Circulaire du général Wirion à la gendarmerie nationale des neuf départements réunis et des pays situés sur la rive gauche du Rhin, sur les événements qui se sont passés dans la ci-devant Belgique, pendant les mois de brumaire et frimaire an VII...

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Impr. de Oedenkoven et Thiriart (Cologne). 1798. France (1795-1799, Directoire). 55 p. ; in-8.
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Publié le : lundi 1 janvier 1798
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.De l'IftjpriBievie de Œde* ko? en "t Tsibijrï,
■ y - - - 'L - - y
TRIM-MRS AS 7 DE J.A ïlÉFyBklQ'UK FRANÇAISE.
CIRCULAIRE
, l'il -
> '7 D U
..- - - ~--:.
H 6 Ë Î|L R A L WIRION,
J A LA
^GEMBARMERIÈ NATIONALE.
pes neuf départemens réunis, et des pays
situés sur la rive gauc he du Rhin; 1
Sur les évênemens qui se .sont passés dans
la ci - devant Belgique.* pendant les mqji
de Brumaire et Frimaire an 7.
Contenant le précis historique des aetions de
bravoure, d'intrépidité, d'intelligence et de
patriotisme) par lesquels cette force publique
.s'est distinguée dans les circonstances où elle
s'est trouvée, depuis le commencement de
la rébellion excitée dans ces contrées , par
les ennemis de la République, avec des notes.
sur les auteurs factieux_de cette révolte, dont
le prétexte à été la publication de la loi sur la
conscription militaire.; mais dont le véritable,
objet était te rétablissement de r^riiîocrutie
nobiliaire et sacerdotale.
A COLOGNE;
CITOYENS,
Cest peu quune ligue impie se formât
"ponr anéantir la république naissante :
,) c'cs'l- peu que le territoire Français jIlt
souillé par des drapeaux sacrilèges:
"nos dissentions intest ines ; les crimes des
"factions rivales, la guerre civile allumée
n dans les départemens de l'Ouest, le fa:
„ natisme soulevant des peuplades cré-
ditles; la ruine et Vincendie par courant
„ nos belles contrées, toutes ces calamités
"ne sont-elles pas l'ouvrage de Vimpé-
„ rieuse Angleterre et de quelques rois
obéis sans, qui se déclaraient eux mêmes
"les agens et les pensionnaires du gou-
vernement Anglais, leur juges n ont-ils
pas commencé dans nos tribunaux le
proces de la libert d? leurs réprésenlans
n ont ils pas siégé dans les enceintes
"sacrées où réside la majesté du peuple
,, Français ! „ (*)
(*) Loi du 9 Vendémiaire an 7, contenant une
adresse au peuple Ffança?s sur la levée de 200000
hommes, proclamée dans les chefs lieux de, canton,
à la tête des armées, et dans toutes les communes
de la République.
A a
L j BER TÉ,
p 1
ÉGALITÉ.
N°. 4590.
A BONN, département de Rhin et Moselle j
le 6 Frimaire ad 7 de la République Fran-
çaise , une et indivisible.
¡P- I RIO N General de Brigade;
Chargé par le Directoire-Exécutif de l'organi-
sation de la gendarmerie - nationale dans
les départemehs de la Roër, de Rhin et
Moselle, du Mont-Tonnerre et de la Sarre.
jiur officiers , sous - officiers et gendarmes-
nationaux employés dans les départemens
de la Dyle) des Deux-N êthes, de l'Escaut,
de la Lys, de Jemmappes, de la Meuse
inférieure , de l'Ourthe, de Sambre et
Meuse et des Forêts , réunis par la loi
du 9 [Vendémiaire an 4 J formant les
1 6.e et iy.c divisions de la gendarmerie-
Et aux officiers, solis-o
Et aux officiersy sous-officiers et ndarmes-
nationaux employés dans les pays situés
sur la rive gauche du Rhin.
CAMARADES!
Lorsque j'eus mis la dernière main à l'orga-
nisation de la gendarmerie-nationale dans les
( 4 ):
neuf départemens, formés de la ci-devant Bel-
gique, je ne balançai pas pour assurer au Direc-
toire-Exécutif, qu'il pouvait pompter sur la
bonté des choix dont il m'avait confié l'initia-'
tive , j'ai garanti de plus que, si les ennemis
de la république étaient assez audacieux pour
tenter quelques coups, de main et conspirer
dans ces contrées, contre la sûreté intérieure,
.J
de l'état, une surveillance très-utile ne serait
pas le seul bienfait que le gouvernement- reti-
rerait de cette précieuse institution /j'assumai
que la gendarmerie-nationale châtierait les bri-
gands contre-révolutionnaires qui oseraient se
mesurer avec cette forcé publique, anti-ven-
déenne. avez rempli l'attente du gouverizemeizt;
Vous avez rempli l'attente u gouvernement;
vous avez justifié l'opinjon que les arnJs de la
république constitutionnelle avaient conçu de
vos services ; vous avez porté des coups déci-
sifs à la théocratie. y au fanatisme, à Y Oligar-
chie royale et sacerdotale s vous avez mérité
le titte de* sentinelles vigilantes de la trah-
(juilité publique, de la sûreté des personnes et
de la conservation des propriétés. Vous avez
déjoué les complots abominables ourdis par le
perfide goupernemvnt-AizÊ-Iais..; et par; la des-
tryjctio.a,dé ses infâmessauxiliaires, vous avez
m -
(5).
A 3
arraché les heureuses contrées sur lesquelles
vous, exercez votre surveillance, aux malheurs
affreux dont elles étaient menacées. - -
Champs de Fleuras et de Jcmmappesy d'Es..
se tieux et de Spriffiont j plaines de Raueourtt
de* Ramillies j bords heureux de la Lys', de la
Dender, de la Dyle et de FEscaut; pittores-
ques vallons de rOurthe, de la RQër et de
Y J y vaille, J fertiles campagnes de la -Belgique,
illustrées par les victoires des phalanges répu-
blicaines; non, yous ne serez pas - comme les
champs mélancoliques de la Vendée, le tom-
beau de tant de milliers de Français, moisson-
nés par les. poignards du fanatisme ! non, les
sicaires du vatican; nQD.) les brigands armés
par le ministre d'Albion; non les indignes
ministres d'un Dieu qui prêcha la paix, la
concorde, le ■respect aux loix y (a) ne
feront pas ruisseler le sang des hommes
sur cette partie du continent ; ils avaient en-
gagé cette lutte sanglante pO\lr se parer des.
- 1 -V
- (a) Ce dieti vécut et mourut pauvie il porta de*
épines pour couronne. Quel étonnant constraste
- entre cette pauvreté évangélicjue, et le luxe scan-
daleux de ceux qui se disaient ses vicaire, sur
la terre!
( 6 )
dépouilles op/mes des malheureux qu'ils ont
entraîné aux bords de l'abyme; mais cet œuvre
d'exécration ne fut point accompli,
Vil ramas de factieux ! le Gouvernement de
la grande' nation a les yeux ouverts sur toutes
vos démarc hes , il connaît vos abominables
complots,'son bras vigoureux vous fera rentrer
dans le néant; que dis-je! votre supplice a
commencé, les hordes sanguinaires que vous
avez armées contre la république , n'ont pù
soutenir un instant le choc de ses défengeurs;
partout cet assemblage monstrueux de prêtres
réfractaires, de deserleurs, de vagahonds;
de chauffeursy de cuntrebandiers) d'émigrés,
de brigands de toutes couleurs, dont vous
avez formé votre hideux cortège, ont mordu
la poussière: votre déroute fut générale, le
glaive de la loi a frappé les grands coupables
qui, dans le tourbillon, avaient échappés aux
bayonnettes républicaines; les malheureux que
par force, ou par vos abominables provoca-
tions, vous parvîntes à réunir pendant quel-
ques jours sous vos bannières populicides,
implorent la clémence nationale, et le Direc-
toire-Exécutif leur ouvre la porte du repentir;
le paisible, habitant des campagnes a repris ses
travaux agricoles 3 les propriétés ont été sau-
( 7 )
A 4
vées du, pelage que vous avez organisé, le
règne de la lui -a repris son empire, cette-lutte
impie a prouvé aux moins clair-voyants la force
de, la vertu, contre le crime j de la stérile
contre Y imposture j. de la. république et du
gouvernement, représentatif, contre le TOY"
lisme et la. tltéocratie, enfin c'est une nouvejle
pteu-ve ajoutée k. tant d'autres de la perfidie
du cabinet de St. James et de la sanguinaire
atrocité- desL^rêtres rébelles, :
^Officiers. et, gendarmes,} depuis l'époque
intéressante ow votre organisation perimt de
vous faire occuper les résidences, qui vous
furent assignées par le tableau de répartition
des brigades, vous eûtes plus d'une occasion
de prouver votre attachement au gouver*•
nement constitutionnel, de signaler votre cou-
rage et votre ^energiè raisonnes contre les
ennemis de la république,
A peine futessvous entrés en fonctions, que
les restes épars des brigands qui avaient leurs
repaires dans la forêt, de Soignes (a), furent-
arrêtés et livrés à la vengeance des lois : les
hordes de vagabonds, de chauffeurs qui ar-
(a) Brumaire an 4. (Dép. de la Dyle.)
'( 8 )
• borèrènt à Gennoppes, (L) l'étendart de la
rébellion, ayant à leur tête un brigand connu
sous le nom de Charles de Loupoigne, (c) furent
poursuivis, harcelés sans cesse, arrêtés et livrés
aux tribunaux , les autres furent obligés de
fuir avec préèipitation et dans l'ombre des
nuits, le sol que trop long-tems ils avaient
souillé de leur présence impure , enfin le
même plan de rébellion exécuté un an après,
sous la direction de l'ex- baron de Moorselle
(d) éprouva le même sort, Moorselle chef de
ces nouveaux brigands, paya de sa tête le
crime qu'il avait commis; la tranquilité pu-
blique troublée par cet arlequin de la qiieiic
de Vandernool fût rétablie en moins de 24
heures dans le pays qui fut le témoin de son
(b) Pluviote an 4. ( Dép. de la Dyle.)
(c) Le véritable nom de ce Brigand est Jacquemyns,
il a servi dans un corps autrichien appellé corps
franc de Le Loup : ce crapuleux personnage ha-*
bitait Bruxelles ou il n'était connu que par ses
débauches, il a été condamné h mort par contu-
mace, par jugement du conseil de guerre séant à
Bruxelles, immédiatement après son échauffourée
de Gennappes.
(d) Nivose an 5, (à Afflighero département de
l'Escaut. }
C 9 )
crime ; vous prîtes une part active dans Inexé-
çution des mesures de sûreté publique qui
produisirent ces heureux résultats; je vous en
ai felicité au nom du Gouvernement) qui m'en
donna l'ordre par l'organe de ses ministres de
la police générale et de la guerre. 1 -
Mais ie. doisl'a.vouer, aucune des circonstan-
ces, de votre carrière politique-dans Parme de
la gendarmerie-nationale, ne peut-être compa-
rée aux événemens extraordinaires dont les
contrées que vous habitez viennent d'être le
théâtre; jamais conspiration plus vaste n'eut
des ramifications plus étendues, jamais le péril
ne fût plus imminent pour les sincères amis
de la république. Ses lâches ennemis vous des-
tinaient à de plus fortes épreuves, ils avaient
organisé des vêpres siciliennes dans le silence
du crime, et dans leur rage délirante ils vous
désignèrent comme les premières victimes que
leurs bourreaux devaient immoler ; le sistême
de dissémination qui constitue essentiellement
la nature du service dont vous êtes chargés,
semblait accroître leurs espérances; trop lâches
pour lutter avec vous, corps à corps, ils se
battaient de vous accabler par la force de leur
nombre et de vous massacrer en détail : mais
ces brigands- avaient oublié qu'un soldat de
la liberté ne calcule jamais le nombre d'en-
«
( 10 )
tiernis qu'il a à combattre, qu'une gejidarmtrie-
républicaine, ne ressemble pas plus à une ma-
çéchauséç dq Brabantia) , que la révolution
t D Bas. divers
(a) II existât dans Jes ci-devant Pays-Bas divers
corps chargés d'y faire la police „ on les appellait
Diossarls , maréchaussée de Flandres, francs de
Bruges, Archers du Hainaut; toutes cee inîtitutions
ont été fupprirnéès à l'éjpoque du décret de réunion
du 9 Vendémiaire an 4j et les individus qui en
faisaient partie n'ont point été admis dans le nou-
veau corps de la gendarmerie-nationale,
l !..
Mais le gouvernement a appellé aux emplois d'om-
ciers, sous - officlers et gendarmes les*originaires
Belges qui s'étaient raigés sous Ils drapeaux de la
république pour combattre l'ennemi commun. Parmi
çeux dçs ia^^gènep qui-ce sont le plus distingués
lors des derniers évènemens on remarque dans Je
département de l' Kscaut le citoyen Lievermans
Eeutenant, ci - devant aide- de-camp du général
Jardon , "il "a eu son cheval tué sous lui en com-
battant les rebelles-du ci-devant pays de' Waes.
Dans le département des Deux-Néthes les lieutenant
Merghlinck de la résidence de Herenthals t et
Dupont de la résidence de Malines.
Et"; dans 4e département de Jemmapes le lieutenant
- JLatleur de la résidence de Beaumont ; il est à
remarquef que tous ces oiffciers InfLigènes et la
majeure partie de ceux qui se sont distingués dans
les dernières affaires avaient été privés de leurs
( II ?
Française à la mascarade grotesque àe&iF&n
Hupcn et des abbés de Tongerloo (b), qu'eiofin,
» 1
emplois avant le i8 Fructidor, et que leur réinté.
g ration est encore un des bienfaits de cette glo-r
pieuse journée. - J
Ch) Le chanoine Van Eupert €ut l'ame du congrès
dont Van-der-Noot n'était que le mannequin, ce
fut ce con grès qui proscrivit le malheureux Van*
âermesfh , et les vrgis patriotes qui demandèrent
comme loi que le peuple souverain fut légalement
représenté dans les assemblées politiques de la ci-
devant Belgique; Van Eupen a été condamné à la
déportation par arrêté du Directoire-Exécutif, peu
de tems après la journée du* 18 Fructidor an 6.*
Irodfroi, abbé, de Tongérloo, était l'un des plus furieux
tbéo craies du congrès, il s'était fait armer che-
valier et colonel propriétaire d'un régiment de son
, nom I/abbaye de Tongerloo était l'ùne des plus
riches du ci-devant Brabant : elle est située dans
le département des Deux - Nêthes, environ à six
lieues d'Anvers.
L'es rébelles du département des Forêts ont puisés
leur 'manifeste dans une épitre exhortatoire de
Godjroi, abbé de Tongerloo ; dans cet écrit imprimé
"à Bruxelles en 1790 , le saint abbé adjure ses
fidèles soldats de jetter au fond d'un puits tous
çeux qui ne seraient pas de son parti, c'était
( 12 )
les élément qui composent la gendarmerie de
la ci-devant belgique, sont des fractions ex-
traites de ces légions de héros qui fondèrent
la république, et portèrent aux rives du Da-
nube et aux portes de Vienne le drapeau tri-
color qui flotte aujourd'hui sur les remparts
d'Alexandrie.
CAMARADES !
Combien de fois ne vous ai-je pas dit dans
l'effusion de mon ame , qu'un républicain
n'avait jamais assez fait, tant qu'il restait
encore quelque chose à faire pour la patrie!
fvous avez vu que quand je proclamai cette
grande vérité dans ma correspondance , et
lors de mes revues d'inspection, il restait
encore beaucoup à faire.) Vous avez en-
tendu ma voix, et vous avez prouvé par de
(au dire de ce brigand) agir suivant le précepte
de l'évangile.
J'ai lu cet écrit digne du tems des croisades et j'y
ai remarqué en outre que l'abbé Godfroi, attri-
buait les revers des troupes Belgiques à l'irréligion
de ceux qui mangeaient de la viande le Vendredi
ci le Samedi, on' serait tenté de rire de pitié à
la lecture d'un pareil écrit., s'il ne rappellait pas
des souvenirs si amers pour les sÍncères amis de
des souvenirs si amers pour les sincères amis de
la liberté.
1 ( 13 )
glorieux exploits qu'il n'est rien qu'un chef
ne puisse entreprendre, que toujours il est
certain du succès lorsqu'il commande à des
militaires qui, connaissent toute la réalité du
mot Patrie , sur lesquels le véhicule de
l'honneur et l'amour de la libérté ont un
empire si absolu.
Yous avez anéanti les hordes de brigands
qui pullulaient sous vos pas, qui avaient ag-
glommeré leurs forces pour vous envelopper
et dont les efforts furent vains pour - neutra-
liser votre courage; vous eûtes l'honneur de
vous signaler parmi les braves qui soutinrent
le premier choc de la rébellion, et dans la
position critique où vous vous êtes trouvés, vous
prouvâtes que yous .étiez accoutumés a partager
la gloire et les dangers de la garde-nationale en
tlcliviJé; plusieurs d'entre vous ont été assassi-
nés par les sbirres des califes du Vatican, des
scélérats ont poussé la barbarie jusque égorger
des femmes 0*0 et des jerçfans, ils opt pillé vos
de s vos
, ■ T
r - i » 1
.(*) Je ne dois pas passer sont silen.ce ,un, trait «J.'h\tj
mamté et' dp grandeur d'âme qui honorp les?
çitoyens. Dufresne et .Bigames, Le ier chef du 32.e
escadron , le second capitaine, çonompndanfc la cou}-
pagme de gendarmerie du département des Dçux-
( 14 )
casernes, livré aux flammes tout ce que vous
possédiez, enfin rien de ce qui peut exciter
l'indignation et la vengeance n'a été épargné
par ces cannibales (a); vous vous êtes montrés
Nêthes; un brave gendarme fut assassiné par les
rébelles , il laissait une veuve et plusieurs énfans,
Dufresne et Bigarne ont recueillis chez eux cette
famille infortunée, et ce n'est pas par eux que
j'ai appris cet acte de bienfaisance.
Braves officiers; ce trait de générosité ne vous fait pas
moins d'honneur que la gloire que vous vous êtes
acquise en vous trouvant toujours en préscnce des
rébelles à la tête de vos brigades j secourir les
malheureux., soulager l'honorable indigence, prendre
soin des veuves et des orphelins, voilà la morale
des républicains, la véritable morale de J'évangile,
mais ce n'est pas la morale des prêtres réfractaires"
les cœurs de ces Brigands furent toujours inac-
cessibles à la pitié, à la sensibilité, et à tout
sentiment généreux.
(a) Tandis qu'on imprime cet ouvrage j'apprends
officiellement que les rébelles qui s'étaient échappés
de Diest ont été attaqués vigoureusement dans
Hasselt, par les troupes de la république, sous le
commandement de Jardon, général de Brigade, et
qu'ils ont été mis dans une pleine déroute laissant
i5oo à 2000 des leurs sur le carreau. ÏSous n'avons
à' regretter que la perte d'un très-petit nombre de
républicains dans cette dernière affaire , de ce
( 15 )
grands, généreux et magnanimes; vous avez
signalé vos victoires par un calme et une mo-
dération qui rehaussent votre gloire, et com-
mandent le respect de vos plus cruels enne--
mis et des plus furieux théocrates.
r Officiers qui avez marché à la tête de vos
brigades, vous avez prouvé que rien n'est plus
capable d'électriser des ames républicaines que
l'exemple d'un chef qui, le premier, supporte
les fatigues de ses subordonnés et les dirige
partout où il y a des dangers à courir, de
l'honneur à acquérir, de la gloire à moissonner:
gendarmes-nationaux , vous voyez aussi dans
vos succès les effets heureux et toujours infail-
libles de la subordination et de la stricte exé-
cution des lois constitutives de la discipline
militaire.
nombre est le gendarme Vannier, de la résidence
d'Hasselt, qui ayant été pris par les rébeiles à leur
entrée a été sur- le champ fusillé par eux, le même
rapport m'instruit que ces rébelles avaient à leur
tête 4 prêtres dont ils reçurent une absolution gé-
nérale qui fut l'avant-coureur de leur déroute.
Rapport du citoyen Maupoint commandant la indi-
vision de gendarmerie - nationale du 76 Fri-
maire an 7.
( 16 )
Vous avez donc tous fait uotre devoir; vous
avez acquitté envers la patrie une dette sacrée
pour tout républicain ; voilà ce qu'attestent dan%
les comptes qu'ils ont rendus au gouvernement,
les officiers-généraux que le Directoire-exécutif
honcre de sa confiance et à qui la ci- devant
Belgique doit son salut, voilà ce que répètent
avec les officiers-généraux, les autorités cons-
tituées, qui ont apprécié les services éclatans
que vous venez de rendre à la chose publi-.
que, enfin voilà ce que j'ai appris de tous les
points de la ci-devant Belgique par les divers
fonctionnaires publics qui ont eu des relations
avec vous dans ces momens difficiles, par les :
bone citoyens dont vous avez sauvé la vie et
les propriétés; ce sont ces rapports unanimes;
parvenus à la connaissance, du gouvernement,
qui ont motivé la lettre du ministre de la guerre
du 27 Brumaire, que je m'empresse de vous
coirrmuniquer ; les témoignages de satisfac-
tion qu'elle renferme vous imposent de 'nou-
velles obligations,- il Vous sera1 d'autant plus
doux de tes remplir, que vous, avez la certi-
tude qu'elles n'échapperont pas à.là .grati-
tude nationale.
Vous apprendre'z avec joie, mais sans en
être surpris, que vous avez eu de zélés imi-
( '7 ?
tuteurs, dans tous ceux de vos camarades
qui font le même service que vous dans les
nouveaux départemens situés sur la rive
gauche du Rhin; il n'en est pas un seul qui
ne brigua l'honneur de partager vos dangers,
et de combattre avec vous les brigands soldés
par l'or de l'Angleterre. Que n'avez-vous été
comme moi témoins de leur enthousiasme ?
vainement quelques essaims de brigands har-
celés dans le département des Forêts, ten.
tèrent de propager la rébellion dans celui dé
la Saarre; la gendarmerie était sur la fron-
tière de ce département ; elle a sauvé les
caisses publiques, arrêté les principaux chefs
de la révolte qui a éclaté à Pnïnz) (*) ceux qui
avaient coupé Varbre de la liberté, et
(*) Le rétablissement de la tranquilité publique dans
cette partie du département de la Saarre est dû à
l'activité, à la bravoure, et au sang froid, du lieu-
tenant de gendarmerie Petiot, employé provisoi-
rement dans cet arrondissement; les bonnes dispo-
sitions qu'il a faites ont empêché les brigands de
propager la révolte dans les département de la
Saare et de la Roer ; voir dans la collection des
pièces la lettre du citoyen Rudler commissaire du
gouvernement.
Voir fzussi la lettre du ministre de la guerre du
ÏÇ| Frimaire.
B
C 1-8 )
avaient substitues a cet emblème chéri de
notre régénération politique, le signe san-
glant que portaient sur leurs bannières)
les enfans de Jésus et du Soleil à Lyon,
les Egorgeurs du fort Jean à Mar-
seille,) les brigands vomis par VAngleterre
dans la Js endée3 lès assassitis des protestons
à JVismes et il Montauban 9 les scélérats qui
proscrivirent à Bruxelles Vinfortuné Vander-
mesch et les compagnons de sa gloire, les
assassins fie la St. - Barthélemi dans toute la
Fraigee,, les sicaires du Vatican dans, tout
le monde 1ue ses lamas appellaient le monde
chrétien*
Quel ami de l'humanité ne Frissonnera pas
d'horreur à. la lecture de ces caractères de
sang , que contient l'horrible écrit dont ces
forcenés prédicans se Sont fait précéder dans
le département des Forêts. (*)
{*) Les rébelles du département des Forêts étaient
guidés par deux scélérats, l'un nommé Kriendal
curé insermenlé d\Oderhange, canton de Reulandy
t'autre Martini , vicaire insermenté de Maldauge,
méme canton; -
- ? Le reste des bripands qui ont désolé la Belgique a
été tamé en^piè'ces par les colonne Républicaines
dans la partie du département des Deux - Nêthes
( tg )
D &
M Au nom d'un dieu que nous servons
« et - que nous adorons s feu et flamine,
« sur tout à ceux f/Lll ne sont pas de notre
« parti. »
"Telle fut aussi la sacrilège invocation de
l'infâme Cardinal de Lorraine, lorsqu'il bé-
nissait les poignards dont Medicis et son fils
{*) avaient armés les assassins qui portèrent
sous les fenêtres du' Louyte J la tête san!
plante du malheureux Coligny.
)' tL J —
connue cl - devant sous le nom de Campine du
Brabcmt? à GJiéel, Maol et Merhout.
Ils ont été attaqués avec une telle impétuosité qu'ils
, ont abandonnés tous -leurs vivres, leurs bagages et
leurs munitions.
On a remarqué à la têtç de chaque côlonne de bri-
gands , ube fourmillière de prêtres , le crucifix à
, la naain qui: prêchaient au nom d'un dieu de paix.
dégorgement des citoyens. (Rapport du général
Béguinot, commandant lrs départemens de la
Dyle , de Jemmappes et des Peux - Nêthes,
Frimaire an 7. )
{*) CHAULÉS IX ; il était lui même armé 4'"°® ca-
rabine, et fit feu sur les proiestans le jour de la
i St. Barthéletui.
C ao )
Lorsque les cloches de Camille- Jordan son-
naient les funérailles de la République, c'é-
taient encore les prêtres rébelles qui, un cru-
cifix à la main, dirigeaient les poignards du
fanatisme j et appellaient à grands cris l'an-
cien régime et ses horreurs ; le culte des
prêtres réfractaires n'est autre chose que
la haine de la révolution et l'amour de la
royauté(*)
Et pourquoi rajouterai-je pas que ce signal
des Vlpres siciliennts, fut de nos jours et sur-
tout pendant la réaction royale, dont Pimmor-
telle journée du 18 Fructidor a marqué le
terme, le ralliement des hordes de cannibales
par lesquels furent immolés les plus purs répu-
blicains dans les départemens méridioncaux
de la République, des fils légitimes et des
gardes du corps du lourd et féroce manne -
quin, qui chassé de Y UQnne 3 conspué à
Blankembourg, fatigue aujourd'hui la capi-
tale de la Courlande (**), du poids de son
ignominie.
(*) Rapport de Briot sur la législation relative aux
piètres réfractaires , léance du conseil des 500
du 21 Brumaire as 6.
(•*) Mitcau.
( 21 )
B 3
Gendarmes - nationaux, votre première ré-
compense est dans le bien que vous avez fait,
dans l'estime de vous même, dans la gloire
que vous vous êtes acquise, en justifiant par
votre conduite valeureuse la confiance que
vous ont donnée les généraux, sous les ordres
desquels vous avez marché, et celle des au-
torités civiles, que vous avez si puissamment
secondées dans la découverte des instigateurs
et moteurs de cette révolte ; dans l'arrestation
des principaux chefs et meneurs de la rébel-
lion) et dans la destruction des tronçons épars
de \'hydre, dont vous avez contribué à abat-
tre les têtes qui semblaient se réproduire sous
les coups que vous portiez.
Le Directoire- Exécutif de la grande nation
saura apprécier l'importance des services que
vous avez rendus, le patriutisme J la bravoure
et toutes les actions d'éclat (a) seront récom-
(a) Parmi les nombreuses actions d'éclat qu'ont fait
naître les malheureux événemens dont la ci-
devant Belgique vient d'être lethéâtre, ondistingue
le trait suivant :
« Le citoyen François Hendrick gendarme de la
« brigade de Venloo , département de la Meuse
<• inférieure, faisant partie d'une des colonnes mo-

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