Fables (La Fontaine) orthographe modernisée/Livre II/15

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LE COQ ET LE RENARD Le Coq & le Renard.
Sur la branche d’un arbre était en sentinelle Sur la branche d’un arbre eſtoit en ſentinelle
Un vieux Coq adroit et matois. Un vieux Coq adroit & matois.
Frère, dit un Renard adoucissant sa voix, Frere, ...
Publié le : mercredi 18 mai 2011
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LE COQ ET LE RENARD
Sur la branche d’un arbre était en sentinelle Un vieux Coq adroit et matois. Frère, dit un Renard adoucissant sa voix, Nous ne sommes plus en querelle : Paix générale à cette fois. Je viens te l’annoncer ; descends que je t’embrasse : Ne me retarde point de grâce : Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer. Les tiens et toi pouvez vaquer Sans nulle crainte à vos affaires ; Nous vous y servirons en frères. Faites-en les feux dès ce soir. Et cependant viens recevoir Le baiser d’amour fraternelle. Ami, reprit le Coq, je ne pouvais jamais Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle, Que celle De cette paix. Et ce m’est une double joie De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers, Qui, je m’assure, sont courriers, Que pour ce sujet on envoie. Ils vont vite, et seront dans un moment à nous. Je descends ; nous pourrons nous entre-baiser tous. Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire. Nous nous réjouirons du succès de l’affaire Une autre fois. Le galand aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut, Mal content de son stratagème ; Et notre vieux Coq en soi-même Se mit à rire de sa peur : Car c’est double plaisir de tromper le trompeur.
Fables de La Fontaine : Barbin & Thierry | Georges Couton
Le Coq & le Renard.
Sur la branche d’un arbre eſtoit en ſentinelle Un vieux Coq adroit & matois. Frere, dit un Renard adouciſſant ſa voix,  Nousne ſommes plus en querelle :  Paixgenerale à cette fois. Je viens te l’annoncer ; deſcends que je t’embraſſe.  Neme retarde point de grace : Je dois faire aujourd’huy vingt poſtes ſans manquer.  Lestiens & toy pouvez vaquer  Sansnulle crainte à vos affaires ;  Nousvous y ſervirons en freres.  Faites-enles feux dés ce ſoir.  Etcependant vien recevoir  Lebaiſer d’amour fraternelle. Ami, reprit le Coq, je ne pouvois jamais Apprendre une plus douce & meilleure nouvelle,  Quecelle  Decette paix.  Etce m’eſt une double joye De la tenir de toy. Je voy deux Levriers,  Qui,je m’aſſure, ſont couriers,  Quepour ce ſujet on envoye Ils vont viſte, & ſeront dans un moment à nous. Je deſcends ; nous pourrons nous entrebaiſer tous. Adieu, dit le Renard, ma traite eſt longue à faire. Nous nous réjouïrons du ſuccés de l’affaire  Uneautre fois. Le galand auſſi toſt  Tireſes gregues, gagne au haut,  Mal-contentde ſon ſtrategême ;  Etnoſtre vieux Coq en ſoy-meſme  Semit à rire de ſa peur : Car c’eſt double plaiſir de tromper le trompeur.
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