Camille ou Le souterrain : comédie en trois actes et en prose, mélée de musique ([Reprod.]) / par M. Marsollier

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chez Brunet (Paris). 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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EN
DE
le
Manyam
femme "tfir duc Albertz,
Marne.
lJlDÛC
JMtâizt Saint? Aubin.
son neveu, M.
valet de Lorébàk .M.
espèce de jardinier,
y- LAUSETTE, Mlle. Carlins
Plufîeurs autres Domb^tïques.
La, scène se pusse dans un vieux château
milieu d'une
foret 9 pas habité depuis
plusieurs années.
une clef doréë^ une
chaîne pareille; la chaîne passe autour
de son clef est cachée
entre
Le théâtre réprésente urr grand vestibule
les murs sans tapisseries sbrit seulement
il fait sombre il est huit: heures: du soir.
Il y a deux portes d'un côté, dont une
se ferment avec bruit.
SCÈNE
le premier en
les deux en
peuvent plus; la
humains pour vous refuser un abri.
Lor. Nous- marchons depuis long-temps
il est vaste.
Bon moitié de
tombée.
Et*ce qui reâe.
:Mail.
qu'on
ne grands corridors de grandes
galles de grands, souterrains. 2.
.M\Ïar. même en f
x
vous habitez, ici?
pas-.plus et, c'a bien
soigne^
les il plus de
§ croyons qu« ça fera pàfTér plus
A3
semble bien moins laid depuis voyons
Ec outez;
Mais
en attendant, ne pourrait-on pas saluer^le
ne voit personne
à peine s'il m'a parlé une fois depuis
et ç& séjour me
Joli minois^ taille légère
J'en perds la tète en vérité.
Peut-être est-il une beauté
Plus piquante et pR^s régulière
Un
Un air. là. qui. je m'eniends bien.
Oh ? ma Laurette
Quelle félicité] *• V
J'en peràs la tète
En vérité.
Elle est sage et par fois sévères
Quand j Voulons un peu plaisanter
Elle sait fort bien
Elle se met même en colère.
Mais c'est d'un air d'une manière
m'entendez bien 9
Oui C'est une grâce un maintien!
On:; • ma Laurette î etc..
mais
savons pas un
l'a jamais dit
9n lui parle,
et quand on parie de liai.
par son habit*
sauvage?
Mar. M s'agiter il soupire marche f. parle
seul 5 n'aime pas les questions ni les
curieux. />
ne le verrai dome pas?
Mar., Je serions chas/é s'il' savait tant
seulement que je vous a. fait entrer^
possible\de trouver un' autre asiles,
de. taverne détestable
elle était pleine de gens
de mauvaise mine..
Y en xcs
cantons ici.
et Je m'en
des choses.
doute.
v
Il faut se délier
au maître
du cabaret de laisser entrer qui que ce soit,
.LES PRÉGÊBENS, STRO^ZL
'montagne
Fabio voyant,
M arcellin. JuE maître ?
Strozzï. d'une
Vient de rentrer.
Mar. O à est-il à~ présent?
Strcx Dans la chambre grillée du petit
pavillon..
MAR- Et que t'a-t-iï dit en rentrant?
Stro. imitant le Maître.
Que fais-tu ici? Vas-t'en.
Mar. Il ea dit tout cela diable iî ét^iit
STRa
̃Mar.
petit-être
la première fois j'ons vu son visage se
dérider.
Diable
il y a tous les jours ici dm nouveau comme
vous voyez. Un homme masqué un enfant
dans cette
salle?
égal 5 au coup
de cloche comme de coutume.
Stro. le tirant à part,
.Que fais-tu de
(Embarrassé*) ce,
ce sont de mes parens qui
fiançailles..
d'une voix encore plus
A propos, c'est ce soir. sarpedié, comme
nous allons rire 5 adieu, Messieurs, bien du
plaisir, au revoir!. Maître
,son poignard et ses pistolets. {Il sort.
d'air effraye.
se NE
est ce Monsieur si aimable?
parens $ si Monsieur vous
ce serait votre et
jour.
Oh! oh! j'ai Non, non;, je
puis rester encore un instant avec vous.
Fab. Il m'a semble que vous aviez parlé au
premier laquais y d'une cloche.
Mar. Oui diable il est nécessaire que je
vous instruise de ce qui *se pàsseC^an* ce.
château:
'Tara..
Mar. Une grosse cloche
Est là tout proche
De cette cloche-là dès qu'on entend les
C'est dans cette maison ce qui nous règle tous.
Le maître veut à l'instant
S'il est pressé. din diny din dan, diu. di, diiidan.
Chez soi fautril qu'on se retire)
Tout éteindre, et ne plus rien dire?
Din j din din din din.
Lob.. Tout est b.isarre en ce lieu-ci.
Fab. Pour d'effroi transi.
Que tout se passe en ce lieu-ci.
Lor. Cela m'est aussi bien égal
Peu m'importe cette folie
Rester, ici
m'est égal.
̃'̃̃-•̃

s» C'est demain que je me marie
•Chanter danser c'est mon envie
On ne trouve plus rien de mal*
( On entend la cloche,
Loa,. Je crois entendre quelques coups;
Mar. Oui c'est une bonne nouvelle
-Bonne, hélas l ..eh bien ï quelle est-elle ?
maître va souper.
Fab. Et nous?, {Douloureusement*
Fab. 1 C'est la dernière fois peut-être
Dieu le veut, ¡,lest, bie n le martre
Mais puisse au moins le souper être bon )
(Si l'on me connaissait, peut-être ?
Si je faisais dire mon nom,
Quelqu'insensé que soit le maître,
Il- me ferait plus de façon. )
•Mar. (Ils se parlent bas et peut-être
Qu'à part tous deax ils se fâchiontj
Mais moi je ne suis pas le maître y 1
S'ils sont fâchés, ils s'en iront. )
Au reste ça m'est bien égal
C'est demain que je me marie
,Chanter danser c'est mon envie,
Quand on épous' fille jolie,
Adieu
Bientôt je vous avertirai;
Mais point d'impatience,
-Et sur-tout du silence..
Chut. je reviendrai
Au reste cela m'est égal,*
Xj0R* Que m'importe cette folie ?
envie,
brave le vent et la pluie,
Oui mon cher je vous attendrai,
Et dans ce lieu je resterai..
Oui
Sans impatience,
( J'enrage d'avance. )
( La cloche sonne avec vitesse.
S C, E N
LOR ÉDAN F ABIO après un court silence
et regardé tout lui.
Ciel est
juste et je vous l'avis prédit.
si grave?
Fab. Vous l'avez
oublie? quand il n'y aurait que' cette aven-
notre voyage en France. aventure
de roman. Une femme belle > seule, dans
un bois des voleurs qui l'entraînent 5 vous
là tout à point pour la secourir on vous bles-
se 5 vous tuez. moi je. (1/ fait Ht geste,
de se sauver. ) Enfin nous l'emmenons |
peur avaient dispersés, se
rapprochent. vous les persuadez. avec
de l'argent et des menaces que Camille.
car son nom leur échappe vous suit de
son plein gré, et Dieu sait ce qu'ils auront
été conter pour se justifier de revenir sans
elle ce trait.. r%
Lor. Fabio! {Avec impatience.
Fab. Passons
elle croit que vous la conduisez
où elle prétend avoir un mari jaloux et
elle se trouve dans votre petite maison, où
discret. Alors
des reproches des larmes du désespoir
époux. Elle
l'heureux
mortel auquel elle est unie elle refuse et
la
seulement
et que pénétrée
mer. elle levant
au Ciel ses beaux yeux-, et avec une chaleur
vous la reconduisez aux portes de Naples, et
il ne vous reste de toute cette belle aventure
qu'une blessure et des regrets.
LOR. Fabio je t'en prie ne me rappelle
jamais cette a&ion j elle a fait souvent le tour-
ment de
Fab. Ah! nous y voilà. Monsieur,
le moment de: s'accuser de ses fautes 5 cela
désarme le Ciel Mon maître ne vous refuses
pas à ce bon mouvement 5 moi,' de mon côté
je
de conscience,
Loiu {Sans l'écouter.} D'après la certitude
qu'elle de se venger, si elle,
il qui elle pouvait être unie en secret. A quel-
qu'un de la cour sans doute? pas été.
jusqu'à oncle.
Fab. Votre oncle. si violent si jaloux!
si bizarre
par son crédit
à ses ressentie
si douce, a je
répond de sa loyauté. J'aime
n'aura point fait soupçonner son innocence,
et qu'il se présentera peut-être dans ma vie
quelqu'occasion de reconnaitresa générosité.'
Dieu le veuille. mais que vois-je ?
personne.
Fab. Oui, vraiment figure piquante.
dispositions..
̃ f S C E N E V-
LES PRÉCÉDENS, LAURETTE.
de dire a ou ça. (/^
sione de renvoyer. ) C'est homme bien
enfin.
Enfin, vous voilà au/ moment?,
m oui, il ir'y a
et
On nous dit que dans
m
jsasrona rien|
toujours-^ fa^e «
qu'en .ménage^
3
Dam!
Mais sut ça je n'promets pas d'faire .̃̃
U I T.
le
maître qui vient assez souvent dans ce lieu,
a ïWt ligne qu'il
Mar. {
B
On danse? {Etonné.
LoïC.
Vous m'avez donné votre parole.
Seulement le voir entrer.
-Mail. Vous ne distinguerez pas ses traits*
Son chapeau qui les yeux. sa
tête baissée. Sortais, Sortais. Si par malheur
ben,,o Paix.
N E VI
LES PRÉCÉDENS, ALBERT! en frac
les cheveux en désordre* 1-'air
un chapeau qui est rabattu et lui cache
le visage^ trois mis comme ^on
dit, portent un fauteuil un secrétaire
avec plusieurs bougies,
est-ce qu9il^a4"étâ-
en
dérangerait
sont
un signe
r l& secrétaire il commencé une lettre la
le regarde
le serre dans son seîït> referme le secrétaire
Fahio
la pointe du pied ainsi que
les
Mar,) S'il ne dit jamais que
cela, vous êtes bien excusable de n'avoir
Lorédan. Eh bien pu va-t-il à pré-
sent.
Mar. On croit que c'est dans la chambre
d'une jeune femme enfermée dans ce châ-
teau que personne ne pouvait voir :et qui,
çst morte par les mauvais traiteinens d'un
certain majordome.
Fab» Et ce marjordome •?
Mar. Est mort anssi depuis huit jours p c'est
ce qui fait que le maître est, revenu.
Mais tout le monde
tnèurt donc dans cette maison ?
Lob,. Et vous n*avea jamais été tenté de le
suivre, lorsque?..
Non parce qu'il prend une petite
Mar. Une pake
baltes qu'il porte toujours ppur répondre au
Ba
fait un signe 9 et tout le* monde disparaît.
seul
Comme C'est ici. c'est
sous cette salle dans ce souterrain, qu'elle
mon secret.
O femme coupable et adorée de quel prix
as-tu payé ma tendresse ? Pour avoir plus de
droits à ta reconnoissance à ta fidélité mal-
t'avais prise dans une fa-
mille obscure et pauvre mes bienfaits ont
égalé mon amour et
punis et la bonté d'être
î je une rigueur que j*a!
de nia sévérité de
trop exacte de celui que j'avais
mes. yeux privée
de voir le jour, pour
toute la nature encore, et ignores
époux, 7 depuis
m'approche pas
que prudence
les regards. 'approche
«m souterrain 5 in ressort qu'en touchant je
puis. [IL
Non je n'y descendrai pas. ce coeur est trop
faible. je* n'y descendrai pas. Ali /du moins
regardons son image. contemplons ces traits
si chers si trompeurs qui furent si long-
[Il pose le portrait sur le secrétaire.
AIR.
Amour'; vengeance, dans «ion cœur
Vous exercez votre limette empire 5
Le jour la nuit, cent fois j'expire
Et de tendreffo & de fureur..
J'aime 9 f aime. je meurs de rage
De douleur. et de repentir;
Et quand je mea^epens d'avoir su la punir
Je voudrais ? 5" fe peut la punir davantage.
Amour vengeance &c.
Âh si elle avait voulu m 'avouer celui qui
ra rendue perfide, celui avec qui elle osait
fuir loin de moi si elle l'avait livré à ma
juste vengeance!. 6. Elle'l'aime'
qu'elle craint de me le faire connaître. S'il
la
elle! elle dont
Jeune belle gémissant loin de
son époux. loin de son fils. de la qui
pu la
toute nourriture^
B3
le dirais encore. La jalousie me dé-
je capable de tout. Qu'elle
tremble qu'elle avoue. C'est aussi trop de
faiblesse. Ce jour sera terrible, je le sens
regards
tombent sur le portrait» ) Un regard jeté
m'attendrit.
que serait*ce donc si je la voyais ? Je ne la
me punirai de son crime
mille fois. Tour à tour cru el
tendre, amoureux, jaloux, voilà pourtant
comme depuis sept ans je passe ma misé-
Ce mal affreux qu'il faut souffrir,
dévorer, redouble chaque jour, et ne me tue
I'X.
i
frappant en dehors..
Mar. Vous avais» permis que les fiançailles
se fissent dans le château, attendu qu'il n'y
a pas d'autre endroit.
Alb. Eh bien?
Mar. Eh bien! je venons vous dire que
comme cette salle est la plus éloignée de
votre appartement,
la fête.
Alb. Cette salle! î pour une fête ( Tremblé.
Mar.
plus commode et puis
le château n'est pas des meilleurs 3 cette pièce-
ci est la plus sûre, -parce qu'on dit qu'elle est
voûtée n'est-ce pas, Monsieur ?
'Alb. Oui, oui je le sais. {Tressaillant.
Mar. Ainsi-donc si vpus le permettais,
ce sera ici. ÇJlberti rêve et s'attendrit* Un
doux
s9 approche un peu plus.) Monsieur ne vou-
drait pas honorer de sa présence, le plus
beau de mes joiars ? (Jélberti rêve et fait
un. fond
et si pour chasser votre tristesse vous preniez
tant seulement une jolie petite
la 'nôtre.
A,4B d'une voix étouffée et douloureuse.
Une
Mar. Ecoutez donc Monsieur
rendrait
̃_ terrible.
.f
dit
et ça Ta fait fuir,
LAURETTE, Domestiques du château.
sont tous vêtus gros-
rédan en riant. ) toute la
belle jeunesse du château,
{Elle appelle. ) Eh
Oh noiîB avons
le premier musicien du canton,
lui présenta
il

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