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Comme quoi Jud n'a jamais existé

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54 pages

Il y a quelques mois à peine, un grand crime fut commis — un horrible assassinat vint jeter le trouble et la crainte dans tous les cœurs. — La France entière fut bouleversée au récit des circonstances étranges et effrayantes qui avaient entouré l’accomplissement de ce crime.

Et la commotion que cet événement fit naître, tant en France que dans le monde entier, fut si profonde, qu’aujourd’hui encore, dans toutes les classes de la société, on recherche avec une impatience fébrile les moindres détails, les plus petites révélations qui se rattachent à cet affreux attentat.

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À propos deCollection XIX
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Henry H. Moss
Comme quoi Jud n'a jamais existé
CHAPITRE PREMIER
C’est pourquoi je leur parle en paraboles ; parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en écoutant ils n’entendent, ni ne comprennent point. Et la prophétie d’Isaïe s’accomplit en eux, lorsqu’il dit : Vous écouterez de vos oreilles, et vous n’entendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple s’est appesanti, et leurs oreilles sont devenues sourdes, et ils ont fermé leurs yeux de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, et que, s’étant convertis, je ne les guérisse.
(Evang. selon saint Matth., chap. XIII.) Il y a quelques mois à peine, un grand crime fut commis — un horrible assassinat vint jeter le trouble et la crainte dans tous les cœurs. — La France entière fut bouleversée au récit des circonstances étranges et effrayantes qui avaient entouré l’accomplissement de ce crime. Et la commotion que cet événement fit naître, tant en France que dans le monde entier, fut si profonde, qu’aujourd’hui encore, dan s toutes les classes de la société, on recherche avec une impatience fébrile les moindres détails, les plus petites révélations qui se rattachent à cet affreux attentat. Ce crime, commis dans des conditions extraordinaires, sans qu’on ait pu jamais savoir par qui, quand et comment il avait été commis, préc édé d’un attentat à peu près semblable, et qui peut bien être l’œuvre de la même main, doit-il rester impuni ? C’est là un grande question qui fait battre bien des cœurs. On demande si la société, attaquée dans la vie d’un de ses membres honorables et honorés, dans la vie d’un de ses éminents magistrats, restera impuissante en présence de tant d’audace, et ne pourra saisir pour l’expiation ce terrible criminel qui s’est fait un jeu de la vie de ses semblables et des institutions qui gouvernent le monde ? On se demande comment la police, cette administration si puissante, qui étend partout ses réseaux, a pu laisser commettre un semblable cr ime, a pu laisser échapper le meurtrier ? Si, autrefois, nous nous irritions un peu contre ce tte puissance, qui, par son mécanisme incroyablement ingénieux, parvient à connaître nos moindres paroles et nos moindres actions, du moins étions-nous heureux en songeant que nous étions à l’abri de tous les crimes, que le vol et l’assassinat étaient presque impossibles. Cette sécurité, dont nous étions si fiers, et qui é tait notre consolation, cette douce sécurité existe-t-elle encore ? Certes, la disparition du jeune Hua, le crime de ma dame Le-moine, avaient, à leur époque, passionné terriblement l’esprit français ; — on avait suivi avec anxiété toutes les démarches de ce père éploré à la recherche de son e nfant ; — on avait attendu avec impatience le jugement qui condamnait à la détention cette mère égarée qui, pour sauver l’honneur de sa fille, avait brûlé l’enfant de celle-ci. — Mais, dans l’une et l’autre de ces affaires, la vérité avait fini par se faire jour. — On avait deviné quel intérêt avait fait agir
tous les acteurs de ces drames lugubres ; et depuis , les personnages honteusement comiques, joués par Prieur et par le cocher, jusqu’ aux rôles criminellement héroïques remplis si diversement par deux jeunes filles, on a vait pu suivre dans ses moindres détails la marche de l’action. Ici, rien de tout cela ! La nuit partout ! l’obscur ité toujours ! — Un honnête magistrat monte dans un compartiment de chemin de fer ; à l’a rrivée du train, on ouvre ce compartiment et on ne retrouve qu’un cadavre honteusement mutilé ! Là où, quelques instants auparavant, se trouvait un homme plein de vie et de force, on ne voit plus qu’un corps inerte et gisant au milieu du sang. On connaît le commencement et la fin de cette épouvantable histoire, — on sait qu’un éminent magistrat est là ! qu’il a été tué ! mais le reste, on l’ignore. Ceux qui étaient le mieux placés pour assister à ce tte horrible tragédie ont vu la toile se lever et le rideau tomber sur un cadavre ! le pr incipe et le dénoûment ! sans qu’ils aient pu voir un seul des acteurs de l’épouvantable drame, sans qu’ils aient pu entrevoir une seule de ses terribles péripéties. Et pourtant, lorsqu’on voulut s’éclairer, lorsqu’on voulut connaître l’affreuse vérité, on vit surgir des dépositions sans nombre, qui, par le urs incroyables détails, vinrent embrouiller davantage cette situation déjà parfaite ment obscure. — Des individus qui n’avaient rien pu voir, qui n’avaient rien entendu, prétendaient être au courant des moindres circonstances de cet événement épouvantable ; — d’autres, qui, un moment avant, ignoraient tout, se trouvaient instruits tou t à coup comme par une révélation. — Mais, malgré ces officieux renseignements, on ne put rien connaître. Au départ, les stores étaient levés ; à l’arrivée, ils étaient baissés sur les glaces. On voulut savoir à quelle station ils avaient été baissés ; c’est là que le crime avait dû être commis ! Mais on n’a pu obtenir que des réponses opposées et contradictoires. On avait constaté la disparition d’un cache-nez et d’une couverture de voyage ; on croyait avoir là un indice, et déjà les journaux, e mbouchant la trompette de la publicité, ordonnaient à tous leurs lecteurs d’arrêter les ind ividus porteurs d’un cache-nez semblable. Mais ces objets ont été retrouvés.