Catéchisme de morale pour l'éducation de la jeunesse ([Reprod.]) / par M. Harmand

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de l'impr. de P. Provost (Paris). 1791. Éducation des enfants -- France -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW, UK
C AT É C H I S M E
D È MORALE.
CATÉCHISME
D E M OR A LE,
I> O U L'ÉDUCAT 10 N
tf e L A jeunesse.
PAR M. II A RM AND.
Populas iatclligenset gens magna.
Prix i5 sols broché.
A PARIS,
De l'Imprimerie (le P. I'ROVOST, ruo
Ma^arine N° y-3.
Et se vend
M. D C C. X C L
PRÉFACE.
Cet Ouvrage est depuis long-
temps désire de tous ceux qui
sentent le prix d'une bonneédn-
cation maispouvoit-îlparoître
utilement avant qu'elle fût re-
formée ? puisqu'elle va t'être,
Sans doute un Catéchisme de
Morale sera mis un nombre des
livres élémeutaii es.
Pour que ri'.ciueation géné-
rale soit bonne, et ses fruits
durables, il fautqu'elle ait pour
base^îes principes surs et évi.
dens; il faut que ce* principes
soient pris dans lé cœur da
l'honmic qu'ils s'accordeibt
iî P R É FACE.
avec la voix de la conscience,
et que les conséquences qu'on
en lire, la pratique dec règles»
qui en dérivent soient selon
la nature humaine, et non au-
delà de ses forces.
L'homme sent toujours ce
qui est bien er il le fait toutes
les fois que son intérêt ou son
plaisir dn moment ne l'en dé-
tournent pas. Montrons-lnique
cet intérêt passager, n'est pas
celui qui le conduit t an bonheur;
et pour cela appliquons-nous à
développer la jeunesse les
principes de bonté et de justice
que la nature a gravés dans sort
a tue. Si vous les contrariez, si
vous allez au-delà, c'est en vain
que vous aurcz voulu réformée
iV^iication.
On divine ordinairement la
Morale eu trois parties selon
les diiïéieiis rapports sous les-
PRïFAC F. » iif
quels l'homme peut être consi-
déré. En l'examinant par ses
rapports avec l'auteur de l'uni-
vers il en résulte ses devoirs
envers Dieu ou la Religion, de
ses rapports avec lui-même
dérivent les devoirs qu'il est
tenu de remplir pour sa conser-
vation ou son bonheur*, et ses
rapports envers les autres
sont la source de ses devoirs
à l'égard de ses semblables.* Je
n'ai pas suivi celle division: i°.
parce que je n'ai pas cru devoir
ni pouvoir faire un traité de
Religion, mais seulement un
chapitre qui en traite, en la
considérant comme un des de-
voirs de l'homme de bien.
Je n'ai pas distingué nos devoirs
envers nous. mêmes de ceux
envers les antres parce que
dans la société- ils s'unissent
nécessairement, et que youlaoL
iv P R lï-F ACE.
faire un ouvrage dont les prin-
cipes aient de l'ordre et de l'en-
cluûnement il auroit fallu sou-
veut nie répéter pour qu'il soit.
clair, si pavois fuit cette fdis-
tinction et alors il auroit eu
plus d'étendue que sa destina?
lion n'en demandoit.
En 1781 on proposa un prix
pour un Catéchisme de Morale
la porta des en/ans quïapprtnntnt
à lire. Aucun ouvrage, au juge-
ment de l'académie n'a mérité
ceprix, qui a été propose encore
inutilement en M. de la
Harpe dans les excellentes ré-
flexions qu'il a publiées derniè-
rement sur l'éducation insiste
aussi sur la nécessité d'un- Caté.
chisme de Morale et demande
qu'il soit fait pour lïtge de 9 it 10
si l'on ne veut n'en
^jWcelle époque, et voici me*
PREFACE, v
raisons: sansdoutelesenliment
du juste et de l'injuste est inné
dans nos cœurs et il est peut-,
être 1)lus vif que jamais dans la
tendre enfance, oit les passions
est l'intérêt n'ont point encore
mais pour développer les idées
Morales pour leur donner l'é-
tendue qu'elles doivent uvoir
dans la société, il faut une ana-
lyse que je crois impossible de
métlre la portée des enfans.
Avant l'Age de raison l'on ne
sauroit avoir aucune idée des
relations sociales comment
pourrez-vous traiter des devoirs
qu'elles étallissent ? Comment
employeur des mots qui les ex-
priment sans nuire nu juge-
ment de l'enfant qui ne peut
vous entendre ?
Une erreur qui n'est que trop
rj PRÉFACE,
commune, c'est de supposer la
raison dès le bas age; laissons
à la tendresse maternelle, cette
prévention q\je nous devons lui
pardonner parce qu'elle est
dans la nature*, mais nous qui
avons'vu des ehfans, qui avons
nos soins à les obser«
/croyons d'après* l'expé-
rience, que de toutes les facultés
de l'homme, la raison, qui n'est
pour ainsi-dire, qu'un composé
de toutes Jes autres, est celle
qui se perfectionne Je plus dif-
ficilement1 et le plus tard ne
veuillons pas nous en servir
pour développer les premières,
et avant d'enseigner la morale
par des préceptes qui soient en.
tendus et suivis, boj'nons-nonsâ
la fàirepratiquer,si nous ne vou*
lons pas. perdre notre temps.
Pourchangerd'ayis, j'attends
PRÔFAC E. vif
qu'on me
me de Morale qui convienne- à
l'enfonce, et pour appuyer mon
opinion d'une autorité que tnes
raisonnemens ne lui donne-
roient pas, je dirai à celui qui
youdroit l'entreprendre un
liommel'a essayésans succès, et/
cet honitne ctoit RoueseaujJ^
Je-crois donc que ceKrtfvrage
seroit inutile avant 14 ou ij
ans, mais qu'à cet Age il est
indispensabtedans l'éducut ion.
C'est pour cela que j'ai fait 10
mien. J'ai travaillé long-temps
et avec beaucoup de réflexions,
mais repense qu'on peut mieux
faire je le publie pour qu'on
en fasse'usage, si ouglc trouve
bon, ou s'il est insu/Kant,pour
engager quelque homme de mé·
rite a en faire un meilleur
dans l'un ou l'autre cas, mon
but sera également rempli. Si
rlli PREFACE.
l'on juge celui-ci susçeptiblede
perfection je profiterai avec
reconnois^ance des avis qu'on
voudra bien mo donuet'.
A
CATÉCHTSME
D E
M 0 Il A I, F.
CHAPITRE PREMIER.
De la Conscience et de .la Morak
en général.
fQ UET. est le premier sen-
tiinent que Dieu inspire à tous
les hommes?
R. C'est l'amour de soi..
D. A quoi nous porte ce lvji-
liment naturel ?
R. A chercher les ineyeni
de nous rendre heureux.
D. Qu'est-ce qui 'peut nous
rendre heureux ?
(z)
Jl. C'est ce qui nous procure
un plaisir durable.
D. Qu'est-ce qui- peut îipqs
procurer un plaisir dw|able l
R. Ce sont celles de nos ac-
tions qui s'accordent avec la
voix de notre conscience.
D. Qu'est-ce que là cons-
cience ?
R. C'est un autre sentiment
naturel que Dieu nous a donné
pour être noire guide elle
nous fait aimer le bien et haïr
le mal.
D. La conscience n'est-elle
pas susceptible d'être perfec-
tionnée et d'être corrompue
R. La conscience s'endurcit
par la négligence à consul.
ter sa voix comme elle de.
vient plus délicate par l'étude
clés devoirs qu'elle nous montre
à remplir mais on ne peut ré.
touffer entièrement, et elle ue
o>
trompe* jamttis quand on'][\ con-
*'sulte de bonne foi. Tout, conque
tout ce que nous-'sentons étro
inal^'estjnal. >
D. Comment peut-on prouver
l'infaillibilité de la conscience ?
R. Cette lumière naturelle,
cette voix intérieure qui parle
à tous les hommes est aussi
invariable qu'elle est univer-,
s^lle. Dans tous les te'mjïs et
dans tous les lieu*. elle a ton-
jours été la même j elle ne de.
pend ni du capricedes hommes,
ni des usages, ni des loix ni de
la religion. Elleaditégaleinent
à Abraham, à Sociale à Con-
fucius il Fénéloii sois juste, et
tu seras heureux.
D. Il est donc facile de savoir
si une action est bonne ou mau-
vaise
R, Oui; quand nous voulont
(4)
ftgir, interrogeons notre cons*
cience elle approuvera ce qui
est bien, et se soulèvera contre
ce qui est mal après l'action
interrogeons-la encore sa ré-
ponse fera notre joie ou notre
tourment. C'est ainsi qu'une
suite de bonnes actions nous
rendra heureux et que plu-
sieurs mauvaises empoisonne-
ront toute notre vie.
D. Qu'est-ce qui détermine
les difierent.es actions de la
vie ?
R. Cesont les habitudes ou les
mœurs que nous conl raclons.
D. Comment peut-on former
et diriger ses habitudes ou ses
mœurs ?
R. Par la raison qui nous don-
nelaconuoissance i.c la science
des mœurs.
D. Comment nomment -on
cette science
(s)
Ai
R. La morale.
D. Quel est le but de la jno-
raie ou (le la science des inœiirs?
R. C'est de nous faire distin-
guet, en suivant la voix inté-
rieure de là conscience, quelle
sont les bonnes et les mauvaises
mœurs. Avoir la science* des
bonnes et destnauvaises mœurs,
ou la science de la morale^ c'est
donc savoir en quoi nos actions
peuvent conlribucr au bonheur
ou au malheur de nous et des
autres c'est avoir la cohnois-
sance de nos devoirs envers
nous-mêmes et envers les au-
t rcs.
D. Pourquoi devone concou-
rir au bonheur (les autres ?
R. Parce qu'il n'y a personne
d'entre nous au bonheur duquel
lesautresn'aientconcouiu. L'o-
bligalion d'exercer envers eux
la réciprocité est donc une véri»
table dette f\uo nous avons con-
tractée. C'est parce que c'est
unedrtte, qu'on a expuirné l'o-
bligation qu'elle nous impose
par le mot devoir.
D. La morale ou la science
des mœurs se borne -t-elle à
Dousdonner la connoissancede
nos devoirs?
R. Klle nous prescrit aussi de
les acquitter; car il n'y a p'er-
sonne qui ne sente qu'il est rai-
sonnable et juste de payer ses
&ttes bu remplir son devoir, et
qu'on y est obligé à peine d'être
privé de sa propre estime. C'est
en ce sens qu'on dit la morale
ordonnera morale défend il est
contraire ou conforme aux loix dc
la morale.
D. A quoi parvenons-nous
par la pratique des loix de la
R, A la vertu.
D. Qu'est-ce que la verî u ?
M. La veriu en. général est
l'habitude de conformer ses ac·
tionsauxprineipesdela morale.
Nous avons besoin pofïr cela de
vigtUnice de courage et de
force. C'est par la pratique de
la. vertu qu'on acquiert la sa·
gesse qui doit être notre but
et sans laquelle il n'y a point de
D. Quelle est la première at-
tention qu'il faut faire quand on
veut devenir sage ?
R. C'est d'éviter avec soin la
compagnie de ceux qui ne le
sont pas, parce que leur société
nous feroit changer nos bonnes
habitudes contre leurs mau-
vaises.
D. Cette précaution est-elle
absolument. nécessaire ?
J?. Oui car noue prenons
très-aisément les habitudes et
(8)
les senihnens do ceux avec qui
nous vivons, soit en bien, soit
en mal.
D. Que doit.ou bien recom-
mander il ceux qui veulent sui-
vre les routes de la sagesse ?
R. Un grand avantage est d'a-
voir un ami sage, qui soit notre
guide duns ce chemin pénible
au coimnencciftelit mais qui
devient aise a mesure qu'on le
parcourt.
D. Quand on nepcut se procu-
rer cet avantagea que doit-on
faire?,
R. Éviter au moins, comme je
l'ai dit ceux qui pourroient
nous conduire au mal se faire
des règle* invariables de con-
duite, et se proposer pour mo-
dèles les hommes sages dont
les bonnes actions nous sont
connues.
D. Quels sont les hommes
qu'on peut oppeller sages ?
(9)
R. Ce sont ceux dont la iiio«
l'aie et la vie sont irréprocha-
bles, qui aiment la vertu plus
que toutes choses, qui n'ont
jamais regarnç comme utile que
ce qui est bien et dont l'aine
élevée n'a jamais rien admiré
ou désiré nue ce qui est honnête
et véritablement grand. Ilspon-
sent comme Platon que tout ce
qu'il y a d'or sur la terre tout ce
qu'elle en renferme dans son sein
n'est d'aucun pri%, si on le compare
à la vertu. Pour ces hôjjimes lo
devoir est toujours un plaisir et
ils n'estiment nuisible que ce
qui est injuste.
Comment peut-on par-
venir il ceLtc perfection t
R. Naturellement l'homme
3ui_a acquis l'habitude de ren-
dre ses actions conformes aux
préceptes de la morale et à la
voix de sa conscience, ne voit
(>o.)
plus rien dq beau dans la cou-
duite des b.otmnes que ce qtjy
s'accorde avec ces principes. Ce
sentiment du beau, dont la vie
humaine est susceptible élevé
l'ame de'telqi qui réprouve et
il est le mobile de toutes ses ac-
tions. Notre .intérêt personnel
cesse d/entrpr P,OIU> quelque
c|îosQ dans: nos résolutions et
vertu coinrue
suivent le vice, par
passion. <̃
1(/). Peut-on prouver que le
beau soit naturel
à l'homme ?
Jt. Ilne^ut^oijr s'en con-
vaincre, que consulter l'expé-
rience et rentrer en soi-môme.
•Ûii.açte de bonté ou de bien-
faisance, nous touche, quoique
nous n'en soyons pas l'objet; un
acte, de méchanceté nous rc-
voïte, quoique nous n'en s'o/ons
oo
pas personnèllement blessé
Thahi'tudede remplisses devoirs
fortifiant ce penchant naturel do
nos cœurs nous devenons capa-
bles des plus grands efforts do
vertu nous sommes transportés
d'admiratronpourlesactionshé-
rc-ïques, nous aiderions mieux
ètreSocrate, mourant vertueux
et innoceut qifè le juge inique
qui le condamne.
C'est donc en étudiant la mo-
râle en, se conformant il ses
loix en songeant à l'infliience
des bonnes mœurs sur notre
bonheur et sur celui des autres,
en examinant leur accord aveo
l'ordre générai de l'univers et
les sublimes pré'ceptes de la re.
de nos plaisirs, se développe et
se fortifier Cette étude est une
tâche qui doit nous occuper
toute notre vie dans la jeu-
.(Il)
nesse, dans l'Age,, mur et daris la
vieillesse car dans le chemin
de la vertu on ne reste point
la même place ou l'on recule
ou l'on avance.
D. Comment peut-on consi.
dérer les différentes règles de
là morale ?
R. Ou peut les distinguer en
règles générales et en règles
D. Quelles sont les règles gé.
nérales de la morale ?
R. Nouslesréduironsàquatre
principales-, qui sont le résultat
de tout ce qui vient d'être dit.
D. Quelle est la première ré-
glé générale ?
R. Consulter toujours sa con-
science, quiseule peut nous faire
distinguer le bien et Je mal de,
nos actions, et qui éclairé notro
raison dans la recherche de nos
devoirs.
l
.oo"
B
D. Quelle est là seconde ?
S'efforcer d'acquérir une
connoissance complette de ses
devoirs.
D. Quelle est la troisième ?
iî. Conformer toutes ses ac-
a tions à la ço*nnoissance de-.ses
devoirs et à la voix de sa con-
science. « •
D. Quelle est la quatrième ?
oR, ^3 perfectionner cliaquo
jour dansia vertu, et se pénétrée
de l'amour du beau moral. Nous
avons pour cela un moyeu sû.r
que nous pouvons tous mettre
en usage c'est d'en faire l'ex.
périence en persévérant dans la
pratique de nos devoirs.
D. Quelles sont les règles
particulières de la morale ?
i?.iïllessontdi(réYentes,seloti
les différens rapports sous les»
quels l'hommeestconsidcré. Les
moralistes ont distingué quatre
devoirs principaux qui sont
la Prudence, la Justice, la Force
et la Tempérance on les appelle
les vertus morales. Le mot vertu
signifie alors devoir. De ces qua-
tre vertus décrivent tous les de-
voir* auxquels nous sommes
tenus envers Dieu, enversuous-
mêmes et envers les autres,
et dont l'observation exacte fait
l'homme vertueux, sage et heu.
leux. Nous aUons les. traiter
successivement.
(H)
C II AP1TRE If.
De la Prudtnct.
D. Quel est le premier devoir
que la raison iious prescrit
quand nous voulons agir
ii, jC'est de considérer d'a-
bord le bien ou lè mal de l'ac-
tion que nous voulons faire
ses avantageas et ses inconvé.
irîëns ses difficultés et ses
moyens.
D. Comment les moralistes
ont-ils appellé ce devoir ou
cette vertu ?
i R. La 'Prudence et'ils en ont
fait la première des vertus mo-
raies*
D. Pourquoi cela
R. Parce que c'est elle qui
doit nous guider dans l'exercice
des autres vortus morales. Celul
qui se çomluirnit sons rc-
ilexions seroit exposé à cora-
wieïfre beaucoup de fautes, et
par conséquent .11 nuire à son
bonheur en mniiquant il ses de-
voirs la Prudincttstl'artdt la vit,
dit Charron comme la midteint
D. Comment pouvons-nous
acquérir la Prudence t
R. Par l'habitude des ré-
flexions et l'expérience. I/ex-
jjériençe vient lentement on'
peut la h6ter par les avis des
gens sages, la lecture de l'his.
toire et celle dès bons livres'
qui font, penser.
'[ D. Ç/uc| est fepremier conseil
que nb'u's donne la Prudence ?
R. D'examiner quels soiif nos
devoirs dans toutes tesposit ions
où nous nous trouvons.
D. Quel est le second conseil
quelle nous donne ?
x.>
R. C'est dè bien connoitre
les personnes auxquelles nous
avons affaire.
D. Cette connoissance s'ac-
qniert-elle facilement ?
R. Non car on rencontre
beaueoupdhommes qui ont, ou
qui croient avoir, intérêt de se
déguiser; il faut les examiner
attentivement, et sur-tout sans
prévention.
D. Quels s6nt les gens dont
on doit le plus se défier ?
R. Des gens faux, et ils sont
les plus aisés à connoître, parce
qu'ils se trahissent souvent de
quelque manière; il faut traiter
le moins qu'on peut avec eux,
et quand on y est obligé en
agir toujours avec franchise, car
les fautes d'autrui ne peuvent,
jamais autorircr les nôtres.
D. N'est-il pas aussi de notre
intérêt' d'en agir toujours avec
franchise
M)
R. Oiii\ ï iéli tï'ctf plus pfopfc
que la
candeur et la .sinjprîcité.'
D. (^liétïoi^Dii faire il l'égard
tVtm Jiomhvu qa'ôti a reconnu
pour être ^àns morale ?
7!. Le fuir et lé pîaiilcîré.
irtiiis liopas îe Ifn'fr le sdge aune
jcsseufegens'de bien mais il
jié hait persojirte.
D. Quel est le troisîème con.
sèif 'que noua -do ri lié la Pru-
dence ?
Ûïst ^d'apprendre à esti-
ïtier justernent les choses
lédiv donner lé prix et le rang
qnVleur appartient.
p. Quelles sont les choses
tj^oft doit le blus estitÀer ?
k. D'abord celles1 qui aoiis
eh ;prb'p1:e qui
dépendent de nbuê, que1 l'enyiô
m la peiiy'^ni »^f)^
ëtÙMév] telïés que
bonnes qualités de l'ame là
( i9).
science; ensuite célles quî noliS
procurent des avantages, telles
que -'l'esprit la richesse les
laleus, qualités bonnes ou mau-
vaiseà, selon l'usage qu'on en
fyif-.
jy. Dans tyrfclle disposition
devoiis-hous t'tie pour juger
des choses r
R. il faut être dans une en*
tière liberté de jugement et de
volbDté.
D. QtiçsNce que la liberté de
jû'geiae.fft?
R. Elle consiste à ne pas se
laisser érirV.iîner aveuglément
aux opinrdns des autres, il n'a-
dopter den sur parole h exa-
miner Unit' et à he regardêt'
cômnié vrfei rjue ce que notice
jugeniërtt UWè et saitt noil^pi'é-»
sente cgiome tel.
la présomption que de ûè\fè*'
garder comme vrai que ce qu'on
a examiné soi-même ?
R.lïyfx des vérités tellCment
reconnues par tous les hommes
sages^qu'on ne pourroit les rejet-
ter sans montrer un esprit faux
ou uncœur corrompuiil est inul i-
ledelesexamincr:onneparleici
que des opinions et des préjugés
populaires qu'il ne faut pas lé-
D. Quelle est donc la manière
dont nous devons nous conduire
a l'égard des préjugés popu-
R. Ne les admettre ni les
rejetter sur le champ mais les
examiner on évite par là une
foule d'erreurs qui offusquent
la raison et nous empêchent
de.fpire aucuns progrès dans la
sagesse^
rb. Qu'est-ce, qup la liberté de
volonté V
R. Elle consiste à êtrè maître
de sa volonté et de ses affec-
tions, il savoir être soi, sa ri se
laisser entraîner ni par les ne)'.
sonnes ni par les choses; mais
faire ce que l'on veut et
vouloir ce qui est juste.
7?., Pourquoi la liberté de vo-
lonfé, est-elle nécessaire t
bientôt la liberté de jugement
et d'action car en ne voulant
que ce que veulent les autres,
on s'expose à vouloir,et par cou-
sôquenj^faire, des choses qui
pèche-Y^lloL de se rendre aux
desirs des antres t
R, Non quand ce qu'ils de.
ne conduit pas a des ac-
tions que notre jugement libre
nous dit. être mauvaises le
conseil donné, de maintenir la
liberté de volonté, ne regarda
pas les ^services dus au public
et à ses amis l'homme sage
doit être officieux et charitable,
il doit se prêter à autrui, mais
île se donner qu'à soi.
D. A quoi doit-on s'appliquer
après avoir fuit une juste estU
mal ion des personnes et des
choses ?
R. Le premier soin est de sa.
voir bien choisir et se déter*
initier dans les occasions.
D. Est-ce une chose, il la.
quelle on puisse aisément par-.
venir?
R. Quand il s'agit de se dé.
termitter entre son devoir ou
ses plaisirs, entre une chose
honnête, ou utile, le choix est
aisé; la morale nous le prescrit.
Dan» les caspp l'on n'a pas assez
de cotrnoissance de la chose.
pour savoir si elleest juste ou
injuste, il faut suivre l'excellent
précepte d'un ancien Vans Us
chom douKusts abstiens toi.
D. Que doit'on faire quand
on est forcé de prendre un parti
dans une chose douteuse?
R. Prendre conseil d'une per-
sonne sage/expérimentée, et
qui n'ait aucun intérêt dans
D. Pourquoi ajoutez-vous: et
qui n'ait aucun intérêt dans
R. Parce que malheureuse-
ment il est rare que les hommes
soient parvenus knn tel degré
de perfection qu'ils soientab^
solument sans prévention dans
une affaire où ilssom intéressés.
D. Que doit»on faire quand
on a demandé conseil t
R. S'yconformer exactement
et ne pas s'en repentir quand
môme il seroit suivi d'un mau-
vais succès car on a fait tout
ce qui est au pouvoir de la pru-1
dence humaine; le reste ne dé-
pend pas de nous.
(M)
D. Qu'elle règle générale la
prudence nous prescrit-elle en
traitant avec les autres î
RI il faut tâcher de prendre
un milieu entre la trop grande
confiance et la défiance, excepté
avec ses amis intimes, pour tes-
cluels on ne peut jamais avoir
trop de confiance.
D. Une trop grande Prudence
ne peut-elle pus avoir des jn-
convéniens î
R. Oui l'excès en tout, même
dans les vertus, est un mal. La
Prudence doit nous garantir
d'une trop grande précipitation
qui est ennemie de la sagesse
mais il ne faut pas qu'elle noua
fasse tomber dans la noncha-
lance! Après avoir délibéré, il
faut savoir se décider et il n'y
a que les gens foibtcs qui restent
dans l'irrésolution.
(*n
c
CHAPITRE III.
De la Justice.
D. Qu'est-cequenortsditnotro
conscience par rapport aux au-
tres hommes?
R. De ne pas faire à autrui ce
que nous ne voudrions pas qu'on
nous fît et de rendre il chacun
ce qui lui appartient.
D. Comment nomme- t-ori ce
devoir que la morale nous pres-
crit en suivant la voix de la
conscience ?
R. La justice c'est* la seconde
des vertus inorales.' KHe nous
impose trois devoirs princi-
paux.
\Z>. Quel est le premier do
cè&\deyoirs ?
(:6)
R. De ne jamais s'emparer du
bien d'autrui.
D, Quel est le second ?
R. De ne nuire aux intérêts
de personne ni par ses dis-
cours', ni par ses écrits.
D. Quel est, le troisième ?
R. De n'exercer sur person-
ne aucune violence ni mauvais
traitement.
D. Qui peut nous inspirer
t'amour de la Justice ? ̃
R. Le désir de notrebonheur,
jçt notre' intérêt personnel.
D. Comment Ia pratique do
la Justice peut-elle influer sur
notre bonheur ?
R. Parce çju'on ne peut com-
Mettre une injustice sans aller
contre sa conscience/et qu'il
ne peuty avoir de bohlieursans
le repos de l'ame.
D. Comment notre intérêt
personnel nous pvescrit-ii la
Justice ?
•(*7)
Parce que celui à qui on
tait uneinjustiee sent bien qu'on
lui en fait une; s'il n'a, pas une
bonne morale, il chrrclie l'oc-
casion de se venger et s'il est
sage, nous nous attirons son
mépris.
D. Faut-il être sensible au
mépris d'autrui ?
R, Oui quand il est fondé
sur la raison car nous perdons
par-là un grand avantage, celui
de la considération publique qui
s'établit tôt ou lard sur l'opi-
pinion des personnes sages.
D. Qu'est-ce que la considé-
ration publique l
R. C'est l'estime générale qui
nous attire la bienveillance de
tous les hommes,
D. Le repos de la conscience
et l'intérêt personnel sont-ils
porter à la Justice ?
( **j
R. Il y a hommes aux-
quels un heureux naturel ins-
piré pour la Justice le même
amour que les autres ont com<-
nurnémént pour les grandeurs
et les richesses.
D. Ces hommes, sont-ils en
grand nombre ?
il. Non mais il y en a, et ite
sont l'honneur de l'humanité.
JD. Tous les hommes ont*ils
une riifeme opinion sur la justice
ou l'ajustice des choses?
R. Non parce que bien des
hommes ne règlent pas leurs
opinions sur la voix de leur
conscience, j maïs se laissent
filler à ce qu'ils croient être
leur intérêt et l'intérêt les
aveugle souvent; ils ne regar-
dent quelquefois une action
coinmeinjuste,queparcequ'elle
contrarie leurs penchans, ou
comme juste, que parce qu'elle
les favorise.
D. Que faut-il faire pour éviter
ce danger ?
R. Il ne faut jçwiais perdre de
vue les principes éternels de la
justice qui sont gravés au fond
de notre coeur et y rapporter
toutes les actions avant de les
juger.
D. Y a-t-il des cas ou il soit
permis d'être injuste ?
R. Il n'y en a aucun puisque
la Justice nousoblige à rendre ù
chacun ce qui lui est du ce
SE vol rnanifeste, et une
infraction aux loix de la morale
si on rie le faisoit pas.
D. Faut-il être luste, môme
contre son itatérêt
R. Il faut toujours être juste,
même quand la Justice paroît
contraire 4 notre intérêt, car
ce, n'e.ît jamais qu'à celuidu mo-
m,e,nt ymais l'intérêt bien et] tell.
toujours avec elle,
C?o)
comme nous l'avons vu plus
hyut.
D. L'histoire ne fait-elle pas
mention de plusieurs hommes
justes ?
R. Oui et on potirroit met-
tre à leur tête l'athénien Ans.
tide, surnommé leJuste. Platon
le met d'un seul mot au-dessus
de ce que la Grèce 8vqit de plus
grand. Aristide s'est
il, remplir Athènes dr vertus.
D. Quelleacdon peut-on citer
<lelui ?
R. Thémistoclc demande à
l'assemblée du peuple qu'on lui
<lonne quelqu'un pour conférer
sur un dessein de la plus grande
importance. On jette les yeux
sur Aristide, et Von s'en rap-
porte à son jugement. Leprojet
de Thémistocle étoit de briller
la flotte des alliés ce qui étoit
«n moyen infaillible de rendt'o
oo
Athènes l'arbitre de toute la
Grèce. Aristide, dans son rap-
port, dit qu'il n'y avoit peut-
.être rien de plus utile mais
que rien n'étoit plus injusteque
le projet de Tnémistocle et
tous les suffrages se i étfnirent il
celui d'Aristide en faveur de
D. Happortezencore un trait
d'Aristide?
R. Il présidoit un jour aii
jugement de la cause de deux
particuliers l'un d'eux ayant
commencé par dire que soli
ennemi avoit causé dans sa vie
beaucoup de ihanx a Aristide
éh!'tnon ami dit cet homme
juste, parlez seulement du tort
qu'on vous a fait, car c'est de
votre affaire dont il s'agit, et
non de la mienne.
D. Quel fut le sort d'Aris-
tide?
oo
R. Il Jouit de la considéra*
tion puulique due à sa justice
et il son désintéressement. 11
fut ch§£ge des finances de la
Grèce, contenta tout le monde,
et mourut regrette et admiré
de tous les citoyen1 s. N'ayant
pas laissé dequoi subvenir aux
Frais de ses funérailles, l'état
s'en chargea, et ses filles furent
dotées au dépens du public.
D. La justice est-elle toujours
aussi bien récompensée qu'elle
Je fut dans Aristide ?
R. Les médians persécutent
quelquefois l'homme juste qui
contrarie leurs passions.
D. L'attachement a nos de-
voirs peut donc nous attirer
des malheurs ?
R. Ces maux sont fort rares.
Quand on n'a aucun tortàsere*
piocher envers les autres il
n'arrive guèrcs qu'ils scient
mécontensdenous, et d'ailleurs
it reste toujours au juste l'eMi-
ihe dessales et la sieone, qui
le console do tous les maux
etquilesluifuitregardercoinin©
nuls.
D. À ris[ ide lu i-m bine n'avoiï.
il pas eu lieu de se plaindre do
sa patrie ?
R. Oui ses concitoyens l'a-
voientcondamné à l'exil.
ZJ.Quefit-ilencetteoccasiori?
jR. Il pria les Dieux qu'il
n'arrivât aucun malheur aux
Athéniens.
(M)
CHAPITRE IV.
De la Force.
D. La morale nous prescrit-
elle pour notre bonheur d'au-
très vertus que la Prudence et
la Justice ?
R. C'est un grand moyen de
bonheur, que d'agir toujours
avec réflexion et avec justice
mais nous ne pourrions être
heureux, si nousnesavionssup-
porter les maux dont la vie lmt-
maine est susceptible ou ré-
sisteraux passions qui attaquent
notre amc c'est pourquoi il y
a une troisième vertu morale a
comnoître et a pratiquer.
D. Quelle est cette vertu
R. C'est la Force.

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