De la Moralité

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Nouvelle édition de De la Moralité augmentée de nombreuses annexes (Biographie panoramique
— Les citations les plus célèbres de Zola
— Notes d'un ami de Paul Alexis
— Émile Zola, sa vie, son oeuvre de Edmond Lepelletier
— Zola par Émile Faguet). L'ouvrage a été spécifiquement mis en forme pour votre liseuse.
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Publié le : mardi 18 février 2014
Lecture(s) : 1
EAN13 : 9782368418017
Nombre de pages : 525
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ISBN Epub : 9782368418017
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LISTE DES TITRES
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ARVENSA ÉDITIONS NOTE DE L’ÉDITEUR
DE LA MORALITÉ
LES ANNEXES BIOGRAPHIE PANAROMIQUE CITATIONS LES PLUS CÉLÈBRES DE ZOLA ÉMILE ZOLA. NOTES D’UN AMI (par Paul ALEXIS) ÉMILE ZOLA : SA VIE – SON ŒUVRE (par Edmond LE PELLETIER) ZOLA (par Émile FAGUET)
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DE LA MORALITÉ
1880 Émile ZOLA ÉTUDES BIOGRAPHIQUES ET CRITIQUES
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Un de mes bons amis avait un roman en cours de publication dans un ournal. Le rédacteur en chef le fait appeler un soir et lui parle avec indignation d'un alinéa qui devait passer dans le feuilleton du lendemain ; e ne sais plus, les amoureux s'y conduisaient mal, il y avait par là un baiser trop tendre. Mon ami, très rouge, honteux d'avoir révolté la pudeur de toute une rédaction, consentit à supprimer l'alinéa. Le lendemain, quelle ne fut pas la stupeur du brave garçon, en lisant à la troisième page du ournal, dans ce numéro qu'on l'avait forcé à expurger, le compte rendu très long et très détaillé d'une abominable affaire criminelle, telle qu'une imagination romantique peut seule en rêver. Un père, après avoir eu un enfant de sa fille, l'avait fait bouillir dans une marmite, pour le mieux anéantir ; et aucune horreur n'était épargnée, ni l'histoire de l'accouplement monstrueux, ni les circonstances de l'abominable cuisine. Eh bien je déclare ne pas comprendre. La question se pose ainsi : comment les journaux, si pudibonds à leur rez-de-chaussée, sont-ils si malpropres à leur troisième page ? Je n'entre pas dans la discussion littéraire de l'imagination et de la réalité, j'exam ne seulement un fait, je dis qu'il y a un manque ab ou de logique à parler de la dignité du journal, du respect dû aux familles, si après avoir fait la police du roman, on publie sans hésitation toutes les infamies des tribunaux. Pourquoi exiger là un mensonge couleur de rose et accepter ici les férocités de l'existence ? Depuis longtemps, je veux faire une étude, et j'ai commencé un dossier. Mon idée est simple : je coupe dans les journaux les plus répandus, ceux qui se piquent d'être lus par les mères et les filles, les épisodes épouvantables, les détails des crimes et des procès qui mettent cyniquement à nu toute l'ordure de l'homme ; puis, je me propose, un jour, lorsque j'aurai un joli petit recueil de ces saletés : de publier le dossier, en me contentant d'imprimer, après chaque extrait, le nom et la date du ournal. Quand ce travail sera fait, nous verrons de quel air digne les directeurs parleront de leurs abonnés, à la moindre audace d'analyse d'un romancier moraliste. Et croyez que mon dossier sera riche. J'ai déjà l'histoire du père et de la fille faisant cuire leur fruit incestueux ; j'ai l'aventure delà vieille femme etée à l'eau et retirée trois fois par son meurtrier, pour le plaisir ; j'ai l'autre vieille femme tuée par deux jolis garçons, après une orgie dont l'autopsie a révélé les gaietés ; j'ai Ménesclou, avec sa chemise tachée de sang et d'autre chose ; sans compter toutes sortes d'affaires drôles, les Page 7
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séparations de corps, les procès en adultère, les filles enlevées. Sans doute, les journaux ne font ni les vices ni les crimes ; ils se contentent de les raconter, mais en termes si clairs, avec des périphrases qui aggravent l'obscénité à un tel point, qu'ils sont vraiment bien venus de nous disputer ensuite la liberté de tout dire. Eh ! quand on a décrit, avec les raffinements du reportage, la pissotière de M. de Germiny, on n'a plus le droit d'empêcher les amoureux de nos romans de s'aimer librement sous le clair soleil ! Je sais bien ce que répondront les directeurs. Ce sont, pour la plupart, de galants hommes, aimant la gaudriole et faisant leurs farces ainsi que de simples mortels. Seulement, ils ne plaisantent pas avec l'abonné. Au fond, ils se moquent de la dignité de leur journal comme d'une guigne ; ce qu'ils désirent, c'est que l’abonné soit content, et ils lui donneraient de l'arsenic, pour peu qu'il en demandât. Mettons donc, si vous voulez, que l'inconséquence vient du public ; le public qui tolère l'égout sanglant des tribunaux, demande aux romans des petits oiseaux et des pâquerettes pour se consoler. C'est un contrat, ce qui scandalise à une place devient inoffensif à l'autre. Et, si l'on a le malheur de manquer à la consigne, on est un gredin, toute la presse vous traîne dans le ruisseau. Bon public ! Or, en ce moment, un procès passionne Paris. Je n'entends pas juger à mon tour les personnes mises en cause, et je ne veux même pas savoir quelle sera a décision du tribunal. Ce qui m'occupe, c'est simplement les histoires contées par les journaux, ce qu'ils impriment, le linge sale qu'ils remuent tous avec tant de complaisance. J'en parlerai comme d'un conte inventé. Admettons qu'il n'y ait personne de coupable, ni le mari, ni la femme, ni le père. Voici simplement des phrases. Je lis dansle Figaro : « Madame prenait son bain en présence de son père, et elle poussait des cris de joie et de contentement. » Mon cher Hennique, vous dontla Dévouéeété traitée d'œuvre ordurière, vous a n'avez pas encore osé risquer cette bonne fille que la présence de son bon papa excite au point de lui faire chanterla Mère Godichon. Vous êtes pâle, mon ami, avec la guillotinade qui termine votre roman. Que n'avez-vous mis votre héroïne et son père dans la même baignoire ! Je lis encore dansle Figaro : « Un valet avait vu la jeune femme assise sur un canapé, à Côté de M. X..., les vêtements relevés, dans une situation inconvenante. » Bigre ! cela se corse ! Qu'en dites-vous, mon bon Alexis ? Voilà votre Lucie Pellegrin joliment enfoncée ! Une fille qui meurt de la
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poitrine en buvant de l'absinthe, quelle panade ! Parlez-moi d'une demoiselle qui partage ses jupons avec son père ! Fouillez cette situation, si vous voulez qu'on vous prenne votre prochain roman dans un journal honnête. Je lis encore dansle Figaro. « Un domestique n'a-t-il pas déclaré qu'il avait vu, certain jour, M. X... entrer avec sa fille dans les cabinets d'aisance, allégation qui a motivé une enquête contradictoire sur la dimension des cabinets et la possibilité pour deux personnes de s'y tenir à la fois. » Ah ! ceci, c'est de la gourmandise ! Voilà qui vous regarde, mon brave Huysmans, vous qu'on a appelé « un artiste en ordures ». Vos fameuses « pisses de chat » desSœurs Vatard, dont on a mené tant de tapage, ne sont que de l'eau sucrée, à côté de ces lieux d'aisance. En sentez-vous tout le bouquet ? Voyez-vous l'enquête contradictoire, les messieurs s'enfermant deux par deux, pour essayer ? Vous imaginez-vous le papa et la demoiselle installés là-dedans, à se dire des plaisanteries de bon aloi ? Du moment où les lectrices distinguées d'un journal ont eu sous les yeux ce tableau d'intérieur, je demande à ce qu'on donne vosSœurs Vatarden prix dans les pensionnats de jeunes filles. Et vous, mes chers amis, Géard et Maupassant, vous qu'on injurie un peu moins parce que vous avez moins écrit, que pensez-vous de cet alinéa des articulations du mari, que je prends dansl’Événement« Elle était : dans un état d'animation et de désordre évident. Elle se hâtait de se déshabiller, changeait complètement de linge, et ses vêtements les plus intimes portaient les traces irrécusables de ses désordres. » Encore la chemise de Ménesclou ! Hein ! cela est honnêtement dit, mais quelle échappée de rêveries pour une lectrice vertueuse ! Pesez-moi cela : vêtements intimes, traces irrécusables. Voyez-vous un romancier poussant la description jusqu’à cet examen ? On vous le jetterait en prison. Et, à ce propos, une observation : savez-vous bien que les magistrats osent beaucoup plus que nous, les romanciers. Ils entrent dans des détails vraiment scandaleux ; et la liberté de leurs questions est telle parfois, ils analysent l'ordure si à fond, qu'ils sont obligés de faire fermer les portes. Je sais bien que leur mission est de tout savoir et de juger. Mais la nôtre aussi est de tout savoir et de juger entre les magistrats et les écrivains, il n'y a qu'une différence, c'est que parfois les écrivains laissent des œuvres de génie. Ainsi donc, mes amis, il faut confesser notre impuissance : nous n'irons
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amais à ce degré de vérité dans l'atroce. Les journaux qui s'indignent de nos œuvres et qui publient tout au long de pareilles histoires, estiment sans doute que nous tournons aux berquinades. Ajoutez qu'on est ici en plein scandale, qu'on traîne dans cette boue des personnes vivantes, connues de tous, qu'on se montrera, pendant des mois, le père et la fille accusés d'une idylle dans les cabinets d'aisance ; et vous reconnaîtrez combien nos romans sont plats, petits et naïfs, timides et incolores, de la bouillie pour les enfants au maillot. J'ai honte de cette eau pure. N'est-ce pas mon grand ami Edmond de Goncourt qui vous conseillait, à vous les jeunes, d'étudier le monde, de porter l'observation et l'analyse dans les classes distinguées, pour faire enfin des romans propres et qui sentissent bon ? Le conseil était excellent, mais où donc est le monde ? Il n'est sans doute pas parmi les fonctionnaires et les millionnaires du procès qui se déroule. S'agit-il du monde, portes ouvertes, ou du monde, portes fermées ? Si nous sommes curieux, si nous regardons par les feules, je soupçonne que nous verrons, dans les classes distinguées, ce que nous avons vu dans le peuple, car la bête humaine est la même partout, le vêlement seul diffère. Telle est l'opinion que j'ai soutenue autrefois, et les échos du Palais de Justice me donnent raison. Nous autres, manants, gens de mauvaise tenue et de petite fortune, nous ne connaissons le monde que par les procès scandaleux qui éclatent chaque hiver. Je ne parle pas des salons où nous pouvons aller ; on est en public dans les salons, on s'y tient à peu près bien. Je parle de la salle à manger, du boudoir, de l'alcôve. Or, à chaque procès, nous en apprenons de belles. Monsieur jure comme un charretier, appelle sa fille « bougresse » et la dame de compagnie « cul crotté » ; madame rencontre des messieurs dans les églises ; le beau-père est folichon et la belle-mère insupportable ; on s'allonge des claques au milieu de gros mots, on se prend aux cheveux devant les domestiques. Grand Dieu ! sommes-nous dans un taudis de la Chapelle ? Nullement, nous sommes dans le meilleur monde, un monde fréquenté par des princes. Qu'en pense le public ? Lorsque nous placerons un juron dans la bouche d'un homme bien mis ; lorsque nous noierons une conversation ordurière, chuchotée à quelques pas des dames, dans un salon ; lorsque nous ouvrirons l'alcôve et montrerons l'adultère vautré sur des dentelles ; lorsque nous retrouverons le laquais et la prostituée sous l'habit noir et la robe de velours : dira-t-on encore que nous mentons, haussera-t-on les
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