Catalogue du musée d'Aix (Bouches-du-Rhône). Deuxième partie. Notice de la galerie de tableaux, dessins, morceaux de sculpture et objets divers donnée à la ville d'Aix par feu M. de Bourguigon de Fabregoules, rédigée... par Honoré Gibert,...

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A. Makaire (Aix). 1867. In-8° , XXI-222 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1867
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ï CATALOGUE DU MUSÉE D'AIX
(BOUCHES-DU-RHONE)
DEUXIÈME PARTIE
NOTICE
DK LA
'GALERIE DE TABLEAUX, DESSINS
MORCEAUX DE SCUPLTURE
ET
OBJETS DIVERS
DONNÉE A LA VILLE D'AIX
PAR
FEU M. DE BOURGUIGNON DE FABREGOULES
ttébigéc sous In JDiccttinn bu ŒunecrtuUcur bu iituaéc
PAR HONORÉ GIBERT
r.onscrvalcur-Adjoiiit
AIX
ACHILLE MAKAIRE, IMPRIMEUR - ÉDITEUR
2, rue Pont-Moreau, 2
1867
CATALOGUE DU MUSEE D'AIX
DEUXIÈME PARTIE
CATALOGUE DU MUSÉE D'AIX
(BOUCHES-DU-RHONE)
DEUXIÈME PARTIE
NOTICE
DE LA
'GALERIE DE TABLEAUX, DESSINS
MORCEAUX DE SCUPLTURE
ET
OBJETS DIVERS
DONNÉE A LA VILLE D'AIX
PAR
FEU M. DE BOURGUIGNON DE FABREGOULES
Héîiiflfc sous la ÏDirectiflii bu (Êflnemiatcur fcu iiluscc
PAR HONORÉ GIBERT
Conservateur-Adjoint
AIX
ACHILLE MAKAIHE , IMPRIMEUR - ÉDITEUR
2, rue Pont-Moreau, 2
1867
19 Juillet 18G7.
MONSIEUR LE CONSERVATEUR,
J'ai été le premier à reconnaître la très - grande utilité d'un catalogue
spécial pour la magnifique galerie Bourguignon , et je vous félicite, ainsi
que M. le Conservateur-adjoint, d'avoir bien voulu entreprendre cette tâ-
che ingrate et laborieuse.
Je vous félicite surtout du zèle et de l'érudition que vous avez déployés
l'un et l'autre. Ce sont là des qualités que nous vous connaissons tous de-
puis longtemps , mais auxquelles je saisis volontiers l'occasion de rendre
un public hommage.
Je vous autorise donc, sans hésiter, à faire imprimer votre travail au
nombre d'exemplaires que vous jugerez convenable.
Agréez, Monsieur le Conservateur,
l'expression de mes sentiments très-distingués.
LE MAIRE D'AIX,
P. ROUX.
INTRODUCTION.
«
Tout provisoirement exposée qu'elle est, dans un local d'em-
prunt, pour répondre aux vœux du public désireux de connaître
les richesses qu'il tient de la plus mémorable des libéralités, la
collection d'objets d'art que nous allons décrire n'en forme pas
moins un ensemble, sinon complet, du moins désormais indivi-
sible. Nous avons donc pensé que , quel que soit le lieu où la
Galerie-Bourguignon doive être un jour définitivemeut étalée
et que, quelque soit le mode de classement qui présidera alors
à son installation, un guide serait non-seulement toujours utile
en présence de la prodigieuse quantité d'or-vrages qui la compo-
sent ; mais qu'il pouvait surtout rendre quelques services dans
la circonstance présente : ne serait-ce que de corriger un peu
la confusion issue d'une exposition improvisée.
Telle est l'idée première qui a donné naissance à cette notice.
Ceux pour qui l'histoire de nos établissements municipaux a
de l'intérêt voudront bien peut-être rechercher en elle quelque
chose de plus. Nous serons, dans ce cas, doublement heureux ,
si, en grossissant la nomenclature de nos trésors , nous avons
pu suffisamment leur faire connaître comment le Musée d'Aix a
conquis de nouveaux titres parmi les collections publiques de
province.
X
Mais , avant d'aller plus loin , n'oublions pas que la recon-
naissance a de puissants droits sur ce livre , et que c'est
pour nous un pressant devoir que de lui en consacrer les pre-
mières pages.
Non pas que nous prétendions ici évoquer des sentiments
de gratitude dont chacun trouvera en soi la meilleure expres-
sion, devant un fait qui parle assez éloquemment de lui-même";
s'il est acquis cependant que le nom attaché au nouveau Musée
est pour nous synonyme de munificence et de patriotisme, ce
nom éveille d'autre part une légitime curiosité. Satisfaire à cel-
le-ci par quelques renseignements biographiques, ce sera peut-
être acquitter, dans une certaine mesure, notre dette ; mais ce
sera aussi certainement compléter l'œuvre de vulgarisation que
nous entreprenons aujourd'hui.
Cette partie de notre tâche , nous ne saurions la rendre par-
faite, sans confondre dans un même souvenir l'auteur et le do-
nateur de la galerie qui nous occupe ; aussi est-ce de celui - là
que nous avons d'abord à entretenir le lecteur.
« Jean - Baptiste de Bourguignon de Fabrègoules, fils d'un
Conseiller , Secrétaire audiencier en la Chancellerie , près
la Cour du Parlement de Provence » et, lui-même, Ecuyer
de la ville d'Aix, où il était né le 4 avril 4746, était ce que l'on
appelait autrefois un curieux, et ce que nous sommes convenus
de nommer aujourd'hui un amateur.
S'il était permis de classer les mille physionomies que revêt
la fantaisie humaine, nous rangerions cet adepte zélé de la col-
lection, dans le genre du collectionneur aimant celle-ci surtout
pour elle-même. Véritable goût de grand seigneur , luxe plus
justifiable qu'un autre, qui, de beaucoup supérieur aux miséra-
bles ambitions du maniaque , n'empiète cependant pas sur le
terrain , parfois aride , de l'érudit pour qui l'objet d'art n'est
xj
souvent qu'une trouvaille dédaignée après qu'elle a fourni un
enseignement exclusif. Il nous a été donné de juger, par l'exa-
men des papiers recueillis chez cet infatigable chercheur, de
toute la persévérance qu'il mit à former sa galerie et, si ce vo-
lumineux dossier ne nous a pas, à notre grand regret, renseigné
sur les origines de celle-ci, il nous a du moins révélé tout ce
qu'ils y avait de louabhs ardeurs chez cet homme qui n'eut
d'autre initiateur que son instinct du beau, d'autre mobile qu'un
noble usage de l'opulence.
Correspondances artistiques , négociations longtemps pour-
suivies, même, difficultés pécuniaires, malgré les ressources
d'une fortune considérable. Rien ne fut négligé par lui pour at-
teindre le but de toute sa vie ; et , bien que ses investigations
ne fussent pas toujours aussi fructueuses qu'il eût pu le désirer,
il n'en est pas moins vrai que le cabinet qu'il forma acquit tin
juste renom qui s'étendit au loin.
Et puis, comme il était bien de son temps ! Comme on re-
trouve bien en lui un descendant de cette fervente génération
d'amateurs français dont les noms sont cités, parmi nos célébri-
tés nationales, presque à l'égal de ceux de nos artistes les plus ai-
més de la fin du dernier siècle. Nous ne saurions affirmer s'il
existe encore dans la province des ramifications de la société ar-
tistique qui succéda aux prince deConty, aux Crozat, aux Mariet.
te, aux Randon de Boisset, aux Ménars de Marigny et qui inaugura
le dix-neuvième siècle, avec les Lebrun, les Sommariva, les duc
de Berry, les Jacques Lafitte et tant d'autres ; mais, ce qui est
certain pour nous c'est qu'elle fut autrefois représentée à Aix
d'une façon brillante et que l'hôtel de Bourguignon y fut long-
temps un lieu de réunion suivies qu'ont hanté familièrement des
personnages bien connus depuis par l'étude des arts ou par le
commerce de leurs productions.
Esprits d'élite, gens de goût, spectateurs discrets des luttes de
l'art militant ! vous méritez certes bien une place dans les fastes de
xij
ce dernier ; vous qui vous êtes faits les détenteurs des œuvres de
ses jours de gloires et qui, comme celui d'entre vous dont nous
racontons la paisible existence, avez dépensé souvent, au profit
de la cause publique, votre épargne et vos loisirs
Que dirons - nous maintenant de Bourguignon père, dans ses
rapports avec les autres hommes ? Si ceux qui l'ont connu n'é
taient pas là pour nous édifier sur la générosité et l'affabilité de
ses mœurs, ses goûts seuls pourraient nous répondre. Il est pos-
sible que la richesse améliore l'homme ; mais, s'il est quelque
chose qui fixe sainement sa pensée , qui mette un frein certain
à ses instincts déréglés , qui soit en quelque sorte pour lui un
brevet de supériorité, c'est, qu'on nous passe de le redire après
après tant d'autres, la place qu'il donne dans son esprit aux
productions intellectuelles.
Il nous est permis après cela d'augurer que notre héros eut
dans ses attachantes occupations une ressource pour tromper les
souffrances de la vieillesse et, que, c'est bercé des jouissances ,
sans cesse renouvelées, qu'il goûtait au sein de sa galerie, qu'il
s'éteignit le 18 septembre 1836, laissant son fils ainé dépositaire
du secret de ses joies les plus intimes.
Celui-ci, esprit pratique, homme chez qui la rectitude du ju-
gement laissait peu de champ libre aux errements de l'imagina-
tion, avait trouvé dans les graves fonctions de la magistrature,
l'application de son excellent naturel Nous n'avons pas qualité
de transcrire les souvenirs qu'a laissés à la Cour impériale d'Aix
le conseiller de Bourguignon ; mais, après l'éloge qu'on a fait de
son zèle pour la vérité et de son dévouement aux institutions
judiciaires , on n'est plus étonné, qu'écartant de sa pensée toute
préoccupation étrangère , il n'ait envisagé la portion artistique
de l'héritage paternel peut- être qu'à un seul point de vue : la
piété filiale. Conserver religieusement aux places qui leur avaient
été assignées dans le principe , les ouvrages de tous genres qui
faisaient l'ornement de son hôtel de la rue Roux - Alpheran ;
xiii
faire des salles qu'ils occupaient plutôt un sanctuaire où n'é-
taient admis que des amis choisis, à des intervalles éloignés ,
qu'un lieu d'habitation journalièïe : tel est le culte dont ce fils
pieux entoura ces trésors devenus pour lui des reliques.
Nommé conseiller - auditeur par décret du 1er juin 1811 , et
conseiller par ordonnance du 29 février 1816, son admission à
la retraite , en 1852 , vint l'avertir que l'heure du repos avait
sonné. Des pensées d'un ordre nouveau durent alors germer
dans son esprit, et la destinée de sa galerie ne dut pas être la
moindre des préoccupations de ses années dernières. Heureuse-
ment son amour pour la ville qui l'avait vu naître, — d'autres
disent aussi le souvenir des suprêmes recommandations de son
père, — devaient bientôt faire éclore en lui une patriotique ré-
solution : celle de disposer de ses objets d'art en faveur de son
pays. -
Dès lors cessèrent sans doute bien des angoisses et la réalisa-
tion de sa pensée lui fut douce ; car, c'est le visage plein de con-
tentement, qu'il ouvrit au Maire d'Aix les portes de sa demeure,
pour lui conférer, comme représentant de la ville, la possession
des richesses qu'elle recelait. Nous ne saurions d'ailleurs don-
ner une idée plus précise des sentiments qui l'animaient dans
cette circonstance, qu'en en transcrivant l'expression consignée
dans l'acte authentique signé par lui le 2 octobre 1860 :
« Désireux d'honorer dignement la mémoire de
son père - est-il dit de ce généreux citoyen, dans la pièce que
nous citons-et en même temps de donner un gage public de pa-
triotisme et d'affection pour la ville d'Aix où il est né et où il
vit heureux et considéré, en la dotant d'un cabinet qui jus-
qu'ici a fait l'ornement de sa propre maison , M. de Bour.
guignon de Fabregoules a , par ces présentes, fait dona-
tion entre vifs et irrévocable à la ville d'Aix , sa patrie
de tous les tableaux, statuettes, bronzes,
marbres, mosaïques, ivoires, curiosités et objets d'aï t générale-
xiv
ment quelconques possédés par lui qui les tient de feu M. son
père , et qui se trouvent placés dans sa maison d'habitation à
Aix, , ,. »
On devine l'accueil chaleureux que reçut ce présent magnifi-
que, mais aussi ne comprendra-t-on pas moins aisément la res-
ponsabilité qui incombe par lui aux administrateurs de la cité
et les alternatives auxquelles son acceptation a donné naissan-
ce. L'annexion de la Galerie - Bourguignon à nos collections ,
déjà logées à l'étroit dans l'ancien Prieuré de l'ordre de Malte ,
nécessite en effet de nouvelles constructions, et l'étude du projet
demande à être d'autant plus mûrie que les sacrifices d'argent
seront considérables.
Par une clause particulière, le conseiller de Bourguignon s'é-
tait réservé, pendant le reste de ses jours, la jouissance de tout
ce qui faisait l'objet de se donation. Ce ne fut donc qu'à sa mort,
arrivée le 20 janvier 1863 — il était né le 14 décembre 1782-
que la lei. vint entièrement propriétaire. A cette époque ce
pendant 1 a situation demeura à peu près la même, grâce à l'em-
pressement que mit Mme de Bourguignon à se rendre dépositaire
du don de son mari, jusqu'à ce qu'il eût été pris une décision
relative à sa translation. Mais, une mort inopinée ayant, il y a
un peu plus d'une année , frappé celle ci à son tour, l'adminis-
tration municipale s'est vue dans la nécessité d'installer ailleurs
cette nombreuse collection et, d'opter, pour cela, entre une cons-
truction coûteuse exécutée à la hâte , un emmagasinage pur et
simple, ou bien encore une exposition provisoire. C'est la der-
nière de ces propositions qui a prévalu , car elle présente l'a-
vantage de ne pas ensevelir dans un oubli temporaire la Galerie
Bourguignon, sans exclure cependant pour l'avenir le projet de
lui affecter un local plus digne d'elle
En conséquence, l'ancienne chapelle d'une confrérie religieuse
située dans la rue du Louvre - nom de bon augure, s'il en fut,
vx
pour un Musée — a été désignée comme lieu de dépôt et, après
quelques mois employés à la translation et à l'aménagement,
le publie a pu être admis, pour la première fois, le 16 décembre
1866, à connaître la nouvelle collection aixoise.
Ce qui précède dira suffisamment au visiteur pourquoi il ne
rencontre pas dans la vaste nef transformée en salle d'exposi-
tion, toutes les commodités qu'il serait en droit d'y attendre-
ne serait - ce que l'insuffisance de la lumière à certaines heu-
res de la journée. C'est pourquoi nous ne l'entretiendrons pas
davantage de la partie matérielle de la galerie. Nous préférons
donner place dans est avant-propos , que nous avons d'ailleurs
hâte de clore, à quelques considérations sur l'ensemble des ob-
jets exposés.
Notre vœu le plus ardent, notre désir le plus intime est, dans
ce coupzd'oeil général, comme dans tout le cours de cette notice,
[a sincérité la plus absolue. Nous devons m~me oublier un mo-
ment la reconnaissance et n'avoir d'autre mobile dans nos ju-
gements qu'une rigoureuse impartialité. Remettons à tout-à-
l'heure le soin de dresser l'inventaire numérique de nos riches-
ses ; pour le présent, nous n'avons pas à mesurer à l'aune la
surface de toile qui recouvre les murs et la quantité ne doit pas
entrer ici en ligne de compte.
Puis, tout d'abord, allons au devant des objections.
La première et la plus sérieuse que l'on puisse nous faire re-
pose sûrement sur les qualités très-contestables de quelques ou-
vrages exposés. Loin de la repousser nous y répondrons que
nous croyons nos galeries assez amplement fournies pour faire
un large abandon à certains esprits bizarres qui , visitant en
quelque sorte les expositions d'œuvres d'art au rebours , sem-
blent y rechercher de préférence ce q\ii ne mérite pas de fixer
leur attention.
Ce bagage de dernier choix dont la présence ne doit point sur-
prendre dans une aussi prodigieuse réunion de productions ar-
xvj
tistiques ; cette ivraie mêlée au bon grain que le temps saura
bien séparer, écartée ici sommairement une fois pour toutes, de
nos appréciations, nous devons, avant tout, faire la part du plus
grand nombre ; c'est - à - dire celle de l'homme du monde , du
visiteur profane qui vient demander à la collection publique un
instant de délassement et qui y puise parfois, même à son insu,
un enseignement indirect qui est pour lui.la révélation de jouis-
sances jusque-là inconnues.
On a remarqué mainte fois, et la chose est facile à concevoir,
que le point sur lequel les Musées départemBntaux laissent le
plus à désirer,, c'est précisément celui des études comparatives,
sources de l'initiation à l'histoire de l'art, et chacun sait que
tous les écrits du monde enseignent bien peu à qui, pour acqué-
rir des connaissances de ce genre, n'a pas fréquemment sous les
yeux des échantillons multiples. Loin de présenter , à cause
même de l'exiguité de la plupart d'entre eux , des généralités
d'écoles , ils semblent au contraire avoir le privilége exclusif
d'être érigés en quelque sorte — au bénéfice des érudits qui y
exhument, de temps à autre, quelque noms inconnus — en né-
cropoles où gisent ensevelies les productions de ces pléiades
d'artistes provinciaux dont fut jadis fécond le sol de l'ancienne
France. Certainement nos collections sont déjà avantageusement
inscrites au catalogue de ce Musée national répandu un peu par-
tout dans nos principales villes ; maispuisqu'aujourd'hui, grâce
à d'heureuses circonstances , elles semblent offrir les éléments
d'un genre d'étude nouveau moins spécial, plusà la portée de tous,
nous croyons, en faisant ressortir cette importante modifica-
tion, ne pas franchir les limites restreintes de cette notice.
Que le visiteur, en effet, qui parcourt le Musée , ou, si l'on
veut, les Musées d'Aix — malgré , qu'anticipant sur les événe-
ments , nous les réunissions par la pensée dans cet aperçu de
leur ensemble — que le visiteur, disons-nous , vienne y cher-
cher à être initié, par plus de mille peintures que s'y disputent
xvij
ses regards, aux aspirations de l'art contemporain représenté
par quelques bons onvrages émanés des successeurs de nos ai-
mables artistes nationaux ; qu'il y apprenne à discerner les
nuances qui distinguent les grands centres artistiques du Nord:
qu'il y demande les secrets du réalisme à l'Espagne , ceux du
style, à l'Italie, cette glorieuse et classique nourricière qui eut
une mamelle pour chacune des écoles d'Occident, qu'il y re-
remonte par elle jusqu'aux peintures ascétiques du moyen-âge
et même jusqu'aux coriaces et par trop archaïques byzantins ,
et il aura recueilli dans nos galeries une notion très-rudimen-
taire, très-suecincte, si l'on veut, mais à peu près complète des
différentes nationalités artistiques ; il y aura puisé les éléments
d'un ordre de connaissances qui acquiert tous les jours une ex-
tension plus grande, Certes, en émettant une semblable opinion,
ayons'garde de faire planer nos vues dans les hautes régions de
l'éclectisme , nous qui allons tout - à - l'heure nous surprendre
plus d'une fois coudoyant la médiocrité ; mais enfin, si notre
rôle de catalogiste nous interdit ici d'apprécier le mérite parti-
culier de chacun des ouvrages qui composent le Musée d'Aix, il
semble, d'un autre côté, nous autoriser à mettre en évidence les
caractères essentiels que présente leur ensemble.
D'ailleurs, ces réflexions ne paraîtront peut-être pas ici dépla-
cées, car c'est principalement à la Galerie-Bourguignon, formée
en quelque sorte dans ce but de généralisation, qu'est due cette
modification importante.
Nous ne devons pas oublier non plus de mentionner les mor-
ceaux de sculpture et les monuments archéologiques fournis par
la nouvelle collection. Si l'augmentation du Musée d'Aix a été
en cela moins considérable, on peut cependant y compter de plus
désormais quelques bons morceaux de statuaire antique et mo-
derne et quelques monuments précieux pour l'histoire des an-
ciennes industries humaines.
Que dirons-nous maintenant aux hommes spéciaux, aux con-
x viij
naisseurs émérites ? Nous sommes loin de prétendre à dirigerfeur'
choix; mais nous pouvons d'avance leur donner l'assurance 1J1l'ils
rencontreront dans nos galeries plus d'un ouvrage digne delfise*'
leur attention et souvent signé d'un des noms qui leur sontcJ8
plus sympathiques. Et aux artistes. Leur part sera certain
nement la plus belle. C'est surtout à eux qui, dégageant de l'oeu-
vre d'art la question d'origine, pour ne voir en elle qu'une ma-
nifestation de l'âme humaine, qu'un contact de l'homme avec la
nature : contact au fond toujours le même , quelque soit l'âoe,
qui l'ait produit ou le milieu qui l'ait vu naître ; c'est à eux ,
disons - nous, que reviennent de plein droit les entrées privilé-
giées du Musée d'Aix où les attendent toutes les grâces et les
exhubérences de la forme, toutes les magies de l'effet, toutes les
séductions de la couleur.
Quant à ce livre, ainsi que nous le disions en commecaent,
il nous reste un regret : celui de n'y pouvoir dès à présent dres-
ser l'acte de naissance de la Galerie - Bourguignon. Celui qui la
forma a emporté avec lui le secret de ses origines et les souve-
nirs du donateur lui-même étaient là-dessus très-confus. A part
quelques attributions suspectes dues à des marchands d'objets
d'art , quelques acquisitions en bloc de cabinets qui durent être
démembrés par des trocs , nous n'avons rien pu recueillir de
précis sur ce point essentiel. Le travail complexe que nous avons
entrepris restait donc presque tout à notre charge et, par cela
même, il nous commandait la plus grands circonspection.
Pour ce qui est de la question délicate des attributions,
nous aurions aisément quadruplé le volume de notre notice, si
nous y avions fait mention de tous les airs de famille, de toutes
les parentés plus ou moins éloignées qu'il nous a été donné de
constater. Mais comme toute critique, toute appréciation basée
sur le mérite respectif des ouvrages à décrire devaient être ici
bannies, nous avons cru devoir faire bon marché de la barre de
bâtardise et n'enregistrer que les filiations légitimes , que les
xix
paternités les plus probables : encore avons - nous dû souvent
n'avancer certains noms qu'avec des restrictions en les faisant
précéder des mots : Attribué à ou Ecole de tel ou tel autre
maître. Nous avons eu aussi souvent affaire à des copies, sortes
d'ouvrages parfois préférables à d'inférieures originalités. Nous
en avons autant que la chose a été en notre pouvoir, fait un
relevé fidèle en les désignant par les formules : D'après Ra-
phaël. D'après Rubens. D'après Rembrandt, etc.
En résumé, notre programme a été celui-ci : établir les limites
d'un cadre général, le subdiviser en compartiments où les éle-
ments divers dont se compose la Galerie-Bourguignon pussent,
en raison des matériaux que nous avons recueillis, avoir une
place, et ménager enfin , à la suite de chaque grande division ,
des tables plus ou moins détaillées d'Inconnus.
Il appartient sans doute au temps d'élucider bien des ques-
tions dans ces longues séries d'anonymes, comme c'est aussi son
œuvre de remplir bien des omissions, de rectifier peut être plus
d'une erreur. Mais ce livre dira -1 - il jamais son dernier mot ?
Des précédents nombreux et la nature même de la collection
qu'il décrit, nous autorisent à affirmer le contraire. Les publica-
tions du genre de celle-ci laissent, plus que tout autre, le champ
libre à la discussion, et, on l'a dit mainte fois, elles sont à re-
faire dès le jour qu'elles sont achevées. Espérer en effet leur per-
fection, serait chose aussi peu sensée que la recherche du bien
absolu dans les ouvrages qu'elles sont destinées à faire connaître.
AVERTISSEMENT.
La description des ouvrages est faite par écoles ou par genres.
Les maîtres ont été classés par ordre chronologique et il a été
dressé, dans le but de faciliter les recherches , une table alpha-
bétique de ceux-ci à la fin du volume.
L'abréviation T. signifie Peint sur toile.
id. B, id. Peiiit sur bois.
id, C. id' Peint sur cuivre.
id. H. id. Hauteur.
id. L. id. Largeur.
Le? est l'indication du doute.
La droite et la gauche s'entendent par celles des spectateurs.
Madame de Bourguignon de Fabregoules a offert à la ville ,
après le décès de son mari, divers objets d'art ou de curiosité
pour être joints à la Galerie-Bourguignon. Il est fait dans cette
Notice une mention particulière de ces dons.
Enfin, le lecteur trouvera, dans la troisième partie, des des-
criptions de monuments épigraphiques égyptiens et orientaux.
Nous sommes redevable des traductions de ces textes à Mr T.
DEVÉRIA, conservateur ,au Musée égyptien du Louvre, — qui a
bien voulu, avec son obligeance accoutumée, compléter un tra-
vail d'un haut intérêt publié dans le premier Catalogue du Musée
d'Aix, — ainsi qu'à Mr DANINOS , attaché à la conservation des
Antiques des Musées impériaux.
PEINTURE.
B. 1.
PEINTURES GRECO-RUSSES.
Les tableaux décrits sous ce titre , bien que relative-
ment modernes, peuvent fournir une idée éloignée d'un
art qui', dans l'origine , n'a manqué ni de grandeur ni
d'éclat. Nous voulons parler de la peinture byzantine ,
laquelle, après avoir traversé les persécutions des Icono-
clastes , devint la souche des écoles occidentales , mais
qui, enchaînée à ses traditions par des règles hiérati-
ques émanées du rite grec, est demeurée stationnaire.
Elle a trouvé un refuge dans les couvents de l'Orient
d'où sont sortis, sans aucun doute, les ouvrages qui vont
nous occuper et auxquels, grâce aux types primitifs
qu'ils reproduisent, revient de plein droit une place en
tête de cette notice.
I. — La Légende de la Vierge , composée d'un tableau
central et de vingt-quatre autres petits tableaux dis-
posés en bordure.
B. - H. 0,534. L. 0,440.
L'ordonnance du sujet principal a quelques analogies avec
les vitraux des roses de nos cathédrales. On y voit au milieu
la mère du Sauveur elle-même occupant un champ circulaire
autour duquel règnent des compartiments, figurant des lobes et
des rayons, dans lesquels sont représentés les quatre animaux
symboles des Evangiles, ainsi que treize figures de forme angé-
lique qui concourent à la glorification de Marie. Ce motif cen-
tral est en outre surmonté de l'image du Père éternel et can-
tonné de quatre sujets empruntés à l'ancien Testament. Les
vingt-quatre petites compositions symétriquement rangées au-
tour du tableau, ont trait à la vie et au culte de la sainte Vier-
ge. Des textes grecs, précédés de rubriques qui indiquent
les noms des auteurs, accompagnent chaque sujet
2 PEINTURES GRECO-RUSSES.
Une inscription en caractères plus grands, placée vers la par-
tie supérieure, apprend que cette peinture représente l'histoire
« orthodoxe » de la Mère de Dieu.
2. — L'Histoire de Jésus-Christ et de la Vierge.
B. — H. 0,523. L. 0,430.
Elle est représentée au moyen de vingt-huit petits tableaux
rectangulaires, peint sur fond doré, lesquels entourent un sujet
central qui est l'Ascension. — Cette peinture, analogue à la
précédente, est comme elle accompagnée de textes sacrés en
angue grecque
5. — Tryptique.
B. — Tableau central. H. 0,107. L. 0,075.
L'extérieur est entièrement recouvert de lames d'argent or-
nées de cinq figures repoussées et retouchées au burin. Ces fi-
gures sont : au revers, le Christ en croix, la Vierge et St-Jean,
et, sur les faces, deux anges qui paraissent être St-Michel et
St-Gabriel. On lit de plus, sur l'épaisseur latérale de gauche,
une inscription qui apprend que cet objet a été fait à Moscou
en 1795.
Quand le tryptique est ouvert, c'est-à-dire tel qu'il est ex-
posé, il nous montre : au centre, la Vierge tenant l'Enfant; sur
le volet de droite, St-Michel et, sur celui de gauche, St-Nicolas.
Cette peinture est exécutée sur un fond d'or que l'on a mé-
nagé aux parties saillantes des draperies pour y former des re-
hauts. On ne saurait lui contester quelques qualités artistiques:
ne serait-ce qu'une certaine grâce dans les airs de tête.
4. - Saint Nicolas.
B.- H. 0,157. L. 0,120.
JI est de face et à mi-corps, — Tête nimbée. — On voit dans
le haut : d'un côté, le Christ ; de l'autre, la Vierge.
5. - La Vierge tenant l'enfant Jésus dont elle reçoit les
caresses.
B. - H. 0,183. L. 0,132.
Têtes nimbées et fond d'or sur lequel on lit :
M. R. TOU ([J.MY}.p Qsoû ; Mère de Dieu) et IHS. XPS. IojcsOç
xptoros : Jésus-Christ).
3
ECOLES D'ITALIE.
Les innombrables productions écloses sur le sol de la
péninsule sont, on le sait, toutes empreintes de carac-
tères généraux qui servent à les reconnaître et auxquels
il est difficile de se méprendre. Leur examen permet en
outre de découvrir souvent entre certaines d'entre elles
diverses analogies de style, d'y constater parfois l'œuvre
ou l'influence de maîtres connus et par conséquent de
resserrer le cercle de leur nationalité, de les subdiviser
ensuite en groupes, d'en former enfin des Ecoles dont les
noms sont empruntés aux démarcations géographiques.
On a récemment réduit à neuf, au détriment de la
classification établie par Lanzi qui le portait à quatorze,
le nombre de ces écoles d'Italie. Nous avons dans cette
notice attribué, autant que la chose a été possible, à sept
de celles-ci, les tableaux qui nous ont semblé leur appar-
tenir, en reléguant dans la longuesérie des Inconnus les
ouvrages qui n'ont pu être que vaguement déterminés.
Nous rappelons que ce classement est établi en de-
hors du mérite artistique des peintures. Il ne peut
avoir ici qu'une valeur historique; aussi, dans cette vue,
croyons - nous devoir faire remarquer que la Vierge
allaitant son fils , mentionnée au n° 82 (voy. aux In-
connus), peut représenter l'art transplanté vers le XIIe
siècle dans le nord de l'Italie par les peintres venus de
Byzance. Nous ajouterons que le tableau suivant (n° 83),
peut être considéré comme une production de l'école
Siennoise (fusionnée aujourd'hui avec l'école florentine)
du XIIIe siècle , et qu'enfin sous le n° 84 est décrit un
ouvrage qu'il est permis de rapporter à l'ancienne école
lombarde.
4 ÉCOLE
Écolo Flot"-ëhtine.
FILIPEPI (ÀLESSANDRO) , dit SANDRO BOTTICELLI,
peintre, graveur, né à Florence en 1447, mort en
1515.
Il joignit à son nom celui de l'orfèvre Botticelli chez qui l'avait d'abord
placé son père. Il reçut les leçons de Fra Filippo Lippi et fut nommé par
Sixte iv surintendant des travaux exécutés dans la chapelle du Vatican.
On lui doit des gravures dont les sujets sont empruntés à la Divine
comédie.
Filipepi mourut dans la misère, après s'être fait le partisan des idées
de Savonarole.
6. — La Vierge à genoux, ayant à son côté Saint Jean-
Baptiste , adore Jésus enfant qui est couché à ses
pieds.
B.- H. 0,776. L. 0,570.
Le fond du tableau est un paysage au milieu duquel on voit
St-Joseph. — Figures demi-nature.
VINCI (Ecole de LIONAKDO DA), peintre , sculpteur,
architecte, ingénieur, physicien, écrivain, musicien,
né en 4452 an château; de Vinci, dans le val d'Arno,
près Florence ; mort au château de Clot ou Cloux ,
près d'Amboise, en France, le 2 mai 1519.
Ce grand homme, un des génies les plus complets de l'humanité , de-
vança son siècle dans la connaissance des sciences mathématiques et phy-
siques et dans la pratique de toutes les branches de l'art. Comme peintre
il sut répandre sur ses productions une grâce inexprimable et un charme
mystérieux dont lui seul a connu l'admirable secret; on l'a appelé le der-
nier des précurseurs et le premier des maîtres. Nous aurions peut-être
inscrit sans réserve sous son nom le tableau que nous allons décrire,
mais une semblable attribution commande la plus grande retenue. « Les
ouvrages authentiques de Léonard, dit M. Villot dans la notice du Lou-
vre, sont extrêmement rares et l'on attribue faussement à ce grand maî-
tre des peintures qui sont certainement de ses élèves. »
Ces derniers ont été B. Luini, G.-A. Beltraffio, A. Salai, Melzi, Credi,
Cesare da Cesto, Gaudenzio Ferrari, Bernardino Lanino, Marco da Oggio-
ne et Paolo Lomazzo. — Léonard de Vinci avait reçu les leçons d'Andrea
del Verocchio.
FLORENTINE. 5
7. — La Vierge et l'Enfant.
B. - H. 0,465. L. 0,366.
Marie, représentée à mi-corps et au quart de nature, est as-
sise de face, le bras gauche appuyé sur un banc de rochers. Un
paysage étrange, analogue à celui du portrait de Mona Lisa. (la
Joconde) sert à détacher sa tête coiffée d'une étoffe sombre en-
roulée en manière de turban. Ses ch3veux tombent en boucles
frisées de shaque côté du visage et un voile de gaze à peine vi-
sible descend sur son front. Son vêtement est noir et son teint,
comme toutes les chairs du tableau, est fortement bistré. Le
geste de sa main droite indique la crainte et ses regards se di-
rigent vers Jésus entièrement nu et accroupi sur ses genoux qui
se dérobe à elle pour contempler une croix, ou plutôt une tige
de bois à double croisillon, qu'il tient des deux mains assujettie
sur le sol.
8. — Buste de Christ.
B. - H. 0,519. L. 0,434.
Il est de face, la tête penchée, le front ceint de la couronne
d'épines. il porte une tunique rouge, ornée autour du cou, et
un manteau bleu à doublure jaune.
9. — Portrait d'un jeune prince.
B. - H. 0,198. L. 0,158.
Une ancienne note dit qu'il représente Charles-Quint, on
pourrait plutôt le prendre pour l'image de Ferdinand d'Autri-
che frère de l'Empereur. — Il est de trois quarts, en buste,
coiffé d'une toque noire ornée d'une médaille et de cordons d'or.
Il a sur les épaules un manteau d'écarlate à large collet. Sur
son pourpoint bleu à crevés, se détache le collier de la Toison
d'Or.
f O. - Portrait de femme.
B. - H. 0,238. L. 0,170.
Elle est de trois quarts, en buste, somptueusement vêtue et
elle porte autour de la tête une ferronnière bizarement ornée de
lettres d'or : ces lettres sont des A alternativement séparés
par des S et des F.
11. — La Tentation de Jésus.
T. - H. 1,135. L. 0,975.
Le démon lui présente, après le jeûne, une pierre à changer
6 ÉCOLE
en pain On voit dans le fond le temple et la montagne où le
Sauveur fut tenté deux autres fois — Deux figures à mi-corps,
de grandeur naturelle. — Peint sur bois dans le principe , ce
tableau a été transporté sur toile.
BUONARROTI (D'après MICHEL-ANGELO), peintre,
sculpteur, ingénieur, poete, né au château de Ca-
prese, dans le diocèse d'Arezzo, le 6 mars 4475,
mort à Rome le 18 février 1564.
(Voir l'histoire de si vie et de ses ouvrages dans presque tous les bio-
graphes de l'art, anciens et modernes; voir entr'autres, le volume que lui
a consacré Quatremère de Quincy).
12. - Pieta.
B. — H._ 0,340. L. 0,218.
13. — La Crucifixion.
B. — H. 0,544. L. 0,395.
BUONARROTI (École de MICHEL-ANGELO).
14. — Le Christ en croix. — Allégorie.
B. — H. 0,875. L. 0,510. j
Ce tableau auquel on ne saurait contester des qualités de
grande école peut être, quant à la 'omposition, divisé en trois
zones. En haut, le Ciel sur lequel se détache le Sauveur cruci-
fié, autour de qui voltigent de petites figures d'anges, distribu-
teurs de ses grâces. Au milieu, la Terre figurée par une plab-
forme, établie devant un édifice de forme allongée , et sur la-
quelle des figures de femmes, symbolisant sans doute des ver-
tus, assistent à la translation de l'Eucharistie que fait un ponti-
fe. Dans le bas, le Purgatoire, dont le centre est occupé par le dé-
mon enchainé au pied de la croix, qui retient quelques victimes;
un grand nombre de celles-ci, qui semblent lui avoir échappé, se
sont réfugiées dans deux cryptes latérales.
VANNUCCHI (D'après ANDREA), dit ANDRÉA DEL SAR-
TO, né à Florence en 4488, mort dans la même ville
en 1530.
Son père était tailleur et de là, le surnom del Sarto par lequel on dési-
gne le plus souvent ce ma ître illustre.
Sa vie fut un mélange de gloire et de tribulations, celles-ci l'emportè-
rent à la fin, car Vannucchi mourut dans un dénûment complet.
FLORENTINE. 7
15. - Sainte famille."
B. — H. 0,850. L. 0,640.
La Vierge assise de profil tient Jésus debout à son côté ; —
À gauche-, Saint Jean-Baptiste et deux autres enfants. — Petite
nature. — Le tableau original fait partie de la galerie Borghè-
se à Rome.
16. — Vierge tenant Jésus.
T. - H. 0,920. L. 0,695.
Elle est entourée de trois enfants dont l'un prépare un linge
destiné au Sauveur endormi.
VANNUCCHI (École de), dit ANDREA DEL SARTO.
17. — Sainte-Famille.
B. - H. 0,980. L. 0,730.
La Vierge de face et à mi-corps tient Jésus qui caresse Saint
Jean; - A droite, Saint Joseph; à gauche, Sainte Anne. —
Grandeur naturelle.
SESTO ou SELTO (D'après CESARE DA), dit LE
MILANESE et quelquefois CÉSAR MAGNUS , né à Sesto ,
près de Milan, mort vers 1524. Cette date est donnée
par Lanzi ; on trouve ailleurs qu'il naquit en 1485
et mourut en 1534.
César da Sesto était élève de Léonard de Vinci.
18. — Jésus et Saint Jean.
B. - H. 0,193. L. 0,252.
Ils sont représentés nus, assis et s'embrassant. — L'entou-
rage de ce groupe présente quelques différences avec le tableau
original qui fait partie du Musée de Naples.
BRONZINO (Attribué à ANGIOLO DI COSIMO, dit) ,
peintre, graveur et poète, né à Monticelli, bourg de
Florence, vers 4502, mort au mois de novembre
457X
Deux peintres du nom d'Allori, avec lesquels il ne faut pas confondre ce-
lui-ci, ont pris comme lui le surnom de Bronzino. -A ngiolo di Cosimo eut
d'abord un maître inconnu, puis il entra à l'atelier de Raphaellino del Gar-
bo et en dernier lieu se mit sous la direction de Jacopo Carrucci dit il
Pontormo.
8 TIC< 'LE
19. — Portrait de jeune homme en buste.
B. Forme ovale.—H. 0,580. L. 0,490.
De face pour le corps, de trois-quarts pour la tête. — Il est
imberbe ; son vêtement est noir ; il porte un col de chemise en
guipure -
VANNI (D'après le cavaliere FRANCESCO) , peintre,
graveur, architecte et mécanicien , né à Sienne en
1565, mort dans la même ville en 1609.
Ses productions originales ont de grandes analogies avec celles de Ba-
roche.
20.-; Saint François d'Assise.
c. - H. 0,385. L. 0,217.
Sujet décrit par Bartsch, de la manière suivante : (Voyez .le
Peintre graveur, - ceqivi-e de F. Vanni, — lom. xvn). « St-
François tombant en extase au son d'un violon joue par un an-
ge qui se voit sur un nuage, à la gauche d'en haut. Le saint
n'est vu que jusqu'aux genoux. »
2 1. — Répétition du sujet précédent avec la suppression
de l'ange.
B. —H. 0,225. L. 0,165.
SCAMINOSSI ou SCIAnflNûSSI ou bien encore
SCAMINASSI (RAFFAELLO), né à Borgo San Sepolcro,
dans la Toscane, en 1580. Il n'est pas fait mention de
la date de sa mort.
Il doit être compté sans aucun doute, dit Lanzi, parmi les élèves de
Raffaellino del Colle.
22. — La Vierge couronnée par la Trinité.
C. - H. 0,310. L. 0,393.
La scène se passe dans le ciel où deux anges soutiennent Ma-
rie entre le Père et le Fils. Le tombeau resté vide et entouré des
apôtres, que l'on aperçoit sur la terre, montre que l'Assomp-
°
tion vient d'avoir lieu.
FLOTi ENTINE. 9
DOLCI ou DOLCE (Attribué à CARLO), né à Flo-
rence en 4646, mort en 1686.
Son maître se nommait Jacopo Vignali. — Il eut une fille, Agnese Dol-
ci, qui a reproduit un grand nombre de ses tableaux.
25. — 'La Vierge en buste.
c. - H. 0,610. L. 0,474.
Elle est de face, les mains jointes, la tête couverte d'un man-
teau bleu et penchée vers l'épaule gauche.
École Romaine.
SANZIO (D'après RAFFAELLO), peintre, architecte,
né à Urbino le vendredi saint, 28 mars 1483, mort
le vendredi saint, 6 avril 1520.
Tout renseignement touchant la biographie si connue de l'immortel élè-
ve du Pérugin serait ici superflu; qu'il nous suffise de rappeler que Vasa-
ri, Bellori, Comolli, etc. parmi les anciens, et, parmi les modernes, Lanzi,
Passavant, Quatremère de Quincy et autres se sont faits les historiens de
Raphaël et de ses ouvrages.
24. — La Dispute du Saint-Sacrement.
T. - H. 0,720. L. 0,975.
D'après la fresque exécutée, ainsi que le tableau suivant, de
1508 à 1514, pour décorer la chambre dite della Segnatura
au Vatican, à Rome. — On y voit réunis en une sorte de con-
cile imaginaire tous les docteurs qui ont pris part aux contro-
verses religieuses relatives à l'Eucharistie. — Nous avons quel-
ques raisons pour croire que cette toile et celle que nous allons
décrire sont de la main d'un des Mignabd : peut-être de Pierfb
surnommé l (Romain,
10 ÉCOLE
25. — L'École d'Athènes.
T. — Pendant du précédent. Mêmes dimensions.
On nous saura gré, sans doute, d'emprunter à l'Histoire des
Peintres la brillante description que fait M. Charles Blanc de
cette admirable peinture.
« Pour la première fois, il mettait le pied sur le sol de la
« Grèce; pour la première fois, il entrait dans cette antiquité
« que le monde appelle profane, mais qui pour l'artiste est sa-
« crée. Chose étonnante ! à peine Raphaël a-t-il ouvert l'histoire
« des Grecs, qu'il la comprend mieux que personne. Son es-
« prit se pénètre de leur esprit. Le voilà qui, par la seule force
« de son imagination, nous transporte au milieu d'Athènes.
« dans le palais d'Académus, où nous trouvons réunis tous les
« philosophes de l'Asie et de la Grèce. Noble fiction par laquel-
« le, usant du privilège accordé aux poëtes, Raphaël supprime
« les intervalles de temps et d'espace qui ont séparé tant de
« grands hommes, et nous les montre rassemblés sous un mê-
« me rayon de lumière, comme ils le sont en effet dans les ré-
« gions de notre mémoire, quand nous les visitons par la pen-
« sée, après tant de siècles! Sous l'arcade d'un édifice dorique,
« orné des statues d'Apollon et de Minerve; gracieux temple de
« la Sagesse, auquel on monte par quatre degrés de marbre,
« on remarque d'abord les deux philosophes qui personnifient
« l'esprit humain, considéré sous ses deux grands aspects, Pla-
« ton et iVristote. Platon, l'homme des idées innées, montre le
« ciel d'où elles sont descendues. Aristote, l'homme de la sen-
« sation et de l'expérience, semble modérer par son geste les
« élans de son divin maître. Placés au haut des marches de
« l'académie, au centre du tableau, ils sont environnés l'un et
« l'autre de nombreux disciples, parmi lesqueis on croit distin-
« guer l'austère Zenon. Auprès d'eux, à la même hauteur, So-
« crate, chauve et camus, s'entretient avec Alcibiade, élégant
CI jeune homme qui, sous l'habit militaire, écoute les austères
« leçons du sage. Plus près de nous, au bas des degrés, Pytha-
« gore écrit ses livres immortels et forme le centre d'un groupe
« de figures attentives. Le philosophe couronné de pampre qui
a lit sur la base d'une colonne et parait sourire à ses propres
« pensées, se nomme sans doute Epicure ; et ce rêveur que l'on
et voit assis par terre, l'œil fixe, tristement accoudé sur une pier-
cc re, c'est le sceptique Arcésilas, fondateur de la seconde acadé-
« mie. Sur les marches, au-dessous d'Aristote, se montre un per-
« sonnage isolé et presquo nu, qu'à sa posture impudente, à son
» air mysanthropique, à son écuelle, on reconnaît pour Diogè-
ROMAINE. 11
« ne. Sur le premier plan, opposé au groupe des pythagoriciens,
« est le groupe des géomètres. Archimède, sous les traits de
« Bramante y est représenté au milieu de ses élèves, mesurant
« sur le pavé, avec un compas, un hexagone formé de deux tri-
(c angles équilatéraux; il est courbé vers la terre comme il l'é-
« tait le jour de la prise de Syracuse, quand un soldat romain
« lui. donna la mort. Derrière lui sont debouts Zoroastre , roi
« des Bacfciens, qui tient à la main le globe céleste, et Eucli-
« de, l'inventeur de la géométrie, qui tient le globe terrestre.
« Enfin dans un coin de cette grande composition, à la place la
« plus modeste, Raphaël a dessiné deux figures qui sont le por-
(c trait de Pérugin et le sien propre, de même qu'il a donné les
« traits de François-Marie delta Rovère, duc d'Urbin, à un beau
« jeune homme en manteau blanc brodé d'or, qui s'éloigne de
« Pythagore pour se rapprocher de Platon. »
26. — -La Transfiguration.
C. — H. 0,680. L. 0,425.
Ce tableau célèbre, rendu populaire par la gravure, avait été
commandé par le cardinal Jules de Médicis qui fut pape sous le
nom de Clément vu. C'est par complaisance pour ce dernier
que Raphaël rendit St-Julien et St-Laurens spectateurs du mi-
racle du Thabor qui occupe la partie supérieure de la com-
position.
On sait que la scène qui se déroule au pied de la montagne
est remplie par les apôtres, lesquels se déclarent impuissants à
guérir un jeune possédé qu'on leur amène. — La peinture ori-
ginale est conservée à Rome dans le Musée du Vatican.
27. — Saint Jean-Bap liste dans Ic désert.
T. — H. 0,390. L. 0,334.
Le saint est assis sur un tronc d'arbre. Il tient d'une main
un rouleau déployé et de l'autre montre une croix.
Le tableau original fait partie du Musée impérial du Louvre
(F. la notice. — Ecoles d'Italie, no 378 Hs). — On peut attri-
buer cette copie à quelque artiste de l'école française.
28. — Même sujet que le précédent.
B. - H. 0,390. L. 0,332.
29. - Attila, en présence du Pape Saint-Léon,, est saisi
d'effroi a l'apparition de St Pierre et de St Paul.-
T. - H. 1,175. L. 1,890.
La fresque originale est à Rome, au palais du Vatican.
12 ECOLE
50. - Tête de Vierge.
B. Forme ovale. — H. 0,410. L. 0,360.
PENNI (D'après LUCA), né à Florence vers la fin
du XVH siècle.
Il était frère de Francesco dit il Fattore, et, comme lui, de l'école de
Raphaël. Vasari rapporte qu'il travailla avec Perino del Vaga, qu'il suivit
le Rosso en France et, qu'étant ensuite passé en Angleterre, il se consacra
à produire des dessins pour la gravure.
51. — Apollon sur le Parnasse, au milieu des Muses
qui jouent de divers instruments.
B. - H. 0,485. L. 0,360.
George Ghisi, dit le Mantuan, a gravé d'après Luca Penni, la
composition que l'on voit ici reproduite avec quelques modifica-
tions, prihcipalement dans les proportions du cadre. Il est fait
mention de cette estampe, dont il existe des copies, au tome xv
du Peintre-graveur d'Adam Bartsch.
BAROCCI (Ecole de FREDERIGO) ou FIORI D'URBINO,
peintre, graveur, né en 1528 à Urbino, mort le 30
septembre 1612.
Il reçut les leçons de Battista Franco et se perfectionna en copiant les
ouvrages de Titien, du Corrège et de plusieurs autres grands maîtres. Il
eut de nombreux imitateurs parmi lesquels on compte surtout Francesco
Baldelli, son neveu.
52. — Saint François recelant tes stigmates.
B. — H. 0,735. L. 0,560.
Retiré sur le mont Alverne dans l'Apennin, en compagnie du
frère Léon, il tombe en extase à l'apparition d'un séraphin ra-
dieux attaché à la croix.
55. — Le Christ descendu de la Croix.
C. — H. 0,360. L. 0,370.
Le corps du Sauveur, qui vient d'être déposé à l'entrée du sépul-
cre, reçoit les adorations de la Vierge et des saintes femmes. St-
Jean , Joseph d'Arimathie, Nicomède et un autre personnage
Complètent la composition,
ROMAINE. 13
54 — Femme en buste de trois quarts et de grandeur
naturelle.
B. - H. 0,475. L. 0,360.
FETI (Attribné à DOMENICO), né à Borne en 4589,
mort à Venise en 1624.
Il avait reçu les leçons de Cigoli.
55. — Une sainte, en buste et de profil, médite appuyée
sur une tête de mort.
T. — H. 0,754. L. 0,600.
BERRETTINI (Attribué à PIETRO) DA CORTONA ,
dit PIETRE DE CORTONE, peintre, architecte, écri-
vain, né à Cortona, en Toscane, en 1596, mort à
Rome en 1669.
Elève d'Andrea Commodi et de Baccio Ciarpi. — Il se fit une réputation
immense et amassa de grandes richesses. Le nombre des peintres qui ont
suivi sa manière est très considérable.
30. - L'adoration des Mages.
T. - H. 1,170. L. 1,520.
Ceux-ci, à gauche, suivis de leurs serviteurs ; — A droite, la
sainte famille et trois anges qui adorent Jésus.
SALVI (GIOVANNI-BATTISTA), dit SASSOFERRATO,
né à Sassoferrato , dans la Marche d'Ancône , le 11
juillet 1605, mort à Rome le 8 avril 1685.
Son père Tarquino Salvi lui donna les premières leçons. On croit qu'il
eut aussi pour maîtres Jacopo Vignali et le Dominiquin.
57. - Buste de Vierge de face.
T. — H. 0,480. L. 0,380.
Mains jointes, - Yeux baissés. — Il en existe l'estampe gra-
vée dans un ovale par G. F. Schmidt, en 1763.
58. — Buste de Vierge.
T. — H. 0,460. L. 0,360.
Elle joint les mains et lève les yeux au ciel.
4 4 liCOLE
Écolo Venitienne.
BELLINI (Attribué à GIOVANNI) , né à Venise en
1426, mort dans la même ville en 4546.
Lui et son frère Gentile eurent pour maître leur père Jacopo.-Giovanni
avait de plus reçu des conseils de Mantegna.
59. — Saint Sébastien.
B. - H. 0,550. L. 0,860.
Le saint représenté à mi-corps, dans des proportions réduites
et lié à un fùt de colonne, a la poitrine percée de deux flèches.
Un personnage à longs cheveux, de profil et ne montrant que la
tête, dirige sur lui ses regards. On voit au fond un paysage avec
de l'eau, des chàteaux-furts, des cavaliers, etc.
MANTEGNA (D'après ANDREA), peintre, graveur,
sculpteur, architecte et géomètre, né dans les environs
de Padoue en 1431, mort le 13 septembre 1506.
Squarcione, son maître, lui inculqua de bonne heure le goût de l'art an-
tique auquel ses œuvres ont emprunté un caractère d'élévation tout par-
ticulier. 11 eut plusieurs fils qui furent aussi ses élèves.
40. — « La Sépulture. »
B. — H. 0,543. L. 0,416.
Tel est le titre donné par Bartsch à une estampe mentionnée
par Vasari, — la plus parfaite peut-être de l'œuvre de Mante-
gna, — à laquelle est empruntée la présente composition. Nous
ne saurions mieux faire que de transcrire la description qu'on
en trouve au tome xme du Peintre-graveur : « Le corps mort
de Jésus porté par deux disciples pour être mis au tombeau. Ce
groupe, où l'on remarque aussi deux saintes femmes qui expri-
ment la plus grande affliction, occupe le côté gauche de l'estam-
pe. A droite, se fait remarquer la Vierge évanouie entre les
mains de deux autres saintes femmes qui la secourent. Au de-
vant de ce même côté, on voit St-Jean debout, vu de profil (il
est ici, de face) et poussant, à ce qu'il semble, des cris de dou-
leur. Sur le sépulcre est écrit : HUMANI GENERIS REDEMP-
TORI. » — Signé M. F., 1482.
VENITIENNE. 15
LUCIANO (D'après SEBASTIANO DI), dit FRA BAS-
TIANO DEL PIOMBO, né à Venise en 4485, mort à Rome
en 1547.
Il eut pour premier maître Jean Bellin et plus tard, à Rome, il devint,
en opposition à Raphaël, un des partisans de Michel-Ange.
41. — La Flagellation.
B. - H. 0,450. L. 0,355.
La peinture originale, de proportion colossale et à laquelle a
coopéré Michel-Ange, se voit à Rome, dans l'église di San-Pietro
in Montorio.
LUCIÀNO (Ecole de), dit SEBASTIANO DEL PIOMBO.
42. — Tète de \ieillard coinerled'un manteau ronge.
B. - H. 0,480. L. 0,440.
PONTE (JACOPO DA), dit IL BASSANO, OU JACQUES
BASSAN, né à Bassano en 1510, mort dans la même
ville le 13 février 4592.
Après avoir reçu les leçons de son père Francesco, il se mit sous la di-
rection de Bonifazio et étudia les ouvrages du Parmesan et de Titien.
Sa manière a été imitée par les deux premiers de ses quatre fils qui fu-
rent tous peintres : ils se nommaient Francesco, Giovanni-Battista, Lean-
dro et Girolamo.
43. — Les pèlerins d'Emmaiis
T. — H. 0,800. L. 1,090.
Un tableau également de la main du Bassan, semblable à ce-
lui-ci et à peu près dans les mêmes dimensions, fait partie du
Musée du Louvre. La notice des peintures italiennes le désigne,
sous le no 304, de la manière suivante : « A droite, dans le
« fond, les pèlerins assis à un-^ table et servis par un page. A
« gauche, un dressoir avec des ustensiles de ménage ; une fem-
« me accroupie occupée à nettoyer des vases. Au milieu , un
« homme assis dans un fauteuil. »
Ce sujet a été gravé, en 1593, par Raphaël Sadeler : l'estam-
pe comparée à notre tableau présente quelques variantes dans
les accessoires.
16 Éf OLE
44. — La mise au tombeau.
T. - H. 0,440. L. 0,323.
Nicomède et Joseph d'Arimathie portent à la lueur des tor-
ches le corps de Jésus. Sur le devant, la Vierge s'évanouit au mi-
lieu des saintes femmes.
CALIARI (D'après PAOLO), dit PAOLO VERONESE ,
né à Vérone en 1528, mort le 49 avril 1588.
Sa renommée qui fut, de son vivant, très-grande dans sa patrie, est au-
jourd'hui universelle et Paul Véronèse est désormais classé parmi les
hommes extraordinaires dont l'art a à se glorifier le plus. Lui seul connut
l'inimitable manière de donner à ses figures un jet plein de noblesse et d'é-
légance qui, joint au charme indéfinissable de sa couleur,.à l'éclat de son
effet, à la simplicité de son faire, rangent ses immenses toiles parmi les
productions les plus séduisantes de la peinture.
45. — Diverses figures empruntées aux noces de Cana
du Musée du Louvre. (N° 103 de la Notice.)
T. — H.~0,455. L. 0,573.
Les personnages choisis par le copiste ont subi quelques
transpositions; ils sont pris parmi les portraits d'artistes véni-
tiens qui occupent la partie centrale du tableau original. — Ce
sont, à gauche : Benedetto Caliari, frère de l'auteur, debout, vê-
tu d'une étoffe brochée et tenant une coupe; à son côté, Paul
Véronèse lui-même, en habit blanc et jouant de la viole ; der-
rière ce dernier, le Tintoret qui l'accompagne avec un instru-
ment semblable ; plus à droite, Titien de profil, en robe rouge,
jouant de la basse et, dans le fond, le Bassan que l'on reconnaît
à la flûte qu'il presse contre ses lèvres. — On a complété cet
ensemble; d'un côté, par quelques serviteurs, entreautres celui
qui transvase le vin miraculeux; de l'autre, par le vieil-
lard, assis, vu de dos, qui a derrière lui un vase dont un chat
égratigne la panse et par quelques autres figures du second plan.
46. — Un Martyre.
T. - H. 0,430. L. 0637.
L'original de cette belle peinture, qui est dit-on dans un état
complet de dégradation, avait été exécuté pour l'abbaye de St-
Julien de Rimini. — Le saint dont on apprête le supplice se-
rait, au dire de Lanzi, le patron même du couvent.
47. — Cène à laquelle préside un pape et où assistent.
des cardinaux et d'autres personnages de distinction.
T.!- H. 0,548. L. 0,805.
VENITIENNE. 17
B. 2.
Nous n'avons pu ni préciser ce sujet, ni découvrir le lieu où
gît la peinture originale Ce qui est plus certain pour nous,
c'est qu'il existe l'estampe de ce tableau gravée d'après Paul Vé-
ronèse par Gaetano Zancon.
48. — Le Massacre des Innocents.
T. — H. 0,600. L. 0,740.
Au premier et au second plan, des soldats, sous les ordres
d'un chef que l'on voit, à gauche, monté sur un cheval blanc,
arrachent à leurs mères éplorées des enfants qui vont bientôt
grossir le nombre des cadavres qui jonchent déjà le sol. — Dans
un coin, également à gauche, le palais du roi d'Egypte dont une
porte ouverte laisse apercevoir le souverain ordonnant le mas-
sacre. — Dana l'angle opposé, et à un plan reculé, on voit un
grand édifice qui se détache en clair sur le ciel, -r- Le groupe
de deux femmes accroupies, dont l'une a la tête de face , qui
occupe le premier plan à la droite d'en bas, est emprunté à une
composition représentant le même sujet, de Baccio Bandinelli.
49. — Les Noces de Cana.
B. - H. 0,430. L. 0,110.
La table du festin est dressée dans une vaste salle, au-des-
sous d'une tribune occupée par des musiciens. On remarque parmi
les convives des personnages de diverses nations. Jésus, assis en
face de l'épouse, s'est retourné, en même temps que la Vierge,
pour opérer le miracle du changement de l'eau en vin : celle-ci
est contenue dans de nombreux vases qu'on a déposés à ses
pieds et l'on aperçoit, au fond, des serviteurs qui vont en em-
plir d'autres à, un puits. —T$u côté opposé à la scène principa-
le, et sur le devant du tableau, on voit un dressoir auprès du-
quel se tiennent un nain, un chien et quatres autres figures.
50. — Madeleine (?)
T. — H. 0,975. L. 0,830.
A mi-corps, de profil, tournant la tête de face. Elle est
somptueusement vêtue et tient à la main un vase de cristal sur-
monté d'une croix.
51. — Jeune couple en présence d'un troisième person-
nage.
T. — H. 0,995. L. 1,105.
48 ÉCOLE
Sorte de médecin ou de devin, ce dernier semble hésiter à se
prononcer sur le mal de la jeune fille soutenue par son amant
et dont il considère la taille. Celle-ci pour hâter sa décision lui
présente ironiquement des lunettes. -
Il existe l'estampe de ce tableau, lequel nous croyons être, sans
pouvoir toutefois l'affirmer, de la main de GIORGIONE (GioRGio
BARBARELLI. né à Caslel-Franco ou à Viselago, dans la pro-
vince de Trévise en 4477, mort en 541). La présente copie
doit dans ce cas être comptée à l'école vénitienne.
52. - L'Ensevelissement du Christ.
T. — H. 0,625. L. 0,825.
Onze figures.
Une ancienne attribution donne ce tableau à BUONCONSI-
GLIO (GIOvANNI dit IL MARESCALCO, né à Vicence vers 1460). Si
cette opinion a quelque fondement, cette peinture Tevient en-
core de plein droit à l'école vénitienne.
École Lombarde.
ALLEGRI (D'après ANTONIO), dit IL CORREGGIO, né
en 1494 à Correggio, dans le duché de Modène,
mort dans la même ville en £ 534.
Sa biographie est peu connue et l'on a raconté diverses anecdotes le
concernant dont l'authenticité n'est aujourd'hui plus admise.
55. — La Vierge tenant l'enfant endormi-sur ses genoux.
T. — H. 0,807. L. 0,580.
Copie gravée par Jacques Coëlemans dans le Recueil des ta-
bleaux du cabinet de Boyer d'Aiguilles (voyez ci-après au ne 78).
L'estampe porte la légende : MATER AMABILIS.
MAZZOLA (Attribué à FRANCESCO), dit IL PARMI-
GIANINO, ou LE PARMESAN , peintre, gravewr, né à
Parme en 4503, mort à Casalmaggiore en 1540.
LOMBARDE. 19
Il compléta, en copiant les ouvrages du Corrège, les études qu'il avait
commencées sous la direction de ses oncles : Michele et Pier-Ilario Maz-
zola. C'est dans la misère qu'il termina une existence pleine d'agitations,
après avoir formé son cousin Girolamo-Daniello da Parma et le sculpteur
Battista Fornari.
54. — La Vierge, Sainte-Anne et Jésus.
T. — H. 0,860. L. 0,667.
Marie est assise, représentée de trois-quarts et à mi-corps ;
l'enfant agenouillé sur elle cherche à la caresser.
ORSI (Attribué à LELIO), OU LELIO DA NOVELLARA,
né à Reggio en 4544, mort en 1587.
Lanzi établit une discussion touchant la recherche du maître de ce pein-
tre qui a eu plusieurs homonymes. Il n'accepte en cela qu'avec des réser-
ves l'opinion de Tiraboschi, biographe de Lélio, qui fait de ce dernier un élè-
ve de Corrège.
Orsi , prit son surnom de la ville de Novellara où il se retira après avoir
été exilé de Reggio.
55. — Saint Antoine de Padoue tenant Jésus enfant.
B. — H. 0,297. L. 0,245.
Il est caractérisé par une tige de lys.
PROCACCINI (Ecole des).
« Ceux qui travaillèrent et enseignèrent le plus à Milan, dit Lanzi, en
parlant des nombreux peintres du même nom que nous désignons ici
d'une façon collective, furent les Procaccini de Bologne, qui, après avoir
« été passés sous silence par Lomazzo, dans son traité, en 1584, sont ci-
« tés d'une manière honorable dans son Temple, c'est-à-dire en 1590. Il
« semble donc que ce soit dans cet intervalle qu'ils commencèrent à être
« célèbres à Milan, où ensuite ils s'établirent en 1609. Hercule est le chef
« de cette famille. »
5(5. — La Présentation.
B. — H. 0,380. L. 0,287.
A droite, un groupe de trois figures d'où se détache la jeune
Vierge pour gravir les degrés du temple dont le grand prêtre
occupe l'entrée.
SCHIDONE ou SCHEDONE (Attribué à BARTOLO-
MEO), né vers 1580 à Modène, mort en 1615.
On le croit élève des Carrache. Sa biographie est peu connue et ses
peintures originales sont fort rares. Ces dernières sont empreintes de la
manière du Corrège.
20 ÉCOLE
07. - Sainte Famille.
T. — H. 0,318. L. 0,250.
La Vierge en buste, de face ; à droite, la tête de St-Joseph de
profil; sur le devant, Jésus qui caresse St-Jean-Baptiste. — On
lit par derrière : Tiré de la galerie du prince russe Galitzin.
58. — Saint Jean - Baptiste recevant l'agneau dans ses
bras.
B. — H. 0,980. L. 0,220.
Figure entière, à genoux et de profil.
LANFRANCHI ou LANFRANCO (Attribuéau Cava-
liere GIOVANNI DI STEFANO), né à Parme de 1580 à
4582, mort en 4647.
Il avait eu pour maîtres les Carrache.
59. — Un vieillard et une jeune femme auprès d'un
enfant couché.
T. — H. 1,120. L. 0,867.
L'homme est de profil et à mi-corps. — Grandeur naturelle.
CRESPI (DANIELE) , né à Burto-Asizio en 4590,
mort à Milan en 1630.
Lanzi cite neuf artistes de ce nom. « Daniele, dit-il, en parlant de celui
qui nous occupe, fut un de ces peintres trop rares qui ne cessent de riva-
liser avec eux-mêmes, en s'efforçant de donnera chacun de leurs nouveaux
ouvrages l'avantage sur ceux qu ils ont déjà faits. Les défauts que l'on dé-
couvre dans ses premières peintures sont corrigés dans les dernières ; et
les perfections qui paraissent naissantes dans celles - là, se montrent mû-
ries et parfaites dans celles-ci. » Daniel Crespi était élève de Gio. Battista
Crespi da Cerano et des Procaccini. Il n'avait que 40 ans lorsque la peste
l'emporta.
60. - L'Annonciation.
B. — H. 0,482. L. 0,675.
Deux figures demi-nature et à mi-corps. - La Vierge de fa-
ce suspend une lecture et reçoit avec humilité la salutation an - ;
gélique. — Gabriel est debout devant elle, tourné de profil et
tenant une tige de lys.
LOMBARDE. 21
6t. — L'Incrédulité de Saint Thomas.
C. Forme à pans coupés. — H. 0,188. L. 0,244.
Nous croyons pouvoir avancer avec quelques certitudes que
ce tableau reproduit une toile de CARAVAGGIO (MICHEL-ANGIOLO
AMERIGHI OU MOBIGI. né à Caravaggio près de Milan en 1569,
mort en 1609 à Porto-Ercole).
École Bolonaise.
CARRACCI (D'après AGOSTINO), peintre, graveur,
sculpteur, architecte, né à Bologne en 1558, mort à
Parme en 1601.
Frère aîné d'Annibal. Il étudia la peinture sous les yeux de P. Fontana
et de Bartolommeo Passarotti ; la sculpture et l'architecture sous la di-
rection de Minganti ; enfin la gravure, auprès de Domenico Tibaldi et de
Corneille Cort.
62. — Suzanne et les Vieillards.
T. — H. 0,400. L. 0,309.
Sujet emprunté à une estampe gravée au burin faisant partie
d'une suite de pièces connues en Italie sous le titre de Lasci-
vic di Carracci. Cette dénomination n'a plus ici sa raison d'ê-
tre, grâce à une tunique blanche dont est revêtue la figure prin-
cipale.
CARRACCI (Attribué à ou Ecole d'ANNIBALE), pein-
tre et graveur, né à Bologne en 4560, mort à Rome
en 1609.
65. — Déposition de croix.
T. — H. 0,980. L. 0,730.
Les deux figures principales, qui sont le Christ mort et la
sainte femme debout se penchant vers lui, sont empruntées ,
avec quelques légères modifications, à un tableau du Carrache
dont ne font pas partie la Vierge et les deux anges que l'on voit
ici.
22 ÉCOLE.
CARRACHE (École des).
64. - Jeux d'enfants.
T. — H. 1,475. L. 1,930.
Ceux-ci sont au nombre de dix, nus et peints de grandeur
naturelle; t'un d'eux, soulevé par un camarade, cherche à attein-
dre les fruits d'un pêcher : trois autres se culbutent pour s'em-
parer des pêches tombées à terre, tandis que dans un coin, à
droite, deux compagnons munis de leur butin ont pris une atti-
tude plus calme. Des draperies de diverses couleurs, des fleurs, un
petit chien, un fond de paysage concourent à augmenter le char-
me du tableau.
65. - Jésus insulté par les soldats.
C. — H. 0,465. L. 0,360.
66. - Vision de Saint Jérôme.
T. — H. 0,465, L. 0,355.
Assis dans sa grotte, il appuie son coude sur un livre et ser-
re contre lui une tête de mort; à ses pieds, un autre livre et le
chapeau de cardinal. Dans le haut, l'ange sonnant de la trom-
pette.
67. — Vierge contemplant le Christ mort (?)
B. Forme cintrée. — H. 0,153. L. 0,306.
On lit par derrière : du cabinet du prince de Lissembourg.
VALESIO (D'après GIOVANNI LUIGI), peintre, gra-
veur, né à Bologne, suivant le dictionnaire de Siret,
en 4561; mort jeune, à Rome, au dire de Lanzi, sous
le pontificat d'Urbain VIII.
Cet élève des Carrache est plus connu comme graveur à l'eau - forte et
miniaturiste que comme peintre , bien qu'on lui doive plusieurs fresques
auxquelles on reproche de la sécheresse et peu de relief.
68. — Réunion de têtes humaines appartenant aux deux
sexes et à différents âges.
T. - H. 1,227. L. 0,970.
Voici la mention que fait Adam Bartsch au tome xvme du
Peintre-graveur d'une estampe de Valesio que notre peinture
BOLONAISE. 23
reproduit dans les proportions de nature' « Un ovale rempli
de douze têtes d'hommes, de femmes et d'enfants dans les prin-
cipales situations qui peuvent s'imaginer. On lit en bas : Do-
deci principali movimenti della Tesla, per chi desidera inten-
derli nella piltura. »
RENI (Attribué à on Ecole de GUIDO), peintre ,
graveur, né à Calvenzano, près de Bologne, en 1575,
mort en 4642.
Sorti de l'atelier des Carrache , il excita , par ses succès , la jalousie de
plusieurs peintres célèbres, ses contemporains, et après avoir joui d'une
brillante réputation, il termina ses jours dans la misère et dans l'oubli.
69. — Busle de Sainte Madeleine.
T. — H. 0,740. L. 0,610.
Elle est de face, sa main repose sur sa poitrine et elle tourr e
ses regards vers le ciel.
RENI (?) (d'après GUIDO).
70. — Saint Sebastien.
T. — H. 1,230. L, 0,945.
Il est lié à un arbre et regarde le ciel ; trois flèches l'ont at-
teint : l'une au flanc, l'autre au ventre, la troisième au bras. —
De face et à rni-corps ; grandeur naturelle.
71. - Tête d'Ecce-Homo.
T. - H. 0,656. L. 0,460.
Elle regarde le ciel et est peinte dans un champ ovale.
BARBIERI (D'après GIOVANNI-FRANCESCO), dit IL
GUERCINO, né à Cento (province de Bologne) , en
1591, mort en 1666.
Il eut plusieurs maîtres et reçut en dernier lieu les leçons de Cremonini
et de Benedetto Gennari, l'ancien. Le surnom de Guerchin lui fut donné
parce qu'il était louche.
72. — Vision de Saint Jérôme.
T. — H. 0,413. L. 0,478.
Le Musée du Louvre possède un tableau du Guerchin dont
24 ECOLE
celui-ci, qui a, à peu de chose près, les mêmes mesures, est
une reproduction. — Voici comment il est décrit, sous le no
53. dans la notice des peintures italiennes : « St-Jérôme, cou-
« ché sur une natte dans sa grotte, se réveille saisi de terreur
« au son de la trompette du jugement dernier qu'un ange lui
« fait entendre. Auprès de lui par terre, à droite, deux livres
« et une tête de mort »
BARBIERI (Ecole de), dit IL GUERCINO.
75. — Buste d'homme de face, sans doute Saint Jean-
Baptiste.
T. — H. 0,685. L, 0,600.
Son épaule droite est recouverte d'une draperie rouge et sa
main indique quelque chose devant lui.
GRIMALDI (GIOVANNI-FRANCESCO), dit LE BOLOG-
NESE , peintre, graveur et architecte, né à Bologne
en 1606, mort en 46HO.
D'Argenville à qui nous empruntons les dates de la naissance et de la
mort du Bolognese et, après lui Lanzi, ont raconté l'histoire de cet artiste
fécond. Il étudia sous les Carrache dont il était le parent, exécuta à Rome
sous Innocent x de nombreux travaux, fut appelé à Paris par Mazarin
pour décorer diverses parties du Louvre et du palais du cardinal. Il mou-
rut après avoir amassé des biens considérables. Le cadet de ses fils, nom-
mé Alexandre, fut un artiste de mérite.
74. — Paysage.
T. — H. 1,030. L. 1,580.
Vue prise, au bord d'un cours d'eau, sur la lisière d'un bois-
On voit au fond un village et sur le devant un pêcheur, un pâ-
tre qui garde deux vaches et un homme qui conduit un âne
monté par une femme.
75. — Paysage. --
T. - H. 0,455. L. 0,543.
Le premier plan est ombragé par de grands arbres ; on y voit
un troupeau qui paît et trois figures assises sur un chemin qui
s'entretiennent, avec une femme debout. Le soleil éclaire le se-
cond plan formé d'une chaîne de cotaux, d'une prairie et d'une
construction rurale.
BOLONAISE. 25
MOLA (Attribué à PIETRO-FRANCESCO), peintre et
graveur, né à Coldré (diocèse de Côme) dans le Mi-
lanais, en 4612, mort à Rome en 4668.
Elève de Prospero Orsi dit delle Grotesche et de Giuseppe d'Arpino.
76. - Paysage. - Diane métamorphose en fontaine Aré-
thuse poursuivie par Alphée.
T. — H. 0,714. L. 0,940.
SIRANI (Attribué à ELISABETH), peintre, graveur,
née à Bologne en 1638, morte en 1665,
Fille d'un peintre sorti de l'école du Guide , elle montra une précocité
qui tenait du prodige. Elle avait déja produit un nombre considérable de
peintures et formé plusieurs élèves de son sexe dont les noms ont passé
jusqu'à nous, quand la mort la surprit ; elle n'avait que 26 ans. On croit
qu'elle fut empoisonnée par des rivaux. On lui attribue souvent , au dire
de Lanzi, les ouvrages de son pèreet de ses sœurs, Barbara et Anna-Maria.
77. — La Vierge en bnste, de face, les yeux baissés.
T. — H. 0,670. L. 0,510.
Elle tient l'enfant Jésus qui a dans la main une croix. —
Grandeur naturelle
École Génoise.
CASTELLI (VALERIO), né à Gênes en 1625, mort
dans la même ville en 4659.
On cite jusqu'à six peintres appelés Castelli; Valerio, que d'Argenville
n'a point oublié dans ses biographies, est certainement celui qui a porté
ce nom avec le plus d'éclat. Il était, selon notre historien français, fils
d'un nommé Bernard Castelli qui jouissait d'une certaine réputation et
qui le laissa orphelin dans la plus tendre enfance : le futur artiste n'a-
vait alors pas plus de cinq ans. Dénué de toutes ressources, Valerio se mit
entre les mains de Dominique Fiasella qui lui fit tout d'abord copier les
ouvrages de Perino del Vaga. Le jeune disciple, entraîné par ses goûts vers
un genre de peinture plus large, reçut à contre-cœur cet enseignement de
26 ÉCOLE
haute école et 116 tarda pas a s'en affranchir en entreprenant un voyage à
Milan et à Parme, pour etudier successivement les Procaccini, le Corrège
et Mazzola. A son retour à Gênes, il eut bientôt acquis de la renommée et
fut appelé à décorer les églises et les palais de la ville. « Son génie était
fécond et facile, dit Papillon de la Ferte, il donnait à ses figures des tours
flexibles; son coloris était tendre et transparent, particulièrement dans
les fresques. » Lanzi va plus loin ; il le proclame, avec l'emphase propre
aux biographes de son pays, un des plus grands génies de l'école ligurien-
ne. Quoiqu'il en soit, il paraît que les ouvrages de Castelli, ou Castello,
comme on l'écrit aussi, sont plus connus en Angleterre qu'en France: on
comprend d'ailleurs qu'il ne dut pas en répandre un grand nombre hors
de sa ville natale, quand on pense qu'il mourut à peine âgé de trente-
quatre ans. Ses éleves ont été : Gio-Paolo Cervetto. Stephano Magnasco,
Bartolomeo Biscaino et Gio-Battista Merano.
78. — Sainte-Famille.
T. — H. 1,200. L. 0,940.
Figures de grandeur naturelle. — La Vierge de trois-quarts
et accroupie , tient sur ses genoux Jésus enfant qui appuie sa
main sur le bras de St-Jean-Baptiste ; elle se retourne en même
temps vers St-Joseph, lequel, debout derrière elle, semble lui
adresser la parole.
« On ne connaît (de Valerio Castelli), dit d'Argenville, qu'u-
ne sainte famille gravée par Coëlemans dans le cabinet d'Aix. »
Ce cabinet était la galerie de Boyer-d'Aiguilles et cette sainte
famille n'est autre que le tableau que nous décrivons. Quant à
la gravure, qui est une planche de 326 millimètres sur 260 ,
portant les mots : DELICLE MEiE ESSE CUM FILIIS HOMI-
NUM ; elle a été exécutée par Jacques Coëlemans, graveur d'An-
vers, pour le Recueil des plus beaux tableaux du cabinet de
Messire J -B. Boyer, seigneur d'Aiguilles, conseiller au par-
lement de Provence; duquel ouvrage il existe deux éditions,
l'une de 1709 et l'autre de 4744. Cette dernière publiée par les
soins de Mariette.—Sébastien Barras, peintre et graveur aixois,
a en outre reproduit à la manière noire la tête de la Vierge du ta-
bleau de Castelli
BISCAINO (Attribué à BARTOLOMEO), peintre, gra-
veur, né à Gênes en 4632, mort dans la même ville
en 4657.
Il était élève de Valerio Castelli. Au dire de d'Argenville, la peste l'em-
porta en même temps que son père, Jean-André, qui était également
peintre.
79. — Solitaire méditant sur le Crucifix.
Ardoise. — H. 0,268. L. 0,114.
NAPOLITAINE. 27
Ecole Napolitaine.
PRETI (Attribué à MATTIA), dit IL CALABRESE, né
à Taverna, dans la Calabre, le 24 février 1613,
mort le 13 janvier 1699.
Après avoir étudié sous la direction de Giovanni Lanfranco et ensuite
d'après les ouvrages du Guerchin, il exécuta dans diverses villes d'Italie
des travaux importants. Il fit de longs séjours à Malte où l'avait appelé le
grand-maître pour décorer la cathédrale.
80. — Madeleine.
T. Forme ovale. — H. 1,260. L. 0,940.
Elle est à mi-corps, de face, les cheveux épars et les vête-
ments en désordre; ses yeux pleins de larmes regardent le ciel,
sa main comprime sa poitrine et elle est entourée d'instru-
ments de pénitence qui sont une natte et une tête de mort.
ROSA (SALVATOR), peintre, graveur, poète, musi-
cÙn, né au village de la Renella , près de Naples,
en 1615, mort à Rome en 1673.
Ses premiers maîtres furent Paolo Greco, son oncle, et son beau-frère
Francesco Fracanzano. — 11 forma lui-même des élèves et il a eu de nom-
breux imitateurs.
81. — Paysage. — Site agresle.
C. - H. 0,153. L. 0,240.
Il est traversé par un ruisseau. Des gens de guerre se sont
arrêtés sur ses bords.
28 INCONNUS DES
Inconnus des Écoles d'Italie
82. — Vierge allaitant son fils.
B. — H. 0,436. L. 0,335.
Fond de paysage.
83. — Le Couronnement de la Vierge.
B. - H. 0,420. L. 0,2C0.
Tableau divisé en deux registres. — Dans le bas : l'Annon-
ciation et VAdoration des bergers,. — En haut, le Christ en-
touré d'un grand nombre d'anges , de saints et de saintes, qui
pose la couronne sur la tête de sa mère.
84. — La Vierge, l'Enfant, une Sainte et un quatriè-
me personnage.
B. — H. 0,760. L. 0,510.
Jésus couché sur le devant du tableau et accoudé sur un
coussin, tient dans ses mains un coquillage. Sa mère de face, à
mi-corps, les mains croisées sur la poitrine, se tient debout
derrière lui. Les deux autres figures, dont l'une regarde par
dessus l'épaule de Marie, ne montrent guère plus que la tête.
- Petite nature.
80. - Vierge.
B. - H. 0,537. L. 0,413.
Elle a des proportions de demi-nature, et est représentée de
face et à mi-corps. Sa main droite repose sur un livre ouvert et
sa gauche tient Jésus, debout sur ses genoux, qui serre un
fruit dans ses doigts. Au fond un paysage et une enceinte cré-
nelée.
86. — La Vhrge et l'Enfant.
B. — H. 0,830. L. 0,580.
Sa main droite repose sur la tranche d'un livre ; sa gauche
soutient Jésus, debout sur une table de pierre, qui se penche
pour présenter une cerise à un perroquet perché sur le bord
d'une corbeille à ouvrage. — Demi-nature.
ÉCOLES D'ITALIE. 29
87. — La Vierge tenant Jésus.
B. — H. 0,870. L. 0,690.
Deux enfants à ses côtés. - A mi-corps; grandeur natu-
relle.
88. — Sainte-Famille.
B. - H. 1,090. L. 0,880.
Vierge à mi-corps, de grandeur naturelle.
89. — Vierge.
Marbre. Forme ronde. — Diamètre 0,354.
Elle est à mi-corps, et lit un livre tandis que l'enfant Jésus
assis sur ses genoux enlace son cou de ses bras.
90. — L'Annonciation.
C. - H. 0,133. L. 0,213.
L'ange et la Vierge sont à mi-corps. — Ce su jet était dans le
principe, divisé en deux tableaux qui ont été ici réunis.
91. — L'Adoration des bergers..
C. - H. 0,260. L. 0,332.
Ceux-ci ont accouru en grand nombre vers Jésus naissant qui
occupe le centre de la composition. On remarque, à droite ,
une figure complétement nue qui porte un enfant sur son dos.
92. — La Flagellation.
C. — H. 0,224, L. 0,170.
Trois figures. — On lit par derrière : Acheté à Rome en
1771 par le cardinal de Bernis, envoyé à l'archevêque de
Narbonne en Languedoc ; et les mots gravés dans le cuivre :
Raffael d'Urbino , 4508: attribution qu'il serait difficile de
justifier.
95. — Mise au tombeau.
B. - H. 0,265. L. 0,226.
Il existe touchant ce tableau deux anciennes notes : l'une le
classe dans l'œuvre de Léonard de Vinci; l'autre l'assimile à
une composition de Benvenuto Garofalo décrite par Baldinuc-
ci. — Nous croyons pouvoir avancer avec plus de certitude
30 INCONNUS DES
que l'on voit ici reproduit un ouvrage du Pérogin (PIETRO VA-
NUCCT, né et mort dans les environs de Péri use, 4446-1524,
école ombrienne), conservé à la pinacothèque du Vatican et
auquel a travaillé Raphaël.
94. — Le Purgatoire.
C. — H. 0,320. L. 0,435.
Des femmes et des hommes de différents âges adressent au
ciel leurs soupirs ; plusieurs d'entre eux sont encore la proie des
démons.
95. - Sainte-Famille.
C. Forme ovale. — H. 0,113. L. 0,150.
La Vierge tenant l'enfant est au centre ; on voit à gauche,
St-Joseph ayant à son côté une corbeille de fruits et à droite,
une sainte. — Figures à mi-corps.
96. — Tête de Vierge sur fond d'or.
C. Forme ovale. — H. 0,070. L. 0,053.
97. — Portrait de jeune femme.
C. Forme ronde. — Diamètre 0,170.
Elle est à mi-corps, de trois quarts et assise sur un fauteuil
pliant en X. — Son vêtement est fait d'une riche étoffe rouge ;
à sa ceinture est attaché un joyau figurant une tête de cheval.
98. — Portrait d'homme en buste. (XVI* siècle.)
B. Forme ronde. — Diamètre 0,113.
99. — Saint Mathieu.
C. -. H. 0,110. L. 0,100.
Buste de profil. — A gauche l'ange symbolique.
100. — Saint Pierre et Saint Paul.
C. - 0,220. L. 0,170.
101. - Sainte Thérèse.
C. - H. 0,218. L. 0,176.
Elle raconte dans ses écrits, qu'il plaisait quelquefois à Dieu
de faire apparaître à son côté un séraphin qui, armé d'un dard
ÉCOLES D'ITALIE. 04
à pointe de feu, lui transperçait le eceur. Cette scène que l'on
voit ICi représentée, est complétée par la présence d'un autre
envoyé céleste, lequel soutient la sainte en défaillance.
102. - Jésus et les douze Apôtres.
B. - H. 0,167. 1. 1,690.
Figurines en buste arrangées sous forme de frise.
105. — La Trinité.
B. - H. 0,104. L. 0,147.
t 04. — L'ensevelissement du Christ.
Camaïeu. - Six figures. B. H. 0,157. L. 0,182.
105. — Madeleine enlevée au Ciel.
T. H. 1,630. L. 1,220.
Deux anges la soutiennent sur des nues; l'un d'eux est re-
vêtu d'une cuirasse, l'autre porte le vase à parfums. - Petite
nature
106. — Hérodiade recevant le chef de Jean-Baptiste.
T. - H. 0,930. L. 0,697.
Elle est de trois-quarts, à mi-corps et tient un bassin où
1 exécuteur dépose la tête tranchée - Grandeur naturelle.
107. - Joseph, en prison, explique les songes de l'é-
chanson et du panetier de Pharaon.
T. - H. 1,280. L. 1,920.
Trois figures de forte proportion ; deux accroupies, une
étendue à terre.
108. — Abraham renvoie Agar et Ismaël.
T. - H. 1,220. L. 1,720.
Trois figures demi-nature.
32 INCONNUS DES
109. — Les disciples d'Emmaiis
T. - H. 1,110. L. 1,490.
Cléophas et son compagnon, assis à table avec Jésus, le re-
connaissent à la fraction du pain. — Figures à mi-corps de
grandeur naturelle.
itO. - Personnage qui est sans doute un prélat que l'on
peut prendre pour St Thomas d'Aquin ou St Bona-
ventureen extase, devant un crucifix.
T. — H. 1,230. L. 1,230.
Figure de petite nature, à genoux et de profil.
lit. — Diane au bain épiée par deux bergers auxquels
un amour décoche ses flèches.
T. — H. 1,275. L. 1,710.
Figures de grandeur naturelle.
112. — L'enlèvement d'Hélène.
T. — H. 1,250. L. 1,540.
L'épouse de Ménélas, soutenue par Pâris, met le pied dans
une barque où se trouvent de vigoureux rameurs; elle est sui-
vie d'Hermione, sa fille, et d'une escorte de guerriers.
113. — Madeleine.
T. - H. 1,285. L. 1,133.
A mi-corps et de face. — Elle appuie son bras droit sur une
tête de mort et tourne ses regards vers un crucifix que tient sa
main gauche.
114. — Siint Jérôme entendant la trompette du juge-
ment dernier.
T. — H. 1,495. L. 1,201.
Figure à mi-corps, de grandeur naturelle.
118. — Allégorie religieuse. (Plafond).
T. — H. 2,045. L. 1,4.50.
Au sommet, la Vierge entourée de la Trinité, ayant à sa
droite. St-Dominique qui l'implore ; à sa gauche, un saint évê-
que, et au-dessous d'elle, St-Jean-Baptiste et St-Marc. — Nom-
breuses figures d'anges, etc.
ÉCOLES D'ITALIE. 33
B. 3.
11C. — Un saint religieux, peut-être Saint François-
Xavier, encourage la construction d'un édifice en
portant lui-même, en présence des architectes et
de diters assistants, une corbeille de matériaux.
T. - H. 1,010. L. 1,265.
117. — Supplice d'une femme.
T. — H. 1,340. L. 0,980.
Trois personnages, l'un en costume oriental, les deux autres
portant la cuirasse, président à l'exécution. La victime à ge-
noux, les mains liées, la tête renversée, a derrière elle le bour-
reau armé d'un coutelas. — Figures demi-nature.
118. — Lz Mise au tombeau.
T. - H. 0,940. L. 1,150.
Six figures de petite nature.
119. — Saint François recevant les Stigmates.
T. — H. 1,130. L. 0,890.
Voyez, pour le sujet, le no 32.
120. — Hercule filant auprès d'Omphale.
T. — H. 1,050. L. 0,290.
Il a une coiffure et des vêtements féminins, tandis que la cé-
lèbre reine de Lydie porte la dépouille d'un lion et s'appuie sur
la massue. — Une vieille femme debout, à gauche, invite du
geste à s'avancer vers elle un jeune couple que l'on voit à droi-
te. — Figures demi-nature.
121. - L'Adoration des bergers.
T. — H. 1,100. L. 0,900.
La Vierge soulève l'enfant pour le présenter aux pâtres age-
nouillés devant lui. St-Joseph est assis, les jambes pendantes,
auprès de la couche de Jésus.
122. - Le Martyre de Saint Sébastien, (esquisse.)
T. — H. 0,800. L. 0,630.
Lié à un arbre, le corps percé de flèches, il tourne ses re-
gards vers un ange qui apparaît dans le ciel entr'ouvert. Il est
entouré de ses persécuteurs, dont l'un lui présente une idole.

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