Cent mots dire

De
Publié par

Il s’agira d’ouvrir le livre n’importe où, et de se laisser saisir par la vague lecture, comme en barque légère, sur une mer tranquille. On y respirera les bons moments du lire, le bon temps des mots, comme aussi bien le soleil chaud, au mois d’août.
Recueil des commentaires déposés par Alain Baudemont sur le blog des Éditions Léo Scheer durant deux années, Cent mots dire traite les sujets les plus variés, du plus trivial au plus théorique, du plus saugrenu au plus grave. Il mêle les tons, les styles, les genres dans une conversation infinie où peu à peu se dessine le portrait d’un homme qui dit tout de lui-même en parlant toujours d’autre chose.
Alain Baudemont est né le 15 août 1948, à Petit-Quevilly, près de Rouen, en Seine-Maritime. Il vit aujourd’hui à Nice. Cent mots dire est son premier livre.
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756107165
Nombre de pages : 260
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Alain Baudemont
Cent mots dire
et plus encore


Il s’agira d’ouvrir le livre n’importe où, et de se
laisser saisir par la vague lecture, comme en
barque légère, sur une mer tranquille. On y
respirera les bons moments du lire, le bon temps
des mots, comme aussi bien le soleil chaud, au
mois d’août.

Recueil des commentaires déposés par Alain
Baudemont sur le blog des Éditions Léo Scheer
durant deux années, Cent mots dire traite les sujets les plus variés, du plus trivial au plus
théorique, du plus saugrenu au plus grave. Il
mêle les tons, les styles, les genres dans une
conversation infinie où peu à peu se dessine le
portrait d’un homme qui dit tout de lui-même
en parlant toujours d’autre chose.


Alain Baudemont est né le 15 août 1948, à
Petit-Quevilly, près de Rouen, en
SeineMaritime. Il vit aujourd’hui à Nice. Cent mots
dire est son premier livre.



EAN numérique : 978-2-7561-0715-8978-2-7561-0716-5

EAN livre papier : 9782756102467

www.leoscheer.com CENT MOTS DIRE
ET PLUS ENCORECollection M@nuscrits
Collection dirigée par Léo Scheer.
Comité : Florent Georgesco, Julia Curiel,
Laure Limongi, Angie David.
Dans la même collection
Rater mieux, Barberine, 2008
La Chambre, Jean-Clet Martin, 2009
Son absence, Stéphane Darnat, 2009
Adore, Dahlia, 2009
Apprivoiser l’éphémère, Alexandra Varrin, 2009
Les Séditions, Karl Mengel, 2009
Regardez dans la fêlure, Raphaël Ader, 2010
Récits d’Ostwand, Éric Meije, 2010
Coke de combat, Rip, 2011NOTE DE L’ÉDITEUR
Avec l’avènement de l’imprimerie, il y a cinq siècles, la planète
Gutenberg a permis l’accès du plus grand nombre à la lecture.
Avec l’avènement du numérique, depuis une dizaine d’années,
une nouvelle et rapide mutation se déroule sous nos yeux
qui permet l’accès du plus grand nombre à l’écriture. Nous
assistons à l’éclosion, sur l’Internet, d’une multitude
d’écritures, véritable explosion de ce qu’on désigne parfois comme
la blogosphère, terme qui vient de l’écriture quotidienne des
blogs, particulièrement répandus dans notre pays.
Comment faire se rencontrer la blogosphère et la planète
Gutenberg ? C’est une des questions majeures pour l’édition
de demain.
En novembre 2007, le site de notre maison d’édition
www.leoscheer.com a créé la possibilité de recevoir et de mettre
en ligne les m@nuscrits transmis par courrier électronique.
Il s’agit d’une première dans le monde de l’édition.
Ces textes sont lus, discutés, commentés, évalués,
recommandés par un nouveau type de comité de lecture, qui
s’est constitué spontanément autour de ces m@nuscrits en
authentique communauté littéraire.
La collection M@nuscrits permet au livre et à la librairie
d’accueillir, sur papier, ces nouvelles écritures venues de la
blogosphère et de l’Internet.Dans le passage de l’écran au papier, dans cette «
rétropublication » qui irrigue de plus en plus l’édition, verra-t-on
apparaître de nouvelles formes, des enjeux différents, pour
la littérature ?
Telles sont les questions que se propose de traiter la collection
M@nuscrits en offrant aux lecteurs le moyen de commencer
à imaginer et à explorer la révolution qu’elles annoncent.
Léo ScheerÉditions Léo Scheer, 2011©
www.leoscheer.comAlain Baudemont
CENT MOTS DIRE
ET PLUS ENCORE
M@nuscrits
Éditions Léo ScheerBelle image que celle de la barrière renversée.
Alain BaudemontAvant-propos
Si l’on remarque facilement une personne qui marche dans
la rue portant sur sa tête un chapeau avec un poireau au
milieu, on ne remarque pas assez que, dans l’air nouveau
qu’a ouvert l’Internet, l’expérimentation, du seul point de
vue de l’écriture, est une bonne et heureuse occupation.
Que faites-vous en ce moment ? me demande mon voisin
de palier. Oh, je peux vous l’avouer sans honte, je suis
internaute, et j’expérimente sur un blog une nouvelle manière
d’écrire de petits bouts de textes, de fabriquer des fragments
de pensées, que j’appelle des commentaires. Je fais des
commentaires, voyez-vous, cher voisin, tout en sachant très
bien que, sur l’Internet, faire des commentaires, c’est très
risqué, n’est-ce pas, car les mots peuvent fondre comme
glaçon dans l’eau, disparaître, comme ils disparaissaient,
souvenez-vous, sur l’extraordinaire ardoise magique qui
effaçait les mots écrits une fois la lecture terminée. Mais
non, je vous rassure, mon cher voisin, et bien vite, je ne perds
pas mon temps, car, comme vous le savez, seul le fragment
résiste au temps, et quand le fragment de texte, le petit bout
de texte, le commentaire devient lisible au-delà de sa date,
c’est impossible, voyez-vous, rien ne peut plus l’évaporer, et
13pourquoi, parce que c’est de la réalité que ça devient alors,
tous ces fragments de moi, de la vraie de vraie réalité, n’est-ce
pas, tous ces petits bouts de mes perceptions, de mes
sensations, et même, mon cher voisin, je dirais plus, c’est une
bonne idée, voyez-vous, ce que je laisse de moi, comme une
empreinte qui me survivra, une sorte de fossile de moi, sauf
votre respect, mon ami, ce que j’ai exprimé de moi, pendant
deux ans, sur le blog des ELS, les Éditions Léo Scheer.
Alain Baudemontmercredi 11 juillet
L’autre côté de l’Atlantique est bien trop loin de ma petite
plage de la baie des Fourmis, belle et ensoleillée, nichée
entre Nice et Monaco, en région France Côte d’Azur. Je
ne suis pas David. En quelque sorte, je suis… ab, depuis le
commencement. Mais, soit, pour vous, je suis Alain. Gardez
Alain. Le jeu continue.
mercredi 30 janvier
Mon alouette pour un cheval… Comment pareille alouette
a pu se faufiler par ce trou en fer à cheval. C’est un véritable
mystère. À peine suis-je endormi, mais comment le savoir,
si je dors vraiment, quand tout autour de moi, partout, sans
jamais cesser, tout ignore, oublie, efface.
Je dors, c’est sûr, et plus aimablement encore, je dors,
enlacé dans les bras du sommeil, mon cher gardien. Je dors,
mais mon cerveau perlabore. Je dors, mais je fais du travail, à
travers quelque chose, je working-through, je durcharbeitung
et, pour le dire dans mon français, je dors, mais j’élabore,
avec plus ou moins de conscience, avec plus ou moins de
soin, j’élabore avec des choses, avec des êtres et je vois (dans
la magitude des rêves, ô beauté, comme les yeux sont de
parfaits et vivants bougeants) Andreï T., confortablement
15installé dans un fauteuil jaune à petits pois verts, qui semble
très intéressé (il est concentré) par la lecture d’une sorte
de petit livre blanc, dont je remarque, sur la couverture,
écrit en grosse police rouge, le mot « Rhésus », et dessous,
« Histocompatibilité Système HLA », écrit en noir… Distant
de deux centimorgans – la précision télépathique m’étonne
toujours –, le souffle de G. Clooney, genre Solaris, touche
mon oreille droite, et soudain une voix…
… une voix haut-parleur, une voix me parle, je connais
cette voix, précisément, c’est la voix de Compagnon, du
Collège de France… C’est bien à moi qu’il s’adresse,
Compagnon, et j’entends : « Le Malin en liberté, les tièdes,
les geignards, les pue-la-trouille devraient mordre la
poussière. La souffrance est une position Christique. C’est un
processus qui commence et qui se glisse dans un système
qui ne lui appartient pas mais qui fonctionne malgré tout
aux mêmes fins que lui, à savoir, communiquer, en virtuel,
et transmettre, en liquide. Le nom de code est ORRS, qui
signifie Orphée Religion Rouss Stratégie. En plus large,
attendez-vous (caressant est le vouvoiement) à savoir qu’il
signifie aussi glissement subreptice du cas sar au la zar, et
pour vous, frappeur habilité à frapper au clavier, vous pouvez
taper GSdCLZ, ça ouvre, je dis bien, vous pouvez, mais
seulement parce que vous êtes un investigateur désintéressé,
et nous le savons. De quoi s’agit-il ? Imaginez, en gros, un
or fait processus, une sorte de héros légendaire de la
mythologie grecque et fondateur mythique d’un mouvement
religieux appelé Orphisme, fils du roi de Thrace Œagre et de
la muse Calliope, comme remontant des enfers – descendre
c’est facile, remonter, bonjour, si vous ne possédez pas la
force spéciale – remontant, donc, le fils, tant qu’il va devant
16soi, sachant cependant qu’il conduit quelqu’un, le réel qui
est derrière lui et qu’il tire peu à peu de l’innommé, respire,
marche, vit, se dirige vers la clarté d’un sens… vous me
suivez… mais sitôt qu’il se retourne (l’Orphée Processus
ne peut se retourner) de lui-même sur ce qu’il aime, …
l’Amour fait-il l’obstacle, je vous le demande… il ne reste
plus entre ses mains qu’un sens nommé, c’est-à-dire un
sens mort…
… Je voyais un rose bleuté brillant qui s’installait à grande
vitesse, et le sourire de G. Cloon (manque des lettres) agissait
derechef comme un continuateur de mon sommeil. Soudain
le sourire se transforme et je vois le pur visage de Jeanne
Testud de Sylvie d’Arc. Mais où donc me suis-je fourré ?
… La voix Solaris-Cloone (persistance du manque des
lettres) continuait de parler : « Les Khazars, voyez-vous, sont
connus pour avoir adopté le judaïsme comme religion
officielle sous le règne du Bek Bulan, tout le monde sait cela,
en 838, très certainement au contact des Juifs persécutés
par les empereurs byzantins. Les Byzantins ont ménagé
l’empire khazar, tout le monde sait cela, qui les a protégés
des envahisseurs venus du Nord et des Arabes, si bien que
leur empereur, Constantin V, a épousé une jolie et très
adorable princesse khazar, dont le fils Léon IV, qui n’est
pas mort à Sainte-Hélène, comme l’autre, le Corse des
Français, fut surnommé Léon le Khazar. Nous possédons
une extraordinaire et superbe correspondance, que vous
devez lire absolument, entre Hasdaï Ben Shatprut, vizir juif
du calife de Cordoue Abd al-Rahman III, et Joseph, souverain
des Khazars. Initialement, ils étaient tous païens, mais…
17chamans, vous aussi, vous avez ce pouvoir d’être chaman,
autrement dit de devenir sorcier, rabbi, maître et juge tout
à la fois, ou décisionnaire, et non pas d’être prêtre consacré.
Les souverains et les nobles khazars – qu’ils soient préservés
dans les hauts nuages, comme les pierres sont nos souvenirs,
sur la terre et sur nos tombes – sont d’abord entrés en
contact avec le judaïsme, et s’y sont convertis, par le biais
des populations de Crimée…
… Jeanne Testud de Sylvie d’Arc clignait des yeux, je la
voyais, ravissante, sur son bûcher, et c’est bien moi qu’elle
regardait, ah, son beau regard sur moi, et je lisais sur ses
lèvres qu’elle me disait, mon amour, mon amour, mon cœur,
mon amour, je t’aime.
… Compagnon continuait son haut-parleur de voix-jactance :
« Je pense fermement avec Andreï T. que ce choix était
éminemment stratégique, dû, pour une part, à la nécessité
d’avoir une religion monothéiste pour se faire accepter
des populations tributaires et, d’autre part, à la nécessité
d’opposer une religion originale à la pression qu’exerçaient
à la fois l’Occident chrétien (l’Empire byzantin) et l’Orient
musulman. En adoptant le judaïsme, me suivez-vous bien,
les Khazars restèrent très tolérants sur le plan religieux,
très tolérants, n’est-ce pas, et laissèrent leurs sujets slaves
professer le christianisme ou l’islam en toute liberté. En
toute liberté. Bien que la religion officielle fût le judaïsme,
leur grand prince Khâgan, et leur roi, tenaient un conseil
qui réunissait les représentants des trois grandes religions
monothéistes. Les trois grandes. Leurs armées furent
renforcées, au cours du Temps qui passe, trop vite à mon
18sur des écrans petits ou géants, parce que c’est de la pure
électricité, qui circule comme en notre propre cerveau, ces
magiques instants pour le peuple et par le peuple Virtuel et
Démocratique.
La voilà bien, et je la visualise bien, la principale raison,
j’aime voyager sur de la pure électricité, qui me donne la
vie, nous anime tous, et pour laquelle je continue, nous
continuons, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse
soleil au dehors, et peu me chaut le dehors, je continuerai,
au-dedans, virtuellement et magnifiquement, à
causercommenter.
Je te salue, Gardien de l’Information, Toi, Géant Média,
mais ce n’est pas pour Toi que je cause-commente, et
excuse-moi d’être un causeur-commentateur en mon
moindre village, mais,
Je veux pouvoir
PENSER
Je veux pouvoir
ÉCRIRE MA PENSÉE

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Désordre et désirs

de editions-du-septentrion

La Lenteur des montagnes

de editions-du-boreal

Propofol

de editions-leo-scheer

Place Colette

de editions-leo-scheer

Fors intérieurs

de editions-leo-scheer

suivant