Charles IX ou L'école des rois : tragédie ([Reprod.]) / par M. Chénier,...

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chez les marchands de nouveautés (Paris). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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THÇFRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE IA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Headington Hill Hall, Oxford OX30BW, UK
ou,'
L'ÉCOLE DES
"T R A G Ê D I E.
Par M. C H en ier arafie/i Co«/tt/ </e Franrt j(
n Barbarie.
par les Comédiens de la Natiôrji
A PARIS,-
Chez les Marchands de Nouveauté**
CHARLES IX v
L'ÉCOLE DES ROIS,
ACTE PR EMIER.
SCENE PREMIERE.
LE CHANCELIER DE L'HOPITAL,
L'AMIRAL DE COLIGNI.
L'AMIRAL.
ILLUSTRE Chancelier de qui la voix propice
lait au fein des combats refpc&er la juftice,
Soyez toujours l'oracle & l'appui des Français.
C'eft à vous; l'Hôpital que nous devons la paix
Sans vous nous périmons. Vocre prudence active
Aux maux des deux partis/ut fans cefle attentive;
Et vous flattez encor d'un avenir plus doux
3~ CHAR LE S
..D'un noeud faint & chéri la pompe fortunée
^AffermifTaiu la paix entre deux jeunes Roisr,
Mêle au fang des Bouftfôns le fang de nos Valois.
Quel hymen Marguerite idole de la France ̃
Henri desNavarrois J'amour '& l'efpérancc
Pour le bonheur public unifiant leurs efforts
Vont expier le fang répandu fur c,es bords.
Eh qui peut maintenant, témoin de leur teridrefle
Repoufler loin de foi la publique alégrefle
Les Guifes toutefois fouillant des jours il beaux
Se préparent encor à r 'ouvrir les tombeaux.
Croyez-moi, le péril n'eft point imaginaire
JMaurevert a commis un crime mercenaire
A des pièges fanglans ils ont déjà recours
Au fein du Louvre même ils achètent mes jours.
Il fautvcillcr fur eux, c'eft eux que l'on doit craindre
Ce n'eft pas d'au jourd hui qu'ils ofent tout enfreindre;
Vous-même enfin, Monfieur, s'il eft vrai que leur choix
Vous ait nommé jadis l'organe de nos lois.
Ce choix fi dehré vient de leur politique
Ils ont fti fe plier à l'eftim. publique
lis veulent nous traîner dans l'abîme fatal
En voilant leurs projèts du nom de l'Hôpital.
LE CHANCELIER.
Âh! formez,, .Çojigni des craintes légitimes.
Je ne puis quant a moi leur imputer des crimes
Et je n'adopte pas vos foupçons inquiets.
Si l'on pnurfuit vos jours au milieu de la paix
J'en frémis; je voudrais le châtiment du traître:
Mais je blâme un dépit qui s^aveugle pcatêrre
Et vous devez favoir que,des plus vils complots
Usent auflî Monfieur, foupçonné des héros.
Ah je ne prétends pas les excuser fans ceiïs
Ils ont d'un jeune Roi maîtrifé la faiblefle
Mais avouez du moins que dans nos temps cruels
Il n'eft point de Français qui ne foient criminels.
Tous fe font égarés; & la nuit environne
Le$ droits façres du peuple & les devoirs du trône.
» T R A GlD ï E.
'J'ai vu ce Louvre en deuil, & presque enfangknté
L'orgueil & la licence ,& point de liberté
J'ai vu de nos Va 'lois la majéfte flétrie;
Les plus grands citoyens déchirant leur patrie,
Flattant avec baflefle ou combattant leur Roi
Les plus-grands, je l'ai dit, "Se Vous; en Faites foi.
L'AMIRAL.
If fallait s'égarer convenez-en vous-même;11* 'A
Et des ̃deftins français l'enchaînement fuprême
Préparait dès Jong-tems à nos jours d'éteftés
Un cours de trahifons & de calamités.
J'ai fuivi le torrent qui ravageait la Fiance,
On pçut le. détourner, & je.n ai l'efpérance
'Au repos tout-à-coup nous ne parviendrons pas
Les foldats & les chefs ont befoin de -combats.
Depuis un fîècle entier TEfpagnè- nous outrage:
Hélas 1 contre nous-mêmes exercés au carnage
Formons, il en cft temps, de plus juftes defibins
Dans le fang Efpagnol courons baigner nos mains
.Voilà notre parti c'efl; le feul qui nous refte.
LE CHANCELIER.
Fâcheufe extrémité! parti vraiment funefte
Tous deux Français tous deux nous chéri (Ijans l'état;
Vous parlez en guerrier je penfe en rrag:urtrat
Vous m'en verrez toujours garder le caractère.
La guerre eft un fléau quelquefois néceflaîre",
Qu'il faut craindre toujours &Jong-tems éviter,
Et dont j'ai vu l'état' rarement profiter.
Oui tous ces vains débats où le glaive décida
Ces lauriers teints de fang cette gloire homicide,
Qui d'un prince orgueilleux peut enivrer" le crcur
Opprimant les vaincus, frappe au fiî le vainqueur.
Loin de nous des fureurs trop fouvent inutiles
Mais loin de nous cent fois ces difeordes ci /il es
Où le fer fans pudeur brifant tous les liens
Verfe des deux côtés le fang des citoyens!
Et peut-être à ce choix ta France eft condamnée
Telle eft, je,le fais bien, l'humaine deftinée,
Qu'il faut chercher fans cène un danger différent.,
Et par un nouveau guérir un mal, plus grand.
€ HA RIE S IX;
Bourbon vient. Il .eft' feul & fon aîné "égarée
D'un éternel chagrin femble être dévorée.
_x S CE NE IL
CE CHANCELIER DE L'HOPITAL,-
L'AMIRAL DE COLÎGNI, LE ROI
DE NAVARRE.
L'AMIRAL.
\f Rétendez- vous nourrir des chagrins fuperflus,
Donner toujours des-pleurs à celle qui n eft plus!
O cher prince! ô mon fils cette douleur amère
Ne pourra du tombeau rappeller votre mère.
LE 'SOI DE NAVARRE. E.
Ce cruel fouvenir eft prêtent à mon coeur;
Mais se fais, Coligni furmonter ma douleur.
Un autre fentiment m'affiège & me tourmente.
L'A M 1 R A L.
Quel eft-il contentez notre âme impatiente. •
LE ROI DE NA ,VAR RE.
L'effroi, je l'avoûrai.
L'.A KIRAX.
D'où vous vient cet effroi î
LE ROI DE NAVARRE.
Hier, nous commencions d'Alenç.on Guife & moi
Ce- j'-ux qui fembleraient réferves l'enfance,
Où toujours agite par l'avide efpcrance
Un oifif couriifan confu loifir
Perd fes biens & le tems fans trouver le plaifir.
Trois fois j'ai repouffé If trouble qui me prefle
Appri.nrz duffiez-vous condamner ma faibîefle
Ce que fat vu, fans doute, ou ce que j'ai cru voir
Ce que moi- même enfin je ne puis concevoir
Ce qui s'offre fans ceffe à mon âme éperdue
Trois fois les dés fanglar.s ont effraye, ma vue.
C'eft peu dans les momens confacrés au repos
t
Je rpe fuis retracé des malheurs des complots
Le poifbii terminant les jours de votre frère, y
Et peut être au cercueil précipitant ma mère, 4-
Nos fuccès., nos revers, Se les champs odieux v
Où Condé ce grand homme, expira fous nos yeux,
D'un carnage éternel nos régions fumantes
v Et des Princes Lorrains les intrigues fanglantes
Vos amis 8c les miens, victimes des traités,
Au milieu de'la paix, proscrits, perfé&ttés',
Dans les murs de Vaffi maflacrés fànsdéfenfe,
Acculait leur trépas inutile à la France.'
Excufez, Chancelier, des mouvemehs confus
Par ma faible raifon vainement comba'rus.
Il eft de ces inftans où rame anéantie
D'un finiftre avenir paraît être avertie,
Et peut.être, en effet, ces (ècrettes terreurs,
Des défaftres prochains font les avant- coureurs.
On a -vu dans la nuit dans les vapeurs d'un fonge,
La vérité par fois fe mêle? au* menfônge.
LE CHANCELIER.
Sur des fîgnes trompeurs cëffcz d'être alarmé
Aux regards des mortels l'avenir eft fermé
Sire; & quand le ciel même, à qui tout eft poffible!,
Nous daignerait ouvrir cet abîme invifible
Parmi tant de menfooges & tant d'obscurité,
Quel oeil djiftinguérait l'augufte vérité?
Voas ne prétendez pas imiter, je l'efpére
Ces Rois qui, fur le trône élevés du vulgaire
Font régner tout l'amas des fuperftitions
Enfans qui du fomtneil gardent les paflions
Et qui, fur les projets qu'un fonge leur infpire,
Rifquent à leur reveil ledeftin d'un empire.
LE ROI DE NAVARRE.
Je les blâme avec vous; & vous devez juger
Que les preflentimens ne pourront me changer. >
Vous connaiiTez mon coeur il en fans défiance.
L'AMIRAL.
Moi qui des courtifans ait quelque expérience
Je crains que l'avenir ne reflemble au pafle
Par un aflaffinat la paix a commence.
t v
Nos cruels ennemi ont un pouvoir lupreme
Je crains, je ravoârai mais bien plus que vous-même,
Non pas quelques ïnftàns, mais la nuit, niais le jour,
Mais durant mon fommert mais au fein de la cour.
LE E R O I D E NAVARRE.^
Que le» lieux où jadis s'écoulait mon enfance
Avec un tel féjour ont peu de reflemblance
Et combien je rends grace aux généreux humains
Qui des naâles vertus m'ont ouvert les chemins
.1e ne reflemblais point aux enfans des monarques
Corrompus en naiflant par d'éclatantes marques
Enivrés de refpe&s de titres fédu&eurs
Livrés aux courtifans condamnés aux flatteurs
A l'art des Souverains façonnés par dés prêtres
Et fans ceffe bercés du nom de leurs ancêtres.
Au lieu de ferviteurs à mes ordres foumis
Je voyais près de moi des égaux des amis:
Au travail au courage à la franchife altière,
On exerçait alors notre élite guerrière.
bravant da midi les brûlantes ardeurs
Ou des hivers glacés fupportant les rigueurs
Gravitant fur les monts, fur les rochers arides
Nous formions notre enfance à des jeux intrépides.
De vous & de Condé fuivant bientôt les pas
Je remplaçai mon père au milieu des combats
Et ce qui doit fur-tout aux peuples de la France
Sur mes deflins futurs donner quelque efpérance
Durant plus de cinq ans défendeur de nos droits
J'ai connu l'infortune école des grands rois..
Enfin je fuis entré dans une autre carrière
A mes'yeux tout-à-toup quelle image étrangère
D-s Guerriers fans pudeur de molleffe énerves
Perdus par un vain luxe avec art dépraves
Des femmes gouvernant des princes trop faciles
Aux payons d'un roi des courtifans dociles
(),,e le feu! intértt fait agir & parler,
Sachant tout contrefaire & tout diflîmu 1er.
En voyant leurs plaifirs & leur faufTe alégrefie,
Ft leurs vices polis voilés avec adrefle
J'ai regretté cent fois nos groffières vertus,
TRAGÉDIE. *>
B
Nos monts & nos rochers de frimats revêtus
Les pénibles travaux le tumulte des armes,
Er mes premiers fuccès pour moi pleins dé charmes
•Kt ces camps généreux où parmi des guerriers
Votre élève cioiflait à l'ombre des lauriers.
LE CHANCELIER.
On vient c'eft Médicis.
y l'asiir ax.
Et les Guides près d'elle!
S C E NE III.
LE CHANCELIER DE L'HOPITAL, L'AMIRAL
DE COL.IGNI LE ROI DE NAVARRE LA
REINE -MERE, LE CARDINAL DE LOR-
RAINE, LE DUC DE GTIiSE, Courtisans,
PAGES GARDES.
L A REINE-MERE.
AIME à voir Coligni vos foins & voire zèle_.
Dcjà vous vous rendez auprès du Roi mon fils ?
L'AMIRAL. m A
J'attendais en ces. lieux le moment d'être admis;
Madame..
Î.A REINE -MERE.
A l'ioftant même il pourra vous admettre.
Dès que vous l'entendrez*, j'ofe vous le promettre
De fes intentions vous ne vous plaindrez pas,
II veut par les confeils gouverner fes états
Il veut qu'en même tems votre vertu l'éclairé
Chancelier, des Français vous l'ange tutélaire.
Et vous à qui le ciel promet de,grands dellins
Prince déjà fameux parmi les fowerains,
'Mon cœur vous a cnoiiî pour l'époux de ma fille
Bourbon noble héritier d'une augufte famille
Connaiflez voire f'ère & fpngez à l'aimer.
Songez qu'il vous chérit qu'il fait vous,eftimer.
io C H A R L,E S I X
De cent jèuneshéros fi la France s'honore
Mon fils au-deflfus d'eux fait vous placer encore.
Vos amis dans fa cour appelles aujourd'hui,
Vont dans quelques momeris s'aflemblcr près de lui;
II va les recevoir &Tfi plus d'une injure
Dans le fond de fon cœur n'excite aucun murmure,
Si de 'leurs fautes mêmes il ne fe fouviem plus
Vous verrez qu'il n'a point oublié leurs vertu»,
Suivez-moi. L'Hôpital, vous chériflez la France
Venez voir fon bonheur c'efl: votre récompénfe.
Venez ne tardons plus.
S CE NE IF.
LE CARDINAL DE LORRAINE LE DUC
DE GUISE.
LE CARDINAL.
LES fuis-tu chez le Roi
LE u c.
Pour y voir ce héros qui l'emporte fur moï ?
Celui qui m'a ravi la main de Marguerite
Et tous ces proteftans accueillis à fa fuite ?
Voilà bien des affronts i c'en eft trop, mais enfin,
Rien ne s'oppofe plus à notre grand deffein
C'eft le jour du carnage.
1E' CARDINAL
Il faut avec prudence
De l'intérêt commun voiler notre vengeance.
Le Roi dit-on le Roi veut retarder les coups
Co n'eft pas lui qui règne, & la France eft à nous.
Avec nous Médicis elle-même confpire
Tout s'émeut tout s'unit pour nous jetter l'empire.
Ce fceptre chancelant va tomber en tes mains
Et j'avais des long-tenls prefagé tes devins.
J'ai vu mourir un père au fein de la viûoirc
T R A GËDIE. tt
Et fans levieux rebelle ennemis de fa gloi«,Fe,
11 eût ofc peut-être Hélas il ne vit plus N
Mais tu me rends fon nom fes projets Ces vertus
Sois en tout comme lui. Deviens plus populaire;
Fléchis pour gouverner on t'admire'; il faut plaire.
Tu fais trofrepéter que tes nobles aïeux
Etaient maîtres ailleurs mais fujets en ces lieux.
LE DUC.
Et qui peut maintenant vous caufér tant d'alarmes ?
Du plus bel avenir ah 1 goûtez mieux les charmes
Par tout des courtians qu'il ne faut qu^acheier
Ne fachant que/Ce vendre, & fstvvrfôc flatter
Appuis, fans le faveur de n grandeurs futures,
Ou fe 'comptant déjà parmi mes créatures.
Je crains peu les Valois je crains peu Médicis;
Je ne l'eftyne point ;c plains le roi fon fils
Ces lieux n'invitent pas à parler fans myflère
Mais.fi tout bas du moins on peut erre fincère,
Vous ne l'ignorez pas il eft fait pour céder;
Elle pour obéir en croyant commander.
Et quant au Chancelier n'eff-il pas votre ouvrage?
LE CARDINAL.
Compter fur l'Hôpital ferait lui faire outrage.
LE DUC.
Du moins ce cmur timide autant que généreux
Aime trop la vertu pour être dangereux.
Bourbon m'arrête feul c'eft un Roi magnanime
Il me hait je le hais mais il a mon eftime ;̃
Sa candeur noble & fière infpire le refpeét
Je ne fais quel inftind m'agite à fon afpect.
.Ce n'eft pas avec vous que veux me contraindre:
,Son afpeâ: m'interdit^ & fi je pouvais craindre.
Je l'avoiirai mon cœur fentirait quelque effroi
De voir un tel obftacle entre le trône & moi.
Laiffons-là ce public cette foule inconftante
Echo tumultueux des fables qu'on invente.
Qu'elle ofe m'applaudir ou m'ofe déprimer
Je ne defcendrai point jufqu'à m'en faire aimer.
fi effc de ces mortels qu'outrage l'indulgence,
Du figne des héros marqués dès leur enfance,
Vf
Par le choix de Dieu même au grand déterminé
Ilcft d'autres mortels s ramper deftinés
Automates flottans entre des mains habiles
Et dans l'obfcurité traînant des jours ftériles
Dévoués en naifl'ant à l'oubli du trépas,
Faits pour baifcr la terre où font marqués nos pas
De tous leurs vains propos que me fait l'arrogance
Le fort mit ei/tre nous un intervalle immenfe.
D'une gloire fans bornes il faut les infultcr
D'un regard^eomplaifant quelquefois les flatter
Mais les tenir-teajours couchés dans la pouffère
A ceux que l'on méprife on doit rougir de plaire.
Votre neveu pourrait humilier fon front
Et de leur amitié rechercherait l'affront
Mon père mes aïeux m'ont préparé la voie.
Souffrez que devant vous tout mon cœur Ce déploie:
Excufèz ma- fierté. Croyez que vos avis
Reçus avec refpetè, ne feront pas fuivis:
Vous rie me verrez pas aux faveurs plébéïennes
Vendre le nom de Guife & le fang des Lorraines
Je ne veux point fléchir; je ne fais point tro pér;
Et pour monter enfin je ne dois point ramper.
LE CARDINAL.
J'admire en le blâmant cet orgueil magnanime
Je vois de nos aïeux l'ambition fublime
Si tu régnais, un jour les Français plus heureux
Adoreraient les lois d'un -maître digne d'eux.
Mais pour tol-cependant je crains tes vertus même
Je crains ta confiance & ta fierté que j'aime,
Tous ces dons généreux que tu devrais cacher.
On apperçoit.le but pu tu prétends marcher
Sans l'avoir découvert, j'aurais voulu l'atteindre;
Tu ri'y parviendras pds fi tu deviens à craindre.
Vois par des l iens fàcrés les Français gouvernes
Sans but, fans intérêt loin d'eux-même entraînes.
Guife où voni s'arrêter tant d'efprits fanatiques?
Jeft peu d'avoir profcwt le fang des hérétiques
Quand nous'aurons du trône écarté les Valois
.Ces Bourbons ces Condé ne feront paint nos rois»
Un proteftant peut-il commander à la France
TRAGEDIE. ?*
Songeons à profiter de l'antique ignorance.
Je voudrais qu'en çe jour on nous eut accorde
Le fang du Navarrois ÔC celui de Condé.
Médicis le réfute. Un allié.! fon gendre!
Des fils de Saint Louis Non je n'ofe y prétendra.
D'autres avec le tems du moins c'eft mon etpoir
Auront moins de fcrnpule & nous plus de pouvoir.
Eux zlécruits tout s'abaiffe & les Vàtois eux-m.emes
Nous porteront bientôt à la grandeur fuprême.
Cependant je dirai deux mots au Chancelier:
Je fus fon protecteur il paraît l'oublier.
Il fertlesProteftarvi, nos amis l'appréhendent..
Chez moi dans ce moment nos amis nous attendent
Charles eft irréfolu Guife il faut fe hâter
Sur tout ce qui doit faire allons le cohfutter»
Fin 41' premier A8e.
ACTE IL
SCENE PREMIÈRE.
LE ROI DE' FRANCE, LA REINE-MERE.
"l, A H.EINE-MERE.
J\j.ON fils, n'en doute pas ce meurtre eft né-
ceflaife.
LE ROI DE FRANCE.
Mais au fein de la paix
LA.REîNE-MERE.
La croyez-vous fîtrcère?
LE ROI DE FRANCE.
Tout un peuple
fcf CHAR LES IX,
LA R El NE- M ER E.
Sans doute il s'agit de régner.
L E R O I D E FRANCE.
Cet effroyable coup peut du moins s'éloigner.
LA REINl-MERE.
Frappons cette nuit même.
LE ROI DE FRANCE.
Ah ma pitié l'emporte.
LA A REINE.-MERE. •
Vous aviez confenti.
L E ro I D E France.
Je le fais mais n'importe
Cc n'était point madame à l'inftant de frapper
Je m'eflayais moi-même & j'ofais me tromper.
Je, m'abufais vous dis- je il n'eft plus tems-de fejndw
Je me croyais plus fort. Mais qu'avons.nous à craindre
Ne précipitons rien. Je veux que les cfpritsy
Egacés tant de fois foirent toujours ,plus aigris;
Que la paix roir encore ou vaine ou peu durable;
Que des chefs Proteftants l'ambition coupable,
De la France, mes yeux prétende difpofer
Mais n'avons-nous 1 enfin, rfen à leur oppofer ?
Si dans le fond du coeur ils font encor rebeles
Ceux qui m'ont défendu ceux qui me font fidèles,
LA R El N E. DER E.
Il faut bien vous éclairer, mon fils
.Vous ignore? ^cricor qu'un Jloi n'a point d'amis.
J» vous donne il eft vrai des lumières fatales
Mais de vingt Na,tions parcourez les annales
Vpus trouverez paf-tour d'infidèles fujèts
Bampans & frémiflans fous le joug des bienfaits,
Ardcas à trafiquer de la honte & du critne
Prêt-! à vendre l'Etat & leur Roi légitime
A changer de devoir fitôt qu'un autre Roi
Marchande imprudemment ce qu'on nomme leur foi.
L'intérêt fait lui feul les amis & les traîtres.
Prenez du moins prenea leçon de vos ancêtres.
Sans remonter bien lois le Roi François premier
Tut un généreux Prince un^ noble Chevalier.
.TRAGEDIE. *S
Il enrichit Bourbon & te combla de gloire
Bourbon devait fans doute en garder la mémoire
Mais ce chef renommé funelte à l'Empereur
Et qui dans fes eités répandait la tèrreur.
̃• FlctrilTanr tout- à-coup le nom de connétable;
Devint pour l'Empereur un appui redoutable,
Et contre les Français guidant leur ennemis
Eut l'exécrable honneur, de vaincre fon pays.
Ils fe rcfl'emble tous connaiflcz leur faibleffe
Et fâchez les dompter à force
Tous ceux qui maintenant ont foin de vous venger,
Ceux- là même oferont un jour vous outrager.
Sur-tout vous êtes jeune & fans expérience
Craignez des Proteftans traités paix., alliance.
Ils ne vous aiment pas vous devez y compter
Ils refpirent; le mal ne peut plus s'augmenter.
Vous régn<te.
LE ROI DE. FRANCE.
J'aurais dû fi le mal eil extrême
Commandeur mon armée & les punir moi-même.
Deux tbis le Duc d'Anjou confondant leurs defleins,
Dans un fang criminel a pu tremper Ccs^ mains.
A tous les jeux obfcurs d'une oifive molèfle
Vous avez cependant condamné fia jeuneffe:
Vous n'aimez que mon frçre <t je pafle mes jours
A l'entendre louer, l'admirer toujours.
Je rcj;ne & c'eft lui feul que tout mon peuple adore;
Dansles dangers publics cell lui feul qu'on implore
Il 'ne me refte plus qu'à recevoir fes lois.
Français comme mon frère & du fang des Valois,
A^leur gloire immort:lle il-me fallait atteindre.
Mais l'avcz-vous permis ?
LA REINS-MIRE.
Et vous ofez vous plaindre
J'aurais pu pardonner des fentimens jalous
Au jeune infortuné qui régnait avant vous.
Hélas ce Prince aveugle à lui-même contraire
Rcpouflait le confeil & le coeur de fa mère.
Vous ne me voyez pas vous- confondre avec lui
<}ucdansleschamps guerriers d'Anjou futvotreappui,
16 CHARLES I X,'
Un tel honneur convient à la féconde p!ace.
Je fais que votre coeur plein d'une noble audace,
A pour les grands exploits un penchant glorieux
Je fais que bien Couvent on a vu vos aïeux
Entourés au combat de fang & de pouflîère
Dan> leur propre péril jetter la France entière.
Pour moi ,des condamne & le chef de l'état
Ne doit pas annoter les vertus d'un' foldat.
Il efl: d'autres honneurs il eft une autre gloire
Et l'art de gouverner vaut mieux qu'une victoire.
Nièce du grand Léon fille.de Mcdicis
Dans ce chemin gliflànt je puis guider mon fils
L'efprit qui le forma fut auffi mon partage
Et j ai fu les Français m'en rendtont témoignage;
Punir ou carcfTer luivant nos intérêts
L'or g.ueil Séditieux de vos premiers fujèts
Feindre de voir en eux tout l'appui de lï France,
Des honneurs les plus grands enfler leur efpérance,
Renverfsr tout-â-coup cette gloire d'un jour,
Les flatter les gagner les tromper tourrà-toùr
Et contre eux tous enfin m'armant de leur faibleffe,
^Régner par la difcorde & divifer fans cefTe.
Quand durant votre enfànce on vit les Protellans
S'unir contre la Cour aux Princes mécontens
De Guifc & de fon frère élevant la puiflance
Je voulus arrêter le mal en fa naiuance.
Mais enfin devenus trop grands par mes bienfaits
Us régnaient dans ce Louvre & je conclus la paix.
Je me fis des amis dans le parti contraire.
L'ambitieux Condé, s'éloignant de fon frère,
I^on fujèt un moment mais afin d'être Roi
Crut m'acheter lui-même & fe vendit à moi.
Avec Montrnorenci je vis enfin s'éteindre
Le nom des Triumvirs qui n'était plùs à craindre.
Ce vieux folelat toujours contre moi déclaré
Rejoignit dans la tombe & Guifé & Saint-André.
Il exiftait encor des ligues infolentes
Contraints de recourfc à des treves fanglantes,
Nous avons trop connu les différens partis
LongMems de leur pouvoir ils nous ont avertis, Mon
'Il
c
Mon fils'; Se Ci bip nt& vous n'agirez, peut-être
Ce Çoligni bientôt deviendra notre maître.
LE ROI DE F RANGE.
Qui¡ lui J rein
J'ai dit le moc c'eft à vous dcpenfet
Si vous avez encor le tems de balancer.
Devant vous, à l'inftant ne viens. je pas d'entendre
Ses difeours fes confeils ce qu'il ofe prétendre}
Et n'avez-vous pas vu -que fon efprit jalous
Veut m'écartèr moi-même & dominer fur vous
Le nom de la patrie eft toujours dans fa bouche,
;Mais de Ces vainsdifcotirs l'âuftérité farouche.
Trompant quelques, esprits, ne peut m'en imjtefer^
Ses avis font d'un maître; & j'ai .dû' fuppofer,
D'après tous ces combats où fans ceffeil afpirc,
Qu'il veut accoutumer le peuple à fon empire.
L;E R'OI DE FRANCE.
Jel'ai fouirent penfé, je lefens, je le crois.
Pourtant,
SCENE IL
LE ROI DE FRANCE LA REINE-MERE,
LE CARDINAL DE LORRAINE.
y Enez Moniteur venez vous joindre à moi.
Vous que le jour ou la paix fut conclue
La mort des Protellans fut auffi réfolue
Et ce coup néceflaire au bonheur de l'état,
Puniflant des mutins l'éternel attentat
Des rives de la Seine aux bords de la Durance,
Devait enfanglanter les cités de' la France.
Notre efpoir efl trahi nos vœux font Superflus:
Mon fils, craint de régner il veu: Se n'oie plus.
Ramenez, s'il fe peut, fa jeuneiïè imprudente.
LE CARDINAL.
bien vrai? qui votre ame flottante
i8 CHARLES I ti
Refufe d'obéir au voeu de l'Eternel
LE ROI D? FîtA'NCI.
Si telle eft en effet la volonté du ciel
Celui de qui je tiens mon rang & ma puilfanre
Me trouvera toujours prêt à 1 obéifTance.
Cependant je ne puis concevoir aifément
Comment le Roi des Rois, le Dieu jufte & clément,
Devenant tout.à-coup fanguinaire & perfidc
Peut aînfi commander la fraude & l'homicide
Comment il peut vouloir qu'à l'ombre de la paix
Un Roi verte à longs flots le fing de fes fujèts.
Pontife du Très Haut, c'eft à vous de m'intlruire.
LE CARDINAL.
Ecoutez donc fon ordre & laiffez-vous conduire.
LE ROI DE FRANCE.
J'attends avec rcPpeét cet ordre redouté.
LE CARDINAL.
Le Dieu que nous fervpns cil un Dieu de bonté;
Mais ce Dieu de bonté de paix & d'indulgence
Commande quelquefois la guerre & la vengeance
Mais au monr-Sinaï, 1 avez-vous oublié ?
Etouffant les clameurs d'une indigne pitié
Les enfans de Lévi, miniftrës fanguinaires
Pour plaire au Dieu jaloux ont immolé leurs frères
Et la faveur du ciel appaifé déformais,
Sur les fils de leurs fils descendit à jamais.
S'il a tonné ce Dieu par la voix de Moïfe
Il emprunte aujourd'hui la voix de fon églife.
̃Penfez-vous qtt'un monarque ait droit d'examiner
Ce que veux 1 Eternel ce qu'il peut ordonner ?
Mais vous Roi très-chrétien vous de qui la jeuneife
Semble avoir obtenu le don de la fâgefie,
Vous de tant de faints Rois, noble poftérité
De leur zèle héroïque avez-vous hérité ?
Fil$ aîné de l'Eglife en vous l'Eglife efpère
Eveillez, vous frappez \Sc vengez votre mère.
Frappez n'attendez pas que fon fein déchiré
Accafe votre nom vainement implôré
Craignez, jeune imprudent, de recevoir des maîtres
Tremblez que vous ôtant le rang de vos ancêtres
Dieu ne vous fafle encor répondre de nos pleurs
TRAGADI E.
Ci
Et des maux de f Eglife, & de tous vos malheurs.
LE ROI DE 'FRANCE.
Arrêtez loin de moi cet avenir horrible
Arrêtez. De mon Dieu j'entends la voix terrible;
Il m'échauffe, il me preflc il accable mes fens.
Eh bien j'obéirai c'en eft fait j'y confens
Je répandrai le fang de ce peuple perfide
Après tout ce n'eft pas le fang qui m'intimide;
Je voudrais me venger. Mais ce grand coup porté
Ma couronne & mes jours font-ils en fureté t
LA REINE-MÈRE.
Ils y feront alors.
LE ROI DE FRANCE.
Vous avez ma promette.
Mais je dois l'avouer, foit prudence ou faibleffe
J'aurais voulu choifir un parti moins affreux.
De mes prédeceileurs 'les ordres rigoureux
Ont {ou vent je le fais fous des peines mortelles
Interdit aux Français ces croyances nouvelles.
Je comptais rétablir les anuques édits
Je voulois au confeil en propofer 1 avis.
LE CARDINAL
II faut les rétablir, mais après la vengeance.
Des efprits toutefois gagnons la confiance;
Proposez votre avis vous allez cffrayer
La moitié du confeil fur-tout le Chancelier.
Mais tout diffimuler ferait une imprudence.
On peut fe méfier d'un excès de clémence.
Propofez votre avis. U,n fi vafte projet**
Veut de l'art veut des foins, veut un profond fecrèt.
Toac va bien jufqu'ici votre époufe l'ignore
La cour en ce moment ne le fait pas encore
Nos guerriers l'apprendront une heure avant h nuit.
Mais, Sire eux exceptés qu'aucun ne foit inftruit.
Que l'Amiral trompé.
LE ROI DE FRANCE.
Je le jure, & fans peine
Je pourrai le tromper je le fens à ma haine.
11 doic vous le favez me parler en ces lieux.
L A REÏ NE-M E R S.
Oui, de projets, dit-il, importans glorieux.
le-- C H A R L ES'lX.
Quels que foient ces projets, il faut vous y fourrfetfre/
Ne voulant rien tenir vous devez font promettre.
Enivrez-le cr'efpoir; qu'il rie pnifîe uainftant
Ou voir, ou deviner le piège qui t'attend.
Il vient. Retirons-nous.
SCENE Il!
LE ROI DE FRANCE L'AMIRAL DE
COLIG,NI.
LE ROI DE
j\$<:ez fong-tems peut-être
Vous avez Coligni méconnu votre maître, <#,
Vous recouvrez enfin dans ce jour de `pardon
Le crédit les honneurs dûs à votre maifo"n
D'un frère fugitif je vous rends l'héritage
Et toujoursmes bienfaits feront votre partage.
Approchez-vous, (non père*
t'AMIRAt.
O mon maître ô mon Roi dit
'lf% ROI DE FRANCE,
b'écouter vos confeils je me fais une loi.
Parlcz. Je les attends avec impatience,
J'ai fur vous déformais placé ma confiance.
i'amika r..
Je veux la mériter. Sire, il fetit des combats.
Ne portions point la guerreau fein de vos états;
Effaçons bien plutôt ces jours de nos misères;
Philippt & fes fujèts font nos vrais adverfaires.
De l'univers entier Philippe détefté
Vit heureux & paifîble & prefque refpedé.
Je ne chercherai point à vous compter fes crimes
Jufques dans fa famille il a pris des victimes.
Carlos avant le tems au tombeau defcendu
Jette un cri douloureux qui n'en: pas entendu.
Le fang de votre fœur demande auffi vengeance.
Maintenant (avez-vous quelle eft fon efpéranceî
-TRAGÉDIE.
Déjà dans fa penféc il combat les Français 's
Sur nos' divifions il bâtit Ces fuccès
Le il obferve il épie
S'il pourra dans nos champs porter le glaive impie.
Si les jours fanr ,enus ou de perfides mains
Ofcront vous lui frayer les chemins^
Quelques inomensencor. Et nous pourrions f attendre
A Ci j'ofe
Oui j'y prétends fur-tout afin de le punir
Dans fes affreux dacins je cours le prévenir.
Mais il faut travailler au bien de la patrie
Sire 1 n'employez pas, c'eft moi qui vous en prie
Rets & Guifc & Tavannts Se tous ces courtifans
Des malheurs de la France odieux artifans.
Recherchez un guerrier. Faut-il que je le nomme
Qui portedansfes yeux le vœu d'être un
Ce Prince magnanime vos lie
Bourbon ce jeune ROI, çe Roi votre allié
Qu'on ne pourra bientôt lui -même
Ce neveu de Condé que j'admire que j'aime
Son élève 8c lé mien, déjà plus grand que nous
Digne enfin du beau nœud qui 1 unit avec vous.
Confiez-nous le foin de garder la frontière,
Et le foin de l'attaque ôc la fortune entière.
Àux marais de Bruxelles envoyez des faldats.
Bourbon fera leur chef & d'autres fur mes pas,
S'avançant auffitôt Je long des Pyrénées
Prendront du Biscaïen les villes concernées.
I.à, jufqties à l'hiver je bornerai mes coups
Je veux m'y retrancher, ik l\ l'on vient à nous
F.nfévelir aux champs d'une autre Cérifoles
Ces telles fi vantés des bandes Efpagr.oles
Puis au rein de Madrid cherchant un furieux,
Venger de votre aïeul les fers injurieux
I.c trépas de Carlos lfabellç immolée
Et pat un opprefleur lefpagne dépeuplée.
LE ROI DE
Cette guerre ce utile & je n'en puis douter
Mais avant d'entreprendre il faut fe
Les armes des Français pourront-clle fuffirc
'A combattre l'Espagne & le chef de
Ou bien de mes états ce dangereux v
Va-t.il contre Philippe époufer mon deftin ?
Penfez-vous qu'il oublié .en faveur de la France
Et leurs communs aïeux, 3c leur double alliance
•*> L' AMIRAL.
IWaigrc tant de liens cft étranger pour lui.
On fait depuis long-tems leurs méitntelligence
tt nous devons fans doute en fixer la nailtance
'Au tem$oùCharles.Quim, Jaffé de fa grandeur,
]Nommant fon filstnonarque, & ton frère empereur,
Aux, mains de fes neveux fit tomber en partage
la plus noble moitié de fon vafte héritage.
PlaIgnez plaignez Philippe il n'a que des foldats,
L'amour de fes fujets ne le défendra pas
Le vatican fera fon unique refuge.
Voulez-vous prendre aufü le vatican pour juge?
Ah n Rome oubliait qu'un Roi. de votre nom
Reduifit Alexandre à demander pardon,
Quand le Tibre & le Pô fiers de notre vaillance
Coulaient avec orgueil fous les lois de la France,
Il ne vous faudrait pas, imitans vos aïeux
Perdre chez les Tofcans des jours viftorieux.
Et ces tems ne font plus, où l'Europe avilie (
Craignait,les vains décrets du Prêtre d'Italie.
L E K O I D E FRANCE.
Tant de fagetfe eft'rare en des projets fi grands.
Vous avez tout prévu s c'eft aflez, je me rends.
Courez venger 1 état, l'honneur de mes ancêtres
Et le fang de Carlos & le fang de vos maîtres..
Montrez aux Caftillans un neuveau Duguefchn
Eteignez leur fplendeur déjà fur fon déclin
Aux drapeaux des Français enchaînant la victoire,
De vos heureux deffèins cternifez la gloire.
Par l'époux de ma fmur ils feront fecondés
C'eft votre,digne élève & vous m'en répondez?
c l'ami r al.
Sire »votre indulgence ehcourage mon acle
Oui, combattbnsTEfpagne, & régions-nous fur elle.
Dans fes hardis projets il faut lui refehkr
Pour l'effacer un jour i a la faut égaler;:

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