Rage et impuissance

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Publié le : mardi 18 février 2014
Lecture(s) : 11
EAN13 : 9782368412442
Nombre de pages : 283
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ISBN Epub : 9782368410196 ISBN Pdf : 9782368410431
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LISTE DES ŒUVRES
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ARVENSA ÉDITIONS NOTE DE L’ÉDITEUR RAGE ET IMPUISSANCE
ANNEXES GUSTAVE FLAUBERT PAR ALBERT THIBAUDET
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RAGE ET IMPUISSANCE CONTE MALSAIN POUR LES NERFS SENSIBLES ET LES ÂMES DÉVOTES.
Gustave Flaubert (15 décembre 1836) ŒUVRES DE JEUNESSE
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Dieu n'est qu'un mot rêvé pour expliquer le monde. Alp. L . DE AMARTINE
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Tout dormait calme et paisible dans le village de Mussen. De toutes les lumières qui avaient disparu lentement et les unes après les autres, une seule brillait encore aux vitres de ce bon monsieur Ohmlin, le médecin du pays. Minuit venait de sonner à la petite église, la pluie tombait par torrents, et la neige, sortie des flancs du mont Pilate, tourbillonnait dans l'air emportée par les rafales de l'avalanche, la grêle résonnait sur les toits. Cette lumière isolée éclairait une chambre basse, où était assise une femme d'environ soixante et quelques années. Elle était voûtée et couverte de rides, elle cousait, mais la fatigue souvent, surmontant son courage, lui faisait fermer les yeux et pencher la tête ; puis, si quelque coup de vent plus furieux et plus bruyant que tous les autres venait à faire craquer les auvents, si la pluie redoublait de violence, alors elle se réveillait de son assoupissement, tournait ses petits yeux creux sur la chandelle, dont la longue flammèche jetait encore quelque lueur autour d'elle, frissonnait, rapprochait son fauteuil de la cheminée, puis faisait un signe de croix. C'était une de ces bonnes et honnêtes filles qui naissent et meurent dans les familles, qui servent leurs maîtres jusqu'à la mort, prennent soin des enfants et les élèvent. Celle-ci avait vu naître M. Ohmlin, elle avait été sa nourrice, plus tard sa servante ; aussi tremblait-elle alors pour son pauvre maître, parti dès le matin dans les montagnes et qui n'était point encore de retour ; elle n'osait plus reprendre son ouvrage, se tenait assise prés du foyer, les bras croisés, les pieds sur l'âtre et la tête baissée sur ses mains ; elle écoutait avec terreur le vent qui sifflait dans la serrure et hurlait sur la montagne. Triste et pensive, elle tâchait de se rappeler une de ces légendes si terribles et si sanglantes qu'on contait chez elle, jadis , dans sa jeunesse, quand toute la famille, réunie autour du Foyer, écoutait avec plaisir une histoire de meurtre ou de fantôme qui se passait aussi dans les montagnes, par une nuit d'hiver bien sombre et bien froide, au milieu des glaciers, des neiges et des torrents. C'est dans ces souvenirs d'enfance qu'errait ainsi son imagination, et la vieille Berthe se retraçait ainsi toute sa vie, qui s'était passée monotone et uniforme, dans son village, et qui, dans un cercle si étroit, avait eu aussi ses passions, ses angoisses et ses douleurs. Mais bientôt elle entendit sur le pavé de la place voisine, avec les Page 8
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aboiements sinistres et lugubres d'un chien, le pas saccadé d'un mulet ; elle tressaillit, se leva de sa chaise en s'écriant : « c'est lui ! », puis elle courut à la porte et l'ouvrit. Après quelques instants, un homme parut dans la salle, il était entouré d'un large manteau brun tout blanc de neige, l'eau ruisselait sur ses vêtements. — Du feu, Berthe, dit-il en entrant, du feu ! je me meurs de froid. La vieille fille sortit, puis revint au bout de quelques minutes, apportant dans ses bras des copeaux et un fagot qu'elle alluma avec les tisons blanchis qui jetaient encore quelque chaleur dans la cheminée. Aussitôt un feu clair et pétillant éclaira l'appartement, M. Ohmlin retira son manteau, qui laissa voir un homme de taille ordinaire, maigre, mais fort de complexion. Ses joues étaient creuses et pâles, et quand il eut ôté son chapeau, on vit un crâne large et blanc, couvert de peu de cheveux noirs. Il avait l'aspect sérieux et réservé, sa barbe noire lui donnait un aspect triste et sombre, tempéré par un sourire bienveillant qui régnait sur ses lèvres. Il s'assit, mit ses pieds sur les chenets et caressa un de ces beaux chiens des Alpes assis à ses côtés ; l'animal regardait tristement son maître et lui léchait ses mains humides, rougies par le froid. — Eh bien, comment ça va-t-il ? dit Berthe en se rapprochant, vos dents ? — Mal, Berthe, oh ! bien mal ! cet air froid des montagnes me fait souffrir ; il y a quatre nuits que je n'ai fermé l'oeil, ce n'est pas cette nuit que je dormirai. — Ici, Fox ! (c'était le nom du chien favori qui était étendu aux pieds du médecin). Fox se mit à faire entendre ce son singulier et traînard que Berthe avait entendu lorsqu'il était arrivé avec son maître. — Tais-toi, Fox, tais-toi ! La pauvre bête se mit à geindre, comme quelqu'un qui souffre ou qui pleure. — Tais-toi, Fox, poursuivit Berthe, tais·toi ! Et elle le repoussa rudement du pied. — Pourquoi veux-tu le faire taire ? dit M. Ohmlin, il est de mauvaise humeur ; dame ! c'est tout simple, il est fatigué et il a faim. — Tiens ! dit Berthe en lui jetant un morceau de pain, qu'elle alla chercher dans une armoire placée à côté de la cheminée, tiens ! Fox vit le pain d'un oeil terne et humide, tourna sa belle tête noire vers son maître
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et le regarda tristement. — Pauvre bête, dit-il, qu'as-tu ? — C'est signe de malheur, dit Berthe ; Dieu et saint Maurice nous en préservent ! — Vieille Folle ! il est malade. — Avez-vous Faim ? Que voulez-vous ? — Moi, oh ! rien, je vais dormir s'il m'est possible, ou plutôt non, j'ai encore quelques pilules d'opium, je vais en essayer ; adieu, Berthe, éteins le feu et dors bien, ma brave fille. Quant à toi, Fox, à la niche ! Et il ouvrit la porte qui donnait sur la cour. Fox n'obéit point, il se coucha par terre et se traîna aux pieds de M. Ohmlin ; celui-ci, impatienté, le laissa et monta précipitamment dans sa chambre, il se coucha même avec le frisson de la fièvre, avala son opium et s'endormit dans des rêves d'or. Quant à Berthe, elle dormait profondément et était pourtant réveillée quelquefois par les gémissements plaintifs du pauvre Fox, qui était resté dans l'escalier. La neige avait diminué, les nuages s'étaient évanouis et la lune commençait à se montrer derrière les sommets du mont Pilate. Le matin, vers les neuf heures, la vieille Berthe s'éveilla, fit sa prière et descendit dans la salle ; la porte n'était point ouverte, elle s'en étonna : « Comme il dort aujourd'hui, le pauvre homme ! se dit-elle, probablement il va bientôt sortir », mais aussitôt maître Bernardo arriva ; c'était un médecin des environs. — Où est-il ? dit-il en entrant. — Dans sa chambre, je pense ; allez voir, il dort encore. Celui-ci monta et entra sans cérémonie en criant : — Allons ! levez-vous donc ! il est tard. M. Ohmlin ne répondit pas, sa tête était penchée hors de son lit, et ses bras étaient étendus hors de la couche. Bernardo s'en approcha et le remuant avec violence : — Diable ! il a le sommeil dur ! Mais le corps céda aux mouvements de la main et retomba dans sa position première, comme un cadavre. Bernardo pâlit, il prit ses mains, elles étaient froides ! il s'approcha de sa bouche, il ne respirait pas ! il mit ses doigts sur sa poitrine, pas un battement ! Il resta pâle et stupéfait, regarda les paupières et les ouvrit, pas un regard ! il ne vit que cet oeil terne et à demi fermé qu'ont les morts dans
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