Contes d’appartenance

De
Six villes de la diaspora francophone – Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Ottawa, Montréal et Moncton – émergent sous la plume de ces conteurs de fin de siècle. Des contes qui ont en commun une curieuse étrangeté d’où s’élève pourtant une lueur d’espoir. En cela, seraient-ils à l’image, plus ou moins confortable, plus ou moins à l’étroit, des francophonies dont ils sont le témoin et le reflet ?
Des contes éclatants, crus, de Manon Beaudoin, Yvan Bienvenue, Herménégilde Chiasson, Jean Marc Dalpé, Patrick Leroux et Marc Prescott. L’empreinte de chaque auteur y est indéniable.
Publié le : mardi 29 mars 2011
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EAN13 : 9782894238349
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Contes d’appartenance
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Contes d’appartenance Édition préparée et préfacée par Patrick Leroux Manon Beaudoin Yvan Bienvenue Herménégilde Chiasson Patrick Leroux Jean Marc Dalpé Marc Prescott
Théâtre
Sudbury Prise de parole 1999
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Données de catalogage avant publication (Canada) Vedette principale au titre :
Contes d’appartenance
ISBN 2894231008
e I.Théâtre canadienfrançais — 20 siècle. I. Beaudoin, Manon, 1995 .
PS8307.C66 PQ3915.C66
1999 1999
En distribution au Québec :
C842’.5408
C999307592
Diffusion Prologue 1650, boul. LionelBertrand Boisbriand (QC) J7H 1N7 4504340306
Prise de parole se veut animatrice des arts littéraires en Ontario français; elle se met donc au service des créatrices et créateurs littéraires franco ontariens.
La maison d’édition bénéficie de l’appui du Conseil des Arts de l’Ontario, du Conseil des Arts du Canada, de Patrimoine Canada (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et de la Ville de Sudbury.
Photographies en page couverture : Jules Villemaire Conception de la couverture : Max Gray, Gray Universe
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Copyright © Ottawa, 1999 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (On) CANADA P3E 4R2
ISBN 2894231008 ISBN 9782894233313 (Numérique)
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Préface
Patrick Leroux
LesContes d’appartenanceont été inspirés du concept des Contes urbains tels que produits depuis quelques années à Montréal par le Théâtre Urbi et Orbi. Le concept a été repris à Ottawa par le Théâtre la Catapulte à l’hiver 1998 (l’édition outaouaise a d’ailleurs paru aux Éditions du Nordir) et a de puis fait l’objet d’une production au Théâtre du NouvelOnta rio à Sudbury, sous le titre deContes sudburoisconcept. Le est bien simple : on commande un conte chacun à plusieurs auteurs locaux. Le conte est ensuite livré par un comédien ou, encore mieux, par l’auteur. On se limite à quinze minutes, on évite les accessoires, exception faite pour la proverbiale chaise de bois du conteur. Le cadre de la présente édition des Contes urbainsétant leForum sur la situation des arts au Canada françaisavons donc commandé des contes, nous à six auteurs de la francophonie canadienne.Vous (re)dé couvrirez de nombreux milieux urbains dans lequel s’étend aujourd’hui la diaspora francophone au Canada :Vancouver, Edmonton,Winnipeg, Ottawa/Vanier, Montréal, Moncton. Cha que auteur y a décrit son chezsoi, les rues qu’on y arpente, les lieux qu’on y fréquente, les gens qu’on y rencontre...
Conter c’est prendre la parole, s’affirmer, s’afficher, prendre position. Si nous avons un jour pris la parole, c’était pour aus sitôt la troquer contre le stylo, puis ensuite contre le clavier,
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question de donner une légitimité à notre projet artistique, à notre communauté. Une communauté lettrée est une communauté qui a le droit de Cité, Lord Durham nous atil convaincu. Nos contes sont passés du salon à la scène au li vre.Après tout, il est difficile aujourd’hui de conter pardessus les vociférations du téléviseur.
LesContes d’appartenanceont permis à des auteurs et gens de théâtre du pays de reprendre la parole, de renouer avec l’oralité... Mais nous avons, admettonsle, triché. Le point de départ était le texte et non le conte. Nous avons com mandé des textes pour ensuite demander aux acteurs ou aux auteurs de « faire comme » les conteurs d’antan. Nous avons jouéau conteur. Je me suis rendu compte de la duperie sur scène, alors que je livrais mon texte et qu’il m’empêchait d’aller au bout de cet échange avec le public... Le texte s’avé rait nettement et curieusement insuffisant. Le souvenir de feu Camille Perron m’était on ne peut plus clair (je lui avais d’ailleurs dédié en secret la soirée). Pépère Cam, comme les conteurs avant lui, intériorisait le récit, il suivait une ligne directrice, veillant surtout à ce que chaque spectateur dans la salle le suive dans son aventure conteuse. Peuton conter de cette façon aujourd’hui, en cette fin de millénaire ? Sans dou te. Mais sans faire du folklore ? Nos cousins québécois Ferron et Beaulieu ont bu à la source folklorique pour ensuitelitté rariserle conte d’une voix tout à fait contemporaine.Yvan Bienvenue a fait de même pour les gens du milieu théâtral de Montréal, mais ses contes ont réussi à transcender ce public, attirant de plus en plus de gens à chaque édition.
Nous, nous écrivions pour un public tout aussi spécifique : des délégués venus d’une mer à l’autre pour discuter, échanger, faire des constats, dresser un bilan. Les délégués étaient impliqués dans leurs communautés : des leaders, des bénévoles assidus, des mordus de la culture; ils y étaient tous, sauf les jeunes. C’est justement un élément qui a désolé bien des gens de la communauté et qui m’a inspiré mon texte
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« Alain Lalonde, barbier ». Dommage qu’on ait donné comme épigraphe au forum le titre d’un film d’Herménégilde Chias son, « Toutes les photos finissent par se ressembler ». Or, ceux qui ont vu ce film savent qu’il s’agit du bilan des activités artistiques et revendicatrices du père, un bilan dressé pour sa fille qui aura à prendre le flambeau à sa façon. Elle peut apprendre du père tout en y mettant du sien, généreux acte de générativité de la part du cinéaste ! Le choix de l’épigra phe s’avérait d’autant plus douteux pour un forum auquel la relève n’avait pas été conviée (ne nous méprenons point : la relève est malgré tout articulée, suffit de lire, pour s’en convaincre, le dossier « Des jeunes aux commandes » dans le numéro 99 deLiaisonn’invente rien, ). Je Herménégilde Chiasson, luimême, aurait déploré l’absence de la relève à la conférence (propos d’ailleurs cités dansInfomag, été 1998).
La critique des siens est toujours une chose délicate. On peut critiquer l’ennemi, l’Autre, l’Anglais, l’Américain, mais pas ceux de notre communauté. Ou du moins, c’est ce que j’en déduis après les commentaires qui m’ont été prodigués à ce sujet. « Alain Lalonde, barbier » visait à être la contre partie d’un Forum où les gens se félicitaient et s’attablaient pour les grandes discussions, mais où ils oubliaient (ou ne se rendaient pas compte) que plusieurs créateurs de la jeune génération s’exilent par manque d’ouverture, de place ou par désillusionnement. Pourquoi ne pas inviter à la discussion ceux qui choisissent de rester, de contribuer, ceuxlà même qui ont besoin de se nourrir des histoires et des acquis de la génération précédente ? Comme pour un conte, les grands et les petits, les gentils et les tannants devraient tous se retrouver captifs devant le conteur; vivant une expérience commune, communale, communautaire. Ce sera peutêtre pour la prochaine fois...
Le conte traditionnel avait son TiJean, mais le conte urbain a son antihéros qui, lui, n’arrive pas toujours à duper le roi. Nos contes sont empreints d’invraisemblable tout comme
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l’étaient ceux de nos aïeux, à la différence que nous n’arri vons plus à mettre de l’ordre dans ce chaos de nos vies. L’ab surde l’emporte sur le vraisemblable.Au moins avonsnous le mérite de le reconnaître.Au moins avonsnous le mérite aussi de rêver malgré ce culdesac existentiel. Une lueur d’es poir se fait voir dans tous les contes qui suivent malgré leur intrigante « étrangeté ». Les auteurs trempent dans le mythe urbain, le surréel, l’ésotérique, évoquant parfois des images droites sorties d’un film de David Lynch, d’un poème de Poe ou d’un film policier de série B.Tantôt un ange descend du ciel afin de réconforter un pauvre type, tantôt un trou s’élargit dans le ventre d’un conteur aux prises avec la réalité des souvenirs et la réalité sensorielle, tantôt des jeunes plongent dans l’abîme du dé sespoir et ne voient qu’une seule issue, aussi terrible soitelle, tantôt le diable luimême descend sur terre (ou estce un de ses suppôts ?) afin d’alléger le mal de vivre... L’étrangeté même de ces contes urbains pancanadiens leur confère une certaine vérité plus que vraie. Il s’agit d’un condensé de la réalité; une réalité où ce n’est plus le roi qu’il faille duper, ni le dragon tuer. Le noir est parfois blanc tout comme le contraire est vrai aussi. Nous baignons dans le gris et nos histoires seules nous rappellent le caractère essentiel des couleurs.
Vanier, le 20 janvier 1999.
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