Choléra-morbus, histoire du malade de la rue des Lombards, par A. Legrand,...

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impr. de Lachevardière (Paris). 1832. In-8° , 23 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1832
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Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 23
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HISTOIRE
DU MALADE
DE LA
RUE DES LOMBARDS.
Quoique je n'aie vu ce portier, dont, la maladie
vient de causer une si grande émotion dans Paris,
que le sixième jour de l'invasion au matin , j'ai
été si bien placé pour recueillir à son sujet tous
les renseignemens, que je me laisse facilement
aller au désir d'en publier l'histoire. En effet, fai-
sant partie de la commission (t) à laquelle la com-
mission centrale de salubrité avait confié le soin
de faire une enquête sur cet important objet, et
ayant eu l'honneur d'être nommé rapporteur, j'ai
dû me mettre en relation avec tous les médecins
et même avec les personnes étrangères à la mé-
decine qui ont soigné ou approché ce malade, et
je me suis ainsi trouvé aussi exactement informé
que possible de toutes les circonstances de sa ma-
ladie. C'est donc avec ces matériaux seuls que je
(1) Cette commis ion était composée de MM. E. Pariset, Adelon,
A. Petit,!.. Delnmorlifcrn et A. I.«grand.
( I )
rédigerai l'observation qui va suivre; mais je dois
dire que je ne rapporterai que les faits et m'abstien-
drai soigneusement de toutes réflexions, à l'excep-
tion toutefois de celles qui pourront éclaircir
ces faits; je tairai même les opinions émises par
plusieurs médecins sur la nature de cette maladie
et laisserai le soin de luidonner un nom à la saga-
cité du lecteur, qui peut compter sur l'exactitude
de mon récit.
Yeillot (Henri) avait une forte et bonne con-
stitution et un tempérament qui paraissait être,
sanguin; ses habitudes de vie étaient douces, et
il était connu pour ne faire jamais aucun excès :
il est mort dans sa quarante et unième année.
Il n'habitait Paris que depuis sept mois, et il y
avait habituellement joui d'une bonne santé. Ce-
pendant depuis six semaines il se plaignait d'un
léger catarrhe pulmonaire, persistant à peine au
moment de l'invasion de la maladie qui devait
avoir pour lui une si fâcheuse issue. Le i 01 février
183a, en opérant son déménagement pour venir
demeurer chez MM. Àubé (i), il fatigua beaucoup,
et continua de se. livrer ensuite à un travail plus pé-
nible que précédemment. Le 6 février il fut pris
de tranchées suivies de selles liquides et abon-
dantes; ce dévoiement, qui ne l'arrêta pas dans son
travail, lut calmé le y. La cause de ce dérangement
n'a pas été bien retrouvée : cependant la veille ou
(i) Marchands droguistes, rue des Lombards, n* 8.

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