quaient aussi. Nous n'en voudrions pour preuve que les précieuses
découvertes faites en janvier 1832, aux: bains clé Vica'rello (États-
Romains), les aquoe apollinares des itinéraires romains. C'est eii
curant le bassin de cette source thermale qu'on a trouvé les trois
vases itinéraires en argent, connus aujourd'hui sous le nom de
vases apollinaires et qui ont déjà rendu et rendront encore tant, de
services a la science de la géographie antique, pour ce qui con-
cerne l'Espagne,, la Gaule méridionale et l'Italie. On a retiré encore
de cette source plus de 500 kilogrammes d'oes rude, plus''de 106
kilogrammes d'oes grave signatum, et plusieurs centaines de kilo-
grammes de monnaie frappée qui, partant de l'origine de l'art,
descend presque jusqu'à l'extinction du paganisme.
Dans ce coin reculé de-nos Ceyennes, où coulent les sources
sulfureuses appelées aujourd'hui les Fumades, les choses se sont
passées comme ailleurs : les baigneurs ont aussi jeté des pièces
de monnaie dans la source, et nous sommes convaincu qu'on les
y trouverait en grand nombre, si l'on rècreusait ou si l'on élargis-
sait la source antique,, celle qui sort du flanc du rocher. Les
pièces qui se sont rencontrées dans la piscine, et dont trois sont
en ce moment sous nos yeux, ont dû y être entraînées par le cours
(1) Voir sur les Ségustones le travail de feu Ach. Colson, Mémoires de
l'Académie du Gard, année 1851, pages 120-125.
(2) Numismatique de la Gaule uarbonnaise, p. 174.
(3) Cresar. De bello Gallico, L. VI, chap. 17 Diodore de Sicile, L. V;
p. 305. — Strabon, L. IV, p. 188.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.