Collection céramique du Musée des antiquités de Rouen : faïences / [signé Paul Baudry]

De
Publié par

impr. de C.-F. Lapierre (Rouen). 1864. 19 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : vendredi 1 janvier 1864
Lecture(s) : 22
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 20
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

J1-: vii> kJ O ii N .vÙ/
COLLECTION CÉRAMIQUE
DU
USEE DES ANTIQUITES
DE ROUEN
FAIENCES
Oculis subjerta.
HORACE.
Extrait du NOUVELLISTE DE ROUEN, des 5.6 et 7 Octobre 1864.
ROUEN
IMPRIMERIE CH.-F. LAPIERRE ET O.,
Rue Saint-Etienne-des-Tonneliers, 1
1864
COLLECTION CÉRAMIQUE
DU
Ml DES ANTIQUITES
DE ROUEN
Is¡
FAÏENCES
Oculis subjecla.
HORACE.
Extrait du NOUVELLISTE DE ROUEN, des 5,6 et 7 Octobre 1864
ROUEN
IMPRIMERIE OH.-F, LAPIERRE ET C.,
Rue Saint-Etienne-des-Tonneliers, 1
1864
COLLECTION CÉRAMIQUE
DU
HUSÉE DES ANTIQUITÉS
DE ROUEN
FAÏENCES
Oculis subjecta.
HORACE.
Lorsqu'il y a deux ans à peine, après avoir
passé en revue les différentes parties, alors ré-
cemment classées, de notre musée départe-
mental d'antiquités, nous exprimions le regret
qu'une collection très-riche sous tant de rap-
ports renfermât cependant fort peu d'objets
de céramique rouennaise ; nous étions loin
d'espérer que nous obtiendrions, à cet égard,
un si prompt et si complet contentement.
Or, c'est là un fuit qui vient de s'accomplir,
et qui l'a été avec des conditions de succès tel-
lement satisfaisantes, que nous n'avons dès
4 -
aujourd'hui rien à envier à celles des autres
villes qui nous avaient précédé dans cette sorte
de réhabilitation d'une industrie nationale
et locale, et que les produits nombreux et re-
marquables de nos anciennes fabriquer ont re-
pris, aux yeux du public, lerang qu'ils avaient
autrefois mérité et qui leur était légitime-
ment dû.
Nous ne reviendrons pas ici sur l'intéres-
sante inauguration du musée céramique, qui
avait attiré, le 15 août dernier, dans nos ga-
leries, une réunion brillante d'amateurs émé-
rites de l'art de terre, non plus que sur le
savant et historique discours de M. Pottier,
ou sur l'improvisation chaleureuse dans la-
quelle M. Verdrel, maire de Rouen, se faisant
l'interprète de tous, a exprimé avec quel ta-
lent notre zélé conservateur avait formé et
classé son œuvre, avec quel désintéressement
il avait consenti à en céder la propriété pour
un prix incontestablement inférieur à la valeur
qu'elle représente.
Nous voulons seulement indiquer l'ordre
chronologique d'après lequel est exposée dans
la partie septentrionale de l'ancien cloître de
Sainte-Marie, la nouvelle et splendide collec-
tion que la parole sympathique du premier
magistrat "de notre département a déjà honorée
du nom de son auteur. Notre tâche sera singu-
-5 -
lièrement facilitée, du reste, par les inscrip-
tions placées au-dessus des cinq principaux
groupes et qui permettent d'étudier avec fruit
les phases successives de la vieille faïencerie
rouennaise.
La première armoire contient les origines et
les premiers développe mens. Le point de départ
de provenance et de date certaines, est un vase
de pharmacie portant inscrite sur la panse la
mention : Faict à Rouen, 1641. Entièrement
semblable, quant à cette formule, au plat ex-
posé en 1861 par M. Gustave Gouellain, ce vase
remonte, ainsi que le plat, à la plus ancienne
époque connue, et rappelle comme lui les pro-
cédés deNevers, circonstance très-explicable,
puisque l'on trouve, associé aux faits qui ac-
compagnent l'établissement de la fabrique
rouennaise, le nom d'un certain Jehan Cus-
tode, appartenant à la grande famille des an-
ciens potiers nivernais.
Les principales manufactures sont alors celle
d'Edme Poterat, sieur de Saint-Etienne, por-
teur dès 1644 de la concession d'un privilége
de cinquante ans, et, en 1613, celle de son fils
aîné, Louis Poterat, qui, en plus de la faïence,
fabrique la porcelaine à pâte tendre. A défaut
de dates précises, les pièces de cette période
se reconnaissent à leur aspect primitif, à leur
émail blanc laiteux, à la manière lâchée dont
a
elles sont décorées en camaïeu bleu, d'après le
style indo-chinois usité à Nevers. L'imitation
de H l'ande introduite par Louis Poterat, qui
avait étudié dans ce pays les procédés de fa-
brication, est flagrante sur les essais suivams
qui révèlent le caractère des porcelaines du
Japon, copiées en effet parles faïenciers hollan-
dais; mais l'absence de noms, de signes et de
dates laissa presque toujours un vaste champ
à l'inconnu et ne permet qu'une classifica-
tion très-hypothétique.
Dans la seconde des grand.es vitrines et dans
les deux annexes qui l'accompagnent, brillent
les magnifiques échantillons de l'art à son
apogée. Nous touchons acx dernières années du
XVIIe siècle. Colbert veut favoriser de tout son
pouvoir l'industrie naissante, et indique, dès
1663, dans des notes autographes, que nous
avons encore, la nécessité de protéger les
faïenciers de Rouen et de les faire travailler
pour le roi. Les événemens de la fin du grand
règne, qui épuisant le trésor , contribuent
aussi au progrès de nos ateliers. Si Louis XIV
descendit de la vaisselle d'or à la vaisselle
d'argent, toute la cour fut obligée, pour réta-
blir l'ordre dans les finances, d'employer un
expédient plus extrême, et, au récit de Saint-
Simon, dut envoyer son argenterie à la mon-
naie et se mettre en faïence. De là, nécessité

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.