Mémoires de deux jeunes mariées

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Publié le : mardi 18 février 2014
Lecture(s) : 9
EAN13 : 9782368410516
Nombre de pages : 351
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ISBN : 9782368410516
Illustration de couverture : Quatre portraits par Otto Mueller (1874-1930)
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NOTE DE L'ÉDITEUR
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LISTE DES TITRES
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ARVENSA ÉDITIONS NOTE DE L'ÉDITEUR
LA COMÉDIE HUMAINE ÉTUDES DE MOEURS SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE
MÉMOIRES DE DEUX JEUNES MARIÉES
ANNEXES
HONORÉ DE BALZAC PAR THÉOPHILE GAUTIER M. DE BALZAC, SES OEUVRES ET SON INFLUENCE SUR L LITTÉRATURE CONTEMPORAINE REVUE DES ROMANS PAR EUSÈBE GIRAULT DE SAINT-FARGEAU LA MORT DE BALZAC
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MÉMOIRES DE DEUX JEUNES MARIÉES
(1841) Honoré de Balzac
LA COMÉDIE HUMAINE ÉTUDES DE MOEURS SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE
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Table des matières
PREMIÈRE PARTIE I – A Mademoiselle Renée de Maucombe II – La même à la même III – De la même à la même IV – De la même à la même V – Renée de Maucombe à Louise de Chaulieu VI – Don Felipe Henarez à Don Fernand VII – Louise de Chaulieu à Renée de Maucombe VIII – La même à la même IX – Madame de l'Estorade à mademoiselle de Chaulieu X – Mademoiselle de Chaulieu à madame de l'Estorade XI – Madame de l'Estorade à mademoiselle de Chaulieu XII – De mademoiselle de Chaulieu à madame de l'Estorade XIII – De madame de l'Estorade à mademoiselle de Chaulieu XIV – Le duc de Soria au baron de Macumer XV – Louise de Chaulieu à madame de l'Estorade XVI – De la même à la même. XVII – De la même à la même. XVIII – De madame de l'Estorade à Louise de Chaulieu XIX – Louise de Chaulieu à madame de l'Estorade XX – Renée de l'Estorade à Louise de Chaulieu XXI – Louise de Chaulieu à Renée de l'Estorade XXII – Louise à Felipe. XXIII – Felipe à Louise XXIV – Louise de Chaulieu à Renée de l'Estorade XXV – Renée de l'Estorade à Louise de Chaulieu XXVI – Louise de Macumer à Renée de l'Estorade XXVII – Louise de Macumer à Renée de l'Estorade XXVIII – Renée de l'Estorade à Louise de Macumer XXIX – De monsieur de l'Estorade à La baronne de Macumer XXX – Louise de Macumer à Renée de l'Estorade XXXI – Renée de l'Estorade à Louise de Macumer XXXII – Madame de Macumer à madame de l'Estorade XXXIII – Madame de l'Estorade à madame de Macumer XXXIV – De Madame de Macumer à La vicomtesse de l'Estorade
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XXXV – Madame de Macumer à madame La vicomtesse de l'Estorade XXXVI – De la vicomtesse de l'Estorade à la baronne de Macumer XXXVII – De la baronne de Macumer à la vicomtesse de l'Estorade XXXVIII – De la vicomtesse de l'Estorade à la baronne de Macumer XXXIX – De la baronne de Macumer à la vicomtesse de l'Estorade XL – De la comtesse de l'Estorade à la baronne de Macumer XLI – De la baronne de Macumer à la vicomtesse de l'Estorade XLII – Renée à Louise XLIII – Madame de Macumer à la comtesse de l'Estorade XLIV – De la même à la même. XLV – Renée à Louise XLVI – Madame de Macumer à la comtesse de l'Estorade XLVII – Renée à Louise
DEUXIÈME PARTIE XLVIII –De la baronne de Macumer à la comtesse de l'Estorade XLIX – Marie Gaston à Daniel d'Arthez L – Madame de l'Estorade à madame de Macumer LI – De la comtesse de l'Estorade à madame Marie Gaston LII – Madame Gaston à madame de l'Estorade LIII – De madame de l'Estorade à madame Gaston LIV – De madame Gaston à la comtesse de l'Estorade LV – la comtesse de l'Estorade à madame Gaston LVI – De Madame Gaston à la comtesse de l'Estorade LVII –De la comtesse de l'Estorade au comte de l'Estorade
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À GEORGES SAND.
[1] Ceci, cher Georges , ne saurait rien ajouter à l'éclat de votre nom, qui ettera son magique reflet sur ce livre ; mais il n'y a là de ma part ni calcul, ni modestie. Je désire attester ainsi l'amitié vraie qui s'est continuée entre nous à travers nos voyages et nos absences, malgré nos travaux et les méchancetés du monde. Ce sentiment ne s'altérera sans doute jamais. Le cortège de noms amis qui accompagnera mes compositions mêle un plaisir aux peines que me cause leur nombre, car elles ne vont point sans douleurs, à ne parler que des reproches encourus par ma menaçante fécondité, comme si le monde qui pose devant moi n'était pas plus fécond encore ? Ne sera-ce pas beau, Georges, si quelque jour l'antiquaire des littératures détruites ne retrouve dans ce cortège que de grands noms, de nobles cœurs, de saintes et pures amitiés, et les gloires de ce siècle ? Ne puis-je me montrer plus fier de ce bonheur certain que de succès toujours contestables ? Pour qui vous connaît bien, n'est-ce pas un bonheur que de pouvoir se dire, comme je le fais ici, Votre ami, DE BALZAC. Paris, juin 1840.
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Première Partie
I – A Mademoiselle Renée de Maucombe
Paris, septembre.
Ma chère biche, je suis dehors aussi, moi ! Et si tu ne m'as pas écrit à Blois, je suis aussi la première à notre joli rendez-vous de la correspondance. Relève tes beaux yeux noirs attachés sur ma première phrase, et garde ton exclamation pour la lettre où je te confierai mon premier amour. On parle toujours du premier amour, il y en a donc un second ? Tais-toi ! me diras-tu ; dis-moi plutôt, me demanderas-tu, comment tu es sortie de ce couvent où tu devais faire ta profession ? Ma chère, quoi qu'il arrive aux Carmélites, le miracle de ma délivrance est la chose la plus naturelle. Les cris d'une conscience épouvantée ont fini par l'emporter sur les ordres d'une politique inflexible, voilà tout. Ma tante, qui ne voulait pas me voir mourir de consomption, a vaincu ma mère, qui prescrivait toujours le noviciat comme seul remède à ma maladie. La noire mélancolie où je suis tombée après ton départ a précipité cet heureux dénouement. Et je suis dans Paris, mon ange, et je te dois ainsi le bonheur d'y être. Ma Renée, si tu m'avais pu voir, le jour où je me suis trouvée sans toi, tu aurais été fière d'avoir inspiré des sentiments si profonds à un cœur si jeune. Nous avons tant rêvé de compagnie, tant de fois déployé nos ailes et tant vécu en commun, que je crois nos âmes soudées l'une à l'autre, comme étaient ces deux filles hongroises dont la mort nous a été racontée par monsieur Beauvisage, qui n'était certes pas l'homme de son nom : amais médecin de couvent ne fut mieux choisi. N'as-tu pas été malade en même temps que ta mignonne ? Dans le morne abattement où j'étais, je ne pouvais que reconnaître un à un les liens qui nous unissent ; je les ai crus rompus par l'éloignement, j'ai été prise de dégoût pour l'existence comme une tourterelle dépareillée, j'ai trouvé de la douceur à mourir, et je mourais tout doucettement. Être seule aux Carmélites, à Blois, en proie à la crainte d'y faire ma profession sans la préface de mademoiselle de la Vallière et sans ma Renée ! mais c'était une maladie, une maladie mortelle. Page 10
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