Charlotte Corday : tragédie en trois actes et en vers ([Reprod.])

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[s.n.]. 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1795
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t ¥ >.
A a
JL^nthôtcîsïasme & de la liberté
avaient enfanté ces jamais
mémorables, le 14 le 10
13 ne droits de
étaient proclamée le trône des
rois était abattu les vérités éternelles de
la raifon S: de la nature dt
fabyme où les avalent plongées
les
deér ïértântiont.
Fran-
c 4
obtinrent dans
une ville dès long temps dominée par une
populace vénale & barbare, triompha du
vrai patriotifme trop ami de l'humanité 3
pour vouloir cimenter, même d'un fang im-
pur » les premières faafes
libre. fang,
plutôt. qu'un 'défaut d'énergie quia perdu-
les Girondins & leur a fait épargner, îorf-
qu'ils pouvaient les frapper, les modernes
C&tilina qui régent encore. Plus philofo-
Girondins, foute
d'avoir balayé l'écume de la France, de cette
mer agitée, dans les premiers raomens de
Torage ont !aine ? former fur fa furfac*
un limon croupiflant peftilentiel pour eux
& pour la liberté dans lequel fe font mul-
tipliés d'innombrables reptiles, 8c qui ne
tem-
les Danton, -les
»ré-
forfaits, on*
ineni in»
( f >
A
très érigeraient 'encore, fileurs complices
ne les avaient égorgés pour régner à leur
place, Et ces complices leur furvivent Parfs
croit s'être affranchi du joug,
fait que changer de tyrarn: le peuple crie
encore: vive la montagne 9 lorCque presque
tous les montagnards connus font guilloti-
nés. Grand Dieu! que le refte de ces bêtes
féroces, raturées de chair humaine, qui
en proye
à l'exécration publique jufques à quand
trouvera-t-on des hommes aflkz ftupides, ou
d'aflez mauvaife foi, pour confondre les
Montagnards & les Républicains les tigres
& les amis de l'humanité quel opprobre
pour la s'il fallait atten^
Le prétexte de la du parti de
la Gironde » fut le projet qu'on lui fuppoft
de vouloir France en petites repu-
fédérées: on lui imputa vaguement
XVI & les despotes étrangers
bliffement de la royauté.
c i y
non.feulement de toute preure mais mê-
me de toute forcé les ennemis
de la Gironde qui confervent un refte de
pudeur à fe retrancher dans la première.
Ces accufations adoptées par i'igqonuice
propagées par la oïauvaifi foi font démen-
ties par les écrits, par les principes, par
toutes les de ceux qu'on appelle Gi-
rondins. Tous adoraient la liberté tous
voulaient la république une & indivifible
j'en appelle. la confcience des tyrans qui
les ont dévouée a lamort. Mais par une in-
concevable fatalité, les impoftores les plus
invraifemblabîes trouvent aujourd'hui plus
de croyans, du moms en apparence, que
les vérités les plus évidentes; il finit laiffer
au tems le foin de corriger les hommes, &
de difliper tous les nuages de l'erreur,
indignés dé l'attentat qui avait opéré ladif-
foîution delà Convention Nationale, à l'épo-
que du 3 1 May, tous les répiïbBcaiss français,
tous les dépajrtemens prirent les armes,& for-
mèrent une forte de fédération pour en tirer
une vengeance éclatante, C'eft la première
vraiment nationale dont Phif-
foire, des peuples libres offïe un exemple.
Lc befoin d'agir en&mble de donner un
( f )
A 4
moimxneat toutes leura démar-
«hes de combiner leurs forées de
fer un fédéra-
tion des départentens, que les Montagnards
âuffi ont fuppofé
avoiréu pour objet, des répu-
fédéralifme. Cette ré-
Tolution avorta la France fut efclave mon
œil épouvanté ne peut fe fixer fur les fan-
glaotes cataftrophes qui ea ont été, qui ta
feront les fuites Phîftoirc impartiale éclai-
rée, les différentes cartes qui
contribuèrent à faire échouer cette infur-
redion fublime je ne dois pas le« dé?elop*
per ici.
Marat enfin. Oeil le premier tyran
de la dans fet c/elï
fe feu! auquel on autels qui fe-
ront bfîfés ûh put. Il ferait mort fur Péchaf-
fitud comme les le départe-
ment du Calvados n'avait renfermé dans foa
d'une
feiîfible, d'un caraâère énergique,
d'une même reçu cet
diftinguée f qui
X )
deflcin de ? dévouer à fa patrie* & de l'af*
franchir du plus vit des tyrans. La calomnie
le befoin de répandre fur
toutes tes vertus, & de ternir l'éclat des plus
belles avions, a répandu que le fanatifme
royal, que le de venger un amant dont
la mort était Marat, avait infpiré
cette femme héroïque. Calomniateurs
l'amour de la patrie & de la liberté la
baine des tyrans voilà les fentimens qui
confumaient ton
Elle exécuta fon projet avec une fermeté
cligne d'elle. Les deux lettres qu'elle écrivit
quelques
lJautre a fon fon in-
terrogatoire devant le Tribunal Révolu-*
tionnaire
tifs les ac-
montrent fous
le jour qui lui convient le perfonnage le plus
les tranfcri$
de
e ..)
paffage que des applaudiflemens & des
5> Bravo. Le fourire fut le feul fignfe par
» lequel elle manîfefta fes fenfations mon-
tee fur le théâtre de fon fupplice fon vu
3| fage avait encore la fraicheur & le coloris
,» d'une de Pexé-
» cution le voile qui couvrait fa*gorge fut
» enlevé, & dans ces derniers moments on
» diltingua für fes joues le rouge adora-
ble de la pudeur
Le fatal couteau trancha fa tête, & le bour-
reau Payant faifie par les cheveux ne fecon-
tenta pas de lamontrer dégoûtante de fang,
aux yeux d'|ine populace cannibale; ce tigre
pouffa la férocité juiqu'à lui donner des fouf.,
flets ce dernier trait caradériie les affaffin*
de Charlotte.
J'ai placé dans la journée du |i May la
mort de Marat qui n'arriva qu'au mois de
Juillet fuivant par ce moyen J'ai eu occa-
cette défaftreufe journée, qu i
changea toot-à-coup la France libre» en un
théâtre^ de meurtres & de brigandages.
'le
.affaire de Mark- Anne Charlotte €oriay% née
y âgés de z£
dô I*t& dfa€acufetion.
Le- jmffîéem eu tribunal à f&emfée. Vous
allez entendre les charges qui feront portées
contre vous.
On procède à l'audition des témoins.
• La citoyenne Evrard, dépote que Taccufée
s'eft préfentée, le matin du 15 Juillet chez ie
citoyen Marat, où dit déposante demeurait;
que fur h réponfe que ce députe était malade
& qu'il ne pouvait recevoir perfonne elle fc
retira en murmurant; quelle a écrit une lettre
qui ra fait recevoir le heures du
foirj qu'un tri parti du cabinet où fe trouvait
le bain de Marat, fa fait accourir qu'elle a
trouvé Taccufée debout contre us rideau
éms l'antichambre; qu'elle Faprifepar la tête,
& qu'elle a appelle des voiûns que
efle a couru à qu'il ra
rien dire qu'elle a aidé k le
fjortir du bain 8c qu'il a expiré fans proférer
une feule parole.»,».
d/pqfîtion. Oui »
c'dl moi qui l'ai
Le Qui vous a engagée à com-
mettre cet affaffinat?
raceufée. Ses crimes.
Le par Ces
f S
Le Quels font ceux qui
fe trouvant chez le citoyen
fept & huit heures du
occupé à ployer des journaux il • vit venir
qui la citoyenne
tière refuférént l'entrée. Néanmoins le citoyen
avait reçu une lettre de cette,
femme l'entendit infifter & ordonna de là
laiflfer entrer, ce qui fut exécuté. Quelques
minutes après, lui. dépofant, entendit crier,:
 ma A ce brait,
étant entré dans le cabinet où
vit le fang couler de fon fein à gros
bouillons, A cette vue, étant
\vanté* il cria au fecours; Se
crainte que cette femme ne fit des efforts pour
s'évader il barra la^porte avec des chaifes »
& lui en porta même un coup fur la tête,
Je vous interpellé
de avez à répondre.
Je répondre, le fait
en: vrai.
Jeanne Maréchal cuifinière dépare les même*
faits. Elle ajoute qu'ayant de
muant la langue, Se ne
parole.
Le fait eft vrai.
Marie Barke Aubin 5 portière de la
où demeurait le citoyen Marat dépofe les ̃
Mamt dont le fang fortait à gros
bouillons de Ton fein alors* effrayée elle cria fla
de toutes £es au la
Vatcufét* La déposition eft de la plus grande
Catherine Evrard dépofe les mêmes fait*,
que fa fœur,
Un autre témoin tmployé à la Mairie, I;
dépofe que Vendredi dernier vers les ex
heures du foir, il a <vu venir i'accufée à la l<
Mairie, laquelle a demandée lui dépofant qui
était fur la porte fi elle pourrait parler a |:
Pache à quoi il avait répondu, en lui. mon-
frant l'efcalier Monte\.
Untcufte. Cela eft faux je ne fais pas ci I
cft la Mairie.
Marie-Louife Granlier tenant l'hôtel de la
Providence, rue des Vieux-Auguftins dépofe
que Jeudi dernier t'acculée eft srrivée chez
elle dépotasse, qu'elle s'eft fait faire un }k
pour le repofer attendu qu'elle était difait-
elle très fatiguée. Elle s'eft depuis fait con-
duire au Palais-Royal où un citoyen à elle
inconnu eft 'venu la demander.
Le préfideni à teceufû. Qud eft cet ia-
Uaccufëç. C'eft Duperret
Le préfident. Ne devait-il pat vou» coadtiw
chez ..le jaoiniôre de
tg
II m'y
j y avais affaire pour obtenir es papiers né*
de mes amies, nommée Forbin,
«t-devant chanoineHe*
Le prëjîdtnu Qui vous a
Marie Louife Graelier obferve qu'ayanU
appris que' Taccufée était de Caen, elle îui
avait demandé s'il était vrai qu'il marchait
fur Paris une force armée & qu'eue itri avait
répondu en riant le me fuis trouvée fur
la place de Caen le jour ou l'on a battu la
général pour venir à Paris il n'y avait pal
30 perfonnes..
Pourquoi difiez-
vous cela à votre hôtefle ?
Pour lui donner le change^ êc
Re pas être fufpecle j car il avait plus 9*
30 mille hommes..
Le préfidtnt* Quel eft en
.-le la,,Ville, de Caen?
tous les départemens qui font dans l'intention
̃de marcher fur Paris,
Le préfident. Que font les députés trank
jfuges ?
Ils ne fe mêlent de rien
attendent que l'anarchie celle, pour revenk
là leur pofte.
Quels députés y avez-vous vusr*
4 Cm âiio t ? i .C o H h ̃*» ci
Le préfident. Barbaroux lors de votre d£
part, était..il iïiftrak du fujet de votre voyage?
lïûccufée, Non.
Le préfident. Qui vou* a dit que l'anarchie!
régnait à Paris ?
L'accufée. Je le favais par les journaux.
Le préfident. Quels journaux lifiez-vous ?
Vaccufée. Permet, le Courier Français & le
Le pnfident. Ne point le
journal de Godas, & celui connu ci-devant
fous le titre de Patriote Français ?
Efais quelquefois ces fortes
de journaux.
Le prtfidtnt, Etiez-vous en liaiibn d'amitié
avec les députés retirés à Caen ?
Non. mais je parlais à ton$.
Le préfident. Oà font-ils logé&f
L'accujee. A l'intendance.
Le prifidênt. De quoi s'occupe\v Ils ?
Eaccufee. Ils font des chanîbns des pro.
pour rappelleT le Funion.I
pour
exeufer leur fuite ?
Laccufi'e. Ils ont dit qu'ils étaient vexés
par les tribunes.
Le préfident Que
Vaccufée. Es les regardent »et,
featée à la Omvmâm îfe»«»ri« d*m 1» icfrl
Chario tteCoidai, if
Le préjident. Qui vous a remis fon adreCk,
trouvés dans votre poche, écrite au crayon ?
iaccufét. C'efl un cocher d$ fiacre.
Le préfiétni. Ne ferait-ce point plutôt T>w
perret?
vous fréquentiez à. Caen ?
Laïae,
officier municipal: & k curé de Saint-Jeaii.
Le préfidtnt. Commeat nomme* vom ^c
Ë&ctufit* Du vivier.
Le préfident. Etait-ce à un prêtre aflermeaftl
ou infermenté que vous confeffe
Caen?
Ëatcufîe. Je n'allais ni aux uns ni aux
autres.
Uprtfidtnt. N'êtes -vous point ïainki de,
quelques-uns des députés transfuge*?
lA préfident. Qui vous a dono^ îe
port avec lequel vous êtes venue à Paris?
l'avais depuis trois mois.
Quelles intention^
De faire ceflfer fe»
«îe paffet en Angreterre ft je point hé
kS tHARtÔÏTsCoiDAY,
1 affaire du 31 May, jert*
de l'arreftation des députés du peuple.
Le prejïdenr. N'avez vous point affiné aux
conciliabules des députés transfuges à Caen?
Non jamais.
Le préfident. C'eft donc dans les journaux
que vous Jifiez, que vous avez appris que
Marat était un arïarchifle ?
Laccufée. Oui. Je lavais qu'il pervertiffak
la France. J'ai tué un homme pour en fauver
cent mille. Celait d'ailleurs un accapareur
d'argent On a arrêté à Caen un homme qui
en achetait pour lui. J'étais républicaine bien
avant la révolution !& je n'ai jamais manqué
Le Qu'en tendez- vous par énergie?
Eaccufée. Ceux qui mettent î' intérêt par-
ticulier de côté, & favent fe facrifier pour.
leur patrie.
Le préfiâtnt. Ne vous êtes -vous point
ciïayée d'avance avant de porter le coup
L'accufû. Non. je ne fuis pas un affadi n.
Le président. Il efl cependant prouvé, pat
le rapport des gens de Fart, que fi vôu«s
enfliez porté le coup en au lieu de le
porter en large vous ne l'auriez point Me.
comme cela s'eft trouvé,*
pour être venue loger chez {on maître Je 1 x
Il
Paris* que lui
ayant demandé ce que J'on' difait à
petit lui, lui avait dit que
mais que
du de
la que
lui, lui.' acheté du papier des
l'encre mais ne lui a vu écrire
aucune lettre.
N'étiez-vous jamais
venue à Paris ?
Non jamais.
point reçu, de-
puis votre arrivée des lettres
n'en avez-vous point envoyé ?
Non.
les dames de
en
pendant les troubles arrivés en cette
deux madame
mademoiselle Vaillant
votre
Français « il entendit crier
t%
avec la force armée
qu'il commandait chez ce repréfentant du peu-
ple, où il a trouvé ibr une
chaife il a affifté à la rédaction du procès-
verbal, après lequel il Ta conduite à FAbbaye.
Antoine Delsfondée dentifte principal
locataire de ia raaiion où demeurait Marat,
dépofe que le 13 Juillet vers les 7 heures
& demie interrompu dans fon
travail, par ces mots On
qu-étant accouru fur le champ,' il trouva ce
député dans fa Baignoire, perdant tout fort
qu'il fit fur le champ une compreffe pour
le lui arrêter & commanda en même
d'aller aux écoles de chirurgie chercher du re-
cours lui ayant tâté le pouls, il ne lui en
à le retirer de fa baignoire-
& à le mettre dans fon- lit où* étant il n'a
plus remué, étant déjà mort. ̃
Catherine Lebourgeois dépofe, que
Jeudi foir fe trouvant dans une des tribunes
de la Convention Nationale, numérotée 4,
lors de l'élection du préndént, fac-
culée deux
reconnus depuis pour
l'autre Fauchet.
Le portier de Thotel de la Providence,
attelé Que Taccufée a dormi toute la foirée &
n'eft point
je me fuis cinq
Charlotte CORDAT. 19
B
La citoyenne Lebourgeois perfifte dans fa
dépofition.
Berger, limonadier dépofe reconnaître l'ac-
eufée pour l'avoir arrêtée. Voyant qu'elle dé.
firait être livrée à la fureur du peuple il la fit
remonter chez Marat où arriva eufuite le
commiflaire Dumefnil; il ajoute qu'il avait vu
dans fon fein la gaine de fon couteau, & une
diatribe en forme d'Adrefle au Peuple Fran-
çais où plufieurs victimes étaient déftgnées.
U préfidem à t&ccufét, Que répondez-vous
a cela?
Uaccufit* Je n'ai rien à dire fmon que j'ai
Claude Fauchet, député à la Convention
Nationale, eft entendu il déclare n'avoir jamais
connu directement, ni indirectement J'accufée,
ne ravoir jamais vue & par conféquent n'a-
voir jamais été avec elle dans une des tribunes
de la Convention Nationale.
L'accufee. Je ne connais Fauchet que de
vue; je le regarde comme un homme fans
moeurs & fans principes, & le Je méprife.
Le préfident interpelle la citoyenne Lebour-
geois, de déclarer fi elle perfifte à foutenir
qu'elle reconnaît Fauchet pour être un de ceux
qu'elle a vus dans une des tribunes de la Con-
vention Jeudi foir.
Fauchet foutient que le fait
point été ce foir «là à la
so Charlotte Cordât.
Sur l'interpellation qui lui eft faite de décLv
rer où ii a paffé la foirée du Jeudi foir il
répond en avoir paffé une partie à jouer an
trictrac avec févêque de Nancy & le citoyen
Loifeau» & l'autre chez le citoyen GdTnairc
dans le {au¥.bourg Saint-Honoré,
La citoyenne Lebourgeois
dans fa dépofmon,
Claude Romain Latrze-Duperret, cultivateur,
i!éputé à la Convention Nationale, déclare ne
connaître l'accufée que depuis
Une de Tes filles lui ayant dit qu'une darne
quelle ne connajfTait pas, lui avait remis Un
paquet, il l'ouvrit, & trouva qu'il renfermait
des une lettre d'avis qui lui fai-
fait pan de l'envoi defdits imprimés & lui re»
porteur du paquet
cornmç ayant- befoin de papiers chez le minit-
̃tire de l'intérieur* Cette dame étant revenue le
loir fa fille l'a reconnue ponr erre celle qui
avait apporté, quelques heures auparavant
ledit paquet n'ayant pu la conduire ce fbir-là
chez lut demanda fon adrefîè
pour allf r la trouver le lendemain Se l'y con-
à quoi $\h rendu,
tjit qu'il n'y était pas* S'étant annoncé comme
député, on lui dit de venir, à huit' heures du
pour
papiers d« lui déclajajat
G.HAft&ÔTtB CoiBil Il
B$
décret qui avait été rendu ce même jour.
il repréfenta à fâccufëc. qu'a pourrait peut-être
lui être plus iidûble qu'utile, en î* accompa-
gnant chez le miniftre que d'ailleurs elle ne
parai ait point munie de procuration du refte,
il eft abfolument faux qu'il fe foit trouvé avec
l'accufee dans une des tribunes de la Coa«
vention Jeudi foîr.
La citoyenne Lebourgeois interpellée fur ce
dernier fait, répond qu'elle le reconnaît très-
bien, pour être celui qui était avec Façchet &̃
l'accufée qu'il était vêtu d'un pantalon & d'un
habit rayé.
Dupe m t au préfideiit du tribunal* Je de.
mande que l'on aille fur le champ vifiter ma
garde-robe dans laquelle on ne trouvera ni pan.
talon, ni habit rayé, & j'alïiire n'avoir été que
deux fois chez Y aceufée.
Le garçon de l'hôtel obferve à Duperret qu'il
y tft venu trois fois à fa connaiffarice favoir
deux fois le Vendredi & une le S,amedi.
Duperret Je foutiens n'y avoir, été que le
Vendredi.
L'accufét. Duperret n'eft point venu chess
ir.oi le Samedi Se je le lui avais même défendu
exprefTément,
Le président Pourquoi lui aviez-vous dé-
fendu de venir chez vous le famedi 3 Juillet ?
Parce que je-ne voulais pas qu'il fût
compromis je l'avait même engagé de partir
pour Caen.
SI Chaiiotti Coiday. «
Le l'engagiez-vous à par-
& pour cette ville?
Eaccufée. C'eft que je ne croyais pas fes
jours en fureté à Paris.
Le préfidtnt. Mais vous voyez bien que
vous y avez été vous-même en fureté après y
avoir commis un pareil forfait & vous n'igno-
rez point que les députés qui font à Caen
n'ont pas reçu la moindre égratignure.
Vauufée. Cela eft vrai mais auiîï ceux qui
font détenus ne font pas encore jugé?.
( Ici l'acculée s'apperçoit qu'un des auditeurs
eft occupé à la deviner elle tourne la tête de
fon côté. )
Le président. Combien font-ils de députés à
Caen ?
L'accufee. Ils font feize.
Le préfideni. N'avez-vous point prêté quel-
que ferment avant de quitter Caen ?
Z1 accu fée. Non.
Le pnjident. Qu'avez-vous dit en partant?
Vaccufte. J'af dit que j'allais faire un tour
a la campagne.
qui a porté votre paquet à l'hôtel de la
Providence?
Ëaccufù* Il fe nomme Lebrun.
dans l'inten-
tion d'aflkflîner le miniftre de l'intérieur îorf-
que vous vous êtes rendue chez lui avec
Duperret ?
Eeccuffc Si j'avais eu deflein de raflafliner
Charlotte
B4
je me
pour en etre le témoin je n*ejci voulais €}u>à
L e prefîdcnt. Quelles font Its perfoirines qui
vous ont confeillé de commettre cet aflaffi&at?
jLaccujét Je n'aurais jamais commis un pa-
reil attentat par Je confeïl des autres c'eft
moi feule qui en ai con^u le projet & qui
lai exécuté.
Le pre'fident. Mais comment pensez vous
faire croire, que vous n'avez point été con-
{cillée, Jonque vous dites que vous regardiez
Marat, comme la eau fe de tous les maux qui
défolent la France, lui qui n'a cefTé de déma£
quer les traîtres & les confpirateurs ?
Il n'y a qu'a Paris où Ton a les
yeux fafeinés fur le compte de Marat; dans
les autres départemens on le regarde comme
nn monilre.
Le préfident. Comment avez- vous pu re-
garder' Marat comme un nionftre f lui qui ne
introduire chez lui. que par un
a die d'humanité parce que vous lui aviez écrit
L'accnjëc. Que m^mporte qu'il fe moi^re
humain envers moi fi c^eft un monftre en-
vers les autres.
Le prtfidtnu Croyez -vous avoir tué tous
3es Marat f
*4 CHAEto'TTÊ CôRÔAf.
de l'acculée diaprés les difcours quelle vous
a tenus.
Duperret. Je n'ai apperçu dans fes difcours
que les propos d'une bonne citoyenne. Elle
m'a rendu compte du bien que les députés
font à Caen, & m'a confeillé d'aller le»
joindre.
La frifidmt à JÙmptrni, Comment avez-
vous pu regarder comme une bonne citoyen-
]ne, une femme qui vous confei liait d'aller à
Caen t
Duptrrtî, J'ai regardé cela comme une affaire
.l'opinion..
La citoyenne Lebourgeois eft interpellée de
nouveau de déclarer il elle eft bien fùre que
ce foit- Duperret qui était avec l'accufée dans
une des tribunes de la Convention.
£ite' répond' que fi ce n*eft point lui c'eft
au moins une perfonne qui lui reffemble
beaucoup.
On repréfente à Taccufés ua couteau à gaine.
L'accufce.'Ccfo. le même dont je me fuis
fervi pour afTafliner Marat
On fait Mure à Faccuféê de deux lettre
quelle reconnaît pour avoir été écrites pareil?,
depuis fa détention. La première eft adreffée à
Barbaroux, la féconde à fon p^re,
Le Comité de falut public m'a
promis de la première de ces lettres
afin qu'il puiffe îa communia
du tribunal pour faire tenir la féconde.
Charlotte Cordât;
L/accufateur public réfurae les débats.
par le tribunal pour dd-
fendre avec fang-
froid l'horrible attentat qu'eUe a commis elle
en avoue avec fang froid la longue premédi-
affreufes en un mot elle avoue tout, & ne
cherche pas même a fe juflifier. Voilà, citoyens
jurés, fa défenfe toute entière. Ce calme imper-
turbable & cette entière abnégation de toi-
même, qui n'annoncent aucuns remords, &pour
ainfi dire, en présence de la mort même ce
calme. & cette abnégation, fubiimes fous un
rapport, ne font pas dans la nature; ils ne peu-
vent s'expliquer que par l'exaltation du fana-
tifme politique qui lui a mis le poignard à la
main. Et c'eft à vous-, citoyens jurés, à juger
de qnel poids doit être cette confidération mo-
raie dans la balance de la juftice je m'en
rapporte à votre prudence.
Les jurés vont aux opinions.
D'après la déclaration unanime -des jurés,
le tribunal prononce la peine de mort contre
Marie Charlotte Corday, & la confiscation de
fes biens aupro6t de la République.
Marie Charlotte Corday fe tournant vers
Chauveau/bn de'fertfeur. Vous m'avez défendue
d'une manière délicate & généreufe c'était la
feule qui pût me convenir je vous en remer-
cie elle m'a fait avoir pour voîjs une eftkne
dont je veux vous donner une preuve. '.Ces
26 Charlotte Corday.
Meneurs viennent de méprendre que mes
biens font conëfqûés je dois quelque chofe
a la prifon je vous charge d'acquitter cette
dette.
Marie Charlotte Corday eft reconduite en
prifon.
Un confeffeur fe préfente à elle.
Mark CorJay au prêtre. Remerciez de leur
attention pour moi, les perfônnes qui, vous
ont envoyé mais je n'ai pas befoin de votre
miniftère.
Lettre de Charlotte Corday à Barharoux.
Mprdi 8 heures du foir.
Vous avez défiré citoyen que je vous
fiffe connaître le détail de mon voyage je ne
vous ferai pas grâce de la moindre anecdote.
Je fuis partie avec des voyageurs que f ai
bientôt reconnus pour de francs montagnards.
Leurs propos auffî fets que leurs perfonnes
étaient défagréables m'ont bien vite ennuyée
je les ai laiffé parler tout leur content > & je
me fuis endormie. Un de ces meffieurs, 'qui
aime apparemment les femmes dormantes, a
voulu me perfuader à mon réveil que j'étais la
fïîîe d'un homme que je n'ai jamais vu, & que
j'avais un nom dont je n'ai jamais entendu par-
& voulait partir à l'inftant pour me demander
qu'ils
©nt pu, pour connaître *aon nom & mon adreffe
Charlotte Corday. %t
Paris, mais j'ai refufé de
fidèle à cette maxime de mon cher & vertueux
Raynal:
Qu'on ne doit pas la vérité à fes tyrans.
w Arrivée à Paris, je fus loger rue des Vicux-
Auguftins,
fuite trouver Duperret, votre ami je ne fais
comment le comité de fureté générale a été inf-,
truit de la conférence que j'avais eue avec lui.
Vous connaiflez l'ame- ferme de ce député il
leur a répondu la. vérité. J ai confirmé fa dépo-
fition parla mienne. Il n'y a rien contre lui
mais fa fermeté eft un crime. Je l'avais engagé.
à aller vous trouver; il eft trop têtu.
» Le croiriez-vous ? Fauchet eft en prifon
comme mon complice, lui qui ignorait mon
J'ai été interrogée par Chabot & par Le-
gendre. Chabot avait l'air d'un fou Legendre
voulait abfolument m'avoir vue chez lui le
matin moi qui n'ai jamais fongé à cet homme.
Je ne lui cennais pas d'affez grands talens pour
être le tyran de fon payss & je ne voulais pas
punir. tout le monde.
Au refte on n'eft guères content de n'avoir
qu'une femme fans conféquence offrir 'aux
mânes d'un grand homme. Pardon ô hommes
ce nom déshonore votre efpèce. C'était une
bête féroce qui allait dévorer le refte déjà
France par le feu de la guerre civile^ Mainte-
nant vive la paix Grâces au ciel il n'était
Charlotte Côrday:
pas né Français. Je crois qu'on ajmprimé et
dernières paroles je doute qu'il en ait proféré.
Mais voici les dernières qu'il m'a dites, après
avoir reçu vos noms à tous, & ceux des adminis-
trateurs du Calvados qui font à Evreux il me
dit pour me confoler que dans peu de jours il
vous ferait guilldtiner à Paris. Ces derniers
mots décidèrent de ion fort Si te département
met fa figure vis-à-vis celle de SainfcPargeau
il pourra faire graver ces paroles en lettres d'or.
w Je ne vous. ferai aucun détail fur ce grand
événement les journaux vous eu parleront.
J'avoue que ce qui m'a décidée tout-à-fait c'efl
le courage avec lequel nos volontaires fe font
enrôlés Dimanche 7 Juillet. Vous vous fouvenez
comme j'en étais charmée. Je me promettrais
bien de faire repentir Péthion du foupçon qu'il
manifefla fur mes fentimens Eft-ce que vous
fene% fâchée s'ils ne partaient pas me dit-il ?
Enfin j'ai confidéré que tant de braves
gens veinant a Paris pour chercher la tête d'jun
feul homme, qu'ils auraient peut-être manqué,
ou qui aurait entraîné dans fa perte beaucoup
de bons citoyens, il ne méritait pas tant d'hon*
neur; cela fuffifait de la main d'une femme. J'a:-
voue que j'ai employé un artifice perfide pour
qu'il put me recevoir. Je comptais, en partant
de Caen le facrifier fur la crime de la montagne
tfe la Convention Nationale mais il n'y allait
plus. A Paris, l'on ne conçoit pas, comment une
femme inutile dont la plus longue vie ne ferait
boanc à rie*i,p€Utfacrificrik vie de fang-froid,
Chah toTTE CottBâf.
pour fauver ton pays. Je m'attendais bien à
mourir dans Iniftant. Des hommes courageux &
vraiment, au-deffus de tout éloge, m*ont préfer-
vée des fureurs bien exeufabjes des
que fait. Comme j'étais de feng-frokî,
j'ai fouffert des cris de quelques femmes mais
qui fauve la Patrie
en coûte. Puiflfe fa paix s'établir auffi-tèt que je
le délire Voilà un grand criminèrà bas; -fans
cela nous ne l'aurions jamais eue. le jouis de
la paix depuis deux jours .le bouhew de mon.
pays fait le mien; je ne doute pas qtif Ffefc ne tour-
mente mon père, qui a déjà ma
perte, pour Faffliger.
n Je lui écrivis dernièrement, que redoutant le
feu de la guerre civile j'iroîs en Ân||#terre
alors mon projet était de garder l'incognito fur la
mort de MaratV & je voulais laiffer les Pâfifitflp
chercher inutilement mon nom. Je vous prie,
Citoyen 9& vos collègues, depreodfé fedëfenfa
die mes parens, {ion les inquiète. le nIai jamais
haï qu'un feul être, &j'ai fait- Voir h|oé c^ae-
tère. Ceux qui nie regreiter© t de,
me voir dans tes Champs-Elites avec
quelques anciens, car les modernes @ne fie ten-
tent pas; Ils font fi vils! Il eft petrde vrais pa-
triotes qui fâchent mourir pour leur p$y$ ils
font prefque tous égoïftes. On m% donné iteok
gendarmes pour. préserver de
trouve cela fort bien le jour; mais non la nuit
je me indécent; ? comité
n'a pas jugé à propos d'y faire attent}Q& je crofê
ffr C H A R L t) T T E Oo RDAY.
que cteft de l'invention de Chabot il n'y a
qu'un Capucin qui puiffe avoir ces idées.
Ici l'on m'a transféré à la Conciergerie &
ces meilleurs du grand Jury m'ont promis de
vous envoyer ma lettre. Je continue donc.
£7ài fubi un long interrogatoire je vous prie
de vous le procurer, s'il eft rendu public. J'avais
fur moi, lors de mon arreftation, une adreffe aux
amis de la paix je ne puis vous l'envoyer. J'en
demanderai la publication, je crois bien envain.
J'avais une idée hier au foir, de faire hommage
de mon portrait au département du Calvados
mais le comité de falut public à qui je l'avais
demandé,' ne m'a point répondu, & maintenant
il eft trop tard.- Je vous prie de faire part de-
ma lettre au citoyen Bougon, procureur-général
Syndic du département. Je ne la lui adrefle pas
parplufieurs rations d'abord je ne fuis pas fûre
que dans ce moment il foit à Evreux je crains
de plus qu'étant naturellement fenfible, il ne foit
affligé de ma mort Je le crois cependant affez
bon citoyen pour s'en confoler par l'efppir de
la paix. Je fais combien il \sl défire & j'efpére
qu'en la facilitant j'ai rempli fe& vœux.
» Si quelques amis demandaient communi-
cation de cette lettres je vous prie de ne la re-
fufer à perfonne. Il me faut un défcnieur, c'eft
la règle; j'ai pris le mien fur la c'eft
Guflave Doulcet-Pontécoulant ( i ), J'imagine
(t) Goftav^Doulcet-PootécoulsQt a rMuf ê & le tri.
Chan eau.
CHARLOTTE CORBAY: S§
qu'il refufera cet honneur cela ne hn donne-
rait cependant guère d'ouvrage. J'ai pcnfé de-
mander Roberfpierre bu Chabot.
w Je demanderai à difpofer du reflète mon
argent: & alors je l'offre aux femmes & çnfans
des braves habitans de Caen
vrer Paris.
II eft bien étonnant que le peuple m'ait
laillé conduire de F Abbaye à la Conciergerie:
c'eft iune nouvelle preuve de fa modération*
Dites-le aux bons habitant
mettent (|«eîq aefois- de petites que,
l'on ne contient pas fi facilement.
huit heures que fon
midi, j'aurai vécu pour parier le langage jt>main.
w Oh doit croire à la valeur des habitans dh
Calvados, puisque les femmes même de ce pays
font capables de; fermeté: Au refte j'ignore
comment fe pafTeront les derniers momens de
ma vie, qui couronne f œtivré. Je
n'ai pas befoin d'âieci^r mon
fort; car pas crainte
jamais la vie, que par
l'utilité dont elle devait être.
J'efpère que demain, Dupperret & Fauchet
feront mis en liberté. On prétend que ce der-
nier m'a conduite à la Convention dans une tri-
bune de-quoi ? mêlé-t-iï d'y conduire des
femmes ? Comme Député il ne devait point
être aux tribunes, & comme Evêque il ne devait
point être avec des femmes; ainfi, une
I» Cuk&LQTTE Cordait,
correction. Mais Duperret n'a aucun reproches
refaire.
n Marat n'ira point au Panthéon il le méritait
pourtant bien. Je vous charge de recueillir les
pièces propres à faire fon oraifon funèbre.
» J'et-père que vous n'oublierez point l'affaire
de madame Forbin, Voici fon adreffe, s'il ett
befoin de lui écrire
Alexandrine Forbin, à Mendrenne, par
Zurich *en Suiiïc. Je vous prie de lui dire que je
l'aime de tout mon çegur.
n Je vais écrire un mot à Papa je ne dis rien
à mes autres amis, je ne leur demande qu'un
prompt oubli, leur afflidion déshonorerait ma
mémoire. Dites au général Wimpfen, que je crois
lui avoir aidé à gagner plus d'une bataille en lui
facilitant la paix. Adieu Citoyen, je me reçois
mande au fouyenir des amis de la paix,
» Les prifannieri de la Coiaçif rgerie loin de
itf injurier, comme les perfonnes des rues., avaient
l'air de me plaindre. Le malheur rend toujours
( 33 )
G,
A mon Père
n Pardonnez-moi, mon cher Papa d'avoir
difpofé de ma vie fans votre
J'ai vengé bien pré-
venu bien des dé faftres le peuple, ni% jour
défabufé le réjouira d'être délivré d'un tyran.
Si j'ai jque jé'paflais
en Angleterre
mais j'en J'ef|>ère
que vous ne ïttéz pas en tout:
vous trouverez
bîoo cher Papa
plutôt de vous réjouir de mon fort Vous con-
naiffez votre fille; un motif blâmable
pu la conduire. l&tir s: que j5aime
de tout mon cœur, ainfi que tous mes parens.
N'oubliez pas --T
m Le crime fait la
C'eft demain à huit heures que l'fln me juge,
( 34 )
ACTEURS.
CHARLOTTE CORDAY.
BARBARÔUX, ïepréfentant du peuple
VERGHIA¥X. reprêïeaiant du peuple.
ROBBRSMÇRRE r%éfentant du peuple.
Charlotte,
LE Cokventiok Natio-
Les Membre^ db \k Convehtion NATIQ-
TrOUPBS DE GENDARMES.
FOULE DE Citoyens.
ta Scène eft- a fans, ,dans le faltîs Ntlf^mal.

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