Chronique arétine, ou Recherches pour servir à l'histoire des moeurs du dix-huitième siècle ([Reprod.])

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[s.n.] (Caprée). 1789. France -- Moeurs et coutumes -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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tHRONIQli-^
A R t TIN E|
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4e.ch erch E s
mie r e Livraison.
A CAPRE E,
i/*9v
3
Ai
PRÉFACE.
JL} an s un moment où la réforme
de l'Etat occupe l'attention de tout
le Royaume où les Ecrivains les
plus célèbres difcutent les droits lui'
ghux du Trône (, du Ptuph par
un aveuglement inconcevable; on n'a
daigné remonter à la véritahU
Jburce de tous les difordres dont on
Je plaint. Cejl ci ta corruption des
.metursy il n'en faut pas douter, qu'il
faut que ton doit s'en prendre
de Vabatardiffement momentané dt
la Nation c'efi à Favilijfement dans
lequel les bonnes mœurs font tombées
par les excès feandaïeux & impunis
des Çourtifanes de cefiècle qu'il faut
attribuer les maux dont nous fommes
accablés, L'Ecrivain' patriote que
4
tant d'impudence révolte efplre qui
les Etats-Géniraux s'occuperont fi'
rieufement de la recherche des moyens
les plus propres à fauver les nïœurs,
du contagieux exemple que ne ce .gent
de donner quelques individus des deux
avoir ceffé de rou-
gir., étalent leur infamie avec une
audace qui n'eut qui n'aura jamais
d'exemple*
On nefauroit trop foùvent le ré'
péttr, le fort des Empires a fuivi de
tout tems celui des mœurs l* anti-
quité nous offre un grand exemple de
cette vérité dans Rome triomphante
tant qu'ellefut vertueufe fa déca*
dencelut produite par la corruption
qui s'étendit dans tous les Ordres des
l'Etat.
Cette corruption eji parvenue parmi
5
A?
nous afin dern;er degré; il ejl tems
enfin, y que la légijlution s'en occupe.
PuiJJï cet Ouvrage être affe\ heureux
pour réveiller & mériter l'attention'
de quelque Membre de l'Aréopage
augujte qui va bientôt réglcr les de¡:'
tins de l'Empire Français!
Oejl des loix rigoureufes
qu'il faut pour procurer une pro-
tection efficace aux mœurs trop long'
être entièrement extirpé, il faut dit
moins le marquer d'un figne ineffa-
fable; il faut que celles qui, défor-
mais fi dejlineront au libertinage
foient injerites fur un livre public &
qu'elles foient forcées de fe vouer à
une couleur qui devenue celle de l'op.
probre 0 de l'infamie les dijîing'uè
et jamais des. mères 9 des femmes ,.des.
6
fieurs des infinfi's qu'elles fiduifinf
& qu'elles ruinent.
L'Auteur fi ptopofi d'étendre égale
lement fis -recherches fur les deux
fixes il dévoilera, aûx yeux du Pu*
» blic les noms les qualités 9_.& /'o-
rigine de ces Grecs modernes) dont
la clajfe bigaréeÇf nombreufi ne s'oc-
cupe qu'à découvrir accaparer fi
ruiner ^ar toutes fortes d'artifices
la huneffï imprudente, mais honnûe
qui débute dans le monde.
A4
E P I T RE
DÉDICATOIRE
MADAME D-R-p,
MON COEUR!'
• LA dédicace d'un ouvrage eft trop
la fortune aux
grandeurs aux titrçs; je ne profa-
nerai point ma plume ma chère
8
amie par une imitation aufll fer-
'̃vile de la bafTeflè des Ecrivains
qui mendient, pour leurs ouvrages,
un nom qui puifTe lef protéger. Le
tien, ma vieille amie', ornera le
frontifpice de cette brochure c'eft
un tribut que je J>aye a l'amitié
c'efl un hommage public de ma gra-
titude que je m'emprdfe à te don»
ner. Que ne te dois-je pas ma
chère amie ? Sans toi fans cette
expérience confommée qui te dif-
tingue parmi les Demoifiîhs fans
cette intimité qui depuis des
fiècles, t'unit a leur fociétéj fans
tous les mémoires enfin que tu m'as
communiqué, comment aurôis-je pu.
entreprendre la tache que j'exécute
dâhs ce moment ? Je Tavouerai avec
^rânehife, la hardieffe de mon eftv
9
treprife m'avoit effrayé il a fallu
Ma chère amie pour vaincre ma
timidité, toute l'énergie de ton ca-.
fjftère il a fallu pour me déter-.
miner l'empire que te donnoit fut
moi une liaifon de vinge années il
a fallu que TivrefTe d'un fouveuir
bien éloigné à la vérité me rap-
pellâc que je ne pouvois te rien re»
fufer. Douce illufion du fouvenir,
voilà donc ce qui nous refte pour le
moment, ômon antique amie! Mais
Ci l'éclair du plaifir eft à jamais panée
pour nous fi la Nature nous con-
damne l'un & l'autre à nous repo-
(er fur nos myrtes flétris, char-
mous nos ennuis mon cher cœur
en jettant un coup-d'oeil rétrogra-'
de; toi, fur tes fervkes efTentiels
flûé tu n'as cène de rendre à tes
10
nombreuses amies, en couvrant leurs
intrigues du manteau de l'amitié
moi, en te prodiguant les témoi-
gnages de gratitude que je dois aux
conquêtes brillantes, aux jouiflanccs
fans nombre que tu m'as procuré.
Mais après tout tes illuftres
Contemporaines pourroient-ellts
feroientrelles fondées à nous en v ou.
loir? Non: dans le fond de leur
coeur elles nous faurons gré de
les rappeller ï la mémoire d'un PÚ-
Jblic qui les'croit enterréesdepuis des
fiècles. Quel triomphe pour une
Ç«v*e, une' L-h-e une C!-v.e
une L-b-e & tant d'Autres, de voir
leurs noms antiques & oubliés, fi.
gurer à côté de ceux des-fringua.ne
tes & jeunes beautés dont je mç
Il
propofe de célébrer les exploits.
Cette réfurrecTion inouie va faire
renaître les efpérances les plus fé?
diiifantes tes leçons de magie amou«
reufe vont reprendre leurs cours de-
puis fi long-tfms interrompus les
répétitions DE PASSIONS adap-
tées à un. taux proportionné à l'of-
frande c&s facrifioateurs vont rai
mener l'abondance qu'on ne con-
noiflbitplus ton règne enfin recom*
mÉncera avec la plus vive fplendeur
prétrefleen chef du culte que tu vas.
rétablir des autels que tu vas re,
plâtrer, la gloire & la fortune vont,
à renvie l'une ;de l'autre te com*
bler de leurs faveurs. Un galetas.
obfcur rie fera plus ton partage tu
peferas plus réduite à te prêter à des
fitrigues fubalternes&
Il
qui aux yeux des perfonnes qui
n'avoient pas eu la hardieflTe do
^approfondir t'auroient pu faire
prendre pour ce que tu n'étois pas j
on ne te reprochera plus «nfin cette
complaifance fi malignement inter-
prêtée par des détracteurs incivils
qui ont ofé t'accufer de partager
de couvrir du manteau de ta ré«;
putation les triples amours d'une
L-h-e, & les goûts un peu dépravés
-de l'antique Sybille des puits-Pères
pour qui lu n'as pu rougi, dit-on,
de t'expofer quelquefois d'une ma--
qui paru indécente a toute
^utrequ'a toi. 1 ma vénérable
amie, combien les tems font chan-
ces! Te rappelles tu encore ces
jours heureux où nous faifions fe$4^§,
Uçes ^e Bordeaux.? tu étols Vov&m
13
ment des bals Pâme des orgies les
plus tumultueufes maître de ton
^cceur,je partageois tes triomphes.
Hélas! de tant de fplendeurs il ne
nous refte, plus que le fouvenir dé.
• folanc d'avoir été
Cinquante-trois hivers bien com·
ptés, accumulés fur nos têtes*, des
jouiflances trop multipliées, nous
font partager quoique vivans,
les horreurs du néant.
En te dédiant cette Brochure
qui, a proprement parler en: plutôt
ton ouvrage que le mien j'ai cher-
ché te donner une dernière mar-
que de mon amitié tu jugeras de
ma tendrèlfe ma chère amie/ par
les détails flateurs que je me pro-
CHRONIQUE
A R ET I N E.
MADEMOISELLE
*̃* o u s porterons légèrement fur les dé-
buts de cette Courtifane dans le monde
des détails plus foignés nous force-
roient à remonter à des tems trop re-
culés & n'offriroient rien de piquant
à la curiofitc de nos leâeurs. Mariée
jeune à un Ebénifte elle fentit de
bonne heure qu'elle étoit appcllce à un
rôle plus brillant que celui où le ha-
zard fembloit l'avoir fixée j fes premières
16
intrigues fe perdent dans la nuit des
tems. La perfonne qui lui donna unc
forte de confidération parmi les filleS
de fon cfpèce fut un M. M-r-u, riche
créole à qui elle doit la fortune dont
elle jouit à préfent. A ce parvenu,
fitccéda le Vicomte de P-s jeune, ai.
mable, plein de toutes les qualités qui
fubjuguent les femmes; mais lamauvaife
étoile de ce Seigneur fit rencontrer
fur les pas de Madame B-n--d, un des
Coureurs de M. le Duc d'Orléans alors
Duc de Chartres elle fe prit de la plus
vive paillon' pour ce valet, qtti chez
fon naître, plus d'une fois fervit le
Vicomte à table après ravoir remplacé
dans le lit de notre Belle qui, par un
coup de politique, digne de fon génie,
maria le cher objet de Ces voeux, à une
jeune perfannè aimable dont elle fut
le malheur, en forçant cet amant foi-
ble à ne payer que d'indifférence &
de mauvais traitemens. h teodrefle de
B
la jeune époufe, qu'elle lui àvoit don*
née pour couvrir fon intrigue). & fut
caufe de la perte de cette femme quô
le défefpoir jettà à fofi tour dans le lü
bertinage;
Lé Marquis de Saint B-c-d ne tarda
pas à remplace* M. d,e P-$ qu'une
aFocia'îion a,uffi aviliflafXçc j '̃ n'acconi-
modoit nullement. M. dé G?*bs vint
à propos-, pour la cbnfolcr de Tin*
fidélité du Marquis, qui venoit de lui
être enlevé,, par Mademoifellc C-t-t
mais ce nouvel amant,. fur lequel on
j&voit fondé les plus brillantes chimères
de fortune t ne répondit point à l'idée
qu'on s'étoit forméde la geocrofite Ef*
pagnole } or\ eut beau lui témoigner la.
tendréffç la. plus- vive; fuppofcr même
une petite créature^ donc on lui fic
honneur de la .paternité >̃ rien ne put
émouvoir ce coeur" inflexible, dont on
£\bt bien de la peine à arracher, à force
de foUicitationî, une cnétivç f>er)fîoû
et
de quinze cents livres pour l'enfant et
un petit médaillon pour la mère: des
gens qui paroilïent bien inflfuits ont
jeté jusqu'à avancer qu'à cette- époque
Madame B-n-d, étoit déjà hors d'état
de faire un pateil cade'auLau Banquier
Efpagno.l; d'autres prétendent connoître>
la véritable mère- du petit Pafquito
lia des Sabatto-L-g-c, tomba pour quel-
ques morrtens dans k$ filets & ne pût
téfifléf au dégoût que lui infpirèrent Ici
spaffe-tems de notre Belle qui, dans les
momens où l'univers même s'écrouleroic
Cfi vain^ftif là tête de deux ànians
$*occuppoit nonchalamment, à rouler au-
tout de fes doigts les cheveux de fort
liétos. Cette liaifoü même, eut des fui-
tes défagreablcs, pour la réputfjEion de
"Madarae B-n-d, qt«i, en véîkablç Phi*
tous tes préjuges,
litTfc fit aucun fcrupule d'affirmer en
^uftîçe > comme propriété à elle un
cabriolet appartenant .à M; de
*9
B 2
qui m lui coûta que la peine de levée
la main.-La réponse qu'elle fir à une de
Tes amies intimes à qui elle ne pût
.«'empêcher d'avouer que le cabriolent
h'étoït pas à elle fut qu'elle s'étoit
ttop avancée & que décemment;
'elle ne pou voit plus reculer.
L'époque la plus brillante de cette
impure, he dura qu'un éclair la con*
quête du Comte de B-f-s, celle du Duc
ide Oh-jf-1 la couvrirent de gloire un mo-
ment mais ne lui rapportèrent pas autant
qu'elle devoit s'en flater les fervices
^u'eile rendit au Duc, en fe$ forgeant
delafurintendance de fesplaifir^s, furent
pour-elle une branche de fortune qui
doit avoir été très-confidérable d'après
la générofiéé connue de ce Seigneur
magnifique nous donnerions une idée
bien foible à nos teneurs de cette
célèbre impure fi aux petits événe-
mens que nous venons de lui détailler,
nous n'y joignons l'efquifle du caraftère
10
qui la dpingue parmi fes compagnes:
Chargée ?un clemi-fiècle ôc de dix
quintaux de matière Mme B-n-d a eu
le bon esprit de fc. dire à elle-même,
que le terme de fes triomphes étoit ar-
rivé mais elle a cherché à s'établir un
empire moins brillant peut-être mais
au fond très-folide en ce que, fans
partager les travaux des femmes, chez
qui elle s'efl impatroniféey elle s'appro^
prie' du moins une partie des dçpouilles
de leurs amans.
De tous les animaux dc la création,
nous croyons que celui auquel Madame
B*n-d, eut dcfiré le plus rcflcmbler, c'eft
au Caméléon fes discours, fes demar*
ches, tout en elle fentble annoncer la
bonne femme, l'amie fincère, & fur-tout,
Vhonntu homme. Perpétuellerrient agitée
de la crainte d'être devinée, l'art le plus
contommé n'obtiendroit pas d'elle un
qilarc« d'heure de converfaxion fur un
même fujeçj Ce difanc l'amie de toute.s les
SI
B}
femmes & les déchirant toutes, de la
manière la plus noire, d'autant ilus dan-
gereufe, que le miel eft fur fes lèvres, &
le poiCon dans fon coeur; prodigue des
attentions les-plus délicates, pour les
perforines dont elle efpèrc pouvoir tirec
quelque parti, rien ne lui coûte; c'eft
à l'aide de ces intrigues ténébreufes
qu'elle cil parvenue à s'identifier, pour
ainfi dire, avec Mefdâmcs E-l-t F-c-y,
H-t-y; &c. pour qui même fi nous
ajoutons foi aux Mémoires qui nous'
ont été communiqués elle a éprouvé
des fentimens dont la vivacité n'a
pas été partagée & qu'elle eût miteux
fait d'adre/Ter à Mademoiselle R-CrU. Elle
entretient auffi à Molandon en Brie
une certaine Tonton d'Artois dont
la réputation cil faite qui félon
toute apparence lui adoucit, & lui
fait oubliée l'ennui que l'on éprouve
quelquefois dans une champagne ifolée.
Teleïl au moral & au phyfique l'être
aa
dont nous venons de donner l'hiftori-
que il nous refte pour achever ce ta-
bleau, à peine, ébauché qu'à .y ajouter
quelques obfervations qui .jetteront le
• plus grand jour fur les détails qu'on
vient de lire.
Depuis près de fix ans, Madame B-a-d
partage fidèlement fa couche avec un
luajheureu* qu'elfe loge & entretient
tandis que fon ma/i e(l re!égué par elle,
$vec une modique penfion de fix cents
livres, au fond de la rue Saint-Antpine.
JLe fieut le F-v-e, cet amant fi fidèlemenx
f héri doit-avoir dans le caraâère des
qualités bien analogues à celles de cette
four^fane. Potir juftirler une confiance
nous ne donneroA$
qu'un trait connu de lui il fuffira1, pouf
gueule Public puiffe juger ce couple Q,
{ligne 4 tous égards, l'un $ç l'autre. Ko
(îe^r le, F-v-e introduit par Madarn.0
une des intimes amies do
cette dernière foit que réellement U
*r
B4
eut des befoins, foit qu'il ne pût rl-
liner à la tentation qui le tourmentoit,
fe permit par diftraftion, de décrocher
une montre enrichie de brillans & fû-
rement par dirtracVion encore, fe pec«
mit de la porter au Mont-de-Piété i
toutes ces «jiftradions n'échappèrent pas
aux yeux clairvoyans des Commis de
la ru« des Blancs-Manteaux, quife dou-
tèrent de quelque chofe & gardèrene
k montre fans rien donner à quoi fer-
vifoit-il d'être ffippon s'il n'y'avott pas
des profits? Le fieur le. F-v»e bienenvt
fearraîTé, court fans s'arrêter, vole aux
Prés-Saint-Gér^ais (r); fait l'aveu de fes
diftraâiôns» obtiécft lo mépris ,̃& lepar^
don; eh bien, le croira-ton f cette
action lui attacha plus que jamais, lô
cœuc de notre héroïne*, fon réjpentir lui
jârut fupérieur la petite faute qu'il
1 ( i) Maîfoa de campagne de Madame Futcy k
jj^liflwiffè'ïvoit'W volée.
H
do. commettre c'ctoit une ba«
gatelle;-mais aufll, elle n'a jamais par-
donné à ceiiK qui, témoins & in te-?
leflcs à cette aaion, la forcent mal-
gré elle de rougir toutes les fois qu'ellct
paroît devant eux,
Une fille élevée chez elle. & qu'elle a
retiré des Enfans-Trouvés, a parfaite.
ment répo/idu aux foins donnés à fon
éducation à,peine âgée de feize a.ns,ellCi
Ce montre
B-nrd s'étoit pro-:
la-oiarieraufieurieF-vei mais
un certain Carde-note! Sexagénaire,
qui cjle^ f end encore de petits fervice$
de
qui lui a &é faite, dei
gratiner de quinze mille livres
qui
perfuadé fermement que cet Officier
public igpore, ou du moins ycft peu
de Madame B-n-d
M
ïjvcc le F-v-e fans quoi il n'eft pa$
douteux qu'une connoillance plus déi
taillée ne lui fit porter ailleurs fes atii
tiques hommages.
Nous devons au Public quelques éclair,.
ciflemens fur la confidente intime de l'il.
luflre B-n-d, la Dame du M-lrn, tenant
boutique démodes, & d'un peu de tout,
dans la rue de Richelieu. Elle fut long-
tems femme de Chambre de notre hé,
< roïne, qui> non/ans beaucoup de peine,
parvint à la longue, à la former la o«
tuie l'a traite* en marâtre, du côté dô.
la 6gure ^,dê l'esprit; mais c'eft une
dcicés femme! de bonne pâte, de qui
on fait tout ce qu'on veut,& qui, beau*
coup par intérêt) & un peu par amitié,
fe prêtent à touty; elle a fingulièrement
été utile à fa màîirefle, qui; après l'avoir
fiiariée à un honnête ouvrier qui par
^tat,' n'eu jamais chez lui en tire en-
core les plus grands Services. Ceft elle
qui en chargée de lui rendre compte
19
MADEMOISELLE M–T-N.
Djtê Gr– d~~ m~s– n.
CETTE Demoifelle eft fille d'un hon-
nête'Tondeur de .chiens cantonne près
la Porte $aint-Dcnis: fa beauté ne tarda
pas à devenir un objet mercantille dans
les mains defonpère, quien accommoda
l'honnête Hervieux, chez qui cette char-
mante novice fit fes premières armes;
fa bonne fbrtude amena dans le ferrait
qu'elle habitoit, un certain Gr-d-m-s-n y
àqui elle'eut le bonheur de plaire. Cet
ex-valet de garde-robe du Roi ren-
voyé pour (es fait$ & geftes, fit une
fpéculatioh fur notre nymphe, qu'il s'ap-
propria il la mit au Couvent pen-
dant quelque-tems, pour lui faire per-
dre certaines habitudes un peu libres,
qu'elle avoit cootradé chez l'obligeante
%t
MADAME DE STE
A une naiflançe illullre, cètte Pamô
jofgnoit le phyfique le plus agréable il
eft malheureux qu'ayant débuté trop
jeune, & fans guide, fur le théâtro
gliflant du grand monde, le genre des
fiaifom de fon mari, la précipita dans
des mefures, qui finirent enfuitepa?
la trancher pour jamais de la ,cfôfle
où la Providence L'au.
\mt des premiers 4ca}ts de cette Dame)
J'indigne époux qui a caufé fa pette, a
payé lepremier les fautes de fon époufe;
on fa vu périr de m^ere Bruxelles,
où il avoit été réduit-à prendre le me-
ttes de Cocher de Fiacre pouf fubfifter.
Un fleur Marot homme abfolument
ignoré fut le premier amant affiché de
Madame de Sak»te A. mais la fatuité de

dette ç^^« l'en dégoûta bientôt. Elle
montra un ihttant des goûts un peu plus
relevés, & elle eut moins à rougir des,
liaifons qu'eUe forma avec le Vicomte
de P- dont elle eut une fille. Ma.
dame de Sainte A-, n'auroic été que
plainte Ci elle s'en étoit.tenu à un
homme auflî aimable qué le Vicomtc;-
mais le Public ne lui a pas pardonné
le fuecefleur qu'elle donna à ce Seigneur;
en effet la diïparate'étoît un peu'forte.
Le fieùr Auc-y riche bourgeois de Mai*
ibille, n'étoit guère dans le cas d'ofeif
prétendre auparallèle fimple Confetlle*
au Ghâtelêt, il crut que le rang de fort
qu'il embraffât une
rière plus brillante que -celle où il-fd
rouvoit placé; en conféquence la robe.
& le Vàbat furent échangés-contre un
plumet, & des talons rôuges; cette méf
umorphofe, néanmoins, n'en impofdit
pas au Public à qui l'épouvantable
ma:s véfïd^iqàô brochure des' Joîuuti
J3
c.
bu M. Duffàuh venoit de donner dei
• éclairciflemens lumineux fur les 'talens
trop célèbres du Geuc Auc-~ dans plus
d'un genre; la dernière décoration qu'il
vient d'efeamoter en une preuve bien
convaincante de fa dextérité car il ett
à la connoiflance de tout le monde,
qu'il n'y a pas dix ans que ce Chevalier
nouvcau fiégeoit fur les hauts bancs
du Châtelet. C'eftà regret que nous nous
fommes vu forcés de donner la notice
,de cette Dame mais nous ne l'avons
fait que pour la préfenter comme ua
exemple effrayant des fuites; &desdaa-
gers des Haifons pour les personnes de
fon fexe, que leur nailTance illuflre-/em-
blc mettre à l'abri d'une chute aufri avi*
lilTaate & àufli fortement prononcée*
P. S. Au moment où nous mettrions
fous preffe nous avons reçu d'un de
nos Correfpondans des détails que nous
nous hâtons de rendre publics,: pour
Vr
C2
MESDEMOISELLES
Cas deux iriipurèS, dont M%k retirai
forment un ficelé où deutf j uni ïnfcûè
les Provinces de avant
de débuter fur lé grand théâtre de là
Capitale, Filles d'un Savetier de Lyon j
la fphére de leurs ébats fut
eircohfcrite dans la clan des Matelots,'
des ouvriers eri foie, forcées de quit-
ter cette Ville1 potir des raifons Wajëii*'
ici elles vinrent Ce régénérer dans là7
leur début fût aOeihéuréili;
lés cohimericerHens ferhblôiént leur pré-*
Càgèt le fort le plue briflaht niais l«f?
ne répond rrent fias
tances dont elles étbient bercés.
Un Miniftre puï(îani alors l6ng>tér!ÎJS;
fur les dégreV
du trône avoic montré quelque bormo
tf
♦olontépour la cadette cet éclair de
proscrite fut remplacé par l'obscurité la
plus ïcdùitéslauk plus trifles
expédiens elles trouvèrcnt quelques
adouci/îemens à leur misète dans îe Via.
tique hebdomadaire qu'elles reçurent en
s'affiJianj; aux cohortes de l'inqutftuon
de la Police } cettefauve-garde leur^(Tu-<
roit plu.tôt rimpunité' qu'une fubfiftance
avec
trouvèrent un peu plus
fortunées; les goûts du Duc de B-w-k»-
goûts auxquels la cadette du Fr-fnc fc
prêta avec la plus aimable complaifance,
eurent une nouvelle branche de com-
mer.c.c^yi fendit aiTez bien pendant quel-
que temps mais -tout n'eft pas rofes dans
ce bas monde; infedé d'une maladie
l'objet de
fa flamrne fur qui le mal fit des progrès
jufqu'au point
même, dit-on, que les.éUmens
C4
être Soutenu avec la dignité convenable;
• notre chère Comtcfle les trouva dàns lâ
pérforine du ,fleur !Çc«fî-n Garde dU.
Corps' licencié ',} qui' lui offrit fa main
&la réûnlOA'de leurs talêhs réciproques;
poulie maintien de leur fortune mu-»'
tuèltéi lia cbnVenancefe'uie a formé cette
ùnî6tt''fi ( la; Conitèffef
fcrupuleufe égalité fur foui lès fîdeles-
qui le ? tri--
pie flambeau qui décoré l'aùterd'ont elle
s*engiraiffe jburheliérheht j lés'
ègorg-des dans- cet antré ont là corifo-
folibiï dû mbins de n'avoir pài à fe plain-
dre dès .rig\1eurs dé la gtandé Prêtrefley
dont le fâcf locateur femble continuelle-
mtnt approltvcf ta conduite '& dé Toeil
& du gefteXes illuftres- époux:, ̃ malgré
les cervices les plus ertentiels & rendus
avec le plus noble déiïntéreflement ont
eu plufieurs fois des'râïfonsaffez graves
de fe plaindre de la. Police, qui s'efteom*
42
par les myftifications dont il n'a ceffé
d'être le héros & qui pis en, le payeur,
fe jtttt fut lés jpropofhions
les plus brillantes mais rien au monde;
l'or même, qui applanit tant de diffiçul»
té$ éehoùa cette fois-cti & ne pût-for^
éiçivtcf la répugjnancç méritée que :c*
tUgouf arit parvenu infpirôit à Madém^ii
Un riche anglais l'empota
rivaux qui' s'étoient préfeA*
le tyïarquis de- Si*n-yi
Ce Infulaire $'*&
MadeinoiMle Z^diAe:
qu'ils lui. fait une rente viagère de
doop livres pour l'csngâget k le
théâtre}' depuU' fes liaifons avec Mi
p^z.^syMaderttoifdl© Z^ch-eà-doftliô
l^Éfèiàdevwc
fehs<
conséquence! d'un accouchement forcé,
établit fa fortune, d'une manière folide;
elle donna pour coadjuteur en excrcice
au ûeur Ch-l-t, un grand PoloRois, bien
découplé puis jafla dans les bras de
l'Ambaffàdeur de V-n-fe. Ces nouvelles
amours nuifirent un peu à fa réputation,'
mais cette tâche difparut bientôt par
le tendre attachement qu'on lui vit
montrer au S.< N-v-n bientôt après, ce
danfeur aimable excédé de l'amou-
reufe fureur de cette moderne Didon,
s'en débarrafla en faveur du Comte de
Mo-r-ille. Mademoifelle M-ll-d a eu un
moment le fils de l'ancien Dircfteur
Lebreton, qui la rendit mère une fe-
conde fois. Elle eft fixée depuis quel-
que tems, au fieur Saint-Prix des Fran-.
çais on s'attend, à tout moment à ap-,
prendre que le Sacrement a fanftifié la
confiance de ce couple amoureux. Les
chroniques des coulifles de l'Opéra aflu-
lent auffi que Mademoiselle M-ll-d a
têïtàu quelque piiïu ftrvicis au fietft
Roufleau.
Nos Lcdeurs ont dû s'appefceiroir qu#.
jufqu'à préfent, nous ne nous fommes
permis aucuns détails fut les. talcns &
fefprit des courtifanes dont nous avoni
donné les notices nous nous Comme j
Bornés aux faits hifioriqucs; mais Mâde-
moifëlle M-ll-d mérite une exception
qui fervita à nos Le6leurs ,d'argument
général pour juger de-Tcfprit de cd
Marnes. Le trait fuivant eff un échàri-*
tillon fur lequel on pourra juger la Mafl«
fans avoir à craindre de te tromper
La voiture de Mademoifellc Maillard,
ne fe trouvant pas un foir qu'eUe vouloiç
quitter l'Opéra plutôt qu'à l'ordinaire
en Particulier offrit la fienne & fut
accepté après quelques Petites façons
tfvarit d'avoir fait la moitié du chemin
inconnu âvoit été 'entreprenant &
heureux quelques minutés après. Arrivé
à la porte de Mademoiselle M-U-d cet

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