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Confession d'un gentilhomme

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276 pages

Je demande pardon au lecteur de me mettre en scène et d’attirer son attention sur ma modeste personne.

Qu’il se rassure.

Ce n’est que pour un instant.

Il y a quelques mois — à l’automne dernier — je me trouvais dans un des cantons les plus sauvages et les plus pittoresques du Morvan, à peu près à mi-chemin entre Corbigny et Saulieu.

J’allais passer quelques jours chez un de mes amis, propriétaire dans ce farouche pays qui n’a presque rien perdu de son aspect d’autrefois, d’un manoir entouré de trois cents hectares de bois où çà et là quelques mauvaises prairies, croupissant dans les fonds, rompent seules la monotonie du paysage.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Charles Mérouvel

Confession d'un gentilhomme

I

Je demande pardon au lecteur de me mettre en scène et d’attirer son attention sur ma modeste personne.

Qu’il se rassure.

Ce n’est que pour un instant.

Il y a quelques mois — à l’automne dernier — je me trouvais dans un des cantons les plus sauvages et les plus pittoresques du Morvan, à peu près à mi-chemin entre Corbigny et Saulieu.

J’allais passer quelques jours chez un de mes amis, propriétaire dans ce farouche pays qui n’a presque rien perdu de son aspect d’autrefois, d’un manoir entouré de trois cents hectares de bois où çà et là quelques mauvaises prairies, croupissant dans les fonds, rompent seules la monotonie du paysage.

Ce manoir n’a point de prétentions artistiques.

On voit du premier coup d’œil qu’il a été bâti, il y a deux ou ou trois cents ans, par des maçons qu’aucun architecte ne dirigeait.

Cependant il est d’un bon effet au milieu des pâtures et des futaies qui l’environnent.

C’est un carré long percé d’inégales ouvertures à meneaux de pierre et flanqué à l’une de ses extrémités d’une tour carrée et à l’autre d’une tour ronde ; le tout est coiffé de hautes toitures d’ardoises moussues sous lesquelles une rangée de créneaux forme corniche.

Il y a là un pastiche assez réussi de l’architecture féodale. A distance on pourrait se croire en face d’une petite forteresse. De près ce n’est qu’une maison un peu plus vaste que celles des gros fermiers du pays qui, pour la plupart, occupent d’anciens châteaux abandonnés et tombant en ruines.

Ce manoir s’appelle Brault et, aux yeux de mon ami, assez taciturne de sa nature et amoureux de la solitude, il jouit de l’avantage d’être isolé et presque inaccessible aux visiteurs et aux importuns.

J’y arrivai non sans peine, à l’aide d’un conducteur pris à Corbigny, après une course de trois heures dans un mauvais cabriolet, lorsque la nuit était déjà close.

Un brouillard épais me dérobait la vue des taillis que nous traversions et le cabriolet s’arrêta devant la maison sans que son voisinage me fût révélé autrement que par la lueur s’échappant de trois fenêtres du rez-de-chaussée.

L’une de ces fenêtres, énorme, presque carrée, à croisillons de granit et à vitraux en culs de bouteille sertis de plomb, était celle de la cuisine.

Les autres éclairaient une salle à manger grandiose qui m’eût paru terriblement triste si un grand feu n’eût flambé dans la cheminée, tandis qu’une table carrée, à pieds tors, parfaitement servie, montrait sa nappe blanche sous une suspension qu’on aurait pu croire détachée d’un intérieur de Gérard Dow.

Deux personnes m’attendaient.

L’une d’elles vint à moi, les mains tendues, sur le seuil de la porte.

C’était mon ami, un célibataire de quarante-cinq ans, que les femmes ont rendu légèrement misanthrope, comme tant d’autres.

Il est inutile de le dépeindre ici.

C’est un Parisien du boulevard retiré dans son manoir comme dans un cloître.

Là, il oublié en cultivant ses laitues et en se promenant dans ses bois, certaines blessures dont la mémoire lui gonfle parfois le cœur et lui fait les yeux rouges.

L’autre, son convive, était un vieux prêtre de soixante-dix ans environ, très vert encore, petit, trapu, à l’œil vif et pénétrant, à la physionomie mobile et spirituelle, type parfait du Morvandeau paysan dégrossi par l’étude et affiné par une grande et longue expérience de la vie.

On se sentait attiré tout de suite par ce visage plein de franchise et d’intelligence, empreint aussi d’une douce et charitable philosophie.

Le dîner n’était pas achevé que nous causions avec la plus. parfaite intimité, aussi cordialement que si nous nous fussions connus depuis un demi-siècle.

 — Il y a longtemps que vous êtes à Brault, monsieur le curé ? lui demandai-je.

 — Trente-six ans.

 — Eh ! C’est un bail.

 — En effet ; notre évêque a voulu m’envoyer ailleurs, mais j’ai insisté pour rester dans mon village et on y a consenti. Je ne suis pas malheureux... Mes parents qui étaient fermiers aux environs de Montsauche m’ont laissé quelques rentes ; et puis — ajouta-t-il en confidence — certains souvenirs m’attachent ici et en vérité, il me coûterait de m’en éloigner.

Ce mot de souvenirs prononcé avec une vibration grave et frémissante piqua ma curiosité au vif.

Je ne sais si le prêtre s’en aperçut, mais il sourit en secouant la tête.

 — Ils ne sont pas tels que. vous pouvez le supposer, reprit-il. Vous avez de l’imagination, mais si vive qu’elle soit, vous ne pourriez jamais deviner la triste réalité de ces souvenirs.

Peu à peu il s’anima :

 — Les romanciers, dit-il, auront beau se creuser le cerveau, fouiller les causes célèbres, chercher des types parmi les criminels que les tribunaux jugent chaque jour, il se trouvera toujours quelque drame inconnu, réel, vécu, dont les sombres horreurs dépasseront atrocité de leurs inventions. Et tenez, il s’en est passé un ici même, dans cette maison...

Mon ami releva la tête.

 — Vous ne m’en avez jamais parlé, dit-il au vieillard.

 — En effet, car ce sont des choses auxquelles il vaut mieux ne pas penser.

 — Il s’agit du marquis de Brault ? reprit mon hôte.

 — C’est vrai, de ce pauvre marquis, mon ami d’autrefois comme vous êtes mon ami d’aujourd’hui.

 — Il est mort très âgé ?

 — A quatre-vingt-deux ans, seul, entouré de trois domestiques presqu’aussi vieux que lui et qui n’ont pas tardé à le suivre. Tout ce monde là dort dans notre cimetière, à l’ombre de la croix de notre pauvre église. C’est après le décès du marquis que ses terres ont été vendues à des marchands de biens et divisées par lots. Votre père acheta le château et trois cents hectares pour un morceau de pain. Il y a vingt ans de cela et j’étais curé de Brault depuis seize. Le marquis m’aimait beaucoup et j’en garde la mémoire comme du plus digne et du plus honnête homme que j’aie connu. Presque chaque jour je venais dîner avec lui. Nous restions en tête-à-tête au coin de cette cheminée pendant les longs soirs d’hiver. C’était un grand vieillard de près de six pieds, taillé en athlète, aux. puissantes épaules à peine courbées malgré son âge, aux traits nobles. Je le vois encore avec ses cheveux presque noirs, grisonnants plutôt que gris, ses sourcils épais, son œil perçant, son large front qu’un pli profond coupait par le milieu et ses lèvres impérieuses. Il était constamment vêtu à l’ancienne mode d’une longue redingote boutonnée sur un gilet à pochettes qui lui pendaient sur le ventre, d’une culotte de velours et de houseaux de cuir sur de gros souliers larges et commodes. Il aimait à causer, mais ne recevait personne. Quand ses voisins de trois où quatre lieues venaient lui faire visite, il montait à cheval, car en ce temps-là il ne fallait pas songer à se promener en voiture, et leur rendait la politesse dès le lendemain, mais il n’acceptait aucune invitation et n’admettait à sa table toujours grassement servie que ses familiers, le curé ou ses fermiers, et de temps en temps quelque compagnie de chasseurs perdus en forêt à la suite d’un loup ou d’un sanglier venus de loin. Les égarés étaient certains de trouver à Brault une. hospitalité large et cordiale. Les bêtes fauves ne manquaient pas alors dans le pays ; elles y sont déjà moins communes aujourd’hui. Dans quelque temps les routes et les chemins de fer les auront chassées on ne sait où. Le marquis de Brault déplorait les améliorations et les travaux du progrès. Il n’était allé à Paris qu’une seule fois dans sa jeunesse et en avait rapporté l’horreur des villes et des misères qui s’y entassent. Sans être très riche, il possédait une énorme étendue de terrain, huit à dix mille arpents autour de sa maison, mais il en tirait peu de parti, payait largement son monde et voulait que tout ce qui lui touchait, de près ou de loin, métayers, gardes ou bûcherons, vécût dans l’abondance.

On pouvait dire de lui qu’il ne possédait rien en propre. Sa cave et son cellier étaient à tout le monde.

Très généreux, il ne s’était montré inflexible que sur un point, mais autrefois, il y avait longtemps, car lorsque je l’ai connu, ses gardes ne faisaient de procès à personne.

C’était la chasse.

La passion du marquis pour ce plaisir si fort en honneur dans notre pays est restée légendaire. Quand on y entend une meute qui hurle comme il faut et se colle à la voie d’un grand loup ou d’un vieux solitaire, les anciens disent encore : Si vous aviez vu la chasse du marquis de Brault !

Moi-même, fils de paysans, quand je fus nommé à cette cure, j’avais, malgré mon habit, non pas le désir de chasser, mais celui. de voir chasser et de suivre de loin les péripéties de ces luttes émouvantes dans lesquelles les gens et les bêtes rivalisent de ruses, de fond et de ténacité.

Brault m’attirait.

Cette contrée couverte d’étangs et de bois immenses semblait me promettre des jouissances inconnues et caressait.ma secrète passion.

Ma déception fut complète.

Le marquis ne parlait jamais ni de chiens ni de gibier. Pas une allusion aux emportements de sa jeunesse et aux triomphes de son amour-propre !

Les fusils astiqués avec un soin scrupuleux par les gardes reposaient aux râteliers ; les fouets des piqueurs servaient d’ornement aux panoplies. Quelques têtes de limiers admirablement naturalisées se mêlaient aux hures de sangliers et aux massacres de cerfs, avec leurs noms sonores : Ramoneau, Nicanor ou Ronflaud. Le marquis leur jetait à peine un coup d’œil et détournait aussitôt ses regards. Je ne tardai pas à remarquer qu’il devenait subitement rouge ou pâle et qu’en un mot son visage changeait sous l’impression d’un souvenir poignant. Plus d’une fois je vis une larme rouler sur ses joues et un soir je le surpris qui faisait en se retournant le signe de la croix. D’un autre côté, il était évident pour moi que ce n’était pas l’âge auquel il était arrivé qui l’empêchait de se livrer à son plaisir favori. A soixante-quinze ans, M. de Brault était aussi vert qu’à cinquante et à cheval il se tenait droit comme un jeune homme. Il y avait donc un secret dans sa vie. Mais lequel ? Au bout de deux ou trois ans de séjour à Brault, une étrange curiosité s’empara de. moi et, s’il faut l’avouer à ma honte, j’essayai de la satisfaire par tous les moyens possibles.

Le marquis avait pour valet et pour confident, il serait plus juste de dire pour ami, un vieux serviteur à peu près aussi âgé que lui. Cet homme d’aspect vénérable s’appelait, Prévôt.

Je voulus le faire parler et n’en tirai qu’une réponse évasive :

 — Il y a tantôt quarante ans que M. le marquis ne chasse plus.

Un jour, pourtant, je devais apprendre ce secret et dans une heure d’expansion, le Vieillard, sûr de mon amitié, me le dévoila lui-même.

Il était effroyable.

Le vieux prêtre serra les lèvres, hocha la tête et se tut.

 — Monsieur le curé, lui dis-je, vous nous en avez laissé trop entendre pour ne pas satisfaire notre curiosité.

Il se défendit d’abord.

 — Je ne sais si je dois..., balbutia-t-il.

Et se décidant :

 — Au fait, c’est à l’ami et non au prêtre que le marquis a tout avoué, dit-il. Il est mort ; sa famille est éteinte et, à la vérité, ce secret dont il s’est déchargé sur moi et qui a défrayé bien souvent depuis nos conversations, me tourmente quelquefois comme il le tourmentait lui-même, bien qu’il se fût confessé depuis longtemps. En vous le confiant à mon tour, il me semble que j’aurai l’esprit plus léger. Écoutez-moi donc.

Il avait laissé sa tasse de café à moitié pleine.

Il y trempa ses lèvres et nous montrant le coin de la cheminée, du côté de la fenêtre :

II

C’était un soir de novembre. Le vent secouait la vieille maison et la faisait trembler jusque dans ses fondements. Les chouettes hurlaient dans les grands arbres et de temps en temps on entendait les girouettes qui tournaient en gémissant, poussées par la bourrasque.

Nous avions dîné, le marquis et moi, en tête-à-tête.

Il était renversé sur le large dossier de son fauteuil et nous ne parlions ni l’un ni l’autre, prêtant l’oreille aux bruits du dehors.

La porte des cuisines était fermée et à travers ses planches massives on entendait à peine le bruit des assiettes ou des verres remués sur la table des domestiques.

 — Un mauvais temps, curé. me dit tout à coup le marquis. N’aurez-vous pas peur en regagnant votre presbytère ?

 — Peur de quoi ? répliquai-je en souriant.

Le vieillard se mordit les lèvres et ne répondit pas.

 — Il n’y a que de braves gens dans le pays, repris-je, et quant aux loups, ce n’est pas au mois de novembre qu’ils attaquent les passants. Au surplus, avec un bon gourdin, j’en viendrais à bout.

J’étais vigoureux alors et ne craignais ni un loup ni un homme.

Le marquis poussa un soupir ou plutôt un gémissement, en murmurant entre ses dents :

 — Vous êtes heureux, vous, d’avoir. la conscience en repos.

Le ton dont il prononça ces paroles me fit frissonner.

Juste à ce moment une rafale fouetta les vitres des fenêtres. Un des battants s’ouvrit et les bougies s’éteignirent.

 — Quelle nuit ! répéta le vieillard en se levant brusquement. L’autre était pareille !

La lueur du foyer l’éclairait seule.

Il avait porté la main gauche à son front comme pour en écarter une vision. Ses yeux agrandis étaient d’une effrayante fixité.

Je me levai à mon tour et j’allai à lui.

 — Qu’avez-vous donc. ? lui demandai-je. Je ne vous ai jamais vu si troublé.

En même temps je fermai la croisée et je rallumai les bougies.

Quand j’eus fini, le vieillard avait repris sa place dans son fauteuil.

Il ne restait d’autre trace de son émotion passagère qu’une sueur abondante qu’il épongeait avec son mouchoir,

Au bout d’un silence, il me regarda doucement et me dit :

 — Vous êtes mon ami ?

 — Certes, monsieur le marquis.

 — Vous me croyez un honnête homme ?

 — Je n’ai jamais douté de votre honneur ?

 — Vous aviez tort.

— Comment ?

 — J’ai commis un crime épouvantable.

— Vous !

— Moi.

 — C’est impossible !

 — C’est vrai ! Quand j’y songe dans la solitude de mes nuits, mes cheveux se hérissent sur ma tête ! Et je tremble en redoutant non la justice des hommes qui ne peut m’atteindre, mais celle de Dieu qui me jugera bientôt, demain peut-être. Votre prédécesseur est mort en emportant ma confession dans la tombe ! Il n’est plus là pour me soutenir ! Son appui me manque. Je veux tout vous dire ! Vous le remplacerez peut-être auprès de moi et j’espère que vous y resterez jusqu’à mon dernier jour.

Je ne trouvai pas un mot à répondre.

J’attendais le cœur serré.

Il est impossible de rendre l’expression effrayante du visage de ce grand vieillard.

Il rassembla les bûches à moitié brûlées dans le foyer, les disposa en un faisceau d’où s’élança bientôt une flamme joyeuse et reprit :

 — Tout le monde sait que j’étais passionné pour la chasse. J’ai laissé dans le pays la réputation d’un veneur consommé. Quand on avait cité la meute du marquis de Brault, tout était dit. La vérité, c’est que j’aimais la chasse avec fureur. Elle était à mes yeux le seul passe-temps digne d’un gentilhomme. Mon père m’avait transmis ses goûts. Il ne s’occupait pas des bruits du dehors. La grande Révolution ne le dérangea pas. Sous la Terreur, il courait le cerf dans ses bois et lorsqu’on vint pour l’arrêter et le conduire en prison, aux mauvais jours de 94, on le trouva à cheval poursuivant un sanglier et sonnant de la trompe à pleine gorge. Il prit sa bête et on ne le prit pas lui-même. Quelques jours plus tard, Robespierre montait à l’échafaud à son tour et la Terreur expirait avec lui. On n’émigra pas chez nous. Au fond de nos forêts du Morvan on était à peu près en sûreté ; il aurait fallu une armée pour y prendre un homme décidé à se défendre et habitué aux ruses du gibier. La vénerie fut donc ma principale élude. A vingt ans, je sonnais du cor comme un maître ; je montais à cheval comme un centaure ; il n’existait pas de piqueur capable de m’en remontrer sur les finesses du métier et j’avais les trois vertus du chasseur : la foi, l’ardeur et le savoir. A vingt-deux ans, je me mariai avec une jeune et charmante cousine que j’avais et dont les bois joignaient les miens. A vingt-trois, j’eus une fille qui devait être mon unique héritière, car elle causa en naissant la mort de sa mère ; à vingt-cinq ans, je perdis mon père et je restai seul avec l’enfant qui remplaçait à mon foyer tous les êtres que j’avais aimés.

Dès lors je me consacrai sans réserve à la chasse, avec une véritable rage destinée sans doute à me faire oublier de cuisants chagrins.