Considérations sur le système électoral de la France en 1830, sur son origine, sa marche et ses conséquences

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impr. de Poussielgue-Rusand (Paris). 1830. 12 p. ; in-8.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1830
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Considérations
SUR
LE SYSTÈME ÉLECTORAL
DE LA FRANCE
EN 1830,
SUR SON ORIGINE, SA MARCHE
ET SES CONSÉQUENCES.
DE L'IMPRIMERIE DE POUSSIELGUE-RUSAND,
IMPRIMEUR DE S. A. R. M. LE DUC DE BORDEAUX,
rue de Sèvres, n. 2.
1830.
CONSIDÉRATIONS
SUR
LE SYSTÈME ÉLECTORAL
DE LA FRANCE
EN 1830,
SUR SON ORIGINE, SA MARCHE ET SES CONSÉQUENCES.
Les élections de 1830 viennent de faire con-
naître la véritable situation de la France ; un
gouvernement protecteur de tous les droits
et de tous les intérêts acquis se voit en butte
aux factions qui n'ont d'appui que dans des
passions effrénées, et de moyens que par la
fraude et la calomnie.
Des ambitions extravagantes, qui surgissent
de tous les rangs de la société , cherchent à se
faire jour en provoquant le trouble et le dé-
sordre ; elles résultent de l'orgueil que soulève
l'envie des véritables supériorités, de la vanité
qui naît de lumières incomplètes et de talens
médiocres, enfin d'un égoïsme qui ne comporte
ni fidélité ni dévoûment au Roi.
La presse est devenue, avec une impudence
( 2)
inouïe, l'instrument de ces passions qui ont
créé la puissance du journalisme.
Il n'est que trop vrai que son action est
immense sur les classes moyennes de la société,
représentées par les électeurs de trois à six
cents francs de contributions.
La réimpression et la propagation de tous
les ouvrages contraires à la morale politique et
religieuse consommera l'oeuvre entreprise par
la polémique séditieuse des journaux.
Le système d'éducation universitaire livre
sans défense la génération qui s'avance à l'in-
fluence de leurs doctrines.
Telle est la plaie : comment la cicatriser?..
La chambre nouvellement élue a reçu l'être
de ces élémens ; elle ne souffrira pas qu'on
les altère.
Il pourra se trouver dans son sein des hommes
qui, mieux conseillés que leurs prédécesseurs,
affecteront pour l'autorité royale, et pour la
Charte un respect et un dévouement dont il serait
bon de rechercher la mesure dans le passé ;
si cependant quelque fougueux orateur vient
encore épouvanter la tribune de ses doctrines
séditieuses, ce ne sera que pour mieux faire
retentir, à l'aide du journalisme, sa voix furi-
bonde dans les carrefours de nos campagnes,
entretenir leurs erreurs et achever de dégrader
(3)
une opinion aveuglée, circonvenue et factice
le plus grand nombre des députés peut-être
s'empressera d'offrir un concours officieux à
la couronne, mais en attaquant le ministère
qui la soutient : amère dérision !... Cependant
nous sommes portés à croire qu'avant tout la
chambre nouvelle saura sacrifier les exigences
même les plus ardentes de son aînée au besoin
de son existence.
Le gouvernement du Roi pourrait-il être
abusé par les hypocrisies de la révolution et de
la défection !...
Trois mois d'action d'un pareil système suffi-
raient pour déterminer dans un court avenir la
chute de l'autel et du trône.
Le salut de la monarchie exige donc que l'on
suive sa marche et ses développemens avec un
profond discernement, une sévère attention,
et que la couronne se tienne prête à user encore
une fois de sa prérogative (I).
Une nouvelle chambre ne saurait être ré-
clamée d'un régime électoral aujourd'hui jugé
dans ses principes, son action et ses résultats;
il trangresse la Charte, compromet son main-
tien et met le royaume en péril.
La plus belle des prérogatives réservées par
(1) Si toutefois la chambre qui vient d'être élue peut et doit être
réunie.

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