Cent et un cantiques populaires à l'usage de la jeunesse

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imp. de Rousseau-Leroy (Arras). 1865. In-12.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1865
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CENT ET UN CANTIQUES
^vm>POPllLilRES
WÊm^m DE LA JEUNESSE.
AURAS,
TYHOUKAP 11 IE ROUSSEAU-LE 110 Y,
liUR SAIHT'MAURICE, 2*>.
18 6 u
M» 1.
Adressons notre hommage
A la Reine des cieux ;
Elle aime de notre âge
La candeur et les voeux.
Du beau nom de Marie
Faisons tout retentir ;
Qu'elle-même, attendrie,
Daigne nous applaudir.
Tout ici parle d'elle,
Son nom règne en ces lieux;
Nous croissonssousson aile,
Nous vivons sous ses yeux.
Cet autel est le trône
D'où coulent ses faveurs;
Son divin Fils lui donne
Tous ses dro ts sur nos coeurs.
Marie est notre mère,
Nous sommes ses enfants :
Consacrons à lui plaire
Le printemps de nos ans.
0 Vierge douce et pure !
Notre coeur en ce jour
Vous promet, il vous jure
Un éternel amour.
Protégez-nous sans cesse,
Dès nos plus tendres ans ;
Guidez notre jeunesse,
Veillez sur vos enfants.
Au milieu des orages
D'un monde séducteur,
Sauvez-nous des naufrages
Et gardez noire coeur.
Î%T° S.
A la mort, à la mort,
Pécheur, tout finira i.
Le Seigneur, à la mort,
Te jugera.
11 faut mourir, il faut mourir.
De ce monde il nous faut sortir ;
— 4 —
Le triste arrêt en est porté,
Il faut qu'il soit exécuté.
Comme une fleur qui se flétrit,
Ainsi bientôt l'homme périt ;
L'affreuse mort vient de nos jours
En un instant finir le cours.
Venez, pécheurs, prés d'un cercueil,
Venez confondre votre orgueil ;
Là, tout ce qu'on estime tant
Se trouve réduit au néant.
Filles pleines de vanité.
Que deviendra votre beauté?
Vos traits hideux et sans couleur,
Vous rendront un objet d'horreur.
Vous qui suivez tous vos désirs,
Qui vous plongez dans les plaisirs,
En vous quel affreux changement
La mort va faire en un moment !
Plus de ris, de jeux, de douceurs ;
Plus de trésors, plus de grandeurs :
Ces biens dont vous êtes jaloux
Vont tout à coup périr pour vous.
Adieu, famille, adieu, parents,
Adieu, chers amis, chers enfants;
Votre coeur se désolera :
Mais enfin tout vous quittera.
_ 5 —
S'il fallait subir votre arrêt,
Qui de vous, chrétiens, serait prêtî
Combien dont le funeste sort
Serait une éternelle mort 1
I¥° 3.
Au fond des brûlants abîmes,
Nous gémissons, nous pleurons ;
Et pour expier nos crimes,
Loin de Dieu nous y souffrons.
Hélas! hélas!
Feu vengeur, de tes victimes
Les pleurs ne t'éteignent pas !
A l'aspect de nos supplices,
Chrétiens, attendrissez-vous ;
A nos maux soyez propices,
0 nos frères, sauvez-nous !
Hélas ! hélas !
Le Ciel, sans vos sacrifices,
Ne les abrégera pas.
Tandis que les âmes pures
Prennent leur vol vers les cieux,
Les plus légères souillures
Nous retiennent dans ces feux.
Hélas! hélas!
Dans ces cruelles tortures
Ne nous abandonnez pas.
-8-
De ces flammes dévoraptes,
Vous pouvez nous arracher ;
Hâtez-vous, âmes ferventes,
Dieu se laissera toucher.
Hélas ! hélas !
De ces peines si cuisantes
La fin ne viendra donc pas?
Grand Dieu ! de votre justice
Désarmez le bras vengeur ;
Que notre malheur finisse
Par le sang d'un Dieu sauveur !
Vers nous, hélas !
Votre main libératrice
Nes'étendra-t-elle pas?
Au sang qu'un Dieu va répandre,
Ah! mêlez du moins vos pleurs,
Chrétiens qui venez entendre
Le récit de ses douleurs. .
Puisque c'est pour vos offenses
Que ce Dieu souffre aujourd'hui,
Animés par ses souffrances,
Vivez et mourez pour lui.
Dans un jardin solitaire
Il sent de rudes combats;
Il prie, il craint, il espère,
Son coeur veut et ne veut pas.
Tantôt la crainte est plqs forte,
— 7 —
Et tantôt l'amour plllfe foît?
Mais enfin l'amour l'emportés
Et lui fait choisir la mort:
Judas, que la fureur guidBi
L'aborde d'un air soumis;
11 l'embrasse, et ce perfide ..
Le livré à ses ennemis,
Judas, un pécheur tfirriite
Quand il feint de l'apaiser. : ■
Souvent-sa bouche hypocrite
Le trahit par un baiser.
On l'abândbhnè à là fSge
De cent tigrés inhumains;
Sur son auguste visage
Des valets portent leurs maihst
Vous deviez) Anges fidèles»
Témoins de ces attentats*
Ou le mettre sous vos ailes,
Ou frapper tous ces irigratss
Ils le traînent au grand-prêtre,
Qui seconde leur fureur,
Et ne veut le reconnaître
Que pour un blasphémateur.
Quand il jugera là terre,
Ce Sauveui" aura son tour \
Aux éclats de sbh tonnerre
Nous le connaîtrons un jour.
Tandis' qu'il se saèrifiëi
Tout conspiré à l'bulragef f
Pierre lui-même l'oiibliè,
Et le traite d'étranger ;
Mais Jésus perce son âme
D'un regard tendre et vainqueur,
Et met d'un seul trait de flamme
Le repentir dans son coeur.
ChezPilate on le compare
Au dernier des scélérats.
Qu'entends-je? ô peuple barbare!
Tes cris sont pour Barabbas !
Quelle indigne préférence !
Le juste est abandonné ;
On condamne l'innocence,
Et le crime est pardonné.
On le dépouille, on l'attache ;
Chacun arme son courroux :
Je vois cet Agneau sans tache
Tomber presque sous les coups.
C'est à nous d'être victimes :
Arrêtez, cruels bourreaux !
C'est pour effacer nos crimes
Que son sang coule à grands flots.
Une couronne cruelle
Perce son auguste front ;
A ce chef, à ce modèle,
Mondains, vous faites affront :
11 languit dans les supplices,
C'est un homme d edouleurs ;
Vous vivez dans les délices,
Vous vous couronnez de fleurs.
— 9 —
Il marehe, il- monte au Calvaire,
Chargé d'un infâme bois ;
De là, comme d'une chaire,
Il fait entendre sa voix :
« Ciel, dérobe à ta vengeance
« Ceux qui m'osent outrager! »
C'est ainsi, quand on l'offense,
Qu'un chrétien doit se venger.
Une troupe déchaînée :
L'insulte et crie à l'envi :
« Qu'il change sa destinée,
o Et nous croirons tous en lui. »
Il peut la changer sans peine,
Malgré vos noeuds et vos clous;
Mais le noeud qui seul l'enchaîne,
C'est l'amour qu'il a pour nous.
Ah! de ce lit de souffrance,
Seigneur ne descendez-pas;
Suspendez votre puissance,
Restez-y jusqu'au trépas.
Mais tenez votre promesse,
Attirez-nous après vous ;
Pour prix de votre tendresse,
Puissions-nous y mourir tous !
Il expire, et la nature
Dans lui pleure son Auteur ;
11 n'est point de créature
Qui rie marque sa douleur.
Un spectacle si terrible
Ne pourra t-il me toucher?
Et serai-je moins sensible
Que n'est le plus dur rocher ?
•!0 —
IV S.
Aux chants de la victoire
Mêlons des chants d'amour
En ce jour ;
Dieu descend de sa gloire
En cet heureux séjour !
Terre, frémis de crainte :
Voici le Dieu jaloux
Près de nous ;
Sous sa Majesté sainte, :
0 deux, abaissez-vous.
Qu'un nuage obscurcisse
L'éclat de ce grand Roi
Devant moi,
Le Soleil de justice
Luit toujours à ma foi.
Perçant les voiles sombres
Qui dérobent ses feux
A mes yeux*
J'aperçois sous ces ombres
Le Monarque dés cieux.
Doux vainqueur, il s'avance:
Offrez-lui vos présents,
Chers enfants {
Offrez de l'innocence
Et les voeux et l'encens.
Partout sur son passage,
S'il voit voler vos fleurs
Et vos coeurs,
11 paiera votre hommage
Des plus riches faveurs.
Avant de quitter notre Maître,
Jetons-nous dans son divin coeur,
Puisque Jésus veut bien nous promettre
Que nous y trouverons le bonheur.
Marie, ô notre aimable Mère,
Daignez recevoir nos adieux ;
Priez pour nous Jésus et son Père
De nous placer un jour dans les cieux.
Saint Joseph, époux de Marie,
Ayez pitié de notre sort j
Secourez-nous pendant notre vie,
Secourez-nous surtout à la mort.
— -H -
Saint N patron de nos pères,
Protégez aussi leurs enfants ;
Sauvez-nous de toutes nos misères,
Soyez sensible à nos pieux accents.
Mon bon ange, gardien fidèle,
Eclairez-moi, guidez mes pas;
C'est Dieu qui m'a placé sous votre aile
Tendre ami, ne m'abandonnez pas.
IV" T.
Beau ciel, éternelle patrie,
Vous enflammez tous mes désirs ;
Le monde, ses biens, ses plaisirs,
N'ont plus rien qui me fasse envie.
Dieu d'amour,
Quand serai-je avec vous au céleste séjour!
Ici, toujours quelque souffrance,
Toujours quelque infidélité;
Mais dans l'heureuse éternité
Plus.de chagrins, plus d'inconstance.
Quand vprrai-je briller l'aurore
De ce jour qui n'a point de soir !
Quand mes yeux pourront-ils (e voir,
0 Dieu, dont l'amour me dévore !
0 mort, viens finir mes alarmes,
Rends mon âme à son Créateur ;
Ah ! la vie est-elle un bonheur,
Quand on y verse tant de larmes !
— -12 -
Bravons les enfers
Et brisons nos fers ;
Sortons de l'esclavage.
Unissons nos voix,
Rendons a la Croix
Un sincère et public hommage.
Jurons haine au respect humain,
Brisons cette idole fragile ;
Sur ses débris, que notre main
Elève un trône à l'Évangile.
Où sont ces coeurs vils et rampants,
Captifs d'une peur puérile ?
Esclaves, sortez de nos rangs :
Dans nos rangs point dame servile!
Lorsque sur le champ de l'honneur
La valeur signale les braves,
On nous verrait, lâches, sans coeur
Traîner la chaîne des esclaves !
Quoi! nous rougirions, vils mortels ,
Honteux d'être vus dans le temple,
Adorant au pied des autels
Le grand Dieu que le ciel contemple!
Non, non; d'une vaine terreur
Nous ne serons plus la victime :
Qu'il soit banni de notre coeur,
Le cruel tyran qui l'opprime !
— 13 —
Célébrons le Roi de gloire
Par l'accord de nos concerts,
Et de nos chants de victoire
Faisons retentir les airs.
Qu'à bénir Dieu tout s'empresse
Dans ce jour si fortuné;
Livrons-nous à l'allégresse,
Un Rédempteur nous est né.
Quelle merveille ineffable !
L'Eternel, le Tout-Puissant
Est couché dans une étable,
Sous la forme d'un enfant !
Mais si cet auguste Maître
Nous voile sa Majesté,
Comme il laisse bien paraître
Son immense charité !
Pour nous élever, lui-même
Il daigne s'anéantir ;
Par son indigence extrême
Il cherche à nous enrichir ;
Pour pardonner nos offenses
Quittant son trône éternel,
Il vient sous les apparences
D'un homme faible et mortel.
Accourons tous à la crèche,
Jetons les yeux sur Jésus ;
Sans parler, comme il nous prêche
Les plus touchantes vertus !
_ -|4 _
Heureux celui qui contemple
L'état de ce Dieu naissant !
Oh ! pour nous que son exemple
Est un exemple pressant !
Doux enfant! divin Messie!
Verbe l'ait homme pour nous!
Vous nous apportez la vie :
Ah ! que ferons-nous pour vous?
A vous seul, Maître adorable,
Nous nous donnons en ce jour ;
Soyi z seul, Sauveur aimable,
Seul, l'objet de notre amour.
M° lO.
C'est le nom de Marie
Quon célèbre en ce jour;
0 famille chérie,
Chantez ce nom d'amour.
C'est le nom d'une mère,
Chantez, heureux enfants ;
Unissez, pour lui plaire,
Et vos coeurs et vos chants.
C'est un nom de puissance,
Un nom plein de douceur;
Un nom dont la clémence
Surpasse la grandeur.
C'est un nom d'espérance
Au pécheur repentant,
Un gage d'innocence
Au coeur juste et fervent.
Il n'est rien de plus tendre,
11 n'est rien de plus fort :
Le ciel aime à l'entendre;
Pour l'enfer c'est la mort.
Que le nom de ma Mère,
Au dernier de mes jours,
Soit toute ma prière,
Et soit tout mon secours.
— 15 —
r¥° 1 1.
Chantons en ce jour
Jésus et sa tendresse extrême;
Chantons en ce jour
Et ses bienfaits et son amour.
Il a daigné lui-même
Descendre dans nos coeurs;
| De ce bonheur suprême
| Célébrons les douceurs.
0 Dieu de grandeur!
Plein de respect, je vous révère ;
0 Dieu de grandeur!
En vous j'adore mon Seigneur.
Si ce profond mystère ]
Vient éprouver ma foi,
[ L est 1 amour qui m éclaire
I Et vous découvre à moi.
Aimons le Seigneur,
Ne cherchons jamais qu'à lui plaire;
Aimons le Seigneur,
Il fera seul notre bonheur.
Ami tendre et sincère,
Généreux bienfaiteur,
I 11 est plus : il est père ;
| Donnons-lui notre coeur.
Pour tous vos bienfaits.
Que vous offrir, ô divin Maître?
Pour tous vos bienfaits,
Je me donne à vous pour jamais.
Dès ma plus tendre enfance,
Vous guidâtes mes pas ;
| Sauvez mon innocence,
| Couronnez mes combats,
Chantons les combats et la. gloire
Des Saints, nos illustres aïeux ;
Ils ont remporté la victoire,
Ils sont couronnés dans les cieux.
— 16 —
11 n'est plus pour eux de tristesse,
Plus de soupirs, plus de douleurs ;
Ils moissonnent dans l'allégresse,
Ce qu'ils ont semé dans les pleurs.
Objet des tendres complaisances
De l'Eternel, du Tout-Puissant,
Ses grandeurs sont leurs récompenses,
Son amour est leur aliment.
Il n'est plus de sollicitude
Qui trouble leur félicité,
Ils sont dans .une quiétude
Qui durera l'éternité.
Grands Saints, vous êtes nos modèles,
Nous serons vos imitateurs ;
Nous voulons vous être fidèles,
Daignez être nos protecteurs.
Puissions-nous, marchant sur vos traces,
Etre au Seigneur toujours soumis !
Sollicitez pour nous ses grâces,
Puisque vous êtes ses amis.
Vous habitez votre patrie,
Et nous errons en étrangers ;
Votre sort est digne d'envie,
Et le nôtre est plein de dangers ;
Vous fûtes tout ce que nous sommes,
Au mal exposés comme nous ;
Demandez au Sauveur des hommes
Qu'un jour nous régnions avec vous.
— 17 —
FS° 13.
Chaste Epoux d'une Vierge-Mère
Qui nous adopta pour enfants,
Vous êles aussi notre Père,
Vous en avez les sentiments.
Témoin de l'enfance
Et des premiers pas de. Jésus,
Obtenez-nous son innocence,
Faites croître en nous ses vertus.
Qu'il est beau, qu'il est plein de grâce,
Ce lis qui brille dans vos mains !
Sa céleste blancheur efface
La couronne de tous les Saints.
0 Chef de la famille sainte,
Saint Patriarche, saint Epoux,
Joseph, ouvrez-nous cette enceinte
Où Jésus vécut avec vous.
Dites-nous quel fut son silence.
Sa douceur, son humilité,
Son admirable obéissance
Et sa touchante charilé.
Daignez, tous les jours de ma vie,
Veiller sur moi, me secourir ;
Et qu'entre Jésus et Marie,
Comme vous je puisse mourir !
Comme l'olivier solitaire
Croît à l'abri du sanctuaire,
— 18 -
Marie, à l'ombre du saint lieu,
Croissait sous les regards de Dieu.
Si dans la paix et l'innocence,
S'écoule aussi le temps de votre enfance,
Heureux enfants, vous serez ses amours,
Toujours, toujours, toujours.
Dans une retraite profonde
Tout près de Dieu, bien loin du monde,
Elle coulait, dans le Seigneur,
Des jours de paix et de bonheur.
La candeur était la parure
De cette âme céleste et pure,
Et l'innocence de snn coeur
Du lis effaçait la blancheur.
La prière, comme une flamme,
Brûlait sars cesse dans son âme
Et s'élevait vers le Seigneur,
Parfum d'une suave odeur.
Sa voix, comme celle des anges,
Du Très-Haut chantait les louanges,
Et ses accents mélodieux
Etaient comme un écho des cieux.
Quand le Pontife, aux jours de fêtes,
Lisait la loi des saints Prophètes,
Elle écoulait avec bonheur
Et conservait tout dans son coeur.
Le ciel admirait en silence
Tant de vertu, tant d'innocence,
Et la terre ignorait encor
Qu'elle possédait ce trésor.
— 19 —
■ÎV° 1S5.
Comment goûter quelque repos
Dans les tourments d'un coeur coupableI
Loin de vous, ô Dieu tout aimable,
Tous les biens ne sont que des maux.
J'ai fui la maison de mon Père,
A la voix d'un monde enchanté j
Il promet la félicité,
Mais il n'enfante que misère.
Créateur justement jaloux,
Ah! voyez ma douleur profonde !
Ce que j'ai souffert pour le monde,
Que ne l'ai-je souffert pour vous!....
J'ai poursuivi dans les alarmes
Le fantôme des vains plaisirs :
Ah ! j'ai semé dans les soupirs,
Et je moissonne dans les larmes !
Qui me rendra de la vertu
Les douces, les heureuses chaînes !
Mon coeur sous le poids de ses peines
Succombe et languit abattu.
J'espérais, ô triste folie !
Vivre tranquille et criminel ;
J'oubliais l'oracle éternel :
a 11 n'est point de paix pour l'impie. »
De mon abîme, ô Dieu clément,
J'ose f adresser ma prière ;
Cessas-tu donc d'être mon père,
Si je fus un indigne enfant !
— 20 -
Hélas ! à son lever, l'aurore
Aux pleurs trouve mes yeux ouverts ;
Et la nuit couvre l'univers
Que mon âme gémit encore.
A peine brilla ma raison
Qu'à ton amour je fis outrage ;
Je dissipai mon héritage
Et déshonorai ta maison. '
Je n'ose demander ma place
Ni prendre le doux nom de fils ;
Parmi tes serviteurs admis
A ta bonté je rendrai grâce.
Mais quelle voix !.... Qu'ai-je entendu ?
« De concerts que l'air retentisse,
a Que le ciel lui-même applaudisse :
« Mon cher fils enfin m'est rendu. »
.Dieu ! je vois mon père !... il s'empresse,
L'amour précipite ses pas :
11 vient me serrer dans ses bras,
Baigné des pleurs de sa tendresse.
Ce père tendre et plein d'amour,
Mon âme, c'est ton Dieu lui-même ;
En fait-il assez pour qu'on l'aime?
Sois-lui fidèle sans retour.
Dans ta bonté, Seigneur, efface
Les jours où j'oubliai ta loi!....
Un pécheur qui revient à toi
Est le chef-d'oeuvre de ta grâce.
21 --
TO° 16.
D'être enfants de Marie
Ah ! qu'il nous est doux !
Venez, troupe chérie,
Implorons-la tous.
Chantons ses louanges,
Chacun tour à tour;
Imitons les Anges
Tout brûlants d'amou.
Pour former sa couronne
Unissons nos coeurs ;
Ils ornent mieux son trône
Que l'éclat des fleurs.
O divine Marie,
Daignez en ce jour
Recevoir pour la vie
Nos coeurs sans retour.
Au pied de votre image
Voyez vos enfants :
Ils vous offrent l'hommage
De leurs jeunes ans.
O bienfaisante Mère,
Agréez nos voeux ;
Guidez-nous sur la terre,
Ouvrez-nous les cieux.
Dieu va déployer sa puissance;
Le temps comme un songe s'enfuit :
Les siècles sont passés, l'éternité commence,
Le monde va rentrer dans l'horreur de la nuit.
J'entends la trompette effrayante;
Quel bruit! quels lugubres éclairs !
Le Seigneur a lancé sa foudre étincelante,
Et des feux dévorants embrasent l'univers.
Les monts foudroyés se renversent,
Les êtres sont tous confondus;
La mer ouvre son sein, les ondes se dispersent;
Tout est dans le chaos, et la terre n'est plus.
Sortez des tombeaux, ô poussière,
Dépouille des pâles humains ;
22 —
Le Seigneur vous appelle, il vous rend la lumière;
Il va sonder les coeurs et fixer vos destins.
11 vient : tout est dans le silence ;
Sa croix porte au loin la terreur,
Le pécheur, consterné, frémit en sa présence,
Et le juste lui-même est saisi de frayeur.
Assis sur son. trône de gloire,
Il dit. « Venez, ô mes élus!
a Comme moi vous avez remporté la victoire,
« De mes mains recevez le prix de vos vertus.
a Tombez dans le fond des abîmes,
« Tombez, pécheurs audacieux ;
« De mon juste courroux immortelles victimes,
« Vils suppôts des démons, allez brûler commeeux. »
De tes jugements, Dieu sévère.
Ne puis-je éviter les rigueurs?
J'ai péché : que ton sang désarme ta colère !
J'ai péché : mais mon crime est lavé dans mes pleurs 1
rV° 18.
Divin coeur de Marie,
Refuge du pécheur,
Rends la paix et la vie
A notre pauvre coeur.
Communique à nos âmes
Un rayon de ce ieu,
De ces heureuses flammes
Dont tu brûlas pour Dieu.
Sanctuaire ineffable
Où reposa Jésus,
O source intarissable
De toutes les vertus !....
Coeur tendre, coeur aimable,
Du pécheur le recours,
Sa malice exécrable
Te perce tous les jours.
Ah! puissentnoshommages.
Ici-bas expier
Tant de sanglants outrages
Qu'on te fait essuyer I
23
IV 0 19.
D'une Mère chérie
Célébrons les grandeurs ;
Consacrons à Marie
Et nos voix et nos coeurs.
De concert avec l'Ange,
Quand il la salua,
Disons à sa louange,
Un Ave, Maria.
Modeste créature
Elle plut au Seigneur,
Et, Vierge toujours pure,
Enfanta le Sauveur.
Nous étions la conquête
Du tyran des enfers ;
En écrasant sa tête,
Elle a brisé nos fers.
Que l'espoir se relève
En nos coeurs abattus ;
Par celte nouvelle Eve,
Les cieux nous sont rendus.
O Marie ! ô ma Mère !
Prenez soin de mon sort ;"
C'est en vous que j'espère,
En ma vie, à ma mort.
Obtenez-nous la grâce,
A notre dernier jour,
De vous voir face à facej
Au céleste séjour.
IV 30.
Du séjour de la gloire,
Bienheureux, dites-nous,
Après votre victoire,
Quels biens possédez-vous?—
Ces biens sont ineffables : .
Le coeur n'a point compris
Quels trésors admirables
Dieu garde à ses amis.
Martyrs, dont le courage
Triompha des bourreaux,
Quel est votre partage
Après de si grands maux? —
Nous portons la couronne,
La palme est dans nosmams;
Nous partageons le trône
Du Sauveur des humains.
Vous, humbles solitaires,
Que l'Egypte a produits,
De vos jeûnes austères
Quels sont enfin les fruits?—
Pour tous nos sacrifices
Et nos saintes rigueurs,
Un torrent de délices
Déborde de nos coeurs.
— 24
Et vous, vierges fidèles
Dont Jésus fut l'époux,
Pour des vorlus si belles
Quel bonheur goûtez-vous?—
Epouses fortunées,
Nous pouvons en tout lieu ,
De roses couronnées,
Suivre l'Agneau de Dieu.
Vous qui du riche avare
Eprouviez les froideurs,
Compagnons du Lazare,
Quelles sont vos douceurs?—
Nous sommes à la table
Du Roi de l'univers;
Le riche impitoyable
Est au fond des enfers.
Et vous qu'un pain de larmes
Nourrissait chaque jour,
Quels sont pour vous leschar-
Du céleste séjour ? — [mes
Une main secourable
Daigne essuyer nos pleurs;
Un; repos délectable
Succède à nos douleurs.
Mais quelle est la durée
D'un si charmant repos?
Dieu l'a-t-il mesurée
Sur celle de vos maux ? —
Dieu, qui de nos souffrances
Abrégea les moments,
Veut que nos récompenses
Durent dans tous les temps.
Ah ! daignez nous apprendre
En cet exil cruel,
Quelle route il faut prendre
Pour arriver au ciel ? —
Si vous voulez nous suivre,
Marchez en combattant,
Et, sans cesser de vivre,
Mourez à chaque instant.
IV »1.
Du Tout-Puissant la parole féconde,
Pour tout créer n'employa que six jours,
Et le septième, en contemplant le monde,
De ses travaux Dieu suspendit le cours.
L'homme ici-bas, à Dieu pour rendre gloire,
De ce repos doit garder la mémoire.
Observons bien le saint jour du Seigneur :
Observons-le ; soyons à Dieu fidèles,
— 25 -
Et, dans les cieux, des fêtes éternelles
Nous goûterons l'ineffable bonheur.
Oui> Dieu le veut : la terre est son domaine;
Il a parlé : nous sommes ses sujets ;
Obéissance à sa loi souveraine :
Peuple chrétien, respectons ses décrets.
Maître du temps et des jours qu'il nous donne,
Il nous invite au repos, il l'ordonne.'
Il faut, pour vivre, en de longues journées
De notre front répandre les sueurs;
Mais sans repos nos forces épuisées
Succomberaient sous ces rudes labeurs :
La loi de Dieu, paternelle sagesse !
De notre corps ménage la faiblesse.
Dans les travaux des champs ou de l'usine,
En un^vil gain mettant tout son bonheur,
L'homme oublierait sa fin, son origine,
Il oublierait son âme et sa grandeur.
Dans ce saint jour, à Dieu rendant hommage,
Il comprendra qu il est de Dieu l'image,
Nous te jurons, Seigneur, obéissance,
Nous renonçons aux travaux défendus ;
Nous attendons de toi, pour récompense,
Au ciel un jour le repos des élus.
Dès ici-bas montre-toi notre Père
Et loin de nous écarte la misère.
- 26 -
En ce jour,
J'implore.et j'espère,
Tendre mère*
Ton amour.
Aujourd'hui
De toute mon âme
Je réclame
Ton appui'.
Jour et nuit
Toute la nature,
Vierge pure,
Te bénit.
Nuit et jour
Mon âme soupire
Pour te dire
Mon amour.
Maintenant
Je sais te connaître,
Et veux être
Ton enfant.
En ton nom
Le pécheur espéré .
Et lumière
Et pardon.
De ton coeur,
Le monde réclame
Et proclame
La douceur.
Si mon coeur,
O ma tendre mère,
Peut te plaire,
Quel bonheur!
Que jamais
Mon âme n'oublie,
O Marie,
Tes bienfaits.
A la mort
L'enfant de Marie
Plein de vie
Entre au port.
I«° »3.
Enfin, de son tonnerre
Dieu dépose les traits,
Et Marie, à la terre
Vient annoncer la paix.
Ainsi, quand sa vengeance
Eclate dans les airs,
L'arc de son alliance
Rassure l'univers.
27 —
En vain Satan murmure
Et réclame ses droits :
Sur cette créature
Dieu seul étend ses lois.
Rien dans ce sanctuaire
Ne blessera res yeux,
Et le coeur de sa mère
Est pur comme les cieux.
D'une tige flétrie
Glorieux rejeton,
Tu trompes,.ô Marie,
La fureur du démon.
Il faut, le ciel l'ordonne,
Que son front abhorré,
De ton sublime trône
Soit le premier degré.
IV» «^.
Espoir des pécheurs, ô Marie,
Entendez nos tristes accents ;
Accablés des maux de la vie,
Nous poussons des cris gémissants ;.
Ah ! tout notre espoir est en vous,
Mère de Dieu, priez pour nous.
Toujours errants sur cette terre
Comme de pauvres voyageurs,
Vers votre coeur, ô bonne mère,
Nous élevons nos voix, nos coeurs.
O coeur déjà plus tendre mère!
Coeur plein de grâce et de bonté !
Vous sur qui, dans notre misère,
Notre coeur a toujours compté!...
Daignez être notre refuge
Et notre appui dans tous les temps,
Surtout auprès de notre juge,
Dans le dernier de nos instants.
28 —
IW» S2».
Goûtez, âmes ferventes,
Goûtez votre bonheur ;
Mais demeurez constantes
Dans,votre sainte ardeur.
Heureux le coeur fidèle
Où règne la ferveur !
Il possède avec elle
Tous les dons du Seigneur.
Elle est le vrai partage
Et le sceau des élus;
Elle est l'appui, le gage
Et l'âme des vertus.
Par elle la foi vive
S'allume dans les coeurs,
Et sa lumière active
Guide et règle nos moeurs.
Par elle l'espérance
Ranime ses soupirs,
Et croit jouir d'avance
Des célestes plaisirs.
Par elle, dans les âmes,
S'accroît de jour en jour
L'activité des flammes
Du pur et saint amour.
C'est sa vertu puissante
Qui garantit nos sens
De l'amorce attrayante
Des plaisirs séduisants.
De l'âme pénitente
Elle adoucit les pleurs,
Et de l'âme souffrante
Console les douleurs.
Sous ses heureux auspices
On goûte les bienfaits,
Les charmes, les délices
De la plus douce paix.
Mais, sans sa vive flamme,
Tout déplaît, tout languit,
Et la beauté de l'âme
Se fane et'dépérit.
IV ««.
Grand Dieu, mon coeur touché
D'avoir péché, |
Demande grâce; |
Couronne tes bienfaits,
Pardonne mes forfaits ;
Je ne veux plus, seigneur, encourir ta disgrâce.
Pardon, mon Dieu, pardon; 1 N'es-tu pas un Dieu bon?
- 29 -
Hélas ! le triste cours
Des plus beaux jours
De ma jeunesse,
N'est qu'un tissu d'erreurs,
De crimes, de malheurs ;
Ah ! bien loin de t aimer, je t outrageai sans cesse...
Sous mes nieds, les enfers
Sont entr'ouverts
Par ta venereance :
En un instant la mort
Pourrait fixer mon sort :
J'implore ta pitié, j'invoque ta clémence
Je tombe à tes genoux,
Suspends tes coups,
O Dieu terrible !
Vois le sang de ton Fils,
Daigne entendre ses cris;
Aux voeux qu il tait pour nous ne sois pas insensible...
Ah! puisse désormais
Et pour jamais,
Mon coeur fidèle
N'aimer que le Seigneur,
L'aimer avec ardeur!
Puissé-je mériter la couronne éternelle!
iv »Y;
Hélas ! quelle douleur
Remplit mon coeur,
Fait couler mes larmes !
Hélas ! quelle douleur
Remplit mon coeur
De crainte et d'horreur !
Autrefois,
Seigneur, sans alarmes,
De.tes lois
Je goûtais les charmes ;
Hélas ! voeux superflus !...
Beaux jours perdus,
Vous ne serez plus!....
La mort déjà me suit;
O triste nuit,
Déjà je succombe !
La mort déjà me suit;
Le monde fuit,
Tout s'évanouit.
Je la vois
Entr'ouvant ma tombe,
Et sa voix
M'appelle et j'y tombe.
O mort, cruelle mort 1
Si jeune encor!....
Quel funeste sort !
Frémis, ingrat pécheur,
Un Dieu vengeur,
D'un regard sévère,.,.
Prenais, ingrat pécheur,
Un Dieu vengeur,
Va sonder ton coeur.
Malheureux !
Entends son tonnerre :
Si tû peux,
Soutiens sa colère.
Frémis ; seul aujourd'hui,
Sans nul appui,,
Parais devant lui.
Grand Dieu I quel jour affreux
Luit à mes yeux!
Quel horrible abîme !
Grand Dieu ! quel jour affreux
Luit à mes yeux !
Quels lugubres feux !
Oui, l'enfer,
Vengeur de mon crime,
Entrouvert
Attend sa victime.
Grand Dieu ! quel avenir !
Pleurer, gémir,
Toujours te haïr!
Beau ciel, je t'ai perdu,
Je t'ai vendu
Pour de vains caprices ;
Beau ciel, je t'ai perdu,
Je t'ai vendu ;
Regret superflu.
Loin de toi,
Toutes les délices
Sont pour moi
Autant de supplices;
Beau ciel, toi que j'aimais,
Qui me charmais^
Ne te voir jamais !
Non, non; c'est une erreur
Dans mon malheur,
Hélas ! je m'oublie ;
Non, non-, c'est une erreur :
Dans mon malheur
Je trouve un Sauveur.
Il m'entend,
Me réconcilie ;
Dans son sang
Je reprends la vie.
Non, non; je l'aime encor,
Et le remord
Va changer mon sort.
Jésus! manne des cieux,
Pain des heureux,
Mon coeur te réclame ;
Jésus ! manne des cieux,
Pain des heureux,
Viens combler mes voeux.
Désormais,
Ta divine flamme
Pour jamais
Embrase mon âme.
Jésus ! ô mon Sauveur !
Sois de mon coeur
L'éternel bonheur.
~3\ —■
ÏV «S.
Heureux enfants, d^ne sainte harmonie:
Venez goûter les plaisirs innocents ;
Que la sagesse,, à vos accords unie,
Vous fasse fuir les profanes accents.
A qui doit-on consacrer du bel âge
La douce voix, les sons mélodieux ?
C'est au Seigneur qu'en appartient l'usage:
11 est l'auteur de ces dons pnécieux.
Donc, loin de vous les chants de la licence!
Prêter sa. voix à de coupables airs,
Serait du ciel provoquer la vengeance,
Et de l'impie imiter les concerts.
De la vertu chantez plutôt les charmes :
Vos anges saints s'uniront à vos voix ;
Etles pécheurs, les yeux remplis de larmes,
Viendront bientôt se ranger sous ses lois.
m° 29.
11 est né le divin Enfant :
Résonnez, hautbois et musettes ;
Il est né le divin Enfant :
Chantons tous son avènement.
Ah ! qu'il est beau, qu'il est charmant !
Ah ! que ses grâces sont parfaites !
Ah ! qu'il est beau, qu'il est charmant '
Qu'il est doux ce petit enfant !'
— 32 —
Une étable est son logement,
Un peu de paille sa couchette ;
Une étable est son logement :
Pour .un Dieu quel abaissement !
Venez, 0 rois de l'Orient !
Venez vous unir à nos fêtes;
Venez, Ô rois de l'Orient !
Venez adorer cet enfant.
Il veut nos coeurs, il les attend,
Il vient en faire la conquête ;
Il veut nos coeurs, il les attend :
Qu'ils soient à lui dès ce moment.
IV 30.
Il faut quitter le sanctuaire
Où j'ai retrouvé le bonheur.;
Mais je veux auprès de ma mère,
Je veux ici laisser mon coeur.
Je pars ; adieu, mère chérie,
Adieu, ma joie et mes amours ;
Toujours je t'aimerai, Marie,
Toujours, toujours, toujours.
Garde mon coeur, ô tendre mère,
Garde-le toujours près de toi ;
Si l'ennemi me fait la guerre,
Ne cesse de. veiller sur moi.
— 33 —
Tu seras ma libératrice,
Dans mes dangers, dans mes combats;
Des bords affreux du précipice,
Tu sauras détourner mes pas.
Tu répondras à ma prière,
Par un regard du haut des cieux ;
Tu me diras : Je suis ta mère,
Toujours sur toi j'aurai les yeux.
Que je voudrais, Vierge fidèle,
Toujours m'abriter près de toi,
Toujours me cacher sous ton aile 1
Ah! je m'éloigne plein d'effroi !
IV 31,
Il n'est pour moi qu'un seul bien sur la terre,
Et c'est Dieu seul : Dieu seul est mon trésor.
Dieu seul,.;Dieu seul, allège ma misère,
Et vers Dieu seul mon coeur prend son essor.
Je bénis sa tendresse | Et répète sans cesse
Ce cri d'amour, ce cantique du coeur :
Dieu seul, Dieu seul, voilà le vrai bonheur.
Dieu seul, Dieu seul guérit toute blessure;
Dieu seul, Dieu seul est un puissant secours;
Dieu seul suffit à l'âme droite et pure,
Et c'est Dieu seul qu'elle cherche toujours.
Répétons, ô monôme, | Ce chant qui seul m'enflamme,
Ce cri d'amour, ce cantique du coeur :
Dieu seul, Dieu seul, voilà le vrai bonheur.
— 34 —
Quel déplaisir pourrait jamais atteindre
Cet heureux coeur que Dieu seul peut charmer?
Quels maux, grand Dieu, ce coeur pourraiHl crain-
II n'en est point pour qui sait vous aimer. [dre?
Aimer un si bon Père, | C'est commencer sur terre
Ce chant d'amour de la sainte: cité :
Dieu seul, Dieu seul, et pour l'éternité !
IV 3».
Ils ne sont plus les jours de larmes :
J'ai retrouvé la paix du coeur,
Depuis que j'ai goûté les charmes
Des tabernacles du Seigneur.
Je buvais à la coupe amère
Dont on me vantait la douceur :
Et je délaissais', Ô mon Père,
Le pain sacré du voyageur !
Je ne trouvais qu'insuffisance
Dans mes plaisirs de chaque jour;
Que ne savais-je l'abondance
Du banquet divin de l'amour !
Souvent le poids de ma faiblesse
Me faisait gémir de douleur;
Elle aurait cessé, ma tristesse,
Près de l'autel consolateur !
Trop longtemps, brebis fugitive,
Je m'éloignai du bon Pasteur ;
Aujourd'hui, colombe plaintive,
Je l'appelle.... il m'ouvre son coeur.
— 35 —
Je ne connaîtrai plus les'peines :
Je me fixe en ce pieux séjour;
Amour sacré ! rive mes chaînes ;
Ici je veux vivre d'amour.
IV» 33.
J'engageai ma promesse au baptême,
Mais pour moi d'autres firent serment ;
En ce jour, je veux parler moirmême,
Je m'engage aujourd'hui librement.
Je crois donc en un Dieu trois personnes :
De mon sang je signerais ma foi ;
Faible esprit, vainement tu raisonnes,
Je m'engage à le croire et le croi.
A la foi de ce premier mystère,
Je joindrai celle d'un Dieu-Sauveur;
Sous les lois de l'Eglise ma mère,
,Ue m'engage et d'esprit et de coeur.
Je renonce aux pompes de ce monde,
A la chair, à tous ses vains attraits ;
Loin de moi-, Satan, esprit immonde !
Je m'engage à te fuir pour jamais.
Faux-plaisirs, source impure de vices,
Trop longtemps vous eûtes mon amour;
J'abjure vos perfides délices,
Je m'engage à Dieu seul sans retour.
— 36■ — .
IV 3-4.
Jésus paraît en vainqueur ;
Sa bonté, sa douceur | Kst égale à sa grandeur;
Aujourd hui donnons-lui notre coeur.
Malgré nos forfaits, | Ses divins bienfaits,
Ses charmants attraits,
Ne nous parlent que de paix.
Pleurons nos forfaits, | Chantons ses bienfaits,
Rendons-nous à ses charmants altraits. .
Chrétiens, joignons nos concerts :
Jésus brise nos fers | Et triomphe des enfers.
Que son nom réjouisse les airs !
Juste ciel! Quel choix! | Quoi! le Roi des rois
A dû, par la croix,
Au ciel acquérir ses droits!
Embrassons la croix, | Que ce libre choix
Au ciel assure à jamais nos droits!
Je vois la mort sans effroi :
Mon Seigneur et mon Roi | En a triomphé pour moi;
Son triomphe est l'appui de ma foi.
Ah ! si son amour | N'a, jusqu'à ce jour,
Trouvé nul retour
Dans ce terrestre séjour,
Du moins en ce jour | Cet excès d'amour
Sera payé d'un juste retour.
IV 3£5.
Je vous salue, auguste et sainte Reine,
Dont la beauté ravit les immortels!
Mère de grâce, aimable Souveraine,
Je me prosterne au pied de vos autels.
— 37 -
Je vous salue, ô divine Marie !
Vous méritez l'hommage de nos coeurs;
Après Jé>us, vous êtes et la vie.
Et le refuge, et l'espoir des pécheurs.
Fils malheureux d'une coupable mère,
Bannis du ciel, les yeux baignés de pleurs,
Nous vous faisons, de ce lieu de misère,
Par nos soupirs entendre nos douleurs.
Ecouiez-nous, puissante protectrice;
Tournez sur nous vos yeux compatissants;
Et montrez-nous, qu'à nos malheurs propice,
Du haut des cieux vous aimez vos enfants.
O douce, ô tendre, 0 pieuse Marie,
O vous de qui Jésus reçut le jour,
Faites qu'après l'exil de cette vie,
Nous le voyions dans l'éternel séjour!
M0 36.
Jour heureux, jour de vrai plaisir
Pour une âme innocente et pure,
Jour heureux, jour de vrai plaisir,
Faut-il. faut-il te voir sitôt finir !
Biens, honneurs, beauté frivole,
Adieu donc et pour jamais ;
Vers Dieu mon âme s'envole ;
Il me comble de bienfaits.
Toujours, céleste patrie,
Mon coeur soupire pour toi ;
Tu contiens ce que j'envie,
Mon Dieu, mon Père et mon Roi.
— 38 —
Sous tes auspices, Marie,
Nous terminons'-ce beau jour ;
Dans la céleste patrie
Réunis-nouspour toujours.
■IV 31,
Jour-heureux ! sainte allégresse !
Jésus.règne dans mon coeur!
Pourquoi donc, sombre tristesse,
Viens-tuitroubler mon bonheur?—
Hélas! de mon'inconstance
J'aii'affligeant souvenir,
Et pour ma persévérance
Je redoute l'avenir.
Doux Sauveur de l'enfance, | Cache-nous dans ton coeur;
Conserve-nous la ferveur,
Et le bonheur et l'innocence ;
Conserve-nous la ferveur,
Et l'innocence et-le bonheur.
Ah ! je connais ma faiblesse,
Mes penchants.impérieux,
Et la dangereuse ivresse
Que le monde offre à mes yeux.
Dans sa fureur meurtrière
Je vois l'Enfer.accourir :
Ah! si tout méfait la guerre,
Ne faudra-t-il pas périr?...
Avec ta grâce, j'espère,
Et je m'élance aux combats;
Vigilance, humble prière,
Vous assurerez mes pas.
— 39 -
Vierge sainte, ô tendre Mène.;!
Je me jette dans vos bras ;
Là, viensime faire, la guerre:,
Enfer, je ne te crains pas.
IV 38.
Jurons à la Mère d'amour,
Jurons tous, en' ce jour,
De l'aimer, l'aimer sans retour.
Puisse à jamais notre tendresse
De son coeur nous gagner l'amour !
Dans la vive ardeur qui nous presse,
Répétons la promesse.
De l'aimer, l'aimer sans retour,
Nous consacrons, 0 Marie, à.vous plaire,
Nos derniers jours comme nos jeunes ans;
Toujours,, toujours vous serez notre mère,
Toujours nous serons ws enfants.
IV 39.
La plus, belle jeunesse
Passe comme une fleur ;
Hâtez-vous, letempspresse:
Donnez-vous au Seigneur.
Tout se change en délices,
Quand on veut le servir ;
Les plus grands sacrifices
Nous sont un doux plaisir.
N'attendez pas cet âge.
Où les hommes n'ont, glus
Ni force- ni courage.
Pour les grandes vertus..
C'est faire un sacrifice
Qui vous a peu coûté,
Que de quitter le vice
Lorsqu'il n'est plus goûté'.,
— 40
Que de regrets, de larmes
Il nous coûte au trépas,
Ce monde dont les charmes
Nous trompent ici-bàs !
D'agréables promesses
Il nous flatte d'abord ;
Mais ses fausses caresses
Ne donnent que la mort.
Quand plusieurs fois au crime
L'on ose consentir,
Hélas ! c'est un abîme
D'où l'on ne peut sortir.
11 n'est rien de plus rude
Que de se détacher
De la longue habitude
Que l'on a de pécher.
Pourquoi lant nous promettre
De vivre longuement?
Chaque moment peut être
Notre dernier moment.
D'ailleurs, Dieu nous menace
D'une fatale nuit,
Où. quoi que l'homme fasse,
11 travaille sans fruit.
IV" -<SO.
Le Ciel en est le prix !
Que ces mots sont sublimes !
Des plus belles maximes
C'est là tout le précis :
Le Ciel en est le prix.
Le Ciel en est le prix !
Mon âme, prends courage :
Car si dans l'esclavage
Ici-bàs tu gémis,
Le Ciel en est le prix !
Le Ciel en est le prix !
Amusement frivole,
De grand coeur je t'immole
Aux pieds du crucifix :
Le Ciel en est le prix !
Le Ciel en est le prix 1
La loi demande-t-elle
Fût-ce une bagatelle,
N'importe, j'y souscris :
Le Ciel en est le prix!
Le Ciel en est le prix !
« Rends-lui donc ce service.,
o Fais-moi ce sacrifice...»
Dieu parle : j'obéis;
Le Ci' 1 en est le prix !
Le Ciel en est le prix !
« Endurons cette injure ; »
L'amour propre enniurmure:
Mais tout bas je lui dis :
Le Ciel en est le prix!
Le Ciel en est le prix!
Dans l'éternel empire
Qu'il sera doux de dire :
Tous mes maux sont finis;
Le Ciel en est le prix!

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