Cantiques à l'usage des missions

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1869. In-12.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1869
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-L'USAOE: DES MISSIONS.
tOLM.m,
IMP. DK CH.-M. HOFFMANN, IMP. UK LA PRliFECTimE.
1809.
A L'USAGE DES MISSIONS
N° 1. LA MISSION.
1er CHOEUR.
Accourez, peuple fidèle,
Accueillez votre Sauveur ;
Il vous cherche, il vous appelle,
Il demande votre coeur.
2e CHOEUR.
Béni soit Dieu qui visite
Les enfants de son amour ;
Tendre père, il sollicite,
Et provoque leur retour.
1. Entendez sa voix puissante,
Elle charme, elle ravit,
Elle est vive et pénétrante,
Elle éclaire et convertit.
2. Bénis soient de sa lumière
Les secours et les leçons,
Qui nous ouvrent la carrière
Du bonheur que nous cherchons.
1. Du Seigneur sur vos offenses,
Prévenez le jugement,
Méditez de ses vengeances
Le terrible châtiment,
i
— 2 N -
2. Béni soit Dieu qui menace,
Et ramène sans blesser,
Béni soit Dieu dont la grâce
Nous attend sans se lasser !
1. Dès ce jour quittez le vice,
Conjurez tous les malheurs.
Prévenez de la justice,
Arrêtez les coups vengeurs.
2. Béni soit Dieu qui réclame
Tous ses droits de Créateur !
Il est roi, tout le proclame,
L'univers, le ciel, mon coeur.
1., Ramenés par sa parole,
Captivés par ses attraits,
Du péché brisez l'idole,
Et pleurez sur vos forfaits.
2. Béni soit Dieu qui pardonne,
A l'esprit humilié,
Qui promet une couronne,
Au pécheur justifié !
1. Ah ! triomphe, douce grâce,
De nos coeurs indifférents ;
Du péché détruis la trace,
De Dieu sauve les enfants.
2. Béni soit Dieu dont la vie
Transfigure l'être humain,
Le pénètre et l'associe,
A son être souverain !
1. Aspirez au pain de vie
Que vous offre le Seigneur.
Préludez à la patrie,
Commencez votre bonheur.
2. Béni soit l'amour suprême !
Comment ne pas accourir,
Quand, prodigue de lui-même,
11 ne cesse de s'offrir ?
N° 2. INVOCATION AU SAINT-ESPRIT.
Esprit saiut, descendez eu nous ;
Embrasez notre coeur de vos feuxlesplus doux
Choeur. Esprit saint, etc.
Sans vous, notre vaine prudence
Ne peut, hélas ! que s'égarer.
Ah ! dissipez notre ignorance :
Esprit d'intelligence,
Venez nous éclairer.
Choeur. Esprit saint, etc.
Le noir enfer, pour nous faire la guerre
Se réunit au monde séducteur ;
Tout est pour nous embûche sur la terre ;
Soyez notre libérateur.
Choeur. Esprit saiut, etc.
- 4 -
Enseignez-nous la divine sagesse :
Seule elle peut nous conduire au bonheur ;
Dans ses sentiers qu'heureuse estlajeunesse,
Qu'heureuse est la vieillesse !
Choeur. Esprit saint, etc.
N° 3. MÊM8 SUJET.
CHOEUR. Esprit Saint, comblez nos Yoeux ;
Embrasez nos âmes
Des plus vives flammes ;
Esprit Saint comllez nos voeux ;
Embrasez nos âmes,
De vos plus doux feux.
Seul auteur de tous les dons,
De vous seul nous attendons
Tout notre secours
Dans ces saints jours.
Sans vous, en vain, du don des cieux
Les rayons précieux
Brillent à nos yeux ;
Sans vous notre coeur
N'est que froideur.
N° 4. MÊME SUJET.
Esprit saint, je vais entendre
Les célestes vérités ;
Du Seigneur on va m'apprendre
Les divines volontés.
Mais sans votre douce flamme
En vain l'homme nous instruit ;
Le discours n'atteint pas l'âme,
Et demeure ainsi sans fruit.
Seigneur, source de lumière,
Daignez luire à tous les yeux
Et produire sur la terre
Un jour pur et radieux.
En versant au fond des âmes
La lumière et la clarté,
Faites-y brûler les flammes
De l'ardente charité.
Seigneur, c'est à votre école
Qu'on apprend le vrai bonheur ,
Fruit divin de là parole
Qui pénètre dans le coeur :
Oui, je veux, quoiqu'il m'en coûte,
Me soumettre à votre loi ; '
Parlez, votre enfant écoute
Avec zèle, amour et foi.
N° 5. MÊME SUJET.
CHOEUR. Viens, Esprit d'amour,
Descends, habite dans mon âme,
Viens, Esprit d'amour,
Elle est à toi sans retour.
SOLO. AuteUr de tout don,
Dès ma jeunesse la plus tendre,
Auteur de tout don,
— 6 —
On m'apprit à bénir ton nom ;
Aujourd'hui viens m'apprendre
A n'en rougir jamais,
A ne jamais me rendre
Parjure à tes bienfaits.
N° 6. INVOCATION A MARIE.
CHOEUR.
Salut à vous, Fille du Père,
L'Esprit divin est votre époux ;
De Dieu le fils auguste Mère,
Bénissez-nous, priez pour nous.
SOLO.
Ouvrez les coeurs, divine Mère,
A la parole du salut ;
Soyez la douce messagère
De ses rayons, de sa vertu.
N° 7. AUTRE.
Je vous salue, auguste et sainte Reine,
Dont la beauté ravit les immortels !
Mère de grâce, aimable souveraine,
Je me prosterne au pied de vos autels.
Je vous salue, ô Divine Marie !
Vous méritez l'hommage de nos coeurs ;
Mère d'amour, vous êtes pour la vie,
Le doux espoir, l'asile des pécheurs.
Fils malheureux, issus d'Eve coupable,
Pauvres bannis , les yeux baignés de
[pleurs,
Nous vous faisons , ô mère secourable,
Par nos soupirs entendre nos douleurs.
Reine du ciel, puissante protectrice,
Sur nous tournez vosyeux compatissants,
Et montrez-vous à nos malheurs propice,
Du haut des cieux veillez sur vos enfants.
O Douce, ô tendre, ô pieuse Marie !
O vous de qui Jésus reçut le jour !
Faites qu'après l'exil de cette vie,
Nous le voyions dans l'éternel séjour.
N° 8, AUTRE.
Je vous salue, ô mère de mon Dieu,
Vierge bénie entre toutes les femmes ;
Que béni soit, en tout temps , en tout
[lieu,
Votre cher fils le Sauveur de nos âmes 1
Protégez-nous parmi tous nos malheurs,
Reine du ciel, ô très sainte Marie 1
Dès maintenant, priez pour les pécheurs,
Mais plus encore à la fin de leur vie.
N° 9. DOCTRINE CHRETIENNE.
Il faut croire un seul Dieu tout puissant, adorable,
Qui créa, qui conserve et soutient l'univers ;
11 ouvre aux bons le ciel, juge à tous équitable,
11 punit les méchants dans le fond des enfers.
CHOEUR.
Nous croyons fermement ce que croit votre Eglise,
Car c'est vous, ô mon Dieu, qui parlez par sa voix ;
Nous voulons, pour vous voir dans la gloire promise,
Vous aimer, vous servir, obéir à vos lois.
Trois Personnes en Dieu ! Je le crois ce mystère :
Unité, Trinité ! Père, Fils, St-Esprit !
Le Fils seul engendré, sortant du sein du Père,
Et L'Esprit procédant et du Père et du Fils.
Le péché primitif nous transmit sa souillure, ,
Obscurcit notre esprit, pervertit notre coeur ;
Le Verbe se l'ait chair, il prend notre nature,
Il guérit tous nos maux et nous rend le bonheur.
Je le crois : Dieu le Fils descendit sur la terre,
Humble, pauvre et soumis parmi nous il vécut,
Conçu du St-Esprit, né de la Vierge Mère,
Pour sauver les mortels sur la croix il mourut.
Mais bientôt sur la mort remportant la victoire,
A la droite du Père, il monta dans le ciel ;
Un jour nous le verrons descendre plein de gloire,
Il viendra prononcer notre arrêt éternel,
Si le Père a créé, si le Fils me rachète,
L'Ësprit-Saint sanctifie et mon âme et mon coeur ;
Sa grâce me soutient, mon être entier s'apprête,
A la gloire du ciel, à la vie, au bonheur.
— 9 -
Quand le ciel attentif entend notre prière,
Quand la foi nous conduit aux divins sacrements ;
De Dieu nous obtenons secours, force et lumière,
Pour agir eu chrétiens et garder nos serments.
Au sacré tribunal le péeheDr qui s'accuse,
Dont le coeur esl contrit, résolu, repentant,
Belrouve la faveur ; jamais Dieu ne refuse
Le pardon et la grâce au pécheur pénitent.
Pour ha'ir le péché, je pense à sa malice,
A la mort, à l'enfer, à ses feux éternels ;
Au ciel perdu sans fin, au jour de la justice,
Au Calvaire où Jésus racheta les mortels.
Dieu présent, Dieu s'offrant, s'umssant à mon âme,
Quel abîme d'amour ! Quel trésor pour la foi !
Je crois au Dieu caché, je brûle de sa flamme,
Et je cours à l'autel, pour que Dieu vive en moi!
Le Sauveur sur la terre a fondé son Eglise,
L'Espril-Saint la conduit et l'assiste toujours :
Au Pape son vicaire il l'a partout soumise,
Avec elle il sera jusqu'au terme des jours.
Je le crois, le Seigneur m'a placé sur la terre,
Pour l'aimer, le servir : le reste est vanité,
Le temps hâte son cours : au bout de la carrière,
Ou le ciel ou l'enfer pour une éternité ! ! !
N" 10. LES ACTES.
Adoration.
litre infini, Seigneur, je vous adore,
Dieu bon, Dieu saint, mon âme vous implore ;
O puissant Créateur, ô Maître souverain,
Je m'incline, à genoux, tremblant sous votre main.
— 10 —
Foi.
Je crois en vous, et d'une foi soumise,
Je crois, Seigneur, ce que nous dit l'Eglise,
Vous parlez par sa bouche, esprit de vérité,
Je soumets ma raison S votre autorité.
Espérance.
J'ai mis en vous, Seigneur, ma confiance,
Et pour le ciel, je suis plein d'espérance ;
Dieu tout bon, tout puissant, vous me l'avez promis,
Et Jésus, par sa mort, en a payé le prix.
Charité.
Oui, je vous aime, ù Dieu toujours aimable,
Bon, infini, parfait, saint, adorable ;
Et mon coeur, mon esprit, mon âme, mon amour,
Sont à vous désormais par un juste retour.
Charité pour le prochain.
Dans mon prochain, je trouve votre image,
En lui, mon Dieu, j'admire votre ouvrage,
C'est en vous, comme moi, qu'il est, se meut et vit,,
Et partout et toujours mon âme le chérit.
Contrition.
Mon coeur le sent, ma bouche le confesse.
J'ai méconnu, Seigneur, votre 1endres.se ;
Mais contrit, repentant, et ferme, plein d'ardeur,
Je demande ma grâce au nom de mon Sauveur.
liemercîment.
A vous bénir, Seigneur, tout me convie,
Je tiens de vous le corps, l'esprit, la vie.
Vous m'avez délivré du crime et du malheur,
Vous m'avez préparé la gloire et le bonheur.
il
N° 11. PENDANT LA SAINTE MESSE.
Introïbo.
Pleins d'un respect mêlé de confiance,
Qu'en nous, Seigneur, produit votre présence,
Connaissant qu'à vos yeux nous sommes criminels,
Nous cherchons un asile au pied de vos autels.
Confiteor.
Oui, devant vous, Dieu saint, Dieu redoutable,
Nous confessons que tout homme est coupable ;
Mais voyant que nos ca-urs sont vivement touchés ;
Ah ! daignez, ô Dieu bon, remettre nos péchés.
Le prêtre montant à l'autel.
Vous ne voyez en nous aucun mérite,
Mais tout le ciel pour nous vous sollicite ;
Écoutez les accents de tant d'intercesseurs,
Ecoutez tous les voeux qu'ils font pour les pécheurs.
Evangile.
Nous recevons, avec un coeur docile,
Les vérités qu'annonce l'Evangile :
Nous voulons pratiquer, jusqu'au dernier moment,
Tout le bien qu'il ordonne et fuir ce qu'il défend.
Credo.
D'un coeur ardent et d'une foi soumise,
Nous écoutons ce que nous dit l'Eglise ;
Vous parlez par la voix de son autorité,
Sa parole est l'écho de votre vérité.
Offertoire.
Nous vous offrons le sang de la victime,
— 12 -
Qui, seule, peut fermer le noir abîme ;
Elle peut désarmer le bras levé sur noua,
El du ciel apaiser le trop juste courroux.
Préface.
Pour digneme'nl redire vos louanges,
Nous unissons nos voix aux voix des anges,
Ils accourent en choeur et viennent pleins d'amour,
Vous bénir à l'envi, vous faire ici la cour.
Au mémento des rivants.
Ah ! descendez, victime volontaire,
Pour rappeler la cène et le calvaire,
Rntendez les soupirs qui montent jusqu'à vous,
Répandez vos bienfaits, venez nous sauver tous.
Élévation.
O doux Jésus, û salutaire hostie,
Vous nous ouvrez le ciel et la patrie I
Votre amour jusqu'à nous abaisse vos grandeurs,
A nos faibles regards, il voile vos splendeurs.
Après l'Élévation.
Oui, plein de foi, d'amour et d'espérance,
D'un Dieu caché j'adore la présence ;
Ah ! s'il voile en ce lieu son front, sa majesté,
Dans le ciel nous verrons l'éclat de sa beauté.
Mémento des Morts.
Dans les douleurs un peuple saint soupire :
Daignez, Seigneur, finir un tel martyre.
Dans le lieu du repos, du calme et de la paix,
Conduisez vos élus, qu'ils régnent à"'jamais.
— 13 -
Au Pater.
Père du ciel, que vos fils vous bénissent,
Sur nous régnez, que tous vous obéissent ;
Donnez-nous notre pain, daignez nous pardonner,
Du péril et du mal daignez nous délivrer.
Agnûs Dei.
O tendre agneau, vous êtes la victime,
Qui de ce monde avez porté le crime ;
Achevez à l'autel votre oeuvre de Sauveur,
Et lavez, û Jésus, les taches de mon coeur.
Domine, non sum dignus.
Moi m'approcher de votre sainte table,
J'en suis indigne, hélas ! je suis coupable,
Du céleste aliment je n'ose me nourrir,
Mais, parlez, ô Jésus, un mot peut me guérir.
Communion.
Chair de mon Dieu, céleste nourriture,
Sang précieux rendez mon âme pure,
Secondez dans mon coeur la grâce et les vertus
Et semez dans ma chair, la gloire des élus.
Après la communion.
Je vous possède, ô doux et tendre Maître,
O quel bienfait ! comment le reconnaître ?
Possédez à jamais, pour marque de retour,
Mon esprit et mon corps, mon coeur et mon amour.
Ile Missa est.
C'en est donc fait, l'auguste sacrifice,
Est consommé, le ciel nous est propice,
Des oracles divins les sens sont accomplis,
L'Infini vit en nous, et nos voeux sont remplis.
- 14 -
N° 12. LE SALUT.
Nous n'avons à faire
Que notre salut ;
C'est là notre but ;
C'est là notre unique affaire.
Nous serons heureux
En cherchant les cieux.
Notre àtne immortelle
Est faite pour Dieu,
La terre est trop peu,
Ou plutôt n'est rien pour elle.
Nous serons heureux
En cherchant les cieux.
Perte universelle !
Perdre son Sauveur,
Perdre son bonheur,
Perdre la vie éternelle !
Afin d'être heureux,
Nous cherchons les cieux.
Prends pour.toi la terre,
Avare indigent :
Pour l'or et l'argent
Entreprends procès et guerre :
Pour nous, plus heureux,
Nous cherchons les cieux.
Recherche, àme immonde,
Selon tes désirs,
— 15 —
Les biens, les plaisirs
Et les honneurs de ce monde.
Pour nous, plus heureux,
Nous cherchons les cieux.
Poursuis la fumée
D'un bien passager ;
Gagne un monde entier :
Quel gain si l'âme est damnée !
Pour nous, plus heureux,
Nons cherchons les cieux.
Au prix de la grâce,
Le reste n'est rien ;
Ce n'est pas un bien,
Dès lors qu'il trompe et qu'il passe.
Afin d'être heureux,
Nous cherchons les cieux.
Point d'autre excellence
Que l'humilité ;
Notre pauvreté
Fait toute notre abondance ;
Nous serons heureux,
En cherchant les cieux.
Notre savoir-faire
Est tout dans la croix :
Si nous sommes rois,
Ce n'est que sur le Calvaire.
Nous serons heureux,
En cherchant les cieux.
— 1G —
Nous cherchons la vie,
La gloire et la paix
Qui dure à jamais,
En avez-vous' quelque envie ?
Venez, suivez-nous,
Et nous l'aurons tous.
N° 13. LE SALUT.
Non, non jamais, erreur plus déplorable :
Nous ne cherchons que ce qui doit périr ;
Nous négligeons le seul bien véritable.
Nous oublions notre âme et l'avenir.
REFRAIN.
Tout est perdu si nous perdons notre âme,
Quand nous aurions gagné tout l'univers ;
Tout est perdu, si l'éternelle flamme
Nons engloutit dans le fond des enfers.
Sommes-nous faits pour des biens si fragiles,
Qu'on voit passer ainsi qu'une vapeur,
Qui sont pour nous en noirs chagrins fertiles ?
Non ! de tels biens ne sont pas le bonheur.
Un Dieu pour nous souffre une mort honteuse,
Telle est d'une âme à ses yeux la valeur ;
Et pour un rien, cette précieuse,
Nous l'exposons au suprême malheur.
Perdre son âme, ô perte irréparable,
Quel bien pourrait nous en dédommager ?
— 17 —
De tous les maux c'est le seul redoutable,
Tout autre mal est un mal passager.
Oui, désormais les maux les plus sensibles,
Honte, douleurs, souffrances et mépris,
Ne doivent plus paraître si terribles ;
Sauvons notre âme et nos maux sont finis.
Mais c'est en vain que nés dans l'opulence,
Nous jouissons du calme et du bonheur ;
Gloire, plaisirs, honneurs, grandeurs, puis-
[sance,
Sans le salut, tout est perte et malheur.
Y pensons-nous, aveugles que nous sommes?
Nous ne courons, qu'après la vanité ;
Dieu tout-puissant ! quand verra-t-on les
[hommes,
Plus occupés de leur éternité ?
sN° 14. DIEU SEUL.
Il n'est pour moi qu'un bien sur cette terre,
Et c'est Dieu seul, Dieu seul est mon trésor ;
C'est en Dieu seul que je crois que j'espère,
Et vers Dieu seul mon coeur prend son essor.
CHOEUR. Sa grandeur, sa tendresse,
Me révèlent sans cesse,
Le chant d'amour de la s'c cité,
Dieu seul pour une éternité.
— 18 —
Dieu seul, Dieu seul guérit toute blessure,
Dieu seul, Dieu seul est mon puissant secours;
Dieu seul suffit à l'âme droite et pure,
Et c'est Dieu seul qu'elle cherche toujours.
Quelle disgrâce ici bas peut atteindre,
Cet heureux coeur que Dieuseul peut charmer?
Hors de la perdre, il n'a plus rien à craindre;
Vivre en souffrant, ce n'est quemieuxTaimer.
N° 1b. LES BIENS PASSAGERS ET LE CIEL
Faux plaisirs, vains honneurs, biens frivoles,
Trop longtemps vous charmâtes nos yeux ;
C'en est fait, nous brisons nos idoles,
Aujourd'hui recevez nos adieux.
Loin de nous la fatale espérance
De trouver ici bas le bonheur.
Tout ici n'est que vaine apparence,
Rien ne peut contenter notre cojur.
Héritiers d'une gloire immortelle,
Vers le ciel élevons nos soupirs ;
C'est au ciel qu'une joie éternelle
Des élus comblera les désirs.
Nous verrons le Seigneur face à face,
Quand la foi déchirant son bandeau ;
L'espérance à son tour fera place
Au bonheur, au delà du tombeau.
— 19 —
Et l'amour embrassant l'ineffable,
Survivra permanent dans les cieux,
Et puisant à la source adorable,
Remplira les élus de ses feux.
Montrez-vous, ô clarté immortelle,
Beau séjour, contentez nos souhaits ;
Ici bas les douleurs sont réelles,
Les plaisirs ne contentent jamais.
N" 16. VANITE DES PLAISIRS ET DES
BIENS DE LA TERRE.
TOUT n'est que vanité,
Mensonge, fragilité,
Dans tous ces objets divers,
Qu'offre à nos regards l'univers.
Tous ces brillants dehors,
Cette pompe,
Ces biens, ces trésors,
Tout nous trompe,
Tout nous éblouit,
Mais tout nous échappe et s'enfuit.
Telles qu'on voit les fleurs,
Avec leurs vives couleurs,
Eclore, s'épanouir,
Se faner, tomber et périr ;
Tel est des vains attraits
Le partage ;
Tel l'éclat, les traits
' Du bel âge,
— 20 —
Après quelques jours,
Perdent leur beauté pour toujours.
Que doivent devenir
Pour l'homme qui doit mourir,
Ces biens longtemps amassés,
Cet argent, cet or entassés ?
Fût-il du genre humain
Seul le maître,
Pour lui tout enfin
Cesse d'être :
Au jour de son deuil,
11 n'a plus à lui qu'un cercueil.
J'ai vu l'impie heureux,
Avec son air fastueux,
Tel qu'un cèdre du Liban
Elever son front nîenaçant :
Au loin tout, révérait
Sa puissance,
Et tout adorait
Sa présence :
Je passe, et soudain
Il n'est plus, je le cherche en vain.
Que sont-ils devenus
Ces grands, ces guerriers connus,
Ces hommes, dont les exploits
Ont soumis la terre à leurs lois ?
Les traits éblouissants
De leur gloire,
Leurs noms florissants,
Leur mémoire,
Avec les héros,
— 21 -
Sont entrés au sein des tombeaux.
Sans la religion,
Que sert un esprit fécond,
Un nom devenu fameux,
Par mille travaux glorieux ?
Non, les plus beaux talents,
L'éloquence,
Les succès brillants,
La science
Ne servent de rien
A qui ne sait vivre en chrétien
Arbitre des humains,
Dieu seul tient entre ses mains
Les événements divers,
Et le sort de tout l'univers ;
Seul il n'a qu'à parler,
Et la foudre
Va frapper, brûler,
Mettre en poudre
Les plus grands héros,
Comme les plus vils vermisseaux.
La mort dans son courroux,
Dispense à son gré ses coups,
N'épargne ni le haut rang,
Ni l'éclat auguste du sang ;
Tout doit un jour mourir,
Tout succombe,
Tout doit s'engloutir
Dans la tombe :
Les sujets, les rois
Iront s'y confondre à la fois.
— 22 —
Oh I combien malheureux
Est l'homme présomptueux,
Qui, dans ce inonde trompeur,
Croit pouvoir trouver son bonheur!
Dieu seul est immortel,
Immuable,
Seul grand, éternel,
Seul aimable,
Avec son secours,
Soyons à lui seul pour toujours.
N° 17. LE PECHE.
Hélas ! quelle douleur
Brise mou coeur,
Fait couler mes larmes !
Hélas ! quelle douleur
Brise mon coeur!
O crainte, ô terreur !
Autrefois,
Seigneur, sans alarrr.es,
De tes lois
Je goûtais les charmes ;-
Hélas ! voeux superflus !
Beaux jours perdus,
Vous ne serez plus.
La mort marche et me suit ;
O triste nuit 1
Déjà je succombe.
La mort marche et me suit;
— 25 —
Le monde fuit ;
Tout s'évanouit,
Je la vois
Ëntr'ouvant ma tombe.
Et sa voix
M'appelle et j'y tombe,
O mort, cruelle mort !
Si jeune encor I . . .
Quel funeste sort !
Frémis, tremble, pécheur,
Un Dieu vengeur,
D'un regard sévère...
Frémis, tremble pécheur,
Un Dieu vengeur
Va sonder ton coeur.
Malheureux !
Entends son tonnerre ;
Si tu peux,
Soutiens sa colère ;
Frémis, seul aujourd'hui,
Sans nul appui,
Parais devant lui.
Grand Dieu ! quel jour affreux
; Luit à mes yeux !
Quel horrible abîme !
Grand Dieu ! quel jour affreux
Luit à mes yeux !
Quels lugubre&.feux !
Oui l'enfer,
Vengeur de mon crime,
Est ouvert,
- 34 —
Attend sa victime.
Grand Dieu, quel avenir l
Toujours souffrir L
Toujours te haïr !
Beau ciel, je t'ai perdu, .
Je t'ai vendu
Pour de vains caprices.
Beau ciel, je t'ai perdu,.
Je t'ai vendu ;
Regret superflu!
Loin de toi,
Toutes les délices
Sont pour moi
De nouveaux supplices.
Beau ciel, toi que j'aimais,,
Qui me charmais,
Ne te voir jamais ! . . .
0 vous, frères pieux,
Vous si joyeux,
Vous pleins d'espérance l
0 vous, frères pieux,
Vous si joyeux !
Moi seul malheureux !
J'ai voulu
Sortir de l'enfance ;
J'ai perdu
L'aimable innocence.
Qvotis, ducielun jour
0 sainte cour,
Adieu sans retour t
— 25 —
Non, non, c'est une erreur ;
Dans mon malheur,
Hélas ! je m'oublie.
Non, non, c'est une erreur :
Dans mon malheur
Je trouve un Sauveur.
11 m'entend,
Me réconcilie ;
Dans son sang
Je reprends la vie.
Non , non, je l'aime encor,
Et le remords
A changé mon sort.
Jésus , manne des cieux,
Pain des heureux,
Mon coeur te réclame ;
Jésus, manne des cieux,
Pain des heureux,
Viens combler mes voeux !
Désormais
Ta divine flamme
Pour jamais
Embrase mon âme :
Jésus, ô mon Sauveur,
Fais de mon coeur
L'éternel bonheur !
N° iS. LE PÉCHÉ
J'ai péché devant la face
De mon Dieu, mon Créateur;
J'ai perdu le vrai bonheur
En méritant sa disgrâce.
— 26 —
REFRAIN.
Mais je veux par mes regrets,
Expier tous mes forfaits !
Coulez, larmes amères,
Coulez, larmes du coeur,
Signes sincères
De ma douleur.
Du Seigneur et de sa grâce
Méprisant tous les attraits ; •
J'opposais à ses bienfaits
L'ingratitude et l'audace.
Mais je veux, etc.
J'ai vécu dans les alarmes,
Dévoré par le remords ;
Maudissant, ô triste sort,
De la vertu les doux charmes.
Mais je veux , etc.
Quand au bruit de son tonnerre,
Dieu m'annonce l'avenir,
Je ne puis ne pas frémir ;
J'ai mérité sa colère.
Mais je veu?-c, etc.
De l'enfer le noir abîme
A mes yeux s'ouvre béant ;
Et le bras du Tout-Puissant,
Va m'y plonger pour mon crime.
Mais je veux , etc.
27
N" 19. LE PÉCHÉ, SES EFFETS.
J'ai péché , démence extrême !
J'ai chassé Dieu de mon coeur ;
J'ai perdu le bien suprême ;
C'est mon crime et mon malheur.
REFRAIN.
0 malheur! ô malheur!
J'ai chassé Dieu de mon coeur.
J'étais pur dans mon enfance,
Je goûtais la paix du coeur;
En perdant mon innocence ,
J'ai perdu tout mon bonheur.
0 malheur! etc.
J'étais fils de Dieu le Père,
Animé du Suint-Esprit;
De Jésus , j'étais le frère ,
Le péché m'a tout ravi.
0 malheur! etc.
En mon âme , par la grâce ,
Dieu régnait, ô l'heureux sort!
Et je tombe en sa disgrâce ,
Le péché donne la mort.
O malheur! etc.
Si je tresse ma couronne ,
Par la grâce et mes efforts ;
Le péché me découronne,
Et dissipe mes trésors.
O malheur! etc.
— SS-
II arrache les racines
Qui germaient pour nous sauver ;
Il ne laisse que des ruines ,
Que Dieu seul peut relever.
O malheur! etc.
Le péché poursuit la guerre,
11 affronte l'Éternel;
Et les maux couvrent la terre,
Pour venger le Dieu du ciel.
O malheur ! etc
Et la mort et ses alarmes ,
La justice et ses rigueurs ,
Et l'enfer, ses feux, ses larmes ,
Sont créés pour les pécheurs.
O malheur ! etc.
J'ai péché , mais de mon crime
Je confesse la noirceur,
Et Jésus ferme l'abîme,
Dieu pardonne à ma douleur.
REFRAIN- — O bonheur ! ô bonheur !
' Dieu pardonne à ma douleur.
N° 20. LES QUATRE FINS DERNIÈRES.
Vous qui courez sans crainte au précipice.
Loin du Seigneur et des sentiers divins,
Si vous voulez quitter enfin le vice,
Souvenez-vous chaque jour de vos fins.
— 29 —
Mort, jugement, enfer, céleste gloire,
Quels souvenirs d'espoir ou de terreur ;
S'il les avait présents à la mémoire,
L'homme jamais ne deviendrait pécheur.
Il faut mourir, nul ne peut s'en défendre,
La mort soumet les peuples et les rois ;
Comme un voleur elle peut nous surprendre,
Ah ! soyons prêts, on ne meurt qu'une fois.
Du jugement la mort sera suivie,
Prompt, redoutable et juste jugement;
Oh ! quel malheur pour tous ceux dont la vie,
Sera coupable à ce triste moment.
O noir enfer ! tes flammes dévorantes^
Des criminels punissent les forfaits ;
Ah 1 des plaisirs les formes séduisantes,
Les ont trompés et perdus à jamais.
En contemplant le ciel et les délices,
Que le Seigneur y verse à pleines mains,
Vous bénirez la croix, les sacrifices,
Qui donnent droit au partage des saints.
N°2l. LA MORT.
Nous passons comme une ombre vaine ;
Nous naissons, mais c'est pour mourir.
Quand la mort doit-elle venir ?
L'heure en est incertaine.
— 30 —
REFRAIN.
, Dans les bras du crime,
Malheureux qui s'endort;
Dans le noir abîme
11 tombe à la mort.
Tons les jours la mort est à craindre,
Chaque pas conduit au tombeau;
Notre vie est comme un flambeau
Qu'un souffle peut éteindre.
Dans les bras, etc.
Lé torrent qui gronde en furie,
Disparaît après un moment;
Plus encore rapidement
S'enfuira notre vie.
Dans les bras, etc.
Au jardin, chaque fleur nouvelle
Dure-t-elle plus d'un matin ?
Telle aussi sera notre fin ;
L'homme passe comme elle.
Dans les bras, etc.
Pourquoi donc cette attache extrême
Aux honneurs, aux biens, au plaisir ?
Hélas I tout ce qui doit finir
Est-il digne qu'on l'aime ?
Dans les bras, etc.
Que la mort peut être funeste !
Ce passage est seul important;
C'est le grand ; l'unique moment
Qui décide du reste.
Dans les bras, etc.
— 31 -
Ah ! tandis que tout m'abandonne,
Anges saints, veillez sur mes pas,
Du dernier de tous mes combats
Dépendra ma couronne.
Dans les bras, etc.
Vous surtout, Vierge débonnaire,
Ranimez alors mon ardeur ;
Il est vrai, je suis un pécheur,
Mais vous êtes ma mère.
Dans les bras etc:
Mes péchés arment tes vengeances,
Mais, grand Dieu! regarde ton Fils,
Quand il offre pour moi le prix
De ses longues souffrances.
Dans les bras, etc.
Oui, la croix bannit nos alarmes,
Au terrible et sombre moment,
Quand on peut mourir en l'aimant,
Que la mort a des charmes !
Dans les bras, etc.
N" 22. LA MORT.
CHOEUR.
A la mort, à la mort,
Pécheur, tout finira ;
Le Seigneur, à la mort,
Te jugera.
-SS-
II faut mourir, il faut mourir,
De ce monde il nous faut sortir ;
Le triste arrêt en est porté,
Il faut qu'il soit exécuté.
Comme une fleur qui se flétrit,
Ainsi l'homme bientôt périt;
L'affreuse mort vient de ses jours,
En un moment finir le cours.
Viens donc, pécheur, près du cercueil ;
Devant lui se confond l'orgueil ;
Et tout ce qu'on estime tant,
Est abîmé dans son néant.
Nous que retient la vanité,
Que devient ici la beauté ?
Nos traits difformes, sans couleur,
Inspireront à tous l'horreur.'
Vous qui suivez tous vos désirs,
Et cherchez en tout les plaisirs,
Oh ! quel horrible changement,
La mort va faire en un moment.
Plus de trésors, plus de douceurs,
Plus d'éclat, plus de vains flatteurs,
Les biens, dont vous êtes jaloux,
Vont tout à coup périr pour vous.
Le jour de deuil, jour des adieux,
Va bientôt attrister vos yeux ;
Et votre coeur en frémira,
Mais enfin, tout vous quittera.
— 33 —
Dites, chrétiens, qui serait prêt
A subir maintenant l'arrêt ?
Combien, laissant cet univers,
Seraient jetés dans les enfers ?
N° 23. LA MORT.
Jusques à quand, enfants des hommes,
Songerez-vous à vous nourrir
De chimères et de mensonge?
Ignorez-vous qu'il faut mourir?
Au fond ténébreux de la tombe
La mort m'appelle sans retour,
Encore un instant et j'y tombe,
Et vous demain c'est votre tour.
CHOEUR.
O mort I ô triste mort ! ne frappe pas encore.
Hélas ! je meurs
Comme les fleurs
Qui n'ont vu qu'une aurore.
Dans les campagnes qu'il inonde
Le torrent passe et s'engloutit.
Ainsi tout passe dans ce monde,
Tout grandeur s'anéantit.
A peine entré dans la carrière
On vient nous dire d'en sortir.
A peine a-t-on vu la lumière,
Qu'on ferme l'oeil: c'est pour mourir.
— 34 —
Toi qui vivais dans l'opulence,
Riche puissant, quoi tu t'endors !
Lève-toi, le moment s'avance
Qui doit te prendre tes trésors.
Entends sonner l'heure fatale ;
La mort te frappe, adieu, tu meurs I 1
Et sur ta tombe sépulcrale
Nul ne viendra verser des pleurs.
Où vous chercher, guerriers terribles ?
Qu'êtes-vous donc tous devenus?
Chacun vous croyait invincibles,
Et la mort vint . . . vous n'êtes plus.
Grand Dieu, dans la nuit éternelle
Est descendu bientôt leur corps.
Leur âme, hélas ! où donc est-elle ?
Chez les vivants ou chez les morts ?
Tel est l'arrêt : l'être suprême
Triomphe ainsi de notre orgueil,
L'indigence et le diadème
Vont se briser au même écueil.
L'argent, les honneurs, la puissance
D'un grand ne change pas le sort.
Quand devant lui tout fait silence,
Nous l'appelons, mais il est mort !
Vers le cercueil, hommes frivoles,
En frémissant portez vos pas,
Contemplez ces vaines idoles
Dont vous vantâtes les appas,
Adieu, faux éclat du bel âge,
Monde trompeur, qui m'as séduit.
- 35 —
Adieu... je n'aurai pour partage
Que le remords qui me poursuit.
Eveillez-vous, race coupable
D'un père prévaricateur ;
Pour un bien vil et méprisable,
Oubliez-vous le vrai bonheur ?
Seigneur, je bénis ta sagesse,
Détruis, si c'est ta volonté,
Mais prends pitié de ma faiblesse,
Je n'ai recours qu'à ta bonté.
N° 24. APRES LE SERMON SUR LA MORT.
À deux Choeurs.
tcr CHOEUR.
Quel tyran, ô mort cruelle,
Mit le glaive dans tes mains ?
Serais-tu seule immortelle,
Pour frapper tous les humains ?
Est-ce un crime de ma race,
Que poursuivent tes fureurs ;
Et ne puis-je trouver grâce,
Par mes cris et par mes pleurs ?
2e CHOEUR.
Ouvrez-vous, saints tabernacles,
Montrez-nous le Dieu vivant,
Qu'une suite de miracles,
A rendu notre aliment.
— 36 —
Par sa grâce il vivifie,
Et triomphe de la mort ;
Son autel source de vie,
A changé mon triste sort.
1. Mais j'entends gronder la foudre,
Dieu me parle par la voix
De la mort qui met en poudre
Les petits, les grands, les rois.
C'est la guerre, la vengeance I
O disgrâce ! comment fuir ?
La mort règne, marche, avance,
Pas de grâce, il faut mourir.
2. A la grâce la victoire,
A l'autel se fait la paix ;
Au Seigneur revient la gloire,
Et la guerre disparaît.
La justice satisfaite,
La mort n'est plus un tourment ;
L'homme juste la souhaite,
Ou l'accepte en bénissant.
1. Elle met en fuite l'âme,
Elle va glacer le coeur :
De nos yeux éteint la flamme,
Et nous rend objet d'horreur ;
Des surprises, des alarmes,
Les démons et leurs combats ;
Des périls, des cris, des larmes,
Des douleurs, puis le trépas !!!
- 37 -
2. Le chrétien à l'agonie
Se nourrit du Dieu vivant :
Et mourant plein de sa vie,
Il triomphe en expirant ;
Il s'unit au sacrifice
De la croix et de l'autel,
Et partage le supplice,
Qui sauva l'homme mùrtel.
Les deux Choeurs réunis.
. Soyez là, tendre victime,
Quand notre heure arrivera ;
Et fermez le noir abîme,
Quand la tombe s'ouvrira,
O céleste viatique,
Menez-nous dans ce palais,
Où Dieu règne magnifique,
Où la mort n'a plus d'accès.
N° 25. LE JUGEMENT.
Dieu va déployer sa puissance,
Le temps comme un songe s'enfuit ;
La durée éternelle, immuable commence,
.Et le monde est plongé dans l'horreur de la nuit.
J'entends la trompette effrayante ;
Quel bruit ! quels lugubres éclairs !
Le tonnerre en grondant jette au,loin l'épouvante,
-Et sa flamme en courroux envahit l'univers.
Les monts foudroyés se renversent,
Les êtres sont tous confondus ;
La mer ouvre son sein, et ses flots se dispersent,
Le chaos reparaît et la terre n'est plus.
2
— 38 —
Sortez des tombeaux, 6 poussière,
Dépouillées, pfijles humains.
Le Seigneurvous appélfs, $ vous rend la lumière,'
Vient sondérytous lés'cceiirs'et fixer les destins.
,,'11.7 Ê?. IIIJ.IIIOIO )l. ,■':.■■
Il vient : tout est dans le silence,
Sa orôfx'^onté'M'foîtf la terreur :
Le pécheur conste.rflêîfi>êrBfl«eri!sEi présence,
Et le juste lui îm,êm;eriesii.8aisi;d:«jfrayehr.
Assis ^wviuoi jlsftne!de;glritre,
Comme moi, vous avez remporté la victoire,
Et je veux;d,e(vmi§sliiîaiinsi»b'ii4'OTineniVBSijiertu8.
Tombez dans le, sein des, abîmes,
Tomïiei,l'tiévcliè'nWliuda,éieux7;'
De mon jU'ste'c'oWr^HSïmBlo^fèUes'Wclimes,
Vils suppôts d,esid^n»n6i(liabilei3a«ac>feiïxl
O .eercIe'éteiïhelitasdppiiéea^/i.O
Tu vas donc,jqojp]mpHC8f,,t<otijcours;
O céleste séjour, d'ipéffames"4^fe^s,v,,rji/
Tu reçois'Ies' élus, et celapour toujours.,,
r,>m>JUJ[i!-;:ilI î.MlgOI (l:il(r ijl)
Grand,Dieu, ,qui sera la victime, i
Dë'-'M?mpikâliie,irfi'é«r'?,;f !Jt)
Quelle sombre terreur me tourmente et m'opprime !
Le remords et lleffrohm-e déchirent <le,<jpeur.
De tes jugements, Dieu sévère,
Pourrai^ ijubir- lés 'rigueurs'?"■'; ! '
J'ai péchèy'mffiis toiï'Baft'g» fléehïrâ «'Colère 1:
J'ai péché, m'afe'.-rëga'rdë'tJt'Iï'eïbiit^C rà'éfe'p'l'ê'ttrk. *;
N° a^'^i^^^ktt'^H LE
,!,.;<,nn.p'l ni„IJ,UGEMENTL.n. „•> o-irmiml
CHOEUR, - REFRAIN.
•ty,ïgsuS|r.lseMWllau^m;! >''•
A làrfinvous'âeryz'nioii'jûlë'; "'"'
■'"'' Soyez auj'oWhui'moïi' refjïgè. " "!" ,J"-
Je suïs'p'aùvrè', p;éyche,ur;finèiriili.'' ")i' 1' '
- 39 -
Pour sauver les humains vous venez sur la terre,
Vous jugerez au grand jour l'univers,
O jour de colère !!!
Armé du tonnerre
Vous paraîtrez triomphant dans les airs.
Comment fuir ? Où cacher et ma honte et mon crime ?
Votre regard a sondé tous les coeurs ;
Moi, pauvre victime,
Je sonde l'abîme,
Où votre arrêt plongera les pécheurs.
Mais je veux prévenir la terrible sentence,
Et confesser en pleurant mes forfaits,
Alors la vengeance,
Dans ma pénitence,
Va retrouver tous ses droits satisfaits.
Donnez-moi des regrets, des soupirs et des larmes,
Et pardonnez au pécheur pénitent,
.0 Dieu, par vos charmes,
Calmez mes alarmes,
Et devenez mon céleste aliment.
Nous serons à jamais les enfants de Marie :
Le pain vivant, fruit béni de son sein,
Nous offre sa vie,
Sa voix nous convie,
A partager son royaume sans fin.
N° 27. L'ENFER.
Un damné rdconle ses souffrances.
Tremblez, habitants de la terre,
Tremblez, votre tour va venir :
Le Seigneur fait sur vous retentir son tonnerre,
Vous, du moins conjurez l'effroyable avenir.
Tremblez, etc.
- 40 —
Saisi comme vous de délire,
En vain j'étouffais le remords,
J'insultais à mon Dieu, malheureux, j'osais rire
Des tourments de l'enfer, jusqu'au jour de ma mort.
Tremblez, etc.
J'étais aveuglé par le crime,
Au sein des plaisirs je dormais,
Mais soudain... ô malheur!... dans le fond del'abîme,
En mourant, je m'éveille et j'y souffre à jamais !
, Tremblez, etc.
Venez, trop aveugle jeunesse,
Venez dans ces feux dévorants*
Et voyez comme ici la fureur qui nous presse
Fait pousser des soupirs et des cris déchirants.
Tremblez, etc.
Comment exprimer ma misère ?
Comment retracer mes tourments ?
Abîmé sous les coups d'une juste colère.
Je frémis, et je pleure, et je grince des dents.
Tremblez, etc.
Du fond de ce lieu de ténèbres
S'élève une noire vapeur,
Les abîmes couverts de ces voiles funèbres,
N'offrent plus qu'un objet d'épouvante et d'horreur.
Tremblez, etc.
Ici dans la flamme brûlante,
Je sens s'embraser tout mon corps ;
A l'aspect des démons mon esprit s'épouvante,
Il endure toujours les horreurs de la mort.
Tremblez, etc.
Hélas ! ma plus grande souffrance,
C'est d'être exilé pour toujours, '
Vers le ciel et vers Dieu vainement je m'élance ;
Son courroux me retient dans ce triste séjour.
Tremblez, etc.
— 41 -
0 ciel, ô divines délices!
Bonheur de la sainte Cilé,
J'aurais pu le gagner !... ô douleurs... ô supplices
J'ai l'enfer pour partage el je l'ai mérité.
Tremblez, etc..
L'abus que j'ai fait de vos grâces,
Mon Dieu, me déchire le coeur ;
O nécheurs insensés .oui marchez sur mes traces,
Ah ! craignez de venir partager mon malheur!
Tremblez, elc.
Eneor si jamais Dieu propice
Devait enfin rompre mes fers,
Quel bonheur de souffrir pour calmer sa justice,
Mais, hélas! pour toujours je suis dans IJS enfers.
Tremblez, eh.
N° 28. L'ENFER.
Dialogue entre les vivants cl les damnés.
LES VIVANTS. Malheureuses créatures,
Que le Dieu de l'univers
A jamais livre aux tortures,
Dans les gouffres de l'enfer ;
Dites-nous, dites-nous,
Quels tourments endurez-vous 1
LES RÉPROUVÉS. Eh quoi ? faut-il vous instruire
Du sort affreux des pécheurs ?
Faut-il nous-mêmes vous dire
Combien sont grands nos mal-
Hélas ! Hélas ! [heurs,
Mortels, ne nous suivez pas !!!
— 42 —
L. v. De l'horreur des noirs abîmes
Parlez-nous, blasphémateurs,
Du vengeur de tous les crimes
Apprenez-nous; les rigueurs ;
Dites-nous
L. R. Comment de cette vengeance
Vous* dire quels sont les coups
De l'invincible puissance ?
C'est l'invincible courroux.
Hélas !....
L. v. Quelles sont, âmes charnelles
Les douleurs que vous souffrez,
Pour vos flammes criminelles,
Pour vos sales voluptés ?
Dites-nous....
L. R. Pour quelques vaines délices
Qui n'ont duré qu'un moment,
Il faut au sein des supplices
Brûler éternellement.
Hélas !....
L. v. Vous qui par intempérance
■ Méprisâtes tant de fois
Delà sainte pénitence
Les préceptes et les lois ;
Dites-nous. .|..
L. R. Pour comble de nos souffrances
La soif s'ajoute à la faim ;
Telle est de nos folles dépenses
L'unique fruit et la fin.
Hélas !
— 43—
.y .i
L. v. - Et voiis, tous dont l'avarice, '
Eut sans cttorpour l'orphelin j
QufcyiKÎej dans l'injustice,
DépoiiMakt votre prochain :
Dites-nous.... t; ;
L. R. Diset;té,;4oFrible indigence,
Misère, entier dénûment,
De notre avare opulence
Tel est l'affreux châtiment.
Hélas!....
L. v. Vous, mortels impitoyables,
Inflexibles ennemis,
Pour des haines implacables
A quels maux est-on soumis ?
Dites-nous....
h. R. . Auprès du juge suprême
Qui nous aura protégés ?
Son bras se venge de même
Que nous nous sommes vengés.
Hélas !....■
L. v. Vous jouets de l'espérance,
O pécheurs présomptueux,
Qui pour faire pénitence
Différiez selon vos voeux,
Dites-nous....
L, R. La mort trompant notre attente,
Comme un voleur nous surprit ;
Frappés soudain d'épouvante,
Pour:nous l'abîme s'ouvrit.
Hélas!....
— 44 -
L v. . Et vous, dont la fausse honte
Dérobait aux confesseurs
Les péchés dont tenait compte
Celui qui sonde les coeurs :
Dites-nous....
L. R. Infortuné;; 7.1e nous sommes !
Chacun de nous s''apwo;:'
Qu'en vain on trompe les hommes
Quand Dieu lui-même nous voit.
Hélas !
L. v. Vous, chrétiens, vous, déicides,
Dont le ciel avait horreur,
Quand sans honte, ô coeurs per-
Receviez votre sauveur, [fides,
Dites-nous....
h R. Malheur à qui communie
Ainsi sacrilégement,
Avec Judas il expie
Son crime éternellement.
Hélas!..'..
t. v. Mais, pécheurs de ces supplices
Dont un Dieu dans son courroux
S'est armé contre les vices,
Quel estle plus grand de tous ?
Dites-nous... .
t. R. L'affreux tourment des cou-
pables]
N'est pas la peine du feu,
Le mal le plus effroyable
C'est de jamais ne voir Dieu.
Hélas!
- 45 —
N° 29. APRES LE SERMON SUR L'ENFER.
Un peuple entier, ô Jésus, vous implore,
Nos yeux ont vu les abîmes béants,
Vous, chaque jour, immolé dès l'aurore,
Ah ! sauvez-nous de ces feux dévorants !
O Dieu caché, sauvez-nous des ténèbres,
Et des horreurs de l'enfer éternel :
Pour échapper à ces scènes funèbres, '
Nous venons tous embrasser votre autel.
Tous les méchants engloutis dans l'abîme,
Ne trouveront ni la mort ni la paix,
Ils méprisaient, ô céleste victime,
Votre pardon, votre sang, vos bienfaits.
Ils étaient faits pour vous voir face à face,
Vous posséder, vous aimer, vous bénir :
Mais loin de vous, ils choisirent leur place,
Ils sont maudits, condamnés à souffrir.
Au saint banquet le fidèle commence
A posséder le bonheur souverain ;
Eux, les maudits, se damnèrent d'avance,
En s'éloignant du céleste festin.
Honte, regrets, rage, cris lamentables,
Maux réunis, vous vengez le Seigneur,
O désespoir ! ils pouvaient, les coupables,
Par leur retour ressaisir le bonheur.
Et nous pécheurs que la grâce rappelle,
— 46 -
Nous avons tous mérité ces tourments ;
Ce ;ver rongeur, cette mort éternelle,
Ces désespoirs, ces affreux châtiments.
Grâce, ô Jésus, conjurez ces supplices
O pain vivant, là présent sur l'autel ;
Préparez-nous au festin de délices,
Pour préluder aux délices du ciel.
N° 50. LE PARADIS.
Sainte cité, demeure permanente,
Sacré palais qu'habite le grand Roi.
Où doit un jour régner l'âme innocente,
Quoi de plus doux que de penser à toi !
O ma patrie !
O mon bonheur !
Toute ma vie,
Sois le voeu de mon coeur !
Sainte beauté, lumière ravissante !
Tu fais l'objet suprême du bonheur :
Oh ! quand viendra l'aurore étincelante
Où nous pourrons jouir de ta splendeur !
Dans tes parvis tout n'est plus qu'allégresse,
C'est un torrent de paix et de plaisirs ;
On ne ressent ni peine ni tristesse,
On ne connaît ni plaintes ni soupirs.
Tes habitants ne craignent plus d'orage,
Ils sont au port, tranquilles pour jamais.
Un calme entier devient leur doux partage,
Dieu dans leur coeur verse un fleuve de paix.
_ 47 —
De quel éclat ce Dieu les environne !
Ah ! je les vois brillants de majesté :
Rien ne saurait flétrir de leur couronne
Le pur éclat, le charme, la beauté.
Pour les élus il n'est point d'inconstance ;
Tout est soumis au joug du saint amour ;
L'affreux péché n'a plus là de puissance ;
Tout bénit Dieu dans cet heureux séjour.
Puisque Dieu seul est notre récompense,
Qu'il soit aussi la fin de nos travaux :
Le «court montent que dure la souffrance
Mérite au ciel la gloire et le repos.
N°3t.LE CIEL.
Vers le ciel taillant de lumière,
Jésus vainqueur est retourné !
Il reprend sa gloire première,
Son front divin est couronné !
Tremblez, puissances de la terre ;
Devant lui, tout est vanité !
Le monde en vain lui fait la guerre ;
Il est Roi pour l'éternité !
REFRAIN . '
O Dieu Sauveur,
Votre victoire
Nous vaut la gloire
Et le bonheur.
— 48 —
A ses pieds la terre en silence,
Adcre et tremble de frayeur ;
Le soleil soumis se balance,
Et l'homme chante son Seigneur!
Les Chérubins portent son trône,
Les élus, dans l'heureux séjour,
Voyant l'éclat qui l'environne,
Transportés, chantent leur amour.
Suivons les traces du maître !
Sous l'étendard de notre Roi,
A l'enfer qui veut nous soumettre
Montrons-nous forts et sans effroi !
Ce n'est qu'au jour de la victoire,
Qu'est brillant le front des héros ;
Et le chrétien qui veut la gloire
Ne doit pas chercher le repos !
Le repos, Jésus le réserve
Dans le séjour des bienheureux
Au soldat vaillant qui conserve
Un coeur fidèle et généreux.
Le Roi des Rois en récompense
Lui dira : monte vers les cieux,
Tu combattis pour ma défense :
Que ton front brille glorieux !
0 Seigneur, qu'ils sont magnifiques,
Les habitants de la Cité
Ecoutant les voix angéliques
Et s'enivrant de ta beauté !
Toujours la paix sur ces rivages
Eclairés d'un soleil divin ;
— 49 -
La mort n'y fait point de ravages ;
Rien n'y trouble l'hymne sans fin.
Allons, tous au sein des délices!
Soldats chrétiens, le ciel promis
Est le prix de nos sacrifices :
Eveillez-vous, coeurs endormis !
Portons la croix sur le Calvaire,
Acceptons toutes les douleurs :
L'épine croit sur cette terre,
Dans le ciel on ne voit que fleurs.
N° 32. APRÈS LE SERMON SUR LE CIEL.
L'Ange et Came.
Un Chérubin dit un jour à mon àme :
Si tu savàisles charmes de mon ciel ;
Si tu voyais les doux rayons de flamme,
Que sur mon front projette l'Éternel.
Je répondis à l'archange céleste :
Tu vois ton Dieu brillant plus que le jour ;
D'un Dieu caché sur un autel modeste,
Sais-tu l'amour ? Sais-tu l'amour?
. L'Ange reprit : Sais-tu la joie immense,
De contempler en face un Dieu si beau?
Pour moi le ciel sans cesse recommence,
Et mon bonheur parait toujours nouveau.
Je répondis: Sais-tû ce'qu'est l'hostie,
Toi dont le coeur ne s'est point égaré ?
Près d'un Dieu bon, près de l'Eucharistie,
As-tu pleuré,'as-tu pleuré?

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