Considérations sur le décret de l'Assemblée nationale relatif à la noblesse héréditaire, aux noms, aux titres, & aux armoiries ([Reprod.]) / L. N. H. C.

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[s.n.]. 1789. Titres honorifiques et nobiliaires -- France -- Ouvrages avant 1800. Noblesse -- Armoiries -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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A
DÉCRET,, '̃-
1C DE LASSEMBLÉE
ftom
*.$, baux armoiries, ̃
Vî H A C v k énvifàge ce décret fclôn fa rai-
> 'Les nobks» qui n'èxjftoicnt que par leurs
''̃ y-i titres i$y m indignent j ils. font,
àLïfeuIemtnt citoyens ils fe croient nuls. Lei
fupportoient inipatiemmein ces relies
n£s dans. tes. ténèbres de la
étoi^nt bléfl^s de ces
dont la philcfo-
£,-̃ |>hî« néant ils les voient
images trom-».
qui s'év^houiflent au retour
& craint que ce dernier coup
dés ricties titrés, ne leur faiïp
̃ï*y\
chercher en des terres étrangères, des honneurs
& des diflin&ions qu'on n'accorde plus ici
qu'aux talens & à la vertu. Les hommes qui
s'oblUnent à ne vouloir point croire àla durée
de ce nouvel ordre de chofes ou pour
mieux dire les mécontens affectent de n'aper-
ceyoK dans cet acte de févérité qu'une incon-
fidération de plus, qui, dans leur fyflême
doit fervir à combler la mefure, & à rendre
le. fucecs de ia conitüution En-
fin le premier miriirtre des finances, dorit.l'au-
torité, dans cette révolution en refpcllable,
penfe que, la loi pourroit biener la juftice
qu'elle eft affligeante pour une portion confi-
dcrable de la fociété» fans cire vraiment utile
au grand ftonibre", & qu'ainfi elle étoit dange-
reufe, ou du moins inutile à décréter.
Pour nous, qui nous fommes comptés aufîî
dans l'ordre des privilégiés d'autrefois & qui
nous en fou venons fans regret; pour nous
qui avons occupé une place honorable dans
l'ancien régime, & qui nous fommes cdn-
folés depuis long-temps de la perdre j pour
mous, qui aimons avant tout la juftice la
vérité, le bien ,public ofons lever la tête du*
milieu des ruines qui nous environnent rnâîs
qui n'ont point meurtri notre âme; difon*
:(b )
(i) Je que, malgré variété des
qui cubent fur l'origine de la pec-
conne avec raifon de
le régime féodal, de la manirre
avec impartial»^ ce que nous penfons; ne
flattons relut lé parti Je plus fort & le plus
point à celui
combe; parlons le langage de la raiforl, fans
défir d'approbation, comme fans crainte de
blâme. Pour tout citoyen qui s'intérefle à là
chofe publique, c'eft un devoir de dire la
vérité lorfqu'il la voit ou qu'il croît la voir;
s'il fe trompe, n'importe, fa tâche eft remplie
fon erreur s'apprécie perfonne ne peut lui
faVoir mauvais gré de fon xeîet
Pour bien juger de la juftice & de l'exaâitude
des difpotitions que renferme le décret, il faut
les examiner chacune féparément.
Que vois-je dans le premierarticle? f
La nohleffe héréditaire abolie,
Il faut d'abord s'entendre fur la définition
du mot nobuffe. Dans mon opinion particu-
lière, je diflingue deux efpeces de noblefle.
J'appellerai la premiere féodale, je veux dire
celle qui a pris fon exiftence dans le gouver-«
nemem des fiefs (i), & qui ne s'entretient,
"̃<♦̃>
jouiffoit ci-devanf. Je fais que NI. l'abbé Maury afoutena à
ra^cinbl^e nationale, que, d'après les commentaires
de Julcs-Céfac, la noblelTe héréditaire eniftoit clie» les
germains c'eft Je f) ft^mc de M. de Baulàinvilliets, dé
M, de Moiitefq'jieu • mais en pourtoit lui oppofer l'opi*
pion de M. l'abbé Dubos de M. de,Vallois, de M. l'abbé
deMably; on pourroit lui oppofer encore les ténèbres
qui enveloppent ce pojnt de notre Hiftoire. D'ailleurs
on rie niera point que les familles nobles ne re font dif-
tiogudés des familles non nobles que par des quali-
.fications & des prérogatives empruntées 4U r*g'l0A«
féodal. ̃̃̃•
lîefe cônfisrvc,« ne fe caraétériC; que par une
pôfleffion fucccflîve de qualifications tirées du
gouvernement dés fiefs; c'efl la -noblefre des
écuyers des chevaliers des princes des
ducs des cbmtes des marquis &c. toutes
dénominations qui retracent l'ancienne di.vi-
fl^n du royaume, dans les temps de barbarie,
& la dignité du rang des pérfonnes, réglée alors
fur celle des poncions..
j'appellerai réelle la féconde efpece de ne.
bleffe} j'entends celle que forme dans une
famille une fucceiïion lionorable de vertus de
fervices, & de dignités.
Parions de la première efpece de noblefTe.
Je dis que l'aflemblée nationale a pu & dû
A 3
la détruire) par une conftquence de fes pre-
miers décrets. JE! le avoir déclaré Je régime
feoda! anéanti cette perpétuité de titres d'ar-
moiries, de livrées, n'en étoa-il pas un vertige
otTenfant? Ces débris gothiques de l'ancienne
con(tmirionnedépaioient-i{s pas l'édilîce ma.
jeflucux & uniforme de la nouvelle Il cil
bien extraordinaire que les nobles, qui avaient
embrafle de'bonne foi le parti des communes,
n'aient pas preflenti qu'il était néccffairc d'eu
venir là tôt ou tard, & ne fe foient pas fait un
mérite d'abdiquer volontairement des titres
qu'il leur c'toit impofTïble de conferver plus
lorg-temps, fans être en contradiction àv'ec
eux-mêmes fans bleffcr les principes d'égalité
qu'ils annonçoient profdflfer.
J'entends parler du droit que donne à
noblefTe; pour le maintien de fes prérogatives
[on ancienne pofiefliont Celte poilcffiôrt a
differens principes; je ne m'attacherai 'point
à tes dtfcuter tous. 1ene rechercherai point
de quelle manière les feigneurios dans l'ori-
gine, fe font formées, par quels moyens l'bc.-
rcdité des anciens bénéfices a été contacte
comment fe font élevés lés grands'
les arrière- vaffàux, & tous ces divers degrés
de pouvoirs héréditaires qui le
gouvernement des fiefs. Jettons le voile fui*
çes fôurcçs de la noblefie j fuppofons que fort
inftituiion foit jufte. Sait- ori combien il.exifte
de familles qui aient droit de prétendre à
fes titres Il n'y a point à donier que, fi l'on
fai.bit des recherchés exaâes, fi l'on pre-
noit foin de distinguer les anciennes races,
dont le commencement eft inconnu d'avec
celles qui ooLreçu la nqbléfle de, nos rois, ou
qui l'ont ̃dfuîpe'e .on verrpit que le nombre
des premières familles n'eft' pas fi confidérable
qu'on feroit porté à le croire.
Mais dira-t-on la nobJefle eft effentieile
.à un gouverriement monarchique* cet état
exige un ordre intermédiaire'qui lie le peuple
au roi; au moins tes plus célèbres, publicîftes
qui ont parlé de la monarchie, RoufTeau-mcme,
l'oracle de cette. révolution l'ont défini de
cette rhaniere. Aufll mon opinion eft-elleqxie
nous ne femmes plus fous un gouverne-
ment monarchique. Malgré le décret du 2t
Septembre qui le déclare tel, » il rhe
paroit. évident que nous fommes conflitués
en une république dont le roi eu. le premier
niagiftr^t. Il ne faut que fixer fon." attention
fur la fuccelïïon des décrets portés paVrafiem-
blée naUonale pour apercevoir les progrès
(i) C'eft mal ï propos, je le fens bien, que je me
fers encore du mot de nobleflc, pour. rendré fenfible Ix
diftinûion que je fais; câr il ne doit plus exifter dans
notre langue. Au défaut de l'expreflïon nouvelle que je'
r'ai point trouvée j'efpere que tes démagogues outrés,
me pardonneront d'avoir employé l'ancienne; Il (unit'
qu'on m'entende & qu'on fâche que je veux parler d'une
race qui cft ancienne, distinguée illuftie. On dit bien
que telle famille cft riche, quc telle autre eft pauvre
pourquoi ne dhoiç-on pas que telle famille «ft honorée/
telle famille ctt inconnue i
qu'elle a fait peu à peu vers la démocratie &
fe convaincre que fes difpofitjôns à fe rappro-
cher de i'efprit de ce gouvernement ont aug-
..mente â mefure qu'elfe a fe'mi fes forces &
fa pu.iflance s'accroître & s'aflbrmir. r i
je reviens à la nobleiTe réelle (i), à la np«
blefle que l'on tire de Pilluilration de fer
ancêtres. Elle efl.au deffus de tonte atteinte.
C'eH de celle- là qu'on peut dire, avec raifon
qu'elle eft de fa nature indélebile;. nulle chbfe,
au monde ne peut l'obfcurcir, par la.raifon que
des fouvenirsjie peuvent s'éteindre ,̃ que l'hif,
toire ne peut être anéantie & qu'indépen-
damment de la reconnbiflance qu'excite les
,fervices rendus par uri grand homme, on ne
fauroit Ce défendre d'un mouvement d'intérêt
Si d'admiration pour une partie de lui-même »
pour ce qui rené encore de fa perfonne; ce (en-
tîmënt u'eft point un préjugé, il eft dans la nature
du'coeur humain. Voyez chez les grecs &
chez les romaines Ici honneurs réfervés aux
defeendans des grands hommes vous remar-
querez même que la connoilfiance des généa-
logies n'y étoit pas non plns indifférente.
̃ Homère prend foin d'apprendre qliels étoient.
les aïeux de tes héros. On lit clans Athénée,
qu'un certain Eçatde de Milet fut le premier,
p,armi les grecs, qui mit au jour les genèa-'
Jogies des hommes célebres. Pimarque dans
la vie des hommes iiluftres de ces deux peu-
pies, ne manque jamais de les faire valoir,
ïorfqu'iî en a l'occafioi) du côte de la naif-
fance. Au combat de Potidcc iivré par les
athéniens contre ceux de Coriiuhc Socrote
avoit mérité, au jugement de toute l'armée,
le prix de la valeur cependant les généraux
dclïrcrcr.t l'adjuger à Alcibiade qui, s'étoit
moins dift.inguc, parce qu'il étoit d'une naif
,rance illuflre. Un defeendam d'Harmodius
l'un de céux qui délivrèrent Athènes de la
tyrannie des PifiAraiides reprochait à Iplii-
cratc, général de cette république, l'obfcu-
rité de Qx naiffance, Oui, répliquâ-t-il,' la

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