Fragments d’Artémire

De
Publié par

VoltaireFragments d’ArtémireFRAGMENTSD’ARTÉMIRETRAGÉDIEREPRÉSENTÉE, POUR LA PREMIÈRE FOIS, LE 15 FÉVRIER 1720.AVERTISSEMENTDES ÉDITEURS DE L'KDITFOX DE KEHL.� �C.elte pièce fut jouée le lo février 1720. Elle eut peu de succès'. Le fond del'intérêt est le même (jue dans Mariamne. (l'est également une femme vertueusepersécutée par un mari cruel qu'elle n'aime point. Mais la fable de la pièce, lecaractère des personnages, le dénoùment, tout est différent ; et. à l'exception d'unescène entre Cassandre et Artémire, qui ressemble à la scène du quatrième acte,entre Hérode et Mariamne, il n'y a rien de commun entre les deux pièces. On n'a puretrouver Artémire; il n'en reste que la scène dont nous venons de parler, uneparodie jouée à la Comédie- Italienne, et le rôle d' Artémire tout entier.D'après ces débris, nous avons essayé de retrouver le plan de la pièce; mais celuiqu'on pourrait deviner d'après la parodie est fort différent du1. Une note du Temple du Goût apprend qu' Artémire eut huit représentations. Lapièce n'avait pas roussi à la première, et l'auteur l'avait même retirée; mais le 23février, on en donna une seconde représentation, avec des changements, et cettetragédie eut quelque succès. Elle fut jouée pour la huitième et dernière fois le 8mars. Je crois que ce qui détermina Voltaire à faire cesser de jouer sa pièce fut laparodie que, le 10 mars, Dominique fit jouer aux Italiens sous le même titre A'Artémire. Cette parodie est imprimée dans le ...
Publié le : vendredi 20 mai 2011
Lecture(s) : 80
Nombre de pages : 23
Voir plus Voir moins
VoltaireFragments d’Artémire
FRAGMENTSD’ARTÉMIRETRAGÉDIEREPRÉSENTÉE, POUR LA PREMIÈRE FOIS, LE 15 FÉVRIER 1720.AVERTISSEMENTDES ÉDITEURS DE L'KDITFOX DE KEHL.��C.elte pièce fut jouée le lo février 1720. Elle eut peu de succès'. Le fond del'intérêt est le même (jue dans Mariamne. (l'est également une femme vertueusepersécutée par un mari cruel qu'elle n'aime point. Mais la fable de la pièce, lecaractère des personnages, le dénoùment, tout est différent ; et. à l'exception d'unescène entre Cassandre et Artémire, qui ressemble à la scène du quatrième acte,entre Hérode et Mariamne, il n'y a rien de commun entre les deux pièces. On n'a puretrouver Artémire; il n'en reste que la scène dont nous venons de parler, uneparodie jouée à la Comédie- Italienne, et le rôle d' Artémire tout entier.D'après ces débris, nous avons essayé de retrouver le plan de la pièce; mais celuiqu'on pourrait deviner d'après la parodie est fort différent du1. Une note du Temple du Goût apprend qu' Artémire eut huit représentations. Lapièce n'avait pas roussi à la première, et l'auteur l'avait même retirée; mais le 23février, on en donna une seconde représentation, avec des changements, et cettetragédie eut quelque succès. Elle fut jouée pour la huitième et dernière fois le 8mars. Je crois que ce qui détermina Voltaire à faire cesser de jouer sa pièce fut laparodie que, le 10 mars, Dominique fit jouer aux Italiens sous le même titre A'Artémire. Cette parodie est imprimée dans le premier volume du recueil des Paro-dies du nouveau théâtre italien. Voltaire n'a jamais voulu laisser imprimer satragédie. Feu Decroix, l'un des rédacteurs de l'édition de Kehl, en ayant recueilliquelques fragments, les fit imprimer dans l'édition à laquelle il coopérait. De nou-velles recherches lui procurèrent une copie du rôle d'Artémire, corrigée delà mainde l'auteur. Le comte d'Argental se rappela aussi quelques vers. Telle est la sourcedes nouveaux fragments que j'ai ajoutés, et dont je suis redevahle à feu Deci'oix.Luchet, dans son Histoire littéraire de Voltaire, dit que c'est à l'occasion d'Artémire« que les députés des comédiens du roi offrirent à MM. de l'Académie françaisel'entrée de leur spectacle ». Voltaire ne fut de l'Académie que vingt-six ans plustard, et je ne vois pas quel rapport peut avoir existé entre Artémire et l'Académiefrançaise.Mouhy, dans son Abrégé de l'histoire du théâtre français, dit que, le 2 mars 17:<2,sept députés des comédiens du roi se rendirent à l'Académie française, et que lesieur Quinault Dufresne y prononça un discours par lequel il invitait les acadé-miciens à prendre leurs places gratis à la comédie. Mouhy se trompe d'un jour : le 2mars 1732 était un dimanche, et l'Académie ne tint pas de séance; ce fut lelendemain lundi, 3 mars 1732, qu'elle reçut la députation des comédiens. 11 y avaitdouze ans moins cinq jours qu'avait eu lieu la dernière représentation d'Artémire. Iln'est donc pas à croire que cette pièce fût pour quelque chose dans la démarchedes comédiens. B.��  122 AVERTISSEMENT.jiliiii (juc donnerait le rôle d'Artémire; nous avons préféré ce dernier, parce qu'il apermis de conserver un plus grand nombre de vers.On verra dans ces fragments cpie M. de Voltaire, qui n'avait alors cpie vingt-six ans,
cherchait à former son st\le sui- celui de Racine. L'imita- tion est même très-marquée '.1. Artcmirc fut traitée avec si peu d'égards que Voltaire, ne se possédant i)lus,bondit, de la loge où il se tenait, sur le tliùàtro, et se mit à prendre à partie et àharanguer le parterre. Lorsqu'on sut que c'était lui, les clameurs s'apaisèrent; ils'exprima avec tant d'adresse, d'éloquence, de pathétique môme, que lesmurmures se convertirent en bravos. (Duvernet, Vie de Voltaire, 178G, p. 44, 45.)Si l'arrêt da public avait été sévère. Voltaire l'avait accepté pleinement ; loin d'enappeler, il le tenait pour bon et déclarait nettement que la pièce ne repa- raîtraitplus. C'était compter sans Madame, la mère du Régent, à qui il avait dédié OEdipe,et qui voulut absolument la revoir. Le poëte obtint quelque répit pour remanierl'ouvrage; mais il aurait eu besoin de bien plus de temps qu'il ne lui en était laissé.« Il fait ses protestations que, quoiqu'il y ait beaucoup changé, il n'a pas assezchangé encore ; qu'il faudrait plus d'un mois pour y faire les changementsnécessaires, et que l'on n'en peut rien faire de bon. Un auteur m' peut mieux serendre justice. » Sans doute, et c'est là un mérite assez rare pour être signalé. M.de Caumartin de Boissy, à qui nous empruntons ces lignes, ne paraît pas autrementédifié de cotte rigueur du poëte envers son œuvre, et comme Voltaire, qui étaitsincère, ne voulait point permettre que l'on continuât les représentations d'Artémire,et se prononçait à cet égard avec sa vivacité habi- tuelle, malgré l'accueil plusencourageant du public, il se moque du petit Arouet qu'il trouve et fort extravagant etfort ridicule. « Il dit toutes les sottises du monde au maréchal de VlUeroy sur ce qu'il(le maréchal) voulait qu'on la rejouât devant le roi. 11 veut absolument laraccommoder encore et se met en fureur contre quiconque lui propose de la fairerejouer. » Mais cela nous semble assez raisonnablc et assez légitime, n'endéplaise â M. de Boissy. Ce fut le 23 février que la pièce reparut après de notablescorrections pour être jouée on tout huit fois. Le président Bouhier raconte que lepoëte, n'ayant pu empêcher qu'on reprit sa pièce, avait comploté, lui et une petitetroupe de ses amis, de l'interrompre par leurs clameurs, ce que les comédiens,avertis, s'étaient mis en mesure de pré- venir, en lui faisant refuser l'entrée. Il forçala garde et se mit à crier au milieu du parterre qu'il priait tout le monde do s'enretourner, et que c'était une chose indigne de jouer une pièce malgré l'auteur.L'exempt des gardes voulut le faire sortir. Arouet, ayant fait quelque résistance, futmaltraité et mis dehors par les épaules, sans que personne osât prendreouvcrtomont sa défense. Et Arléinire, représentée malgré lui, fut applaudie presqued'un bout à l'autre. (G. D.)M. G. Desnoiresterres ne croit pas à cette anecdote. « Ce qui reste vrai, dit-il, c'estqu'il avait dû s'incliner devant le désir de gens qu'on ne refuse point. »On attribua l'interruption finale de la tragédie à la parodie qu'en donna Domi- niqueaux Italiens, sous le même titre ù'Artémire. Mais Vultaire, avant l'éclosion de lapai'odie, avait pi'is son parti... Il garda son manuscrit, et se borna â utiliser plus tarddans Mariamne le peu de vers qui lui semblèrent dignes de survivre au naufrage desa tragédie.��  FRAGMENTS D'ARTËMIRE��  PERSONNAGES��CASSANDRE, roi de Macédoino.ARTÉMIRE, reine do Macédoine.PAL LAN TE, favori du roi.PH ILOT AS, prince.MENAS, parent et confident de Pallante.HIP PARQUE, ministre de Cassandre.CÉPHISE, confidente d'Artémire.��La scène est à Larisse, dans le palais du roi.��l. Noms dos acteurs : LEGR.4^D, Du Boccage, Daxgeville, Quinault (Philotas),FoNTEWY, Dlfresne (Pallantc), Dlchemin, Lecrand fils; M'"" Sai.ley (CéphisCj,Lecol'vrecr (Artémire), Dcfresne. — Recette : 5,107 livres.La huitième et dernière représentatiou eut lieu le 8 mars. On fit '2,353 livres derecette.
��  FllAGMKMSD^VRTÉMIRE��ACTE PREMIER.��SCÈNE J.ARTKMIKE. CÉPHISE.Artémire, en proie à la plus vive doulour, ne cache point à Ccphis:i les tour- mentsque lui foit éprouver l'iiumeur soupçonneuse et la cruauté de Cassandro son mari,que la guerre a éloigne d'elle, et dont It retour la fait trembler.ARTÉMIRE.Oui, tous ces conquérants rassemblés sur ce bord, Soldats sous Alexandre, et roisaprès sa mort ', Fatigués de forfaits, et lassés de la guerre, Ont rendu le repos({u"ils ôtaient à la terre. Je rends grâce, Céphise, à cette heureuse paix Qui, brisanttes liens, te rend à mes souhaits. Hélas! que cette paix que la (Irèce respire Est unbien peu connu de la triste Artémire! Cassandre... à ce nom seul, la douleur etTeffroi De mon cœur alarmé s'emparent malgré moi. ^ ainqueur des Locriens,Cassandre va paraître : Esclave en mon palais, j'attends ici mon maître ; Pardonne,je n"ai pu le nommer mon époux. Eh! comment hii donner encore un nom si (b^ix !��1. Ce beau vers est devenu proverbo. K. — Dans Arlequin-Deucalion, Piron semoqua du poëte, qui, après un tel début, ne se soutenait pas. Il montra Arle- quinsur Pégase, essayant de gravir le Parnasse, et récitant les deux premiers vers à'Artémire. Soudaia Arlequin trébuchait et culbutait. « Jarnidieu! grommelait-il en sefrottant l'échiné, c'est bien dommage, j'allais beau train. » On dit que Voltaire futcourroucé de cette malico; on raconte même une anecdote à ce sujet; mais nouspensons, comme M, G. Desnoiresterres, que Thistoire de ce beau courroux n'estqu'une fable. (G. A.)��  126 FRAGMENTS D'ARTÉMIRE.11 ne l"a que trop bien oublié, le barbare!CÉPHISE.Vous pleurez !ARTÉiMIRE.Plilt aux dieux qu'à Mégare enchaînée, J'eusse été pour jamais aux fersaliandonnée ! Plût aux dieux que l'hymen éteignant son flambeau Sous ce trônefuneste eût creusé mon toiu])eau ! Les fers les plus honteux, la mort la ])lus terrible.Étaient pour moi, Céphise, un tourment moins horrible Que ce rang odieux oùCassandre est assis, Ce rang que je déteste, et dont tu féblouis.CÉPHISE.Quoi ! vous...AIlTÉMinE.11 te souvient de la triste journée Qui ravit Alexandre à l'Asie étonnée. La terre, enfrémissant, vit après son trépas Ses chefs impatients partager ses États ; Et jalouxl'un de l'autre, en leur avide rage. Déchirant à l'envi ce superbe héritage. Divisésd'intérêts, et pour le crime unis', Assassiner sa mère, et sa veuve, et son fils : Cesont là les honneurs qu'on rendit à sa cendre. Je ne veux point, Céphise, injusteenvers Cassandre, Accuser un époux de toutes ces horreurs ; Un intérêt plus tendrea fait couler mes pleurs : Ses mains ont immolé de plus chères victimes, Et je n'aipas besoin de lui chercher des crimes ^ Du prix de tant de sang cependant il jouit;Innocent ou coujjable, il en eut tout le fruit; 11 régna : d'Alexandre il occupa la place.La Crèce épou\antée ai)prouva son audace, Et ses rivaux soumis lui demandantdes lois, 11 fut le chef des Crées et le tyran des rois. Pour mon malheur alors attirédans l'Épi re, Il me vit ; il m'ofl'rit son cœur et son empire. Antinniis, mon père,insensible à mes pleui's.��I. Voltaire a depuis employé ce vers dans Mérope (acte I, se. i.) '2. Ce vers setrouve dans la Ilenriadc, cliant II, vers 170.��  ACTK I. SCÈM- I. li-
•\cci'|)lii m;ili;i'<' iiioi ces l'iincstcs iKniiiciirs :.le me phiigiiis cil vain de sa contrainte anstriv:Kn me tyrannisant il crut agir on prrc:Il pensait assurer ma gloire et mon Ixinlicni-.A |)('iii(' il jouissait (\o sa fatale en'ciir,Jl la connut Lientôt : le soupçonneux CassandicDevint son ennemi dès qu'il devint son gendre.Ne me demande point quels di\ei-s intérêts,Quels troubles, quels comi)lots, quels mouvements secrets,Dans cette cour trompeuse excitant les orages,Dut de Larisse en feu désolé les rivages :Enfui dans ce palais, théâtre des revers,Mon père infortuné se vit chargé de fers.Hélas 1 il n'eut ici que mes pleurs pour défense.C'est là que de nos dieux attestant la vengeance.D'un vainqueur homicide embrassant les genoux.Je me jetai tremhlante au-devant de ses coups.Le cruel, repoussant son épouse éplorée...crime, ô souvenir dont je suis déchirée!Céphise 1 en ces lieux même, où tes discours flatteursDu trône où tu me vois me vantent les douceurs,Dans ces funestes lieux, témoins de ma misère.Mon époux à mes yeux a massacré mon père.CÉPHISE.Par un époux... un père...! ô comble de douleurs!AP.TÉMIRE.Son trépas fut pour, moi le plus grand des malheurs.Mais il n'est pas le seul ; et mon Ame attendrieDoit à ton amitié l'histoire de ma vie.Céphise, on ne sait point quel coup ce fut pour moiLorsc[u'au tyran des Grecs on engagea ma foi ;Le jeune Philotas, avant cet liyménée,Prétendait à mon sort unir sa destinée.Ses charmes, ses vertus, avaient touché mon cœur ;Je l'aimais, je l'avoue; et ma fatale ardeurFormant d'un doux hymen l'espérance flatteuse,Artémire sans lui ne pouvait être heureuse.Tu vois couler mes pleurs à ce seul souvenir;Je puis à ce héros les donner sans rougir ;
Je ne m'en défends point, je les dois à sa cendre.CÉPHISE.Il n'est plus?��  128 FRAGMENTS D' ARTK.MIRl-.ARTÉMIIIE.Il mourut de la main de Cassandre; Et lorsque je voulais le rejoindre au tomi)eau,Céphise, on m'ordonna d'épouser son hourreau.CÉPHISE.Et vous pûtes former cet hymen exécrable?ARTÉMIRE,J'étais jeune, et mon })ère ('tait inexorable;D'un refus odieux je tremblais de m'arnu'r :Enfin sans son aveu je rougissais d'aimer.Que veux-tu ? j'obéis. Pardonne, ombre troj) clière,Pardonne à cet hymen oi'i me força mon p{'re.Hélas ! il en reçut le cruel châtiment,Et je pleure à la fois mon père et mon amant.Cependant elle doit respecter le nœud qui l'unit à Cas>aiidre. CÉPHISE.lui parler et le voir,Et dans ses bras...ARTÉMIRE.Hélas! c'est là mon désespoir. Je sais que contre lui l'amour et la nature Excitentdans mon cœur un éternel murmure. Tout ce que j'adorais est tombé sous sescoups, Céphise; cependant Cassandre est num époux : Sa parricide main, toujoursprom|)te à me nuire, A souillé nos liens, et n'a pu les détruire. Peut-être ai-je ensecret le droit de \v haïr, Mais en le haïssant je lui dois obéir. Telle est ma destinée��fli'phisc lui jiarlc de sa grandeur. N'ous réjjnez. lui dit-eilo.OucI mallieur eu régnant ne peid être adouci?AR TKM 1 ItK.Céphise! nioi, régner! moi, commaïKb'r ici!Tu connais nud Cassandre! il me laisse en partageSur ce trône sanglant la honte et l'esclavage.Son favori Pallante est ici le seul l'oi ;C'est un sccoud l\rau (|ui m'iuq)ose la loi.(Mic dis-jc'.' tous ces rois courtisans de Pallante,llattanl iniligm-nicnt son audace insolente,��  ACTE I, SCENE II. 1 2'«Auprès de mon époux implorent son api)ui, Et leurs fronts couronnés s'abaissent(lovant lui. Et moi...CÉPIIISE.L'on vient à vous,
AIITKMII'.E.Dieux ! j'aperçois Pallante ; Que son larouciie asi)ect maillige et m'épouvante !��SCENE II.PALLANTE. ARTÉMIRE. CÉPIIISE.PAI.I.ANTE.Et de ses actions rende un compte fidèle.A HT ÉM IRE.Pliilotas! dieux I qu'entends-je? ah ciel: quelle nouvelle! Quoi, seigneur, Pliilotasverrait encor le jour! Se peut-il?.,.P ALLA ME.Oui, madame, il est dans cette cour,AP.TÉMII.E.'Quel miracle! quel dieu!PALLANTE.��Redemander son trône et soutenir ses droits.ARTÉMIRE,. , Dieux tout-puissants !PALLANTE,Lisez ce qu'il m'ordonne,ARTÉMIRE,Je ne le cèle point, tant de bonté m'étonne.Depuis quand daigne-t-on confier à ma foiLe secret de l'État et les lettres du roi ?Vous le savez, Pallante, esclave sur le trône,A mon obscurité Cassandre m'abandonne.Je n'eus jamais de part aux ordres qu'il prescrit.PALLANTE.Lisez ce qu'il m'écrit.Théâtre. J. 9��  130 FRAGMENTS T)" ARTK.MIRE.ARTÉMIUE (lit;.Cassaiulre à PaUante, (c Je reviens triompliant au sein de mon empire ; Je laissesous mes lois les Locriens soumis; Et voulant me venger de tous mes ennemis,J'attends de votre main la tête d'Artémire. » Ainsi donc mon destin se consommeaujourd'hui! Je n'attendais pas moins d'un ôpoux tel que lui. Pallante, c'est à vousqu'il demande ma tête; Nous êtes maître ici, votre victime est prête. Vous l'attendezsans doute, et cet ordre si doux Ainsi que pour Cassandre a des charmes pouraous,PALLANTE.Voulez-vous vivre encore, et régner?ARTÉMIUE.Ail! seigneur, Quelle pitié pour moi peut touclier votre cœur? Je vous l'ai déjà dit,prenez votre victime. Mais ne puis-je en mourant vous demander mon crime Et
pour([noi de mon sang votre maître altéré Frappe aujourd'hui ce coup si longtempsdilleré?PALLANTE.Pour l'indigne instrument de ses assassinais.ARTÉMIRE.Vous me connaissez mal, et mon àiiie est surpriseBien moins de mon trépas que de votre entreprise.Permettez qu'Artémire, en ces derniers moments,Vous découvre son cœur et ses vrais sentiments.Si mes yeux, occupés à pleurer ma misère,Ne voyaient dans le roi que l'assassin d'un père;Si j'écoutais son crime et nu)n coMir irrité,Cassandre périrait, il l'a ti'op mérité :Mais il est mon époux, ([U()i<[ue indigne de l'être;Le ciel ([ui me poursuit me l'a donné pour mailre :Je connais mon devoir, et sais ce (|ue je doiAux nœuds inforliinés (pii l'unissent à moi.Qu'à son gré dans mon sang il éteigne sa rage;Des dieux, par lui l)ra\és, il est pour moi l'image;Je n'accepterai point le hras que vous m'ollrez :Jl peut trancher mes jours, les siens me sont sacrés;��  ACTE I, SCKNE II. 131Et j'niiiio mieux, soigiiour, dans mon sort d(ploral)le, Mourir par ses lorlaits que devivre coupai)ic.PALLANTE.Il faut sans balancer inépouser ou prrir;Je ne puis rien de plus : ('"est à \ous de choisir.Mil'KMIl'iK.Afon clioix est fait; sui\ez ce (jue Je l'oi ^ous mande: Il ordonne ma mort, et je vous la«Icmande. Elle finit, seigneur, un éternel ennui, Et c'est l'unique bien que j"ai reçu delui.l'ALLANTi:.Mais, madame, songez...ARTÉMIRE.Non, laissez-moi, Pallante. Je ne suis point à plaindre, et je meurs trop contente :Artémire à vos coups ne ^eut point échapper. J'accepte votre main, mais c'est pourme frapper.(Elle sort.) Pallante est furieux de ne pouvoir recueillir le fruit des soupçons jalouxqu'il a sennes dans le cœur de Cassandrc. Cependant il ne desespère pas devaincre la résistance de la reine; il s'enhardit dans le projet d'assassiner le roi.Son trône, ses trésors, en seront le salaire : Le crime est approuvé quand il estnécessaire.Il a besoin d'un complice ; il croit ne pouvoir mieux choisir que Menas, sou parent etson ami, qu"il voit paraître. Il lui demande sïl se sent assez de courage pour tenter
E.IRa nisszeTRMÉisA?r, végnepérious  suov dir zevuopHIÉP.CteaiJu.(SE innocenje meurelu uuq e sno tovinmoils e,ntu  Das nalgnal tiam rmanux anépoe mo!sd éHalsr .j uoes merinrmtea  v,tneiver satolih duxtloncre l ueoces,sruauQ P dnitière : Je rend srgcâsea xud eire pjeo les aiss sapért l( li'uq;ris ai<t sasaiior ,orrlinmêoM-ijjrIsiiletro( ;r!a])iris ao,c vesp( i|(iel soriient mo p' l'on v.KUIMKTUA?rotirrs aiiUlie  j :Mll- MjfPUijsioi , l'ioiisoz-vdovies rv revuze sop vouOui,IRE.RTÉMA.ertîam erlo\ edrinra cou, urgeprram ioocmmneecrtis de vous ave sia >(jior M ;  vdereot sleg ant. Famanez, rapp eoc ruqom nmm en moe mmietrurme lataf eoCtnemomconnaître un ventèseP.LAALTN.EeRfus urrendsicrisl tessial zeov àseeniï'o mui(js pédem trom aL : ur jz poisse Finocrud si snumaiavoe  aus Ee.jft ad xc sn emiueimns qu'unlaît moinioselcn eetll eruS :eniuoj sem heal mrsvox euuruep nup j(euul ssuis je e revotr ed m alitroaf l mutree ecspr.tesup uoev ztaettner, Mais au seiniiit"id Kinii; ,lu{(i' t.  I{:I.asd seitseesd  eir maîtr ivdcvcn riova'd ehcorpe rui lleel: e nédnnaioM.udr ro i favé lebravtrupn's t esinpoortm dno ouqiiiPatolraître; elle lui,tq 'uliv  aerapl'r genae,ntlaalliesnoc ém ed el-: ItlTlCtNEI, Sagngd  e A rerter, FIt lui posn'(\r'{l iu( o (ur'ipiilrajoe tôrn.'M((\ l tiMt :  sorantuPallseetcrr i'inrAûtsoii)lé](;c ve a'i)ipa iul iuq , .aDsn( u|leuq eextrémité (|ue Cassaerdn em ttej Ae,émrlc irt es rasneoc eteefmmsuje sa  J'itte.erap iaroc sel re qus upeu vonl'leele tso li àuqrisio :^e hj'pocmef : emd utenu'a  ler^ ou sntveevtrl  araedr gee nelant Paluté.tiorda enu emmocue qesmmfes deu  honneur les dehM-ia sedc  eafxusee enrvqut  c'à srotsafxueu^- dansint  yeu ses'ioh l  repunueàmn sos  ^ ; e  elbmesxnad ertêou Ptor rende,sslle 'n ea tuertu austèrea qu'une; E  t'lr duseese nthoa  lirvrou uA .xuef ses edhérint c amaseulasetna tidugp or'uq a nuertuc a rooru.mp d11elévpoeps sep orejst à Menas, qui luer tnamaerp étubenuvsond vurpot L sereutsrd f eins dédaicœur'un emmoc euqsaneM slu pdeareg rne, esluts é ,ernaetPalles. crimses ecil ed  ertpmocsefu'ê d qisreuihari ,amsal  ert de ne pi promet, REMITÉTEANLLPACS.EMERA.I ENE AC. EUXITE DRPMED  UCAETEI RdiinréscontiIN.Ftiodérp inev'l rngereux dont il u  nocfndine tadlessai])ar le ])niisERA.ÉTIM.eRAisés rmes ou vSiuq tse'n ec ,zetop, Pall\ est trALTN.EnaetP.LAE.TEARCÉ, [SPH ! hie"cERIMA. eoc rnuv iaèlerMaisne, gez  sonuopésuov eJ !resie buxveniteren  r'DsaasssnireC assandre, et de  ec nargoc dgaruose mee ro psepoi lumadee.trl  Ip tiîarai"uqov lon ami, sisprrent edeangr enuretnet ruop rage couz deassene tess ïs ldn en zèle et de sona imit,éc e'tsul Me.asenép rd on euqtuodd reos ete allan luilorsif ec nouo r'lmae irfai s lu plani evargaP .erujtsp iotn s'nnee  mais il étonné;lûrbop etnod li . nenaMe lureiar esemériA'trtrdu beaà saale t égaP à etnesérper vea  lue qteanll
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.