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©Tous droits réservés Arvensa® Éditions
ISBN Epub : 9782368419564
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NOTE DE L’ÉDITEUR
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LISTE DES TITRES
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ARVENSA EDITIONS NOTE DE L’ÉDITEUR
UNE MATINÉE DE DON JUAN
ANNEXES BIOGRAPHIE D'ALFRED DE MUSSET : SA VIE ET SES OEUVRES.
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Alfred de Musset : Oeuvres complètes MÉLANGES DE LITTÉRATURE ET DE CRITIQUE Retour à la liste des titres
UNE MATINÉE DE DON JUAN
F RAGMENT
DON JUAN est couché. Entre LEPORELLO, qui ouvre les volets.
DON JUAN,bâillant. Ah ! ah ! ah ! ouf !
LEPORELLO. Il est midi un quart. Voilà la grand'messe.
DON JUAN. Les chevaux sont-ils à la chaise ?
LEPORELLO. Non, monsieur, dans une heure.
DON JUAN. Animal, je t'avais dit de m’éveiller pour partir.
LEPORELLO. J'ai cru que vous auriez faim ; et puis votre toilette...
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DON JUAN. Quel temps fait-il ?
LEPORELLO. Doux et humide.
DON JUAN. On éternue dans l’antichambre.
LEPORELLO. Le sellier, le tailleur, et le traiteur sont là.
DON JUAN. Bien, je suis satisfait qu'on me vienne faire sa cour à mon lever. Tiens, Leporello, prends cent louis et donne-les au marchand de carrosses ; — non, cela serait désobligeant pour mon tailleur.
LEPORELLO. Je ne porterai donc rien ?
DON JUAN. Non, tu enverras seulement cent pistoles au duc qui me les gagna hier soir, au quinze, sur parole. Tu demanderas en même temps une tasse de thé et mes lettres.
Leporello sort. Don Juan se rendort.
LEPORELLO,rentrant. Il n'y a qu'un poulet ce matin.
DON JUAN. Hein ?
LEPORELLO. Je dis qu'il n'y a ce matin qu'un billet doux.
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DON JUAN. Quel cachet ?
LEPORELLO. Un lion et un amour.
DON JUAN. Brûle-le avec soin. — Viens me mettre sur mon séant ; — tu me donneras le journal. — Ah ! ah ! que je m’ennuie !
LEPORELLO. Il n'y a que celui d'hier.
DON JUAN. C'est égal, c'est toujours la même chose.
LEPORELLO. Ah ! monsieur, la cause de la liberté va mal.
DON JUAN. Tu n'es qu'un butor. Ouvre la fenêtre. Salut, beau ciel ! ma poitrine s'élargit en te voyant. Ah ! quel exécrable carillon de cloches ! Le diable soit de toi de m’avoir éveillé trop tôt ! Je rêvais, je rêvais... et toi, à quoi rêves-tu ? tu as l'air d'une huître qui hume le vent.
LEPORELLO. J'écoutais ce que vous dites.
DON JUAN. Va-t'en. Hé ! Leporello, reviens ; tu e^ bien sûr que je ne pourrai partir avant une heure d'ici ?
LEPORELLO, Non, monsieur, pas plus tôt.
DON JUAN. Je ne te quitterai pas, belle France, non, je ne te quitterai pas sans
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regret. Une heure encore, et la vallée de la Seine va disparaître. Quel est le sot qui a médit de tes femmes ?
LEPORELLO. Voilà le thé.
DON JUAN. J’éprouve un sentiment plus doux à voir sur la liste de mes maîtresses le nom de tes femmes, que les noms harmonieux de l'Italie ; je t’aime, France !
LEPORELLO. Le traiteur et le cocher crient comme des sourds.
DON JUAN. Donne-leur à boire. — Où est ma liste ? assois-toi là, et lis-la-moi un peu pour me désennuyer.
LEPORELLO. Est-ce que monsieur a le spleen ? Il s'assoit et lit. Par où commencerai-je ?
DON JUAN. Au hasard.
LEPORELLO. « La baronne de Valmont. »
DON JUAN. Quelle paire de moustaches elle avait !
LEPORELLO. « Henriette de Merteuil, sans date. »
DON JUAN. Passe.
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LEPORELLO. « Miss Julia Pipty. »
DON JUAN. Charmante fille ! elle était bête comme une oie.
LEPORELLO. « Jeanne trois étoiles. »
DON JUAN. C'était un lundi gras.
LEPORELLO. « La marquise de la terrasse des Feuillants. »
DON JUAN. Ses yeux étaient transparents comme des larmes. Quand on valsait avec elle, on avait peur de la casser ; pauvre enfant ! Elle ne m’avait coûté qu'un bouquet.
LEPORELLO. « Anaïs de Saint-Ange. »
DON JUAN. Qu'y a-t-il au-dessous ?
LEPORELLO. Rien.
DON JUAN. Écris donc ces deux lignes siciliennes : Lonlano dagli occhi, Lontano dal cuore.
LEPORELLO. « Fernanda. »
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