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DanièleSallenave
Conversations conjugales
PO.L 33,rueSaint-André-des-Arts,Paris6e
@P.O.Léditeur,1987 ISBN2-86744-094-7
www.pol-editeur.fr
Elle Lui Elle Lui Elle
Lui
Elle Lui
Elle
1
Alamaison,unsoirversneufheures.
Cequ'ilnousfaudraitmaintenant,c'estunchat. Pourquoi?Parcequenousn'avonspasd'enfant? Maisçan'arienàvoir. Tuparles. Beaucoupdegensontdeschatsetdeschiens,des enfantsetdeschats. railuquelquechoselà-dessus.Leschiensetles chats,leschatssurtout,serventàcompenserles déboiresqu'onadansl'éducationdesenfants.Ce sontdesenfantsquinegrandissentpas.Des enfantsquinediscutentpas.Desenfantsqui restentéternellementsoumis,éternellementdé-pendants.Parexemple,tiens,leronron. Leronron,comment,leronron? Ehbien,letypeexpliquequelechatsauvage,le chatenliberténeronronnejamais.Ilneronronne plusjamais,dèslorsqu'ilaquittésamère.Lechat domestiqueestunchatinfantilisé. Ecoute,jevaistedire,ceshistoiresdepsychana-lysedechat,jet'assure.(Untemps.)Ilsronronnent justeavantdemourir.Unvieuxchat,tuvois,un vieuxchatquines'intéresseplusàrien,quine
Lui
Elle
Lui Elle
Lui Elle
Lui
Elle
joueplus,quinefaitplusquemangeretdormir. Unjour,ilsemetsousuncanapé,sous une armoire,etilneveutplusensortir.Ilnemange plus,iln'ouvrepluslesyeux.Etilronronne,il ronronne.Jemesouviens,ilyenaeuunchezmes parents.Onafaitvenirlevétérinaire,iladit,iln'y aplusrienàfaire,c'estunsigne,unsigneclini-que.Lelendemain,oudeuxjoursaprès,lechat étaitmort.Jemesouviens,ilsentaittrèsmauvais. (Aprèsuntemps.)Ehbien,çapromet.(Unsilence.) Ettuyassongé,quandnouspartironsenvacan-ces?Etilferasesgriffesdanslesrideaux,ousur nosfauteuilsdevieuxcuir. Detoutefaçon,ilssontfichus.(Unmomentde silence.)Tuassansdouteraison.Maisici,cen'est pasunevraiemaison. Attendsunpeu,nousvenonsjusted'arriver. Non,tantqu'iln'yaurapasdechat,ceneserapas unevraiemaison. Tunevoudraispasaussiungrillondansl'âtre? (Calme.)IlyenaunchezOdette.L'autrejour,je l'aitrèsdistinctemententendudanslacuisine. Nousl'avonscherchépartout,maisnousne l'avonspastrouvé.Odettecroyaitquec'étaitun bruitdansleradiateur.(Untemps.)Maisc'estvrai. Dansunevraiemaison,ilyaunchat.Quise promène,quiasesparcours. Quipissepartout,oui,pourmarquersonterri-toire.Cequetuappellesunemaison,pourluitu n'imaginespascequec'est.Unlieusauvage,plein d'odeurs.Desodeursqu'ilaffectionne,quil'inspi-rent.Cellesdelapoubelle,celledulingesale.Et qu'ildéfendcontrelesincursionsdesautresen pissantauxquatrecoins.Régulièrement,quatre foisparjour,depeurqueleparfums'atténue. Cequetudécris,c'estlecomportementd'un