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Confessions d'une meurtrière - Saison 3

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Marie est à présent avocat et elle se consacre à la défense des femmes.
Mais les victimes suscitant son intérêt ne sont pas toujours celles que l'on croit et elle aura fort à faire pour faire triompher ses principes ...et sauver ses amies, car le danger continue à rôder.
Ce n'est pas tout de se débarrasser des fâcheux, encore faut-il que cela reste sans danger...
Dans cette dernière saison qui clôture la série, on retrouve Edith qui va devoir se découvrir une nouvelle passion, Odile et son gros chien blanc, mais aussi de nouveaux personnages qui peuplent cette réjouissante galerie de portraits au vitriol.
Entrez par la petite porte dans un monde judiciaire croqué avec une ironie féroce....
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Marie-José Aubrycoin
Confessions d'une
meurtrière - Saison 3
On remet le couvert ?
© Marie-José Aubrycoin, 2017
ISBN numérique : 979-10-262-1101-3
Courriel : contact@librinova.com
Internet :www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
ON REMET LE COUVERT ?
Ah, la belle époque de la rentrée ! Même si on a ce ssé depuis bien longtemps de fréquenter les établissements scolaires, la rentrée des classes, en septembre marque pour tous le début d’un nouveau cycle.
On tourne la page « vacances », fini la bronzette e t le farniente et on se remet au travail avec un enthousiasme que l’on espère intact… Pour moi, septembre signifiait la rentrée judiciair e et la reprise de mon activité d’avocat au cabinet de Luc.
C’est vrai que j’avais mis un peu de temps à me déc ider à sauter le pas, pour me remettre au boulot et enfiler la robe à nouveau… D’abord, il m’avait fallu échapper à la mort à la suite d’un accident de voiture, qui avait cependant eu l’avantage de me débarrasser de mon épouvantable mari. Ensuite, je m’étais dit que je n’étais pas revenue de l’au-delà pour me tourner les pouces et que je me devais d’aider mes semblables, ce qu’il m’était arrivé de faire d’ailleurs, et quelquefois de manière radicale… Mais après tout, il y a tant de méchants en ce bas monde que la férocité est bien excusable, ne trouvez-vous pas ? D’ailleurs, mon amie Edith (qui est aussi la mère d e mon chéri) m’avait bien convaincue qu’il était inopportun de s’encombrer de vains scrupules et qu’il fallait voir loin, et se fixer sur le but recherché, à savoir contribuer à rendre le monde (un peu) meilleur. Et comme mon vieux copain Luc avait lourdement insisté pour que je vienne travailler avec lui pour traiter les dossiers de divorce, ajou tant ainsi une corde à son arc de compétences professionnelles, et bien voici que j’a vais remis le pied à l’étrier… et pour rester dans la métaphore équestre, j’abordais ce no uveau défi « en avant calme et droite ».
***
Pourtant une question cruciale se posait : Devais-j e me préparer à remettre le couvert ?
Au Moyen Age, le couvert était un linge blanc qui recouvrait les plats afin de montrer aux invités que toutes les précautions avaient été prises pour éviter l’empoisonnement. Le remettre signifiait donc que l’on continuait à faire preuve de vigilance même une fois que
les convives avaient fini de se restaurer.
Dans le langage contemporain, l’expression sert plu tôt à désigner la reprise des relations intimes.
Bien entendu cette question illustre pour moi une problématique toute différente. En premier lieu, il apparait évident que si l’on ve ut faire passer un fâcheux de vie à trépas en lui faisant absorber quelque substance no cive, il est nécessaire d’endormir sa méfiance en lui faisant croire qu’il ne court aucun risque. Le couvert, mis et remis à certes son utilité, mais l’usage s’en est perdu… En second lieu, quand on a eu la chance de trouver sur son chemin un homme séduisant, honnête et loyal, la question de la reprise des relations sexuelles ne se pose pas car celles-ci ne risquent pas d’avoir été au préalable interrompues. En fait le sens véritable de cette question est le suivant : faut-il que je persévère dans la voie de traverse que j’ai empruntée et que je co ntinue à contribuer à l’éradication des nuisibles ? (je ne parle pas des rats bien sûr, car ces rongeurs n’ont rien fait pour s’aliéner ma sympathie, mais de cette funeste espèce qui, bie n campée sur ses deux jambes, s’évertue à rendre insupportable la vie des autres) . Ou bien faut-il que je renonce définitivement à mes velléités justicières ? Bien sûr, cela mérite réflexion…. Et sois en sûr, cher lecteur de ce journal intime, cette question sera la première de mes préoccupations et ce d’autant plus que mon activité professionnelle pourrait se révéler pourvoyeuse de potentielles missions liées à des règlements de comptes conjugaux, sanglants ou non …
CHAPITRE 1
Quand on se spécialise dans les procédures de divor ce, après avoir développé une sensibilité particulière aux droits des femmes, on constate rapidement qu’il convient de nuancer son jugement et que le rapport de forces n’est pas toujours aussi défavorable au sexe faible que l’on peut être porté à le croire à priori. Une femme se marie, donne naissance à des enfants, exerce un emploi stable (même en ces temps économiquement troublés, cela arrive encore) et achète avec son mari une maison qui devient le domicile familial. Quelques années passent et Madame finit par trouver beaucoup moins de charme à Monsieur qu’au temps de leur belle jeunesse. C’est vrai qu’il n’a plus rien de glamour, ce mari qui ne soigne pas vraiment son look, et qui pr éfère aller boire un pot avec ses copains plutôt que de faire les courses.
En plus, il ne s’investit pas vraiment dans la vie de famille et refuse de surveiller les devoirs des enfants.
Pire, il rechigne aux sacro-saints déjeuners domini caux chez Belle-Maman qui pourtant cache soigneusement sa joie à chaque fois que sa fille lance en public une petite pique conjugale pas toujours agréable ! Comble de turpitude, il s’endort devant la télé … Bref, Madame ne l’aime plus… mais alors plus du tout… Il faut dire qu’elle a fini par céder au charme irr ésistible d’un de ses collègues de travail qui la fait rire et la rassure sur sa féminité, en lui adressant des textos enflammés et en lui répétant encore et encore qu’il rêve de partager toutes ses nuits pour l’envoyer au septième ciel. Madame hésite…un peu…puis saute le pas. La vie est trop courte pour s’habiller triste comme le martelait justement un publicitaire inspir é il y a quelques années. Elle l’est également pour passer à côté d’une histoire d’amour qui lui parait d’autant plus désirable que sa vie quotidienne manque d’originalité. Elle prend rendez-vous au cabinet d’un Avocat pour demander le divorce. Point n’est besoin de justifier d’un grief sérieux envers son conjoint pour introduire la procédure. Cet aspect moralisateur et bien-pensant est depuis belle lurette banni des prétoires. Il suffit de dire qu’on souhaite divorcer, un point c’est tout.
Bien conseillée, Madame va donc demander à ce que les enfants résident avec elle et elle a toutes les chances de voir sa requête admise (même si les mentalités commencent doucement à évoluer, on est encore bien loin de la parité !). Et comme l’intérêt des enfants est de rester dans leur environnement habit uel, le domicile conjugal lui sera attribué jusqu’à la vente du bien, ce qui en généra l laisse largement le temps de se retourner. Alors, Monsieur qui n’avait rien vu venir, se retro uve dans une situation bien inconfortable puisque apprenant son infortune, il d oit en même temps quitter le domicile conjugal pour en laisser la jouissance à sa femme, renoncer à une vie quotidienne avec ses enfants qu’il verra une fin de semaine sur deux ainsi que la moitié des petites et grandes vacances scolaires, payer une pension alimentaire pour contribuer aux dépenses des enfants, voire même dans certains cas, continue r à payer la moitié du crédit immobilier souscrit pour l’achat du domicile conjugal jusqu’à la vente, alors même qu’il lui sera rigoureusement interdit de n’y poser à l’avenir, ne serait-ce qu’un orteil… Bien sûr il pourra demander « récompense » lorsque le bien sera enfin vendu, mais en attendant comme il est impossible d’élire domicile sous les ponts, il lui faudra prendre un logement en location et quelquefois se réfugier dans un studio minable parce que les prix de l’immobilier ne lui permettront pas de trouver autre chose … ce qui d’ailleurs donnera à son épouse un bon prétexte,, si elle se montre particulièrement vindicative, pour contester son droit de visite au motif qu’il ne peut pas héberger ses enfants décemment. Je caricature allègrement, c’est vrai, mais se faire l’Avocat du Diable, c’est aussi un exercice salutaire pour éviter les poncifs et il faut bien reconnaître qu’il n’est pas rare que les choses se passent de la sorte … Bien sûr, il y a des séparations dramatiques, des p ervers narcissiques qui détruisent leur famille, des violents alcooliques (ou non) qui se servent de leur épouse pour tester leurs penchants primitifs de prédateurs, des paniers percés qui mettent en péril l’équilibre financier du ménage, des infidèles, des menteurs, des méprisants, bref des sales types… Pourtant depuis que j’exerçais avec Luc, et que j’é coutais d’une oreille attentive les confidences de mes clientes, je me surprenais parfois à éprouver une profonde pitié pour cette fraction de l’humanité supposée détenir un po uvoir absolu de nuisance et de domination, à savoir les hommes. Trois procédures de divorce sur quatre étant initié es par les femmes, leur son de cloches était le plus fréquent mais le récit de leu rs déboires conjugaux divers permettait quand même de constater que les torts ne se trouvaient pas toujours du même côté, et parfois même qu’un peu de bonne volonté et d’empath ie de part et d’autre aurait permis au couple de se reformer ; mais je n’étais pas là p our donner le conseil, fut-il de simple bon sens, que l’on ne me demandait pas. Mon rôle était de soutenir les épouses dans leur démarche. Pas de leur faire la morale. Enfin, chacun voit midi à sa porte et j’engrangeais les dossiers à la grande satisfaction de Luc qui voyait dans cette nouvelle activité du c abinet une source de rentabilité bienvenue en temps de crise.
C’est vrai que j’avais rêvé de mettre en pratique m es talents de justicière masquée pour venir au secours des femmes en détresse… et que j’avais quand même dû revoir à la baisse mes objectifs.
Il aurait été contre-productif d’éliminer d’emblée les époux les plus nocifs dans mon panel de dossiers, car leurs disparitions prématuré es auraient mis fin à la procédure, tarissant ainsi la manne financière versée en honoraires par leurs pugnaces compagnes. Peut-être aussi que la discipline à laquelle je m’a streins, c’est-à-dire coucher sur les pages de mon journal intime les événements marquants de ma vie, a fini par me conduire à une réflexion approfondie sur la portée philosophique de mes actions justicières, et leur légitimité. Quand mon épouvantable époux s’est éteint, c’était ma foi de façon presque naturelle. Bien sûr j’avais déployé de vastes efforts mais la récitation, fut-elle enflammée d’une tirade de Racine, d’une fable de La Fontaine ou l’interprétation lancinante d’une chanson de Bobby Lapointe, ne pouvaient pas être considérée s comme des manœuvres criminelles suffisantes pour mettre fin à la vie d’un conjoint détesté. Ensuite, c’est de façon bien involontaire que j’ava is écrasé le crâne de mon voisin, Laurent, gisant piétiné dans le box de son étalon. Oui, j’avais mis fin à ses jours mais je n’avais fait que percuter en reculant l’abreuvoir d e pierre qui était malencontreusement tombé au mauvais endroit. D’ailleurs, ce n’était que justice qu’un homme aussi malveillant passe de vie à trépas. En ce qui concerne Claude Duchemin qui termina son existence terrestre au fond d’un étang du Gâtinais, je suis passée à l’action de manière plus active. Mais il faut reconnaître qu’il était franchement menaçant et que je devais a ider Edith à se défendre, même si, comme je l’ai constaté par la suite, elle pouvait a gir seule et venir à bout du pire des malfaisants. Là où vraiment, je dois reconnaître l’entière responsabilité de mes actes, c’est quand j’ai expédié dans un autre monde, le père d’Alexandra, notre gentille secrétaire, qui a ainsi échappé à la terrible emprise que ce meurtrier menaçait d’exercer sur elle. Il serait faux de dire que je regrette, mais pour a utant je n’en suis pas moins convaincue qu’il faut que je limite mes interventions au strict nécessaire. Il serait tout à fait imprudent d’agir de façon radicale tant que les aut res solutions offertes ne se sont par révélées impossibles à mettre en œuvre. Certaines situations ne méritent vraiment pas que j e me mettre en danger…et certaines personnes encore moins… A ce sujet, comment ne pas penser à notre fidèle client le bel Aristide de Binac ?
Parfaitement consolé du décès de son épouse par la perception de l’indemnité d’assurance habilement récupérée par ses avocats fidèles, il s’était remis en chasse d’une nouvelle héritière à plumer. Il avait passé l’été à Saint Barth’, partageant le mépris affiché par les bobos pour les rivages méditerranéens (comme dit le chanteur Renaud : « la côte d’Azur, franchement ça craint »). Il n’avait pas été totalement inutile po ur lui de franchir les océans, car il paraissait avoir trouvé une proie à sa mesure. Il était revenu avec une fort belle fille pendue à son bras. Jeune et sotte (tout à fait son style) et riche …Si ce n’est qu’elle ne détenait le pactole financier qu’en raison d’une union avantageuse avec un homme ayant plus de deux fois son âge … et tout le pognon !
Elle voulait divorcer pour pouvoir filer le parfait amour avec Aristide, qui lui voulait qu’elle se remplisse largement les poches avant de quitter son vieux mari.
Confiant dans les prestations de notre cabinet, il avait débarqué avec sa dulcinée, en direct de Roissy où leur avion venait d'atterrir. E ntre deux étreintes fougueuses dans un décor idyllique, il avait réussi à faire envoyer pa r email à sa belle, divers documents justifiant de la situation financière du couple, harcelant notaires et conseillers financiers qui eux, ne se doraient pas la pilule au soleil. Triomp hant, il pouvait dès ce premier rendez-vous brandir une clé USB qui permettrait l’ouverture du dossier ! Cela allait être coton, vu les termes du contrat de mariage que le prudent vieillard avait pris la peine de signer avant de se lancer à nouveau dans l’aventure matrimoniale (il en était à son troisième coup d’essai et il était b ien payé pour savoir qu’il faut toujours envisager le pire, même si on attend le meilleur !). En plus la donzelle n’avait pas grand-chose à repro cher à son mari, si ce n’est son âge (avancé) et son activité (débordante) orientée vers la fructification de son capital et non la satisfaction des besoins charnels de sa moit ié (sur ce point, elle paraissait avoir trouvé une compensation entre les bras d’Aristide v u les regards enamourés qu’elle ne cessa de lui lancer pendant toute la consultation).
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