Considérations sur les principes monarchiques et les opinions libérales ; réflexions sur les élections du département de la Haute-Loire de l'année 1830, par M. Maurice Onslow

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impr. de P. Pasquet (Au Puy). 1830. 11 p. ; in-8.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1830
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CONSIDÉRATIONS
SUR
LES PRINCIPES MONARCHIQUES,
ET LES OPINIONS LIBÉRALES.
RÉFLEXIONS SUR LES ÉLECTIONS DU DEPARTEMENT DE LA
HAUTE-LOIRE DE L'ANNÉE 1830.
Par M. MAURICE ONSLOW.
LE temps fuit L'agitation est dans tous les
esprits L'ambition, l'oeil fixe, attend le signal
de sa conduite politique La marche des évé-
nemens se presse et occupe déjà l'intervalle établi
entre l'intrigue et le succès L'espoir brille, se
réalise, et l'intérêt personnel franchit alors toutes
les considérations de délicatesse , de bonne-foi,
d'équité, même d'honneur (1), pour jouir enfin
de ce qu'il a tant désiré!
Voilà le tableau de ce qui se passe aujourd'hui
dans les scènes électorales de presque tous les
départemens de France.
Les principes politiques des deux opinions sont
désignées maintenant plus que jamais.
L'une , résistant à l'immoralité du siècle,
(1) Cette réflexion est générale et ne renferme aucune application.
brandit sa blanche bannière et fait des efforts
inouïs pour la faire briller des nobles couleurs du
royalisme aux yeux de l'erreur et de la cupidité.
L'autre voit avec douleur une partie de ses
membres, indigne du titre qu'elle porte, marcher,
avec l'audace de l'impunité, sous les drapeaux
de l'anarchie et répandre ces écrits, ces infâmes
doctrines qui, en attaquant la religion, ébranlent
les marches du trône et sapent les bases fondamen-
tales de la' société et du bonheur.
Aujourd'hui ce chancre politique a rongé une
partie des racines du bien. Ce fléau destructeur
fait tous les jours trop de ravages pour que le
beau titre de Français et l'indépendance du courage
national soient isolés des vertus et des actions
dont on aurait seulement le souvenir.
Je livre les Observations suivantes à la bonne
foi et à l'impartialité.
L'importance de conserver les honneurs et les
richesses qu'ont acquis justement des Français
remarquables par la bravoure, le génie et les
talens jeta les bases du libéralisme.
La crainte de perdre une seconde fois leur Roi
et leur patrie résigna les royalistes à souscrire à
la Charte constitutionnelle, qui est devenue une
nécessité politique.
D'un côté,les principes monarchiques, fortifiés
par tant de siècles de cette gloire unie à la religion
et au diadême, élevaient bien haut la personne
(3)
d'un Bourbon dans le coeur d'un royaliste
français.
D'un autre, vingt-cinq années de triomphes,
l'empire des sciences et des arts commandaient
de fixer les droits respectifs de deux grandes
rivalités.
La sagesse de Louis XVIII comprit la force,
l'obligation des circonstances ; dans un Code poli-
tique, il assigna les limites où devaient aboutir
les prétentions de chacune d'elles, et les libertés
individuelles établirent l'équilibre entre le pou-
voir et les droits de chaque citoyen.
Les élémens qui composaient la Charte consti-
tutionnelle étant fixes et consacrés, il était impos-
sible de donner la même consistance à toutes les
idées.
Il était au-dessus du pouvoir de l'homme d'étouffer
dans l'âme des royalistes les sanglans souvenirs
du martyre du fils de saint Louis, des massacres
de la révolution ; de leur faire oublier les beaux
faits d'armes de l'armée de Condé, les lauriers de
la Vendée, les souffrances inouïes et la noble
infortune de l'émigration.
Arrêter le cours rapide d'une ambitieuse espé-
rance chez des guerriers qui ne faisaient que
sortir du sein des triomphes, couverts de bles-
sures ouvertes encore et de décorations gagnées
dans le champ de la mort, c'eût été priver la
gloire de tout son éclat, comprimer l'impérieux
(4)
besoin de la reconnaissance patriotique , étouffer
le cri de l'admiration !
Ainsi, la différence des idées formèrent ces deux
partis remarquables : l'un par la constance et la
fermeté de ses principes, l'autre par l'importance de
ses opinions et de l'union de ses membres , dans
l'intérêt de sa cause.
Mais bientôt ce parti vit avec indignation s'in-
sinuer dans ses rangs des hommes qui déshono-
raient sa couleur.
L'ambition, le vertige, l'indépendance du vice
grossirent d'une manière effrayante le nombre de
ces faux libéraux qui, dans leurs libelles impies,
voulaient tout écraser sous le niveau révolution-
naire , élevaient le vice à la hauteur de la vertu, et
rabaissaient le diadême jusques dans la poussiére.
En effet, quel fut le résultat de l'ignorance et
d'un détestable orgueil qui semblaient s'unir à
l'impiété, pour profaner nos autels et fouler aux
pieds la majesté des Rois?....
Ces pernicieuses doctrines ont empoisonné le
coeur de presque toute la génération actuelle; et
divisant l'opinion en plusieurs sectes politiques,
elles ont dépourvu la majeure partie du libéralisme
de son intégrité, pour y insinuer, à la place, l'erreur,
la mauvaise foi et ce vil esprit d'intérêt per-
sonnel qui se place entre le citoyen et la patrie,
entre le sujet ingrat et son Souverain.
Dans la lutte établie entre les principes monar-

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