Chants du jeune âge religieux et récréatifs : à l'usage des écoles et des familles : partie religieuse / recueillis et retouchés par F. Jacquot (de Vallois),...

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M. Alcan (Metz). 1853. 1 vol. (129 p.) ; in-16.
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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Metz, Imprimerie et Lithographie de NOUVIAN,
au bas de la rue Tête-d'Qr.
A MONSIEUR L'ABBÉ BRAM,
BïaEËÏEDÏÎ SE ïa'ÏHSÏÎÏUïïSîî MOTOE-DâME.
MONSIEUR ET BIEN-AIMÉ DIRECTEUR ,
Lorsque le zèle du bien dont votre âme sa-
cerdotale est remplie, vous a porté à fonder
l'Institution Notre-Dame, vous vous êtes proposé
d'ouvrir une maison spéciale d'études françaises
où, par de nombreux exercices de l'esprit, la
jeunesse pût s'adonner avec autant de profit que
d'attrait à la culture des lettres et des sciences.
Mais vous avez voulu bien plus encore établir
une école morale et religieuse, où, par l'exer
cice régulier des vertus et de la piété du coeur,
l'enfance ignorante et grossière réussît à polir
et perfectionner son caractère, et à se faire une
heureuse habitude des nobles sentiments et de
la bonne conduite que le catholicisme inspire à
tous les âges. C'est plein du désir de contribuer
de tout mon pouvoir à vous seconder dans les
vues élevées et chrétiennes qui vous dirigent,
que j'ai recueilli ces chants religieux et récréa-
tifs, d'un grand nombre desquels j'ai retouché
ou refait les airs, afin de les simplifier davan-
tage et les rendre ainsi plus faciles à retenir
pour les jeunes gens. Je viens donc aujourd'hui,
Monsieur le Directeur, publier sous vos auspices
le présent recueil fait sous votre inspiration, et
destiné spécialement à la pieuse communauté
des élèves de l'Institution Notre-Dame, à laquelle
vous consacrez si généreusement vos labeurs
intellectuels et vos ressources de toute nature,
mais aussi qui formera plus tard, à votre grande
et légitime satisfaction, l'un des fleurons les
plus précieux de votre couronne dans le Ciel.
Je suis avec respect,
Monsieur le Directeur,
Votre fidèle et affectionné serviteur.
FRANÇOIS JACQUOT (DE VALLOIS).
INTRODUCTION.
Nous croyons devoir signaler à l'attention des
parents et des maîtres les considérations suivantes
destinées à faire ressortir l'utilité du chant, la néces-
sité d'en faire un exercice fréquent dans les écoles,
et la facilité extraordinaire avec laquelle il peut être
enseigné.
I. — Utilité du chant.
Ordinairement les enfants ont un goût naturel
pour le chant, surtout quand ils sont seuls à la cam-
pagne, comme il est facile de le remarquer. S'ils ne
savent pas des airs qui leur plaisent, ils inventent
un chant sauvage, c'est-à-dire qu'ils fredonnent tant
bien que mal, soit sur un ton joyeux, soit sur un
ton larmoyant, sans articuler aucune parole intelli-
gible. Mais en grandissant, ils ont honte de ces chants
monotones, qui ne peuvent plus satisfaire leur goût
pour l'harmonie ; ils tâchent de se procurer des
chansons et d'en apprendre les airs ; et s'ils n'ont
— 6 —
pas l'occasion d'en apprendre de bonnes, ils ap-
prennent celles qu'ils entendent chanter par d'autres,
bonnes ou mauvaises ; ou ils écoutent attentivement
ces chansonniers qui parcourent les villes et les vil-
lages, achètent leurs chansons dont ils connaissent à
peu près l'air après l'avoir entendu une ou deux fois.
Or, les suites désastreuses pour la jeunesse qui
apprend ou entend seulement chanter de mauvaises
chansons, sont incalculables. Les mauvais discours
corrompent les bonnes moeurs, dit saint Paul aux
Corinthiens ; à plus forte raison les mauvaises chan-
sons les corrompent-elles: car les mauvaises im-
pressions pénètrent bien plus avant dans l'âme par
le chant que par les discours, et elles ont bien plus
de force pour entraîner la volonté à des résolutions
et à des actions criminelles. Le triste état de la mo-
rale régimentaire en France, et celui non moins
triste de la morale bourgeoise des cités, ne nous
offrent-ils pas une preuve bien palpable de l'effet
pernicieux des chants obscènes? Qui nous délivrera,
grand Dieu ! de la détestable tradition qui perpétue
comme fatalement d'une génération à l'autre ces
ignobles refrains qui repaissent d'obscénités tant de
jeunes coeurs, et occasionnent souvent de si cruels
ravages dans les moeurs des populations, qu'ils fa-
miliarisent malheureusement avec le vice? N'y a-t-il
donc pas un moyen facile de faire cesser graduelle-
ment les mauvaises chansons parmi le genre humain
qu'elles déshonorent? Nous n'en connaissons pas de
plus propre à cet effet que d'apprendre aux enfants
de bonnes chansons, et de les répandre par là même
— 7 —
parmi les adultes. Tout autre moyen que celui-ci
ne peut produire aucun effet, ou qu'un effet insi-
gnifiant.
Mais le chant de bonnes chansons produit encore
d'autres avantages que celui de faire cesser le chant
des mauvaises. Un moraliste distingué assure qu'on
trouverait très-difficilement un moyen plus efficace
et plus facile de réformer les inclinations et les moeurs
des hommes; car c'est un moyen de rendre les âmes,
tant des adultes que des enfants, plus sensibles,
plus paisibles et plus susceptibles de s'ouvrir à de
bonnes instructions et à de salutaires impressions.
Plus le naturel des enfants est rude et grossier, plus
le chant de bonnes chansons est nécessaire et avan-
tageux pour leur éducation. Une école dans laquelle
on fait de bons exercices de chant, en surpassera
bientôt une autre qui, sous les autres rapports, ne
lui serait pas inférieure,
Outre que le chant de bonnes chansons forme le
earaclère, dispose l'âme à faire le bien, il est encore
un excellent moyen d'assurer les progrès et de main-
tenir la discipline; le chant des cantiques a aussi
cet avantage, qu'il imprime dans les coeurs une vraie
crainte de Dieu, l'y ranime et l'y conserve vivace.
Que de salutaires effets pour l'âme n'a pas souvent
produits un chant instructif composé avec goût et
avec talent, s'écrie un savant pédagogue? Que de
têtes légères n'a-t-il pas fait réfléchir? Que de coeurs
affligés n'a-t-il pas consolés et tranquillisés? Rare-
ment un coeur insensible est ému par la lecture d'une
pièce de vers pleine de pensées élevées et de senti-
— 8 —
ment; mais quand elle est chantée sur un air ap-
proprié aux paroles, que de force n'a t-elle pas alors
pour émouvoir? Et combien ne sont pas fortes et
salutaires ces émotions, lorsqu'elle est bien chantée!
que de bons sentiments ne fait-elle pas naître dans
le coeur?
Et qu'on ne pense pas que les hommes instruits
soient seuls susceptibles de ces émotions intérieures ;
l'homme du peuple, même privé de toute instruction,
est sensible aux paroles et à l'air harmonieux d'un
chant religieux ; souvent même son coeur en est vive-
ment ému. Mais le plus grand effet que produisent
les chants religieux, c'est lorsqu'ils sont chantés avec
solennité par un grand nombre de voix. Saint Au-
gustin confesse à Dieu, en ces termes, l'effet que ce
chant majestueux produisit sur son âme: « Que de
larmes je répandis en entendant chanter les hymnes?
Combien mon coeur fut ému par le chant solennel
de l'Église ! Pendant que le chant résonnait à mes
oreilles, la vérité pénétrait dans mon coeur et le tou-
chait vivement. Je me mis à réfléchir et à fondre en
larmes, me trouvant cependant dans une joie inef-
fable. »
C'est à cause de ces effets si salutaires, produits
par le chant religieux, que l'Écriture sainte nous le
recommande si instamment, en appuyant d'exemples
ce qu'elle en dit. Après que les Israélites eurent passé
miraculeusement la mer Rouge, Moïse chanta avec
eux, pour en rendre grâces à Dieu, un hymne com-
mençant par ces mots: Chantons le Seigneur ; il s'est
montre grand et glorieux. Marie, soeur de Moïse.
— 9 -
répéta le même chant avec les femmes. Il est à pré-
sumer que ce ne fut pas dans cette seule occasion
que cet hymne majestueux fut chanté, mais que,
pendant le voyage de quarante ans dans le désert,
il y retentit souvent. Et vers la fin de ce voyage,
Dieu dit à Moïse: Ton dernier jour approche ; écris
cet hymne et apprends-le aux enfants d'Israël, afin
qu'ils le sachent'par coeur et qu'ils le chantent eux-
mêmes ; cet hymne servira chez les enfants d'Israël
à me rendre témoignage. Moïse l'écrivit et l'apprit
aux Israélites. Depuis ce temps le pieux usage de
chanter des cantiques a toujours été en vigueur, el
a été révéré comme saint et agréable au Seigneur
parmi le peuple de Dieu, comme le prouvent l'hymne
de Débora, les psaumes de David. etc. Les Apôtres,
dans leurs Épitres, recommandent aussi aux chré-
tiens le chant des cantiques comme un usage pieux
et agréable à Dieu. Saint Jacques le recommande
autant que la prière. Si quelqu'un d'entre vous est
triste, dit-il, qu'il prie ; s'il est joyeux, qu'il chante.
Saint Paul exhorte les chrétiens en ces termes: Ins-
truisez-vous et animez-vous les uns les autres par des
psaumes, par des hymnes et par des cantiques spiri-
tuels ; chantant à l'honneur de Dieu du fond de vos
coeurs, avec un esprit de reconnaissance.
Il est avantageux d'entretenir de temps en temps
les enfants des avantages du chant: cela les animera
à s'y appliquer avec d'autant plus de zèle. Etant
convaincus de l'utilité du chant, ils ne le négligeront
pas si facilement, quand ils seront plus avancés en
Age ; ils répéteront chez eux ce qu'ils auront entendu
r
— 10 —
dire de l'utilité du chant, et par là ils exciteront bien
des personnes à s'en occuper.
Dites-leur entre autres choses: — « Les cantiques
cgayent, préservent de l'ennui, de la colère, du
chagrin, ou du moins les diminuent fortement. Le
chant rend le caractère plus aimable, plus doux et
fait supporter plus aisément les peines d'un long et
pénible travail. Pendant les heures de récréation, il
est un puissant délassement, tant pour ceux qui
chantent que pour ceux qui écoutent. Il est toutefois
plus utile de chanter avec les autres que de se borner
à les écouter. » — « Le chant des cantiques est aussi
agréable à Dieu que la prière ; c'est pour cette raison
que ses prophètes ont chanté et nous ont engagés à
le faire. Les Anges et les Bienheureux chantent les
louanges de Dieu ; il est parlé dans l'Évangile de
l'hymne qui suivit la cène. Le chant des cantiques
est souvent plus utile que la prière ; il réveille, vi-
vifie, ranime et fortifie l'âme, quand elle s'est lassée
par l'oraison, ou que, par une cause quelconque,
elle est devenue tiède ou incapable de prier. » —
« Souvent l'on prie avec précipitation , par habitude,
et cela môme involontairement ; alors les plus fortes
vérités touchent peu, ou plutôt ne touchent aucune-
ment notre coeur. Au contraire, quand on chante
on est forcé d'aller plus lentement, et d'appuyer
sur les paroles plus longtemps ; par conséquent les
vérités s'impriment plus vivement dans l'esprit,
restent plus longtemps présentes à la mémoire et
touchent plus profondément notre âme ; un bel air
surtout contribuera beaucoup à rendre l'impression
— 11 —
plus vive. » — « Enfin, le chant des cantiques pieux
et instructifs est encore un excellent moyen de se rap-
peler de temps en temps, et d'une manière agréable,
des exhortations ou des vérités salutaires, et de se
préserver du danger de les oublier. Ce fut le motif
que Dieu eut en vue en ordonnant à Moïse d'ap-
prendre un beau cantique aux enfants d'Israël, en
leur recommandant de le retenir et de le chanter. »
Le chant pourrait être aussi un excellent moyen
pour eux, et pour ceux avec lesquels ils vivent,
d'empêcher les mauvais discours et les pensées crimi-
nelles. Tout ce que vous aurez dit à vos élèves de l'u-
tilité du chant, ilsl'éprouveront par eux-mêmes s'ils s'y
exercent bien et chantent d'une manière convenable.
II. — Importance des exercices de chant dans les écoles.
Les considérations précédentes, qui sont, à peu
de chose près, celles que donne le célèbre chanoine
Overberg dans son excellent Manuel de Pédagogie,
publié à Munster en 1793, démontrent suffisamment
l'utilité morale et religieuse du chant. Nous ne sau-
rions donc trop répéter ce que nous disions déjà dans
Y Essai sur l'Education des enfants du village à ce
sujet. Les instituteurs et les parents doivent s'attacher
à exercer beaucoup l'enfance à la pratique du chant,
qui est comme une seconde langue dont le domaine
commence là où finit celui de la parole, mais qui,
en s'unissant à la parole, la commente et lui prête
une valeur et une puissance toute nouvelle. La parole
et le chant, mais le chant surtout, secondent le jeu
— 12 —
des poumons et fortifient la poitrine des enfants :
d'où résulte la nécessité de faire parler et chanter le
plus possible les jeunes élèves, au sein des familles
et dans les réunions de l'école. Le chant a d'ailleurs,
suivant la remarque de M. de Gérando, un pouvoir
secret et merveilleux pour favoriser tous les mouve-
ments musculaires, pour faciliter l'action de tous les
organes ; l'ouvrier qui s'accompagne lui-même en
chantant, le soldat qui marche au son d'une musique
guerrière, sont animés d'une plus grande ardeur
et ressentent moins la fatigue. La sérénité que les
chants répandent dans l'esprit suffirait seule déjà
pour mieux faire goûter le travail. Faisons donc
chanter souvent les jeunes écoliers ; sachons combiner
des chants répétés en choeurs avec des évolutions ca-
dencées que nous leur ferons exécuter; qu'à l'entrée
des classes, à chaque changement d'exercice, à la
sortie de l'école, les enfants marchent en cadence,
exécutent des manoeuvres d'ensemble et répètent en
choeur des hymnes religieux ou des chants nationaux
et populaires. L'heureux effet d'un tel système se
manifestera promptement • au lieu d'avoir des écoliers
somnolents, mous et paresseux, incapables d'appli-
cation et de progrès, nous aurons au. contraire des
jeunes gens éveillés, joyeux, attentifs et merveilleu-
sement disposés à profiter des leçons.
Et non seulement l'emploi d'un système analogue
ferait faire aux enfants de bonnes études, ce qui est
un des premiers buts de l'école. A cet avantage
inappréciable s'en joint un autre, qui a bien aussi
son importance. C'est que tout en instruisant mieux
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les enfants, on leur prépare encore pour le reste de
leur vie un fonds inépuisable de jouissances, qui les
délasseront sans les corrompre, et qui, en les soute-
nant dans le travail, épureront et adouciront leurs
moeurs. Il deviendra possible alors de donner un
jour à nos fêtes champêtres, à nos solennités de vil-
lage, trop souvent empreintes de joies grossières et
brutales, un nouveau caractère plus digne de l'hu-
manité. « Nous avons entendu les chants des jeunes
villageois, dit un voyageur en Suisse, quand ils
étaient à leurs occupations du matin ; nous avons
été témoin de leur joie et de leur enthousiasme, quand
par leurs mélodies ils célébraient les belles scènes
de la nature, ou s'animaient à remplir quelque
devoir. Nous les avons entendus répéter l'hymne
des moissonneurs, quand ils partaient avant le jour
pour recueillir les grains; nous les avons vus, le
soir, se réunir pour chanter un cantique de louange,
de reconnaissance pour la bonté divine, ou pour
entonner un air national, au lieu de se livrer aux
conversations frivoles et corrompues qui rendent
ordinairement ces réunions si funestes. Nous avons
vu enfin, aux jours de fêle, les jeunes gens, après
avoir assisté aux offices divins, venir de plusieurs
milles à un rendez-vous donné, et au lieu de perdre
le reste de la journée dans les excès de l'ivrognerie,
la terminer en chantant des hymnes patriotiques ou
religieux. Nous ne pouvons réfléchir au contraste
que présente notre pays en semblable occasion, sans
rougir de confusion et de honte. »
A l'exemple de la Suisse, du Tyrol, de l'Italie,
— 14 —
de l'Allemagne, de la Hollande et de la Prusse, ef-
forçons-nous de généraliser en France le goût du
chant, et rendons-le tout-à-fait populaire; et pour
cela, qu'il soit l'objet d'une pratique journalière dans
la totalité de nos écoles. L'enseignement du chant,
au surplus, n'a rien de difficile ; le célèbre B. Wilhem
en a considérablement simplifié l'étude par une mé-
thode nouvelle, à qui l'habile M. Hubert, successeur
de Wilhem, a fait subir encore de notables amélio-
rations ; enfin le docteur Emile Chevé, par des
procédés bien plus rapides, a réduit de nos jours
l'étude du chant à une simplicité qui tient du prodige,
puisque d'après sa méthode il est possible en trois
mois de connaître à fond même la musique. L'auteur
de ce Recueil est lui-même en possession d'un pro-
cédé particulier pour l'enseignement du chant, qui
soutient avantageusement le parallèle avec toutes les
méthodes pratiquées jusqu'à ce jour, autant qu'il
est permis d'en juger dès à présent par l'extrême
simplicité de son principe fondamental et par les
résultats satisfaisants que sa mise en oeuvre a déjà
produits. Or, si l'étude du chant est à la fois si im-
portante et si facile, pourquoi ne ferait-elle pas
dorénavant partie du programme de l'instruction
primaire? « S'il est un délassement digne d'un homme
libre, disait Aristote, c'est assurément la musique;
et si l'on ne peut méconnaître la puissance de cet
art, il doit nécessairement entrer dans un système
d'éducation bien entendu. »
— 15 —
III. — Manière d'exercer les enfants à chanter.
Pour arriver promptement à faire bien chanter les
enfants, nous ne connaissons rien de plus avantageux
ni de plus facile que l'observation des règles sui-
vantes, dont l'expérience a constamment garanti le
succès.
1° Rendez les élèves bien attentifs au sujet du
chant que vous voulez leur apprendre, et par une
claire et courle explication, tâchez qu'ils le com-
prennent et l'entendent selon son vrai sens ; car
quand les enfants ne comprennent pas ce qu'ils
chantent, ils en perdent tout le fruit, ou du moins
une bonne partie.
2° Commencez l'exercice du chant par de.: airs
faciles et gais, et dont les paroles aient quelque
chose d'attrayant pour les enfants. Quand ces chants
agréables et instructifs auront inspiré à vos élèves
du goût pour chanter, vous leur apprendrez aisément
des cantiques pieux et propres à faire naître de bonnes
pensées dans leur famille.
3° Pour apprendre un cantique à toute une classe
d'enfants, commencez vous-même par le bien savoir.
Alors faites choix de deux, trois ou quatre élèves
doués d'une belle voix et d'une bonne oreille. Chan-
tez à ces quelques élèves choisis un vers ou un cou-
plet, et chantez-le lentement, distinctement, en
observant et battant bien la mesure. Faites-vous
accompagner d'abord tout bas, puis de plus en plus
haut, jusqu'à ce qu'ils soient en état de chanter seuls.
— 16 —
Puis recommencez le deuxième vers ou couplet de
la môme manière; et lorsque ces enfants auront
acquis assez d'aplomb, adjoignez-leur un certain
nombre de leurs jeunes camarades, puis successive-
ment tous ceux que vous en jugerez capables, avec
la précaution essentielle de les faire tous commencer
par chanter à voix basse avant de se hasarder à
chanter tout haut.
A" Ayez soin de ne pas faire chanter trop longtemps
à la fois ; car les enfants, avec leur mauvaise habi-
tude de chanter toujours à pleine poitrine, se trou-
veraient bientôt fatigués et se dégoûteraient du chant.
Ne chantez pas non plus trop longtemps le même
air ; il finirait par ennuyer. Lorsque vous répéterez
un cantique un peu trop long, il conviendra que
vous l'abrégiez en omettant un certain nombre de
ses couplets; car les enfants ont besoin de change-
ment, et si on les tient trop longtemps occupés du
même objet, leur volage esprit devient inattentif et
ne recueille plus aucun profit d'un ennuyeux exer-
cice oti l'on s'elforce en vain de le retenir.
5° Commencez le chant sur un ton convenable
pour la voix de vos élèves. Veillez bien, dès le
commencement, à ce qu'en chantant ils prononcent
purement et distinctement tous les mots, qu'ils
n'aillent pas trop vite, qu'ils ne s'arrêtent pas brus-
quement, qu'ils ne traînent pas trop longtemps,
qu'ils ne crient pas de toutes leurs forces, et surtout
qu'ils chantent avec goût, en renforçant ou en
adoucissant la voix modérément. Apprenez-leur à
chanter toujours avec intelligence, et de plus avec
— 17 —
intelligibilité: car le chant ne saurait instruire et
édifier qu'autant que le chanteur en comprend les
paroles, et que l'auditeur les saisit bien.
6° Exhortez les enfants à donner toujours la plus
grande attention à ce qu'ils chantent, de manière à
l'imprimer profondément dans leur âme et à s'en
bien pénétrer. Le chant des cantiques doit se faire
avec le même recueillement que la prière, attendu
que les cantiques ne sont autre chose en réalité que
des prières mises en vers et en musique. Or comme
la plus belle prière faite machinalement n'est pas
agréable à Dieu, de même un cantique chanté sans
attention et d'un coeur distrait ne peut jamais lui
plaire. Il faut donc, selon la doctrine de saint Paul,
chanter les cantiques non seulement de bouche, mais
surtout d'un coeur agréable à Dieu. Une recomman-
dation essentielle que vous rappellerez souvent à vos
élèves, c'est de faire attention à ce qu'ils chantent,
non seulement à l'église ou à l'école, mais aussi dans
leur famille, dans les champs même et partout où
ils peuvent se trouver.
7° Si vos élèves sont déjà d'un certain âge et d'une
intelligence passablement ouverte, écrivez sur un
tableau l'air que vous leur apprenez, faites-en devant
tous une explication claire et courte que vous répé-
terez suffisamment pour que chacun d'eux vous
entende, puis chantez-le d'abord vous seul en tou-
chant du doigt chaque note, et faites vous enfin
accompagner par les élèves ainsi qu'il a été dit pré-
cédemment.
Continuez l'exercice du chant d'après la méthode
CHANTS DU JEUNE AGE.
Chants à l'Esprit saint, à Jésus - Christ, et à la
Sainte-Eucharistie.
I. — Invocation à l'Esprit saint.
Esprit saint, descendez en nous;
Embrasez notre coeur de vos feux les plus doux.
Sans vous notre vaine prudence
Ne peut, hélas ! que s'égarer :
Ah ! dissipez notre ignorance ;
Esprit d'intelligence,
Venez nous éclairer.
Esprit saint, etc.
Le noir enfer, pour nous livrer la guerre,
Se réunit au monde séducteur ;
Tout est pour nous embûche sur la terre :
Soyez, soyez notre libérateur.
Esprit saint, etc.
— 20 —
Enseignez-nous la divine sagesse ;
Seule elle peut nous conduire au bonheur :
Dans ses sentiers qu'heureuse est la jeunesse !
Qu'heureuse est la vieillesse !
Esprit saint, etc.
2. — Invocation à l'Esprit saint.
Venez, Créateur de nos âmes,
Esprit saint qui nous animez,
Brûlez de vos célestes flammes
Les coeurs que vous avez formés.
Visitez-nous, Dieu de lumière,
Source de paix et de bonheur,
Don du Très-Haut, feu salutaire,
Venez régner dans notre coeur.
Venez ; par un rayon propice,
Daignez nous dessiller les yeux ;
Venez nous dégager du vice,
Et nous embraser de vos feux.
Visilez-nous, etc.
Ne souffrez pas que la mollesse
Nous fasse tomber en langueur ;
Et soutenez notre faiblesse
Par une constante ferveur.
Visitez-nous, etc.
Domptez les fureurs tyranniques
— 21 —
De l'enfer armé contre nous :
De nos ennemis domestiques
Arrêtez les perfides coups.
Visitez-nous. etc.
Faites que, triomphant du monde,
Nous méprisions sa vanité,
Et que, dans une paix profonde.
Nous marchions vers l'éternité.
Visitez-nous, etc.
Faites-nous connaître le Père ;
Faites-nous connaître le Fils,
Et vous-même en qui l'on révère
Le saint noeud qui les tient unis.
Visitez-nous, etc.
3. — Invocation à l'Esprit saint.
Esprit d'amour, esprit de flamme,
Venez, venez du haut des cieux,
Venez et consumez mon àme,
Embrasez-la de tous vos feux !
Esprit consolateur, exaucez nos prières,
Entendez nos soupirs, voyez couler nos pleurs,.. .
Et qu'un rayon sacré de vos douces lumières
Renouvelle la terre et change tous les coeurs.
Esprit d'amour, etc.
— 22 —
Venez d'abord, venez Esprit de la sagesse,
Et répandez sur nous vos divines clartés.
Jésus l'a dit, soyez iidèle à sa promesse,
Venez nous enseigner toutes les vérités.
Esprit d'amour, etc.
Venez aussi sur nous, Esprit d'intelligence,
Et détournez nos yeux du vice et de Terreur.
Sans vous, tous les mortels, plongés dans l'ignorance,
Poursuivent vainement l'image du bonheur !
Esprit d'amour, etc.
Sans le don de conseil, tous, hélas ! de la vie
Nous ignorons la route, et le nom de la paix.
Descendez, Esprit saint, et notre âme ravie,
Malgré le noir enfer, ne s'égare jamais.
Esprit d'amour, etc.
Venez, Esprit de force, et notre seule gloire,
Avec vous le chrétien affronte le trépas.
Tous ses jours de combat sont des jours de victoire ;
Un chrétien peut mourir, mais il ne se rend pas.
Esprit d'amour, etc.
Éternelle science, ineffable lumière,
Qui ravis à ma foi sa sainte obscurité,
Eclaire mon esprit, et révèle à la terre
Ce que Dieu nous prépare en son éternité.
Esprit d'amour, etc.
Esprit de piété, de tes pures délices,
De tes plus doux transports enivre tes enfants !
— 23 —
Éloigne de leur coeur le souffle impur des vices ;
Toujours dans la vertu guide leurs pas tremblants.
Esprit d'amour, etc.
Inspire-nous aussi l'heureux Esprit de crainte ;
La crainte des enfants, pur sentiment d'amour ....
Que je tremble ici-bas sous ta Majesté sainte,
Pour aimer à jamais au céleste séjour !
Esprit d'amour, etc.
4. — Invocation à l'Esprit saint.
Quel feu s'allume dans mon coeur?
Quel Dieu vient habiter mon âme ?
A son aspect consolateur,
Et je m'éclaire et je m'enflamme.
Je t'adore, Esprit créateur :
Parais, Dieu de lumière
Et viens renouveler la face de la terre.
Je vois mille ennemis divers
Conjurer ma perte éternelle:
J'entends tous leurs complots pervers.
Dieu, romps leur trame criminelle ;
Qu'ils retombent dans les enfers !
Parais, etc.
Quels sont ces profanes accents,
Ces ris et ces pompeuses fêtes?
De Baal ce sont les enfants :
— 24 —
De fleurs ils couronnent leurs têtes
Que va frapper la faux du temps.
Parais, etc.
Voyez comme les insensés
Dansent sur leur tombe entr'ouverte !
La mort les suit à pas pressés :
En riant ils vont à leur perte.
Dieu regarde! ils sont dispersés.
Parais, etc.
Quoi! pour un instant de plaisir.
Mon Dieu, j'oublirais ta loi sainte ;
Dans l'égarement du désir
Je pourrais vivre sans ta crainte !
Non, mon Dieu, non, plutôt mourir.
Parais, etc.
Un jour pur reluit à mes yeux :
Dieu de clarté, je t'en rends grâce.
■ Je vois fuir l'esprit ténébreux ;
La foi dans mon coeur prend sa place,
Tous mes désirs sont pour les deux.
Parais, etc.
Chrétien par amour et par choix,
Et fier de ton ignominie,
Je t'embrasse, ô divine Croix,
Je t'embrasse avec ta folie !
Dont j'osais rougir autrefois.
Parais, etc.
— m —
Loin de moi, vains ajustements ;
A mon Dieu vous faites injure:
Délices des coeurs innocents,
Que la pudeur soit ma parure.
Esprit saint, guide tous mes sens.
Parais, etc.
Si, quelques moments égaré,
Je te fuyais, beauté divine,
Allume en mon coeur déchiré,
Allume une guerre intestine:
De remords qu'il soit déchiré.
Parais, etc.
Ah! plutôt règne, Dieu d'amour.
Sur ce coeur devenu Ion temple :
Que je t'honore dès ce jour,
Que mon oeil charmé te contemple
Dans l'éclat du divin séjour.
Parais, etc.
5. — Bonheur de servir Dieu dès sa jeunesse.
Jeunes enfants, votre Sauveur
Vous a choisis par préférence ;
Il chérit en vous la candeur
Et les charmes de l'innocence.
Puissiez-vous sentir ce bonheur
Et goûter pour lui, sans partage,
Tous les transports d'une ferveur
Qui croisse avec vous d'âge en âge.
2
— 26 —
Venez au pied du saint autel
À lui seul consacrer -vos âmes :
A ce Bienfaiteur immortel
Portez le tribut de vos flammes.
Oh! si vous êtes innocents,
Il vous tient ce tendre langage :
Laissez-moi venir ces enfants.
Mon royaume est fait pour cet âge.
Aimer le monde et ses plaisirs,
C'est un désordre, une folie :
Suivre ses coupables désirs,
C'est trop ressembler à l'impie.
Mais payer d'un juste retour
Un Dieu dont nous sommes l'image.
Et lui rendre amour pour amour.
C'est le triomphe de votre âge.
Quand, dans un siècle corrupteur,
La piété n'a plus d'asile;
Qu'on ne peut à son Créateur
Rendre un culte pur et tranquille ;
C'est plus que jamais la saison
De fuir, d'abhorrer davantage
Ce monde affreux dont le poison
Semble n'épargner aucun âge.
Monde, par la foi combattu,
Tu voudrais en vain nous séduire :
Les saints attraits de la vertu
A nos yeux viennent de reluire,
Tu n'enseignes que vanité.
Tu ne donnes que l'esclavage.
Nous détestons la volupté:
Elle est le poison du jeune âge.
Seigneur, si jamais les penchants
De noire inconstante nature
Allaient vous ravir notre encens
Pour l'offrir à la créature;
Hélas ! si nous devions périr,
Du vice éprouvant le ravage,
Retranchez pour nous l'avenir,
Et coupez le fil de notre âge.
Vierge, patronne des enfants,
Notre amour et noire espérance.
Contre les démons rugissants
Nous réclamons votre puissance:
Préservez-nous de tout péril.
Loin de nous écartez l'orage;
De vos enfants, dans cet exil,
Montrez-vous la mère à tout âge.
6. — Le temps de la jeunesse.
Le temps de la jeunesse
Passe comme une fleur:
Hâtons-nous, le temps presse,
Donnons-nous au Seigneur.
Tout se change en délice
Uuand on veut le servir:
— 28 —
Le plus grand sacrifice
Devient un doux plaisir.
Que de pleurs et de larmes-
Doit coûter, au trépas,
Ce monde dont les eharmes
Nous trompent ici-bas !
D'agréables promesses
Il nous flatte d'abord;
Mais toutes ses caresses
Conduisent à la mort.
Si le monde s'offense,
Méprisons son courroux :
Dieu veut la préférence,
Il s'en montre jaloux.
Si sa bonlé suprême
A pour nous tant d'ardeur,.
Il faut l'aimer de même
Sans partager son coeur.
N'attendons pas cet âge
Où les hommes n'ont plus
Ni force, ni courage
Pour les grandes vertus :
C'est faire un sacrifice
Qui nous a peu coûté,
Que de quitter le vice
Lorsqu'il n'est plus goûté.
Prévenons la vieillesse,
Celte triste saison :
Le temps de la jeunesse
— 29 —
Est un temps de moisson.
Le Sauveur nous menace
D'une éternelle nuit,
Où, quoique l'homme fasse,
Il travaille sans fruit.
Présentons nos services
Au Seigneur tout-puissant.
Offrons lui les prémices
De l'âge florissant.
Cet adorable Maître
Ne nous donne le jour
Qu'atin de le connaître.
Et vivre en son amour.
7. — Ah! pleurez, pleurez, mes yeux,
Jésus est la bonté même,
Il a pour nous mille attraits ;
Cependant aucun ne l'aime,
Même y pense-t-on jamais?
Pendant que la créature
Nous embrase de ses feux,
Pour Dieu seul noire âme est dure;
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
Dieu devient un Dieu sensible,
Alin de mieux nous charmer:
Mais en se rendant visible,
A-t-il pu se faire aimer?
2'
__ 30 —
Lorsqu'un tendre amour le presse
De prévenir tous nos voeux,
Quel retour? nulle tendresse;
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
D'un enfant il prend les charmes..
Pour attendrir les humains ;
Pour cela de douces larmes
Coulent de ses veux divins.
Notre âme est-elle attendrie
Par ses efforts amoureux?
Elle est toujours endurcie ;
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
De la divine justice
Jésus porte tout le poids,
Il nous sauve du supplice
En mourant sur une croix.
Et pour tant de hienveillance.
Avons-nous, ô malheureux!
La moindre reconnaissance?
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux,
Jésus dans l'Eucharistie,
Par un prodige d'amour,
Devient notre pain de vie,
Notre pain de chaque jour.
Au milieu de tant de flammes,
Dans ce mystère amoureux,
Que de froideurs dans nos âmes !
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
— 31 —
Il daigne en vain, de ce trône.
Nuit et jour nous inviter:
Jamais y voit-on personne
Qui vienne le visiter?
Sa maison est délaissée;
Son entretien, ennuyeux :
Et sa table, méprisée:
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
Mon Jésus n'a point d'asile
Contre les coups des mortels ;
C'est un rempart inutile
Que son trône et ses autels.
Chaque jour, rempli de rage,
Le pécheur audacieux
Au lieu saint lui fait outrage,
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
Tous les jours se renouvelle
Contre mon divin Sauveur
Cette trahison cruelle
Qui fit tant souffrir son coeur
Oh ! combien de parricides,
Recevant le Roi des cieux,
Donnent des baisers perfides !
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
Une croix pour lui cruelle
C'est un corps dans le péché,
A cette chair criminelle
Qu'on l'a souvent attaché !
Tout est souillé par les vices
— 32 —
Que je découvre en tous lieux:
Pour Jésus que de supplices !
Ah! pleurez, pleurez, mes yeux.
8. — Hymne à Jésus naissant.
Hosarma ! victoire !
Amour, honneur et gloire!
Il nous naît en ce jour
Un Sauveur plein d'amour;
Le doux enfant Jésus nous remplit d'espérance :
Il sauve l'univers par sa divine enfance.
Gloire à Dieu dans les deux et paix à tous les coeurs !
Le jour tant désiré vient enfin de paraître;
C'est pour nous, ô Jésus, que vous venez de naître,
C'est pour nous que coulent vos pleurs !
Hosanna! etc.
O Jésus! que l'orgueil et l'amour du/plaisir
Quittent donc à jamais notre coeur infidèle;
Vous seul soyez toujours noire aimable modèle ;
Nous n'avons plus d'autre désir.
Hosanna! etc.
Oui, nous vous désirons, vertus du Dieu Sauveur,
Douceur, simplicité, candeur, belle innocence,
Et vous qu'il chérit tant, ô sainte obéissance,
Régnez toujours dans notre coeur!
Hosanna! etc.
— 33 —
9. — Naissance de Jésus-Christ.
Le Fils du Roi de gloire
Est descendu des cieux ;
Que nos chants de victoire
Résonnent dans ces lieux.
Il dompte les enfers,
Il cf.lme nos alarmes,
Il lire l'univers
Des fers,
Et pour jamais
Lui rend la paix :
Ne versons plus de larmes.
L'amour seul l'a fait naître
Pour le salut de tous :
Il fait par-là connaître
Ce qu'il attend de nous.
Un coeur brûlant d'amour
Est le plus bel hommage :
Faisons-lui tour-à-tour
La cour.
Dès aujourd'hui
N'aimons que lui ;
Aimons-le sans partage.
Vains honneurs de la terre,
Je veux vous oublier ;
Le maître du tonnerre
Vient de s'humilier.
— 34 —
De vos trompeurs appas
Je saurai me défendre ;
Allez, n'arrêtez pas
Mes pas :
Monde flatteur,
Monde enchanteur,
Je ne veux plus t'entendre.
Régnez seul en mon âme,
0 mon divin époux;
N'y souffrez point de flamme
Qui ne brûle pour vous.
Que voit-on dans ces lieux?
Que misère et bassesse.
Ne portons plus nos yeux
Qu'aux deux.
A votre loi,
Céleste Roi,
J'obéirai sans cesse.
10. — Souvenir de la nuit de Noël.
Combien j'ai douce souvenance
De la nuit de votre naissance,
0 Jésus qui daignez bénir
L'enfance,
Et dans son coeur plein de désir
Venir !
J'aime à voir la demeure sainte
Dont mille fleurs ornaient l'enceinte,
La place où je priais tremblant
De crainte
En présence du sacrement
Si grand !
Des anges la foule ravie
Me contemplait d'un oeil d'envie,
Et leur prière avec mes voeux
Unie
Montait comme un concert pieux
Aux deux.
0 moment de joie ineffable !
C'est Dieu qui m'appelle à sa table ;
C'est lui, c'est Jésus mon Sauveur
Aimable !
Il vient inonder de bonheur
Mon coeur.
Ouand je l'adorais en moi-même
Lui disant mon amour extrême,
Il daignait me dire à son tour :
Je t'aime...
Cher enfant, garde mon amour
Toujours !
— 36 —
! I. — L'écho des montagnes de Bethléem.
Les anges, dans nos campagnes,
Ont entonné l'hymne des cienx ;
Et l'écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo !
Bergers, pour qui cette fête?
Quel est l'objet de tous ces chants?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces cris triomphants?
Gloria in excelsis Deo!
Ils annoncent la naissance
Du libérateur d'Israël,
Et, pleins de reconnaissance,
Chantent en ce jour solennel:
Gloria in excelsis Deo !
Allons tous de compagnie
Sous l'humble toit qu'il a choisi
Voir l'adorable Messie,
A qui nous chanterons aussi :
Gloria in excelsis Deo!
Cherchons tous l'heureux village
Qui l'a vu naître sous ses toits ;
Offrons-lui le tendre hommage
Et de nos coeurs et de nos voix :
Gloria in excelsis Deo !
— 37 —
Dans l'humilité profonde
Où vous paraissez à nos yeux,
Pour vous louer, Roi du monde,
Nous redirons ce chant joyeux ;
Gloria in excelsis Deo!
Toujours remplis du mystère
Qu'opère aujourd'hui votre amour,
Notre devoir sur la terre
Sera de chanter chaque jour:
Gloria in excelsis Deo!
Déjà les bienheureux Anges,
Les Chérubins, les Séraphins,
Occupés de vos louanges,
Ont appris à dire aux humains :
Gloria in excelsis Deo!
Dociles à leur exemple,
Seigneur, nous viendrons désormais,
Au milieu de votre temple,
Chanter avec eux vos bienfaits :
Gloria in excelsis Deo!
12. — Tu viens à nous!
Tu viens à nous, adorable Messie!
Nous l'attendions prosternés à genoux.
Quel jour heureux ! ah ! que l'âme est ravie !
Pour nous donner une éternelle vie,
Tu viens à nous !
5
— 38 —
Tu viens à nous, et du ciel tu t'exiles;
Divin enfant, que tes attraits sont doux!
Tu te revêts de notre chair fragile:
Privé de tout, privé même d'asile,
Tu viens à nous !
Tu viens à nous, le coeur plein de tendresse,
Nous enseignant qu'il faut nous aimer tous.
Dans nos faux biens tu ne vois que tristesse :
Pour nous montrer l'immuable richesse,
Tu viens à nous !
Tu viens à nous, et veux briser les chaînes
Dont le démon nous charge en son courroux ;
Du haut du ciel, affligé de nos peines,
Pour rendre enfin toutes ses fureurs vaines.
Tu viens à nous !
Tu viens à nous, et l'amour qui t'anime
D'un Dieu vengeur va suspendre les coups;
T'offrant à lui comme seule victime,
Pour nous sauver de l'infernal abîme,
Tu viens à nous !
Tu viens à nous, ô Jésus adorable,
Que sur tes pas nous puissions marcher tous!
La pauvreté va nous paraître aimable,
O doux Jésus, puisque dans une étable
Tu nais pour nous !
— 39 —
13. — La divine enfance.
0 divine enfance
De mon doux Sauveur !
Aimable innocence,
Tu ravis mon coeur.
Que dans sa faiblesse
Tl paraît puissant !
Ah ! plus il s'abaisse,
Et plus il est grand.
Descendez. saints Anges,
Venez en ces lieux;
Voyez dans ces langes
Le Maître des deux.
Qu'elles ont de charmes
Aux yeux de ma foi,
Ces premières larmes
Qu'il verse pour moi !
Leçon adorable
Qui confond nos sens :
Si tu n'es semblable
Aux petits enfants,
Ton orgueil funeste
T'éloigne de moi,
Le bonheur céleste
N'est pas fait pour toi.
Près de moi qu'ils viennent
Les enfants heureux;
Les cieux appartiennent
— 40 —
A ceux qui, comme eux,
Sans fard, sans malice,
Sans fiel, sans aigreur,
Exempts de tout vice,
Plaisent au Seigneur.
Celui qui terrasse
Orgueil et grandeur,
A promis sa grâce
Aux humbles de coeur.
Les secrets qu'il cèle
Aux brillants esprits,
Jésus les révèle
Toujours aux petits.
Sagesse mondaine,
Connais ton erreur ;
Mets ta fierté vaine
Aux pieds du Seigneur.
Quand il veut lui-même
Devenir enfant,
Quel orgueil extrême
De s'estimer grand !
Charmes de l'enfance ,
Ingénuité,
Candeur, innocence
Et simplicité,
0 vertus si chères
Au divin Sauveur,
Vertus salutaires,
Régnez dans mon coeur.
— 41 —
14, — Vive Jésus.
Vive Jésus ! c'est le cri de mon âme,
Vive Jésus, le maître des vertus;
Aimable nom, quand ma voix te proclame,
Mon coeur palpite, et s'échauffe et s'enflamme?-
Vive Jésus !
Vive Jésus I c'est le cri qui rallie
Sous ses drapeaux le peuple des élus.
Suivre Jésus, c'est aussi mon envie;
Suivre Jésus, c'est mon bien. c'est ma vie.
Vive Jésus !
Vive Jésus ! ce cri là me console,
Lorsque de moi le monde ne veut plus.
Adieu, lui dis-je, adieu, monde frivole :
Bien insensé qui pour toi se désole !
Vive Jésus !
Vive Jésus ' c'est un cri d'espérance
Pour les pécheurs repentants et confus;
Sur eux du Ciel attirant la clémence;
Ce nom sacré soutient leur pénitence ;
Vive Jésus !
Vive Jésus! à ce cri de vaillance,
Je verrai fuir les démons éperdus;
Ce mot suffit pour dompter leur puissance,
Pour terrasser leur superbe insolence :
Vive Jésus !
54
— 42 —
Vive Jésus ! cri de reconnaissance
D'un coeur touché des biens qu'il a reçus.
L'enfer veut-il troubler sa confiance,
Il chante encore avec plus d'assurance:
Vive Jésus !
Vive Jésus! c'est mon cri d'allégresse,
Ô Dieu caché sous un pain qui n'est plus ;
Quand, aux douceurs d'une céleste ivresse,
Je reconnais l'objet de ma tendresse :
Vive Jésus !
Vive Jésus ! c'est le cri de victoire
Qui retentit au séjour des élus.
De leurs combats consacrant la mémoire.
Ce nom puissant éternise leur gloire:
Vive Jésus !
Vive Jésus ! vive sa tendre Mère !
Elle est aussi la mère des élus.
Si nous voulons et l'aimer et lui plaire,
Chantons Jésus, notre Dieu, notre frère:
Vive Jésus !
Vive Jésus ! qu'en tout lieu la victoire
Mette à ses pieds les méchants confondus !
O nom sacré, nom cher à ma mémoire,
Puissé-je vivre et mourir pour ta gloire !
Vive Jésus !
— 43 —
15. - Présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie.
0 prodige d'amour! spectacle ravissant!
Sous un pain qui n'est plus, Dieu cache sa présence;
Ici, pour le pécheur il est encor mourant;
Les Anges étonnés l'adorent en silence,
Prosternez-vous, offrez des voeux ;
Oui, mortels, c'est le Roi des cieux.
Non content d'expirer sur un infâme bois,
L'immortel Souverain de toute la nature,
Aux yeux de ses enfants, une seconde fois
S'immole, et tous les jours devient leur nourriture.
Prosternez-vous, etc.
La croix ne nous cachait que la Divinité ;
L'Homme-Dieu tout entier s'éclipse en ce mystère :
Mais je l'y reconnais dans la réalité ,
C'est mon aimable Roi, c'est mon Dieu, c'est mon Père.
Prosternez-vous, etc.
Sacrifice d'amour, ô temple, ô saint autel,
D'où la foi fait jaillir la grâce du Calvaire!
Puisse couler sur nous en ce jour solennel
De son sang précieux la vertu salutaire.
Prosternez-vous, etc.
O sacré monument de la mort du Sauveur,
Pain vivant, qui donnez la vie au vrai fidèle,
De mon âme soyez l'aliment, la douceur:
_ 44 —
Qu'elle brûle pour vous d'une ardeur éternelle !
Prosternez-vous, etc.
Jésus, qu'un voile obscur ici cache à mes yeux ,
Satisfaites bientôt la soif qui me dévore ;
Que je vous voie enfin dans ce royaume heureux
Où l'âme, à découvert, vous aime et vous adore !
Oh ! quand verrai-je ce beau jour
Qui couronnera mon amour!
16. — Au moment de l'élévation.
Anges du ciel, rois de la terre,
Tombez au pied des saints autels :
Jésus du sein de la lumière
Descend au milieu des mortels.
Plus il s'abaisse,
Plus sa tendresse
Mérite un généreux retour;
A nos louanges,
0 choeurs des Anges,
Mêlez vos cantiques d'amour.
Quoique caché, dans ce mystère ,
Sous les apparences du pain,
C'est notre Dieu, c'est notre Père,
C'est le Sauveur du genre humain.
Plus il s'abaisse, etc.
— 45 —
0 divin Époux de nos âmes,
Dans cet auguste Sacrement,
Embrasez nos coeurs de vos flammes,
En vous faisant notre aliment.
Plus il s'abaisse, etc.
17. — Sur cet autel.
Sur cet autel, ah! que vois-je paraître?
Jésus, mon Roi, mon divin Maître,
Sur cet autel!
Sainte victime,
Vous expiez mon crime
Sur cet autel.
De tout mon coeur, dans ce sacré mystère,
Je vous adore et vous révère,
De tout mon coeur!
Bonté suprême,
Que toujours je vous aime
De tout mon coeur!
18. — O Jésus, amour de mon àme !
0 Jésus, amour de mon âme,
Amour, délices de mon coeur,
Viens, viens m'embrâser de ta flamme;
Je te jure d'être vainqueur.
— 46 —
0 Jésus, si, dans mon délire,
Je devais te trahir un jour...
Qu'aux pieds de tes autels j'expire,
Avant de perdre ton amour !
19. — Maître du Ciel.
Maître du ciel et de la terre,
Nous élevons nos bras vers toi :
Dieu puissant, reçois la prière
D'un peuple fidèle à ta loi.
Devant l'autel où tu t'immoles
Nous nous courbons tout frémissants ;
Mais par ta bonté tu consoles
Le coeur ému de tes enfants :
Daigne recevoir notre encens.
20. — Vous que nos voeux.
Vous que nos voeux appellent dès l'aurore,
0 Dieu d'amour, vous ravissez nos coeurs !
Quels plaisirs purs ! quelles chastes douceurs !
Oui, je le sens, c'est le Dieu que j'adore.
Et d'où me vient un si sublime honneur?
0 Séraphins ! enviez mon bonheur.
— 47 —
Tendre Jésus ! votre amour me dévore ;
Vous m'enflammez des plus vives ardeurs.
Quels plaisirs purs, etc.
0 douce paix que le pécheur ignore,
Enivrez-moi, faites couler mes pleurs.
Quels plaisirs purs, etc.
Banquet sacré de l'Epoux qui m'honore,
Versez sur moi vos célestes odeurs.
Quels plaisirs purs, etc.
Ah ! c'en est fait, ô mon Dieu, je déplore
D'un coeur ingrat les coupables erreurs.
Quels plaisirs purs, etc.
Monde insensé, pour jamais je t'abhorre:
Loin, loin de moi tous tes charmes trompeurs!
Quels plaisirs purs, etc.
21. — Célébrons ce grand jour.
Célébrons ce grand jour par des chants d'allégresse :
Nos voeux sont enfin satisfaits.
Bénissons le Seigneur, publions sa tendresse,
Chantons ses bontés, ses bienfaits.
Pour nous, tout pécheurs que nous sommes,
Il descend des cieux en ce jour:
C'est parmi les enfants des hommes
Qu'il aime à fixer son séjour.
— 48 —
Chantons, sous ces voûtes antiques,
Le Dieu qui règne sur nos coeurs ;
Exaltons, par de saints cantiques,
Et son amour et ses faveurs.
En ce jour solennel, nourris du pain des Anges,
Bénissons-le, jeunes chrétiens:
Chantons-le tour à tour, répétons les louanges
Du Dieu qui nous comble de biens.
Bon Père, à des enfants qu'il aime
(Cieux admirez tant de bonté!)
Il donne, en se donnant lui-même,
Le pain de l'immortalité.
Chantons, etc.
Quoi! Seigneur, en tremblant l'univers te contemple,
La terre a frémi devant toi ;
Et du coeur d'un enfant tu veux faire ton temple !
Et tu t'abaisses jusqu'à moi!
Ah ! puissé-je, avant qu'infidèle
Je perde un si cher souvenir,
Mourir comme la fleur nouvelle
Cueillie avant de se flétrir.
Chantons, etc.
Oui, Seigneur, désormais rangés sous ton empire,
Nous y voulons vivre et mourir;
Mais ce voeu que l'amour aujourd'hui nous inspire,
Pouvons-nous sans toi l'accomplir?
C'est toi qui nous donnas la vie,
Que ta grâce en règle le cours ;
— 49 —
Que ta loi constamment suivie,
Console enfin nos derniers jours.
Chantons, etc.
22. — Mon bien-aimé.
Mon bien-aimé ne paraît pas encore;
Trop longue nuit, dureras-tu toujours?
Tardive aurore,
Hâte ton cours ;
Rends-moi Jésus, ma joie et mes amours,
Mon doux Jésus, que j'aime et que j'implore.
De ton flambeau déjà les étincelles,
Astre du jour, raniment mes désirs:
Tu renouvelles
Tous mes soupirs.
Servez mes voeux, avancez mes plaisirs,
Anges du Ciel, portez-moi sur vos ailes.
Je t'aperçois, asile redoutable
Où l'Éternel descend de sa grandeur.
Temple adorable
Du Rédempteur,
Si dans tes murs il voile sa splendeur,
Ce Dieu d'amour n'en est que plus aimable.
Sans nul éclat le vrai Dieu va paraître ;
De cet autel il vient s'unir à moi.
Est-ce mon Maître?
Est-ce mon Rotf
— 50 —
Laissez, mes yeux, laissez agir ma foi :
Un oeil chrétien ne peut le méconnaître.
Du Roi des rois je suis le tabernacle :
Oui, de mon âme un Dieu devient l'époux.
Charmant spectacle !
Espoir trop doux !
Rendez, grand Dieu, mon coeur digne de vous :
Votre amour seul peut faire ce miracle.
Je m'attendris sans trouble et sans alarmes,
Amour divin, je ressens vos ardeurs:
Heureuses larmes !
Aimables pleurs !
Oh! que mon âme y trouve de douceurs !
Tous tes plaisirs, monde, auraient-ils ces charmes?
Tristes penchants, malheureux fruits du crime,
C'est vous qu'il veut que j'immole à son choix.
Ce Dieu m'anime,
Suivons ses lois.
Parlez, Seigneur, j'écoute votre voix ;
Mon coeur est prêt, nommez-lui la victime.
Ce pain des forts soutiendra mon courage ;
Venez, démons, de mon bonheur jaloux, .
Que votre rage
Vous arme tous ;
Je ne crains point vos plus terribles coups;
De ma victoire un Dieu devient le gage.
Il me remplit d'une douce espérance
— 51 —
Oui me suivra plus loin que le trépas,
Si sa puissance
Soutient mon bras.
C'est peu pour lui d'animer mes combats,
Il veut encore être ma récompense.
Pour les mortels que sa tendresse est grande !
Qu'elle mérite un généreux retour!
Ma seule offrande
Pour tant d'amour,
Dieu ! c'est mon coeur; je vous l'offre en ce jour!
Ah ! d'être à vous, c'est lout ce qu'il demande.
23. — L'encens divin.
L'encens divin embaume cet asile :
Quel doux concert! quel chant mélodieux!
Mon coeur se tait et mon âme est tranquille !
La paix du ciel habite dans ces lieux.
0 pain de vie !
0 mon Sauveur !
L'âme ravie
Trouve en vous son bonheur.
D'un sommeil pur versé sur ma paupière
Le calme heureux s'empare de mes sens.
D'un jour plus beau j'entrevois la lumière:
Non, je ne puis dire ce que je sens.
0 pain de vie ! etc.
— 52 —
Pour embellir le temple de mon âme,
Le Très-Haut daigne y fixer son séjour.
Je le possède, il m'inspire, il m'enflamme;
Je l'ai trouvé, je l'aime sans retour.
0 pain de vie ! etc.
Que votre joug, ô Jésus, est aimable !
Que vos attraits sont saints et ravissants!
Vous m'enivrez d'une joie ineffable,
Vous m'attirez par vos charmes puissants.
0 pain de vie! etc.
Je vous adore au dedans de moi-même,
Je vous contemple à l'ombre de la foi:
O Dieu, mon tout, ô Majesté suprême!
Je ne vis plus, mais Jésus vit en moi.
O pain de vie! etc.
O saints transports! vive et douce allégresse;
Chastes ardeurs! divins embrassements!
O plaisirs purs ! délicieuse ivresse !
Mon coeur se perd en vos ravissements !
O pain de vie ! etc.
Que vous rendrai-je, ô Sauveur plein de charmes,
Pour tous les dons que j'ai reçus de vous?
Prenez ce coeur, et recevez ces larmes ;
C'est le tribut dont vous êtes jaloux.
O pain de vie ! etc.
Vous qui prenez vos plus chères délices
Parmi les lis des coeurs purs et fervents,

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