Coda

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Tout au long de ce récit d'apparition et de dispariton un certain nombre d'indices annoncent et développent le thème de la confusion de la vie et du livre : de plus en plus, le héros-narrateur «passe» dans les mots, devient les mots eux-mêmes. D'ailleurs, la première phrase de Coda, l'exergue, est aussi la dernière du livre qui, de la sorte, se referme sur lui-même, s'engloutit en lui-même. Quant à l'écriture de Coda, conte fantastique, elle a la perfection de la transparence. Son rôle n'est pas de s'interposer entre le lecteur et le «fond» de l'histoire, son rôle est d'absorber le lecteur et de le faire disparaître lui aussi dans les mots... Coda est un récit de suspense, et ce suspense est de plus en plus prenant au fil des pages, de plus en plus angoissant, dans la mesure où l'enjeu, d'une manière ou d'une autre, consciemment ou non, est l'existence même du lecteur...
Publié le : lundi 16 août 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818005583
Nombre de pages : 128
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Coda
DU MÊME AUTEUR
Chez le même éditeur L’ENFER,Prix du Livre Inter 1986, Prix Femina 1986 LOIN DELYON(Sonnets) LAMACHINE REMARQUES LESGRANDESESPÉRANCES DECHARLESDICKENS RÉGISMILLE LÉVENTREUR HISTOIRE DUNE VIE(Remarques II) VILLE DE LA PEUR CRÉATURE MOURIR PETIT TRAITÉ DE LA VIE ET DE LA MORT(Remarques III)
Chez d’autres éditeurs
LETEMPS MORT, Prix Jean Ray 1974 (J’ai lu) LESTRAÎTRESMOTS OUSEPT AVENTURES DETHOMAS NYLKAN(Flammarion, coll. « Textes ») LIVRE DHISTOIRE(extraits) (Hachette/P.O.L) FILM NOIR(Hachette/P.O.L) LEREVENANT(Hachette/P.O.L) SUR LA TERRE COMME AU CIEL, Grand Prix de Littérature policière 1983 (Hachette/P.O.L)
Traduction LATRISTEFIN DU PETIT ENFANT HUÎTRE& autres his-toires (The Melancholy Death of Oyster Boy & other stories) de Tim Burton. Traduit de l’améri-cain (Éditions 10/18)
René Belletto
Coda
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2005 ISBN : 2-86744-857-3 www.pol-editeur.fr
Je prends le livre de ses jolies mains fines et je regarde. René Belletto,Coda
I
Je suis celui à qui nous devons tous d’être immortels, et voici l’histoire qui le prouve irréfu-tablement.
er Le lundi 1 août ****, à neuf heures trente, Anna et moi arrivâmes en vue du parc Monceau à Paris. J’amenais ma fille chez ses grands-parents maternels, Maurice et Maureen Michelangeli. Elle passerait la plus grande partie du mois avec eux.
Les Michelangeli s’étaient toujours beau-coup occupés d’Anna, et plus encore depuis la
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disparition de sa mère, un an et demi aupara-vant. Je crois qu’à l’époque ils me l’auraient enlevée sans hésiter, s’ils avaient pu. Ils m’avaient détesté dès le premier ins-tant. En épousant Maria, ne leur avais-je pas volé leur enfant unique – et n’auraient-ils pas souhaité se venger en me volant Anna ? Ce n’est pas à la légère que je leur attribue d’aussi noires intentions. Je sais avec certitude qu’ils me soupçonnèrent d’être l’assassin de Maria, au point de payer un détective privé pour établir mon emploi du temps la nuit du meurtre. Car je n’étais pas auprès de Maria cette nuit-là (hélas non, je n’étais pas auprès d’elle !), cette nuit de mars où un inconnu l’avait poursui-vie dans les couloirs de la grande maison que nous occupions alors à Versailles et l’avait tuée de plu-sieurs balles dans le dos, un voleur (divers objets précieux avaient été dérobés par lui), un assassin et un fou, dont on ne retrouva jamais la trace, jamais.
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