Considérations sur les rapports qui doivent exister entre les colonies et les métropoles, et particulièrement sur l'état actuel du commerce français dans les Antilles... : sur les avantages qui résulteront... de l'établissement d'un commerce libre... sur l'administration intérieure convenable aux colonies françaises... sur le danger d'affranchir les nègres dans ce moment... ([Reprod.]) / par M. Cassan

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Guillot (Paris). 1790. France -- Colonies -- Administration -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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EXISTE'
et les Métropoles,
Sur Us avantagé/ qui rlfahtront pour
de Vltahlilfiintnt d'un.
toutes leurs Colonies.
Sur t'aâminijli atioa intlriture convenable aux Colonies
yrorifaifes fur la ntctffitt de
Sur le Us Nègres dans ci moment,
pcu-à-pcit leur
e.'i
l'/tcureufe époque où ils feront tous
Ce» <lfux votiv f.joi-r,
y rappelle.
:MMM:
4
qu
le» Métropoles
les rapports qui doivent fc trpuv.ee entr'ellcf:
Jk troificme appartient au
& fur l'int^rêe
réciproque des Colonies Se des Métropoles.
là chofe cts
Le fç'ul but des Métropoles, en fondant
des Colonies, a 4tc d'cccndrc leur commerce
pour ko*
le droit de le*
sionner Si d'achetée leurs denrées^ excluA*
Ce iiciï qu'à cette condition qu'elles oju
s
des Colonies
commerce»
3
de leur' fortune. §
fait avec
engagées,
Nations, ferait
contrat par lequel ferait
fixés
aux
prix arbitraires. D'un autre côte,
la concurrence des Négocians pcutfculc nict-
Enfin, le droit de propriété, qui, dan*
appartient,
qui
conféquent
f
̃À: '̃'̃- v– ̃"̃̃
fera d'autant plus a que les
payer
facilité les objets
Colons &
^des
..de
permettra d'employer
D'un autre
denrée d'avoir
\critable tyrannie que de leur interdire |a
la
des
vent des objets de
pas
pas
(o
1
parce qu'un État qui acquière des Colonies
aliment (on
Tels font les rapports commerciaux que les'
pour
Co-
ce»
de lçqrs
cultures } le commerce; interlope
ôc l'émulation qu'il cou*
vient de donner au commerce national
qu'on
aux Métropoles un intérêt
codé ce
la con-
trop
un encouragement
faifant
fera fans
par ks
réclamations continuelles des Négocias*
captieux
cher-
qui
a toujours prétexté pour motifs de fes ré-,
les foins Se la avances qu'il a
facrifics pour leur ctabliflcmcoc.
les 1/lçs f
Se la
on ne peut pas juger combien elles fout
qu'on s'iriterefle peu nn-
turéllemcnt à ce qui efl loin de foi j parce-
que le Commerce Français y eft fans
qu'on y cfl encore dans l'opinion que les
ont a fiez opulens pour fuppoàtr Jc,s
mais ceux q\ii ont
Colons, ils
la magnificence qu'étalent quelques Créoles
vanité,
réelle
grands Seigneurs des Iflcs,
& on fent qu'on fe ferait une bien fauffe S
Ceux qui
ru ance du Commerce Français
pour la\*ajcure partie de leurs befoins ils
que la Métropole
çaife n'a ctU
qtùiux Flibuftiers ôc alla
vu bientôt que
telligence de leurs arnïcmens, fouvent
l'état" naturel rendaient leurs
ce 1
if
brut qu'à
Ifîcs
il
Si 4"jo Anglais foie
moins fort que le poids Français de
raifon de
fait que dans
la réalité ils achetaient 500 ou livres,
ce que les Français ne payaient dans
temj que trois cents quarante ou trois cent
cinquante. derniers ne
recevaient les liv*
Commerce Anglais
était fur-tout ÔC qu'il ne regar-
dait que légèrement à la qualité
rées qu'on lui livrait tar.dis que le
i5
rafler fans
de vendre leurs denrées. Le café & le cacao1
achetât à peu près
farines
beaucoup plus
farines
on le
trouvait racine d'une qualité
les'
plus cher que ces derniers. Par quelle fatalité
• moires des pertes que leur
Métropole ?
fcUic certainement- qu'il y ait de la
des
çe retard
font montera 2000 livres tournois par mois
Colons
ce
les
Négociais Anglais, qui cnéccticnueut dans
leurs Mes Vendre leurs
•i8
les rades des îfles, à s'amufer'& à fuivre les
plaifirs, nevonc-ilspas chercher une cargaifoa
que la veine des denrées qu'ils ont appof-
qui doivent former leurs retours feraient
faites par leurs correfpondans Mais notre
commerce veut pouvoir faire fes affaires fa:i$
peine & fans difcpntinuer. fes plaifirs 1 & que
Nos Colonies ont
du commerce national, pour. la traite des
Nègres > que pouf les autres objets de com-
jiicrcc. Cette traite, qui
commerce ta plus importante pour les
• ColonicV, eft celle qui foullre-le plus darts
çiis, & qui démontre lepluscvi'dcmnient.leur
Là mortalité des Nègres dans nos Colonies
cxa.ft.es,
Cette perte n't-ft compense que par quatorze
»9
celle ce moment,
il les fera déchoir avec toute la rapidité
que doic
Français pont
cette
des Martinique
à envoie nulle*
t !a Colonie de
toutes les loix de'
1 J^rc à «J «mires,
& 14OO livres, au terme
On juge
cft notre Commerce
Colonies les Nègres dont
elles ont befoiu, pour
état actuel à plus forte raifon, ne leur
cinquante .mille, r-ïc-me en lai flanc les fo-
«S: il
ti-tnte- neuf mille, & elles cft employé-'
uitiit chacune un aulli grand nombre qtie
la pour tendre tout ce qu'elles
à
partie de celles fous le Vent fous îa re|dc-
b.j ;̃
i'in-
traite
inc de
araïuagc & quoiqu'ils n'aycin pas de
d'entrec à payôr
ne pas
il cic
quelques Nègres de les ;:nuées
ivccodcntcs dans Siiiit-J)c-
r-.iii^iic; mais on feraic coupable de laifiVr
ignorer que ces Nègres
apportes par le Ceniracrce' Anglais, &, voici
fallait.
Les Négoçians d'Anglocerfc, fedaits pur fa
prime accordée au Co'mmercc de Fràntc,
ont
tain bc;ic!icc. Ils ont cn,voyc enfi.ite lci.rs
navires dans fous
Nègres de leur traite dans jus Colonies
environ une pareille
pionteiu le-, différentes gratifications qui
des
çais ,ont fait
leur Nation pour les encourager.
mais il aura grand foin
qi.i Je fera" dans les Co-
impartial &
de juger les cho-
Frères
dans les haines tic-i Colonies
delà Moiropoirt, doit
par vin Commerce:
$•
dans nos Çoiortiis,
Depuis que l'iri-
nos Colonies d'une piftie
des objets de conformation que pouvaient
la morue, pour les
annuelle de neuf ou dix millions tournois, ciait
33 liv. le
le ruinaient tout
quimal; tandis Français,
'& qui
recevaient, en outre, duGouveriiemciu> une
prime énorme de Kv. par quintal argent
des Ifles ne voulaient ou nc pouvaient la
cçder qu'à 4a ou ^.j liv.; c'ert un fait dont
on a été Enflamment témoin depuis
On ne conçoit pas, en vérité, que noue
pouc iolliciîcr Je privilège cxcluGf d'appro-
vifionner nos Colonies de cette déniée,
puifquc toute fa pêche ne
'maigre les
reçoit aux bcfotns iculs de ce.
Ce qu'il cft obligé d'en fpurnir,
uuc très-granjc quantité à la >x à
Ce fait cil conft.ué par les Uj.sdo
nos Chambres de Commerce rapprochés de
ainû, on
i de* volailles,
poirr les Colonies que
le coinintice rrar.ç/.ii*
Celui ics An^lo-Ainc'»
«Ne le peu de dépenfe
& fans doute il
On a cru rejid\c un grand fervieft à nos
Colonies, par l'Arrêt de en ouvrant
chez elles aux Américains quelques ports
d'entrepôt mais on n'a pas. fait attention
fair une tyrannie pour elles, parce que es
i'Ajtct difendant^aux Amé-
ricains cftxfcticr îles denrées des liîcs pouf
îc pak-ncnL Je coîics qu'ils y apportent
for:\i» de les payer «ivx'c
<jtc
Cii outre vcxatoiïc pour les Colonies, enjec
3f
font forcés
de contre-
fur cette contre-
juflice,
il verrait certainement que les Colonies
font Ce trouve
lc/.é Cf. n'ert^ù'à l'état naturel des
ou
eiifi-i il
Rien, fi on veut croire notre commerce,
n'clt ca-doTus de fes fort.es. Il écoute avi-
Se il ne doute tançais
de fes moyens pour l'exécution mais ;on
a toujours vu que tout le fiiiiu de fès v-sftes
l'occouchcmcnt^do
i6
la montagne éloignez dit-il continuelle-
ment,1 les étrangers de nos Colonies, &
les Colonies lui fonc à ce
par nous" fournir les chofes qui nous font
r
un débouché avantageux pour
fur
vos promettes
Ordonnances nous nous aJrcflcrons tou-
jours à vous préférablemcnt aux étrangers.
Comment! enfin,1
çais
foiliciter avec tant d'acliarncnicnc les pri-
vilèges excluuTs qu'il réclame fans çclc
pas
fuflire' la
& que les Hollandais
Ici Génois
grandc partie Kn -cifet a été
oblige pendant long-tems de charger les
Hollandais d'aller acheter les
feaux de la Marine militaire, & enfin, il
qui font auffi aujour»
d'hui fur les le cabotage
Sa
bien évi'
par les définies continuelles qu'il
fait 4 de
tirer fur
,de, retours par
fes envois, il faut donc-q ie fe^
dans,
un
ne manquent pss de Cbton
qui (l'eft pas veut dasjs ce
cfl-iî obligé d'y envoyer, des denrées ou
de l'argent des Iflcs ne pouvant pas trou-
vet dans les Colonies des lettres de change,
fur France, à moins d'une perte confidérablc
dans le n'ignore
que la
frais valeilr qui-
celle qui
2<?
des objets de conformation
qu'on porte aui llles. Cette fpcculation du
Commerce Français, qui annonce l'avidité la
plus. marques,
mériter l'attention du Gouvernement; clic
eftdangcrcufe, i.°
tîoii, la Métropole ne vcrîcra de
numéraire (tans les [fies, foit d'tir.c
nccefTicc en cflcz t elles en
par
le traite
de
fes tî,"b!iu'cmens>& fans les Qu'ont
nos Colonies avec les Mes voifincs,
avec celles font les prin-
cipaux co:ifomn:atci:rs nes
comptant. î..° la fpcciiîaiion dcr.t nous par-
pour le Commerce Français, 'j'iù^uc fes re-
venus feront 3; payer
h
m
d'une Évidente toute l'injuilicc du
Commerce Français envers les Colonies, ainfi
que les faveurs
la France ne doit pas chercher à acquérir
des Colonies, patcc
qu'il ne lui' en faut pour occuper
merce; enfin, il démontre que
ment à $eau
dernier, du'il faut attribuer la ou
font encore nos Colonies de l'éclat donc
tenue de leue
profpe'rîtc'.
SECONDE PARTIE.
qui il pour te/
vôiisy ici li's & les eniits
ou s avons vu, dans la première Partie,-
des
mous avons prouvé
que ce
Içs lupiiorcs
d'une (imc
principes fur Iclquds on l'a ctabli je ilen^andc
3;
un peu
ceux qui feront d'uh avir contraire au mien,
ne pas me condamner (ans avoir lu mes
grand parce que mes idées font oppofecs
a ce qu'on appelle mal-à-propos l'opinion
publique, & que tel cft le fort de la vérité,
qu'elle ne peut qu'à la longue triompher des
préjugés niais je ferai heureux finies efforts
peuvent contribuer dans la fuite faire
en fait de Commerce, le préjugé la raifon
&
moyens de balancer leur Commerce Si fur-
tout icur Commerce Colonial, que dans la
rigueur des
font frites la. guerre que pour maintenir ou
accroître cettc balance en s'arrachent
mutuellement leurs pofleflions & en écartant
enfuite les Négocions de leurs rivales. Maiç|
nouveau fyftcme, conviennent de l.iiilcr.à
leur Commerce réciproque le droit d'acheter
& de vendre dans tomes leurs Colonies t
11 fe trouvera tout naturellement que lés
Négociant Français gagneront dans leurs
p
que ces derniers fcro:u dcJorn;r\.7gcs par leurs
1 recours des .bénéfices qu'auront fait leurs
rivaux dans l'aile r. ^'c(l ainfi que la
dut a des débouchés nou-
fes
caux-de-vic fes fa vons, f$s huiles, Tes.
r b?tiftes, fes toiles fines, quelques-uns de
en « que fon adivicc*
lui aj-ani mT«r*i des débouchés
noiubrciiRf our K°s ùenrées Coloniales, elle
en ia grande farcie. Son dé-
fnciué par Ui dcl^ouchcs que trouveront
enfin des prcdiis'is Ce es M;i«
La balance vu Conuncrce fera fans dou«
îc darr» fa>ci.c> des Au:
des
•produits Je
branche
(t),
«\ois poat les Ifles Anglïifcs
C
faîce par k
que le
objet de la plus
grande importance pour les Colonies feront
prefque eh entier fournies par cette Kation
• qualité Us Fran->
^aifes.
II
t'Jiiïç une conipenfhûoii jurtc éc egalo, piiiiïe
établir .un droit fur toutes les denrées qui
feront exportées de nos Colonies par les Ati-
-ils & ftirccllcs qu'ils y apporteront. L'An-
gleterre pourra établir le niér.ic droit, fut
fçs Colonies mais il faudra qu'elle les en
exempte pour ccllc's qu'ils en tireront le
droit, que nous avons fixé dans la premiers
J'artie de pouf cent nous par.'ît juile
proportionné aux rifqucs & aux frais aftueis
de la contrebande & propre a dédomma-
ger le Commerce Français de la concurrence
que ce f)llèmc lui donnera,
Malgré ce droit, qu'ondoit regardercominc
enonne, puifqu'il s'élfcvcra à ij pour cent.
piT an, û nous parvenons comme les An-
glais à faite tous' tes ans trois voyages aiu
concurrence fera fans douce
parce
que leurs vues feraient» d'avoir dans tomes
privilège entièrement ex-
un Gouvernement qui com-
de l'erreur où il a tic
long-tems de ne voir l'avantage de la Na-
tion que dans le monopole des priyilèges
exclufifs, fera récia*
mations de quelques particuliers qui fou-
tiennent s'il faut les croire, l'opulence du
Colonies; mais qui,
dans le fait n'en ont été jufqu'ici que les
oppreflTcurs. Nous avons fait voir dans la
première. Partie lés vexations qu'ils exer-
cent fur les Colonies: avant d'aller plusioin,
on nous permettra de nous arrêter un mo-
culiers avec le Royaume, afin de mieux
rcclamatioa«;
'qu'ils fondent toujours fur le bien public.
fans ceffe de
*$
C a
de la
que fa à leur opulence, &
réfléchir qu'ils font tout au plus en «France
licitant lçurs privilèges excluGfs ils
dent dans facrifie quatre-vingt-
En
droit naturel &
de
cher
meilleur marche poAîblc quels que foient les
Vendeurs Se les' Acheteurs à qui on a af-
faire.
.lieu de payer le drap 30 livres, nous ne
heu de ven»
̃ :c notre laine- 13 fois nous la vendrou;
j 5 j comment faire qui
été nf~
fez adroits pour tenir
poui lut per-
Tuadcr que l'intcrct de la Nation entière
ctait tju'il établit les loix prohibitives les
gers,
Nation ?
V
c/Cii règne clans
jours impofe à cet égard au Miniftcrc qui
a toujours juge des richefles de Ja Nation
8ç des bienfaits procures par le Commerce
d'après l'opulence qu'il voyait dans ces Villes
ricliilïaient non en inctiam à contribution
ces qui fe voyent fa-
trifiéés & réduites à la. misère pour foutcn.r
la. magnificence de ces Villes fnpcrbcs.
Qucî-s que foicntlcs fyfièmcs de politique
qu'on' imagine en fait de Commerce,
il de la ration ne doit cire con-
que comme le refusât des intérêt
privés; & fi ces dcrniers exigent la concur-
rence des Négocians
l'intcTêt général doit aufli l'exiger. Quelle idée
<.]iii ferait fondé fur lg léfion de chacun des
intérêts particuliers? Ce ferait à -peu-près
lliïiîotre de ce Marchand qui d tfait nriïj-c-
iju'U vendait, ntais qu'il fc dédommageait,
hjr lagrandcurdc fon débit. Kniîn les Néj^o-
t i.Tï'i &. les Manufacturiers doivent être coyfi-
derec, non comme un Corps particulier dans la
Nation, mais feulement comme le': Agcns
ou les Faveurs de la Nation (le
loix qui gênent
cette dernière dans le choix de ceux qu'elle
eue charger de fes affaires.
repafente, &. elles ne ceflent de répéter,
les
nous avons un go fit W cidc pouf toutes les
même quand
c'ki, feraient plus «.héros <k d'une qualité infé-
jiuurc. D';>bord cen'cll pas à des ManufaJU,-
r.cis à prétendre s'oppolcr aux goûts de la
Nation, ils doivent chercher, au contraire à
s'y conformer .& î imiter les ouvrages An-
glais, s'il crt vr-ii qu'ils nous conviennenc
j.îici!>: qi;c les leurs: u\j.'s d'ailleurs, croient-
ils que là prohibition foit iiii moyen d'etouf-
fcr notre prévention? & pcnfc;u-i's que les-
d'cinpcchcr la contrebande qui s'cmprclfo
avec prefqu'autant de fuctes que iî toiucs
les barrières étaient levées? Le vrai moyeu
de détruire notre penchant pour Ici objets
d'en paefai-
î*'
abondamment nos marches:
le diferédit, & en peut être
moins évalues
•qti'on pourra fc (es procurer avec plus de faci-
lite: dès ce moment, la prévention cédera,
& les Franç.ii* ainfrque les Anglais donne-
font tout naturellement la préférence «tu plus
beau, au meilleur Se au plus grand, marche»
L'indifférence de pour
la profpérité du Royaume. ( & en cela fon
opinion eft bien différente de celle du Com-
merce Anglais), cft aujourd'hui connue
& vivement fentic par tout le monde malgré
l'adrcfTc qu'il a toujours eue d'identifier l'ob-
jet de fes réclamations avec le bien public.
Son fyflêmc de monopole fur la Nation s'eft
manifefle fur-tout d'une manière bi;en évi-
la Chambre de Commerce, qui pafl'e pour
la plûs éclairce du monde ( Il). On avait fait
obfcrvcr à ccttcChambre, que la perfpcftive
du traité. fait avec l'Angleterre avait hâté
de quelques années laconclufion de la der-
mcre paix
(i)
Ci
fon imptobation au pôine
nul réel pour la France pu pour mieux
ou trois cents mille pour ne pa£ nuire atit
que: Manufacturiers.
la partie la plus confidcr.'tblc de la
z éclairée pour fcniirfes vrais'intérets; elle
s'apperçoit cnlîn, qu'elle a été facrifiéé juf-
qu'ici au monopole du Commerce & des
que ce n'cll qu: pour eu\
l'ont ccrafcc depuis deux Cèdes, k qui
loin de lui avoir été avantageufes comme
on voudrait le perfuader, n'ont fait mal-
rivalité qui exiflaient entre la
France & l'Angleterre. Le téms cfl: venu ou
{'on commence à femir toute la fupenorite
de l'Agriculture fur les Manufaftures & on
•jO
tite partie de la Nation: le tons venu
enfin où l'on va tourner vers -l'Agriculture
la plus grande partie des encouragemens que
l'erreur fait accorder dans
tous les tems aj.ix aux places
11 faut on ne fc lciiTcra pltis con-
duire) à cet egard parce. qu'on a long-tcms
appelle à Paris & dans nos places de Corn-
publique il cft évident que
celle de t]ucî<»tics ManufiKTiiricrs d .quel-
que1; rôtôblilieinriu d<l:
?O!x proîijt-lt:vcs ne fauroit avoir été dcnu<n--
dc'e, ni par îo prain" ni -par le
la véritr.bîc de
pnifcjii'il cft tiircAcnicnt oppoTc
̃'t.ïrs i»uçr«*ts; in?:is ik ont etc facrific's ici
i-ii'ici, foit domine CoiiTMininateurs Ioir
Foiifiii leurs parce que, comme rn
l'a vJc'ja trôs-Sien dit n'ayant pas envoyé de?
ils n'otïc influé en tien fur l'opinion <juVn
4r
enfin, que
faire tomber dans le
a donnée $ i'Agri:
ger çn offrant un emploi bien plus avan-
tageux aux capitaux, qui fe verfaient dan*
les
tance bien plus attires aux ouvriers qui
y
généralement que les produits de l'Agricu!-
iuc en i-'rance feront au moins doubles
loi -fcjVcHc fera au point où clic c(l
tolcuïcs fur des données exac-
tes ont étc évalues à plus de trois milliards;
par coiifcqiicp.t loraju'cljc fera portée au
accroiiïeinent de richeffe annuelle de plus
de trois milliards (0-Je demande ft toutes
les Manufa^ures prifes cmfemblc quel que
fuit. leur éclat pourront jamais donner la
(!) (Vef1. »!or$ oii'on pourra entrcpremire avec «ffoir dr
fuclcs le l'toju w m cclvbté & tant d«fivc j
i.1
perfpftive d'une telle opulence, fans compter
nières cft toujours très-précaire, tandi$ que
celle qui crt due à l'Agricuiiure cil de tous
l'inconllance &
Le traité de Commerce qu'on a ofc Con-
clure avec l'Angleterre pour favorifer cette
doit donc
ce. les mains fermes & éclairées
qui ont eu te courage de le figner 'il acte
fans doute funefte dans les premiers raomens
à nos Manufa^urcs; mais ce qu'elles ont pu
des ventes s'eft foutc/iue entre les deux
Nations, nic,mc dons les premières années do
ou la concurrence devait être le plus
redoutable pouf nous. Tes ciat» de la balance
qu'on a calcules avec fcrupule démontrent
quoiqu'en dife la Chambre dei commerce
de Normandie, ht vérité que nous avançons;
bénéfice en fiveur de la l'raricc quoiqu'il
y ail eu de notre paie la plus grande négli-
gence dans la perception ccs droits qui nous
ont été accordes fur les ouvrages Anglais,
êc qu'en Angleterre les douanes aient exerce
fur nos productions
tyrannie la plus cruelle. )En outre, te cours
du change prouve lui-même que la balance
du
aveuglément notre goût pour les ouvragés
n'avaient
pas encore pu adopter la manière de travailler
de leurs rivaux. Que fera-cc quand notre
prévention pour les objets qui viennent
d'Angleterre fera détruite par un effet roÊme
de excité?.
par une vive émulation, feront parvenus
mettre dans leurs ouvrages la
la foîidité que mettent les Anglais dans les
On me dira, fans doute, que le co^rs
du change eft un thermomètre Infidèle des
rapports commerciaux qui exiftent entre deux;
nations, & que mille caufes même écran*
gères au commerce, peuvent le faire baiffer
fans doute lune; snais on ne peut pas dif-
convenir qu« le cours du change ne foit un
des moyens les plus fûrs de reconnoître
la de deux nations, «5c
que celle en
ne foit dan; un'état'de
ifs premières années qui traite;
cet avantage ne s'eft fans doute pas fou tenu
depuis quelque tems; que cette
Solution dans
vu la que nous avons
la où nous nous trou-
culations courantes du
a occa-
ivont été
que celles des Artifans& des
fc
fes Arts & (on
ùves qu'elles ont établies 7 elles dans tous
Commerce:, d'abord dans
chofes, ces loix
bienfaits que la serre pu l'iudulhic accojr-
dédommager par des échanges, refpectifs
leur travail.
ne doi-
ij je & j'hyfiquct de l'une
d'elles la rendent trop .inférieure à l'autre
les
n; peuvent fc'rvir qiA ctouîîer réciproque-
lafioi.Soiiî ce point de vue, la France <S:
tort d'en établir
téger ion Commerce & fes
o.ic l'ctutfc en iutérelïç'c à encourager foi»
Agriculture* & en unifiant leur Com-
ment ces bicnlaits.
La France a eu principalement bien tort
car elle a toute l'intelligence, toutes les lu-
vent lui être nécclTaires pour
braver la concurrence de l'Angleterre Ca
outre Ca grande population les avantage*.
de [on fol &: l'cfpccc d'obje ts qu'elle ap-
Elle M'a qu|
de donner à Tes
on n'en peut plus douter» l'ctablinfement
d'une viv.c concurrence ce n'efl qu'en
privant nos Manufacturiers du monopole qu'ils
miers Foumiflcurs qu'on kî forcera de dé-
ployer toute leur indufîrie '& touie leur
leurs rivaux ce ne qu'en détruifant ainfî-
la certitude où ils font dans ce moment de
ïeurs concurrent & de perfectionner comme
eux leur fabrication. Les effets de çetec con-
currence commencent à -fe realifer dans
routes nos placés de Manufactures, fur- mue
de Commerce
fait avec l'Angleterre. On y a "déjà adopte
cation, fans nuire à la qualité des objets
cohuncnccinens, qui
nous mettent déjà dans le cas de braver
h concurrence dcs Anglais pour
marchandifes ouvrées, nom font efpeTcrquf
nous
Mirors alors fur eux toute ta que
nous affurent notre fol & notre population,
La b
avantages: car on entend
diie tous les jours à fes Négocians éclaires,
que û la France parvient « il meure dans fon
Commerce & dans fcs Manufaftures l'ac-
tivité, l'intelligence & l'économie, qu'y met
l'Angleterre les Anglais feront forces cie
lui céder tous les tributs que leur Com-
merce leur fait payer dans ce moment par
tout l'Univers (1)..
Têt cil le but auquel la Franco doi:
tendre tel cil aufli lé point
jarviendra, fi fou gouvernement ,• qui i'dr
terne aciucl ce qu'il maintienne
ïnvme qu'il rende plus vive
(t.) On dit tjue l'Ar.gleters ayant,, telatisînitnt à !*s
la toujouf» l'av^ncgc lur elle, fî or rc.
a'ir Ifjt Comi!>ci<<: comra m. Msît celte trli;i(î c.
parte que l'argent eft dsns Ic
Cc.sne'.cc h ehofe h mo!S néce/Ta^e ne tact <]u<
<î^i d.'iuéej ïiix
font les plus inïp'oluiqucs des
corder au talent & au mérité
époque cette
le Négo-
ciant Français la prime la plus
pouvait recevoir. Quel encouragement, ne
fera ce pas en effet pour le commerce
nhm une Nation qui n'c(l guidée que pat:
l'honneur & par te defif des dilliuclioiis, qi.c
/"es grands Ncgocians puilTenc prétendre aux
à l'avenir
ennoblir, au moment où ils pouvaient le
tant d'ctendic leurs FF C' c t 1-"t't 0 n- ils
vaient ouvrir' au Commerce de nouvelles
branches & à 1 Ktat de nouvelles1 fourecs le
proscrite. Le militaire, fans doute, défend
ru pjiùc, mais |n>
xerns viendra, du moins il cft
le rr.ilitaire na te ra: p'us .titiiê
que feules rendent
fera utile
lîC'rtt, combien il importe à la
pas violée dans fes
dont ils ont befoin. Nous avons vu eit rucnid
le; traité de Commerce qu'elle
à conclu avec 1'Ahglcrcrrc, Rivait été jfondc
il cet «gard, fur une politique très-rcflc'chifcf
qu'il lui avait cté déjà Se
que ta heureux effets ne pourront inan-»
quer d'aller en augmentant h inefo're que
nous parviendrons à imiter ou à furpalîfc^
même nos civàux niais ce traite fait
de nous donner efficacement l'cniulaçion de.
le génie Commercial dont nous avons bd-'
foin parce que ès avantages de notre fo!
l'aflivïté, &
io
balance entre les deux Nations. Ce ne fera
qu'en faifant jouir nos Colonies d'un traite
pareil qu'on fe procurera ce bienfait d'une
forcera notre Com-
fcs moyens mo-
effet ce n'tfl que
dans les rapports des Colonies
tropoles & non dans ceux
cnti'clles qu'cxiUcnt vrai génie
du Commerce il fera donc avantagcut
pour la France de conclure un traité pa-
reil pour fes Colonies même quand fa ri-
vale ne lui accorderoit pas les droits dont
été dans Ici premières
avec l'Angleterre niais le mal qu'on redoute
à ce fujet ne ferait-il pas aufli illufoire que
encore de ce dernier traité ? lît ne con-
total du Commerce ? Noiis
allons développer tes qîleftions.
D'abord le traité que nous propofons fcp
llonnera de nouveaux débouchés à pKi/îe'urS
tlonc à donner à nos Négocians
des objets qu'ils
Vendent aux Kles ôc pour la plus grande
partie de ceux qu'ils y achètent maisj il
cette concurrence même que la Nation
Françaîfe doit ofet établir dans fes Colo-
nies comme elle a ofc lo faire
Ce.
&
par
c'eft alorsque notre Commerce, prive de
certitude de trouver dans les Colonies fes
objets de retour à la Métropole, f«a force
de doubler d'aflivité & d'économie pouc
cafés au même prix
que les Anglais 6c pouf leur affurcr des de*
bouches en les livrant en Europe, au mimé
tefus qu'on fera de Tes Nègres & de fes
laifons, l'obligera d'e'tudier& de fuivre dans ce
genre de Commerce, la marche dçs Anglais}'

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