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Du même publieur


©2014–ISEdition
MarseileInnovation.37rueGuibal
1303MARSEILLE
www.is-edition.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-082-6
ISBN(Ebooks): 978-2-36845-083-3

Directiond'ouvrage: MarinaDiPauli
ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Ilustrationsdecouverture:
©DmitrijsBindemanis–Crop–JoshuaKahle

Colection«Asiclarow»
Directeur: HaraldBénoliel

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delapropriétéintelectuele.

SABINECHANTRAINE-CACHART

Corentin

et le grimoire de Natula

I– U TRAR NOP'OMBIT DR ETDELUMIÈRE

Depuisl’acel ,ed aesn iGdrdpaaoirt rpddeutt susdela
cheminéedelamaisondesCanivetétaitrestévide.Seulunvase
ancien garni de grandes fleurs en soie était venu combler
l’espace.Corentinavaitexplorélereborddelacheminéeety
avaitdécouvertcetintrus.Pourlui,ceteplaceétaitceledeson
ancêtreetnuln’avaitledroitdes’aproprierleslieux.Iln’était
pasrare,Martineayantledostourné,quelejeunegarçon
déplacelebouquetafindelaiserlechamplibreauvieiloncle
qui,selonlui,auraitainsipurevenirquandiledésirait.

Jean-Christopheavaitdéjàsurprissonfilsàplusieursreprises.
Corentindescendaitdeplusenplusfréquemmentausalon–et
ce,àn’importequeleheuredujouroudelanuit–pours’aseoir
faceàlacheminéeetsoupirerlonguement.Ilserendaitcompte
dumal-êtredel’enfantets’interogeaitsurlefondementdece
dernier.IlreparlaitfréquemmentduportraitdeGaspardetde
cetemalencontreuseétincelequil’avaitréduitencendres.

Corentinétaitsoucieux.Ilsedemandaits’ilauraitencorela
chancederetournerunjourauRoyaumedesOmbresousicet
incidentluienavaitdéfinitivementfermél’acès.Milequestions
l’asailaientetiln’ytrouvaitaucuneréponse.L’oncleGaspard
n’étaitpasréap eettil pm s ajreçuotn el egoruuv aen tra
extrêmementlong.

4

Ils’étaitexercéàmaintesreprisesafindenepasperdreses
enseignements,maisplusriennefonctionnait.Ilfalaitserendre
àl’évidence: toutétaitperdu.Ilétaitdenouveaudanslenoirle
plustotaletcelalerendaittrèstriste.

Joséphine arosruri eit,nl eva un mai , esinafx auvrlè
d’emmener son ami en promenade. D’humeur mausade,
Corentinn’avaitpasl’airdécidé.

– Mais que t’arive-t-il, ndpopls ausu ? oC uT m enér e
téléphone,tunemeparlesplusetquandjeviens,tum’ignores!
Que t’ai-je donc fait ? Explique-moi… De toute façon, je ne
partiraipasavantd’avoirobtenuuneréponseetjet’enprie,ne
meracontepasdesalades!

Corentin,cachéderièreseslunetesnoiresetunsourireforcé,
neditmot.

Ilfixaitinlasablementledesusdelacheminéeetseterait
dansunmutismeincompréhensible.Lajeunefileavaitdela
peineenvoyantsonconfidentdansuntelétat.Elealas’aseoir
prèsdeluietsemitàfixereleausilemurfaceàele.Soudain,
commeunéclair,eleeutunerévélation.

– J’ai compris! lança-t-eleravie.

– Qu’as-tu compris, Jo ? Tu ne peux pas lire dans mes pensées,
tunesaispas,réponditCorentintristement.

Cedernieroubliaitsansdoutequelajeunedemoiselele
connaisaitsurleboutdesdoigtsetques’ilsétaientamis,c’est
qu’ilsseconnaisaientparfaitement.

Joséphines’aprochadel’oreiledesonamietluimurmurale
prénomdeGaspard.

Corentinfrémitetlaisaéchaperunelarmeavantdela
prendreparlamainetdel’emmenerloindesoreilesindiscrètes.
À l’abri des regards, il lui confia ses angoisesetsesdoutes
concernantl’incident.Ilcraignaitfortdeneplusjamaisrevoirses

5

ancêtresetl’idéedeseretrouverànouveaudanslenoirtotal
l’efrayaitunpeu.Lajeunefileesayadeleréconfortertouten
l’aidantàchercherdessolutions.Avait-iltentélesmiroirs?Avait-
ilesayédeparleràlastatuedeNoéliepourluiexposerle
problème?Sesentait-ilcoupabledequelquechose?Ilsdevaient
explorertouteslespistesafinderenouerlelien,cefilinvisible
quiavaitétérompuparlefeu.Lesflammesseraient-elesdes
élémentsnéfastes,desennemisduRoyaumedesOmbres?

Ilsneseraientpastropdedeuxpourélucidercemystère.En
premierlieu,Joséphineinsistapourfairecomprendreàsonami
qu’ils’agisaitd’unsimpleacidentetqu’ilnedevaitpass’en
rendreresponsable.MêmeMonsieurCanivetn’yétaitpourrien.
La fatalité, le destin incontrôlable. Cependant, Corentin ne
pouvait s’empêcher depenser qu’ils’agisait deforces
extérieures,sansdoutehostilesauRoyaumedesOmbres.Il
s’interogeaitsurlaposibleexistenced’unsecondRoyaume
peuplé d’ondes négatives, un Royaume où les âmes des
méchantserrspee que rcpat neiare Seulit… iaamel sn enoen
Gaspardauraitpuluirépondre.

– Écoute, si rien ne fonctionne depuis la disparition du tableau
deGaspard,ilsufitpeut-êtrequ’onretrouveunportraitdelui
pourreprendrecontact,ditJoséphine.

– Bien sûr, j’y ai songé. Malheureusement, un portrait de
famile,çanesetrouvepassifacilement.Ilfaudraitquel’on
fouileunpeudanslespapiersdemonarière-grand-père…
Quandmafamileestvenues’instalerici,avantmanaisance,
mesparentsonttoutmisaugrenier.C’estmamèrequimel’adit
quandj’étaispetit.Ilparaîtqu’ilyavaitpleindevieuxpapiers.
C’estlàquenousdevonsd’abordchercherselonmoi.

– Et puis, même si je me souviens bien de la tête de Gaspard,
pournepasmetromperetausipournousaider,j’aiencorecele
quej’avaistrouvéesurinternetquandtuétaisdanslecoma.Mais
queva-t-ondireàtesparentspouraleraugrenier?

6

– Je m’en charge, ne t’en fais pas.

C’estlecœurpluslégerqueCorentindévalalegrandescalier,
suividesafidèleJoséphine.Danslehal,ilssaluèrentpolimentla
statuedeNoélie,luiprometantàvoixbasedelaretrouver
prochainement et lui demandant de paserlemesga eua
RoyaumedesOmbres.Ilsseraientbientôtderetour!

Danslacuisine,Martineesayaitunenouvelerecetede
bavaroisauxfraises.Undélicatparfumsucréémanaitdufour.La
jeunefemmefutagréablementsurprisederevoirsonfilsle
sourireauxlèvres.

– Quel plaisir, mon grand, de te voir sourire à nouveau!
DoisjeremercierJoséphine?

Unairmoqueursurlevisage,lejeunegarçonacquiesçadela
têteavantdeselanceràl’asautdugrenier.

– Tu vois maman, je vais mieux et Joséphine vient de me
proposerdeparticiperauvide-grenierquiauralieudansdeux
semainesdansnotrerue.

– Quelebonneidée!Notregrenierregorgesansdoutede
trésorsquetupouraisvendre.Malheureusement,jen’aipasle
tempsdem’enocuper,ceserapouruneprochainefois.

Joséphineneperdantpasdevuel’importancecapitaleque
revêtaitl’investigationdugrenierdesCanivet,eleproposade
s’enchargeravecCorentin.

Aprèsquelquesnégociationsetconcesions,commedetout
netoyereux-mêmes,deneriendérangeretdenepastropfaire
decase,lesdeuxenfantsseprécipitèrentàl’étage,aufonddu
couloir.Unetrape,forméededeuxbatantssommetouteasez
lourds,setrouvaitau-desusdeleurtête.Joséphineatrapaune
chaiseetygrimpaafindedéplierunpetitescalierquiles
emmèneraitsansdouteverscertainesclefsdeleurtrésor.Ele
eutbeaucoupdepeineàsouleverlapremièreportedebois,qui
devaitêtrerecouverted’unetonnedepousière.Corentin,resté

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aubasdesmarches,sursautalorsquecetedernièreretomba
lourdementsurleplancherpourlaiserlibreacèsàcetepièce
oubliée.Joséphine,asailieparunpetitnuagedepousière,se
mitàtouser.Cequ’eledécouvritl’émerveila.

– Jo, ça va ? Tu n’as rien dis-moi ?

– Non, ça va, ne bouge pas, je viens te chercher. C’est
surprenant!

Lejeunegarçondemandaàsonamiedeluidirelenombrede
marchesetnefutpassurprisd’entendresaréponse.Dix,ilyen
avaitdix.CenombreluirapelaitétrangementleRoyaumedes
Ombres.Qu’alaient-ilsdécouvrirenhautdesesmarches?Le
mystèrerestaitentier.

JoséphineacompagnaCorentindanssonascensionetl’instala
surunrocking-chairqu’eleavaitprislapeinededépousiérerun
peuavant.Eleluidécrivitalorsceteimmensepiècequidevait
bienavoirlataile,selonele,detoutelamaison.Ilyfaisaittrès
clair.Deuxgrandesfenêtresdetoitlaisaientpaserlesoleilqui
sereflétaitdansuntrèsgrandmiroirposéàmêmelesol.Surla
droite,onpouvaitremarquerunlittrèsancien,avecunesortede
baldaquin,recouvertd’unvieuxmatelasquin’avaitplusd’âge.
Par-desussetrouvaientdegrossacsdetoilecontenantsans
douted’anciensvêtements.Surlemurfaceàeuxétaient
acrochésdeschapeaux,l’unavecdesplumes,commeungrand
panacheblancdevenugrisaveclapousière,unsecondenpaile,
etbiend’autres,instaléslàcommeuneexposition.Prèsdujeune
garçontrônaitunemaleimmensedontcouverclebombélui
donnaitdesaluresdetrésordepirates.Eleétaitnoire.Sagrande
serureétaitobstruéeparungroscadenasrouiléparlesannées.
Laclefn’yétaitplus.Laretrouveraient-ils?Devraient-ilslefaire
sauteraurisqued’abîmercetrésorsansâge?

Joséphinepoursuivitsoninspectiondeslieux.Elesouflaitçà
etlàsurl’épaisecouchedepousièrequirecouvraittousles
objetsdelapièceàlarecherchedumoindreélémentleur

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permetantderetrouverl’acèsauRoyaumedesOmbres.Ele
trouvaplusieurscadresavecdesphotos,cequilafitsourire.

– Tiens, j’ai un portrait de tes grands-parents sous les yeux, ça
devaitêtreàleurmariage.Àbienyregarder,jetrouvequeton
grand-pèreGeorgesresemblebeaucoupàGaspard.

– C’est normal, c’est sonancêtre! répliquaCorentin,
impatientdedécouvrirdesindices.Ettun’asriend’autre?

Lajeunefileseremitàfouineràdroiteetàgauche.Quelques
bel du tresjoliment les poungeéd céroiane t tesleoid’s aiar
plafondmaisnegênaientnulementsonavancée.Aprèsquelques
trouvailtnréesep uei santes,Joséphines’arêtabrusquement
devantcequ’elepensaitêtreungrandcadrerecouvertd’une
toilejaunie.

– Co, j’ai trouvé un portrait ! Atends,jeregarde!Zut,ce
n’estpaslui.

Elevenaitdedécouvrir,sanslesavoir,unepiècedupuzle.

– Dis-moi vite qui est desus!Jeveuxsavoir,ilyapeutêtre
unindice…

– Tu parles! C’estleportraitd’unchefindienetdanslefond,
ilyaunlac,avecunvilagedetipisetdeschevaux,commeon
voitdansleswesterns.C’estmarant: tusavaisquetuavaisdes
ancêtresindiens?

Corentinéclataderireetselevapouresquiserquelquespasde
danseenimitantdeschantsindiens.

– Waouh ! Tu fais ça bien, tu es certain de ne pas avoir de
sangindien?ironisaJoséphineavantdesemetreàrireàson
tour.

– Peut-être, qui sait ? Tu m’imagines avec des plumes, en train
defaireladansedelapluieautourd’ungrandfeu?Avoueque
celateplairaitbiend’avoirunamindien! Hugh!

Lesdeuxjeunesgenspartirentdansunrêvepassiloindela
réalité.Ilsétaiententraindetoucherdudoigtunepiècecruciale

9

dupuzle.Peuaprès,ilsdécouvrirentuntasdevieuxpapiers,des
cartesetdesdesins.Apremment,unt ava pneiaaeb uocu
raportaveclanature.Ilétaitquestiondeteritoiresacquis,de
concesepr ,’draitlcsed eions, de justices en . ereCoinnt
comprenaitpasgrand-choseetdécidadelaiserceladecôtéafin
detrouveruneclefquileurpermetraitd’ouvrirlegrandcofre.
Déséqulibréeenmarchantsurunequeuedebilardquitraînait
surleplancher,Joséphineateritsurlecouvercledeleurtrésor.
Commeparmagie,lecadenascéda,leurofrantlaposiblité
d’asouvirenfinleurcuriosité.

– C’est bon, au cas où cela t’intéreserait,jen’airien.Enplus,
lamal fieunea nç jlateerla… tse vuo eleunpeuvexéeparcete
chute.

Ilss’asirenttousdeuxàmêmelesolavantdesortirlecontenu
etd’examinerletoutminutieusement.

Joséphinecommençapardéposerunpetitcofretdeboisdans
lesmainsdesonamienluidisantd’yalerdoucementafindene
prendreaucunrisque: personnenesavaitcequerenfermaitcete
petiteboîte.Corentinl’efleuradélicatementetpasasesdoigts
surlesreliefsqu’eleprésentait.Ilremarquaquedixpetites
pieresdetaileidentiquelacouvraient.Elesétaientplacéesde
façonrégulièreetformaientcommeuncaréàl’intérieurduquel
iltrouvaunesurfacelise.

– Jo, dis-moi ce qu’il y a là, s’il te plaît.

Lajeunefilesouflad’abordsurlaboîteafind’éliminerla
couchedepousièrequis’yétaitdéposée.Eledécouvritalors
avecstupeurlevisagedeGaspard,leregardéteintetqui
commençaitàdisparaître.Eleouvritlecofretetsemitàlireles
documentsqu’ilrenfermait.Ils’agisaitd’unesortedecarnetde
bordécritàlaplumeettrèsdificileàdéchifrer.Ensemble,ils
décidèrentdel’emmenerafindel’étudierd’unpeuplusprès.Ils
découvrirentensuiteunesortedeparcheminoùétaittracéletrès
grand arbre généalogique de la famileCanivet.Ilsétaient

10

fascinéspartouslesdétailsqu’ilcontenait.Onyretrouvaitles
noms,lesdatesdenaisance,lesdatesdemariage,lesdatesde
décèsainsiquedeslieux.

Dansunpetitcarnet,l’arière-grand-pèredeCorentinavait
consignédestasd’adresesdanslemondeentier.Certaines
comportaientdepetitesétoilesetétaientsoulignées.Celadevait
vouloir dire quelque chose. Un seul nom de famileyfiguraitet
étaitcommunàtouteslesadreses: CANIVET.

– Il faut qu’on recherche là-dedans ! La solution s’y trouve
certainement.Mets-ledecôté,Jo.Nousl’emporteronsavec
nous.Aubesoin,nouspouronsrevenir.

Celafaisaitmaintenantplusieursheuresquelesdeuxenfants
avaientinvestilegrenier,etMartines’inquiétaitunpeudenepas
lesvoirredescendre.Elelesapeladubasdel’escalieret,
n’ayantaucuneréponse,décidadeserendreàl’étagepourvoir
cequisepasait.

– Tout se pasecommevouslesouhaitez,lesenfants?
demanda-t-ele.Oh!jenemesouvenaisplusdecetepièce.
C’estvraiqu’eleestgrande!Jen’yavaispasremislespieds
depuis plus de quatorze ans ! Tous ces vieux trucs… Mais avec
unboncoupdebalaioud’aspirateur,çadevraitalermieux.
Qu’enpensez-vous?

MadameCanivet,quiaimaitgâterlesgensqu’eleaimait,
réservaitunesurpriseàsonfils.

– Demain, je devais repeindre les volets à l’extérieur de la
maison.Maisvucequ’annoncelamétéo,jevaisdevoirresterà
l’intérieur!Autantenprofiterpourremetrecetendroiten
ordre.Qu’enpensez-vouslesenfants?Vouspouriezenfaire
votrepiècesecrète…

CorentinetJoséphinenesavaientquerépondre,etl’idéedece
nouveaurepairelestentaitbien.

1

– OK, Maman, mais nous tenons à t’aider. On ne jeterien
avantdesavoircequec’est!Àtrois,nousseronspluseficaces
pourfaireletri.

Joséphineavaiteuletempsdemetredecôtétousleséléments
intéresantsqu’ilsavaienttrouvésjusque-là.Elelesdisimula
soussonpul ,eni edat sns pes svacoehedr na tcendedesMartre.
quifermaitlamarche,fitclaquerlelourdbatant,refermantainsi
l’acèsàlapièce.

– Je vais préparer le goûter et vous, alezvousdébarbouiler
unpeu: vousresemblezàdepetitsramoneurscouvertsdesuie!
Joséphine,tutrouverasunpeignoiracrochéaudosdelaporte
desal,nt nEifl h’ usae din. e ba ,xuev u xuep ute…uditab tsit E
paserlanuitici.Jeprévienstesparents?

Joséphineétaitravie.Enpasantlasoiréeetlanuitsurplace,ils
nepouraientqu’avancerdansleurpetiteenquête,eteleausi
étaitimpatientederetournerauRoyaumedesOmbres.Elese
précipitadanslachambredeCorentinafind’ydéposerles
quelques éléments trouvés et prit rapidement sa douche.
Corentinluisucédadanslasaledebainets’empresade
retrouversacomplicepourmetretoutàplat.

Ilsavaientàprésentàleurdispositionunlieubienàeux,une
piècemystérieuse.D’uncommunacord,ilslabaptisèrentla
«Saledesmystèresdutemps»…

Lasoirées’écoularapidementetlesdeuxenfantsseremirentà
discuterunepartiedelanuit.Joséphineavaitdépliésurletapis
delachambrel’arbregénéalogiquequ’ilsavaienttrouvéet
pasaitenrevuechaquenom.Corentinécoutaitatentivement
sonamie:

«Jean-LouisCanivet,filsd’ÉtienneetBlancheCanivet,né
en1650,décédéen1710.IlétaitmariéavecunecertaineAngèle
Lamy,ele-mêmenéeen1650etausdéeée nid cé1017»…

12

Lesnomss’enchaînaient,maisriendeconcretpouvantleur
venirenaide.Joséphineenétaitpratiquementàlafinquandele
découvritavecstupeurqueladatedudécèsdel’arière-grand-
père,ErnestCanivet,étaitrédigéedelamêmeécritureetsurtout
aveclamêmeencrequecelesutliséespourGaspard.Comment
était-ceposible?Plusétrangeencore,Jean-ChristopheCanivet
setrouvaitluiausisurcetarbre,ainsiqueMartineetlesenfants.

– Je ne comprends pas.’mcéah lI a y tunc rui qupe,là!
Commentest-cequel’encreutliséepourinscrirelesdatesde
naisanceetdedécèsdeteslointainsancêtrespeutêtrelamême
queceleemployéepourtonarière-grand-pèreettonpère?dit
Joséphineasezinquiète.

– Peut-être tout simplement que c’est mon père qui l’a fait,
cetarbregénéalogique.Jenevoispasd’autreexplication,Jo,
réponditCorentinensouriant.

– Tu as sans doute raison. radequi d anmemêM siad ejname
àtonpèredemain.Jetrouvecelacurieux.

Ilscontinuèrentleursrecherchesenexplorantlepetitcarnetoù
figuraienttouteslesadreses.Ilsaprirentainsiquelafamile
étaitdisperséedanslemondeentieretqueCorentinavait
d’innombrablescousinssurtouslescontinents.Lejeunegarçon
trouvaitcelaformidableets’imaginaitdéjàparcourirlemondeà
larecherchedesesracines.

Lanuitgagnaitduterainetlesdeuxenfants,tombantde
fatigue,glisèrentavecdélicedanslesbrasdeMorphée.Leur
sommeilfutdecourtedurée,Martineayantdécidéd’ataquer
songrandménageàl’aube.Elelesréveilaversseptheureset
leurservit,commeàsonhabitude,uncopieuxpetit-déjeuner.

«Biendormi?Unebelejournéepluvieusenousatend! Àmoi
balai,aspirateuretchifons!Nousalonsvousenfaireunpetit
bijou,decegrenier! »lança-t-eleauxdeuxpetitesmarmotes
quisetrouvaientfaceàele,lesyeuxencoreàmoitiéfermés.

13

Jean-Christophesavaitàquelpointsagentileépousepouvait
êtredynamiquedèsl’aube.Ilsesouvenaitdujouroùeleavait
décidé d’entreprendre le jardin… Une horeur!Elebougeait
danstouslessens,metaitlamusiqueàfondpoursedonnerdu
cœuràl’ouvrageet,sachantcequisepréparait,ilpréférapartir
au bureau afin d’y déposer un dostnegru rtneroC .e in lie
ratrapasurlepasdelaporte.

– Papa! Papa!

– Oui, fiston, que se pase-t-il?Voudrais-tuéchaperàta
mère?Tusais,jenepeuxpast’emmeneraujourd’hui.

– Non, je reste pour aider Maman et Joséphine, mais j’ai juste
unequestionàteposer.Aurais-tuunarbregénéalogiquedeta
famile?

MonsieurCanivetmarquauntempsd’arêtetréfléchitun
instant.

– Comment te dire ? Je suis architecte, c’est un fait, mais les
recherches–etenplusdustylegénéalogie–,j’aihoreurdeça.
Jesuisdésolémongrand,cen’estpasdansmescordes,jen’ai
jamaisfaitça.D’aileurs,c’estmarantquetumedemandesça,
caràtonâge,j’avaisposélamêmequestionàmonpèreetlui
nonplusnes’intéres desveux tu tuotiS .aç à ud t ais pa
renseignementssurlafamile,onchercherasurinternet.C’est
toutcequejepeuxteproposer.

– Ah, OK, ce n’est pas grave. Et le grenier qu’on a visité hier,
c’esttoiquiasmistoutesceschosesdedans?

– Oui, en partie. Les vieux meubles, des livres, des journaux,
desvieilesphotos,deschosesquiapartenaientàmongrand-
père,maisriendebienintéresant,crois-moi.

– Et la male?

– Une male?Quelemale?Jen’yaipasmisdemale;ele
devaitdéjàyêtre.Ah!oui,maintenantquetuenparles. uT
doissansdoutevouloirparlerdecegrandcofrequej’avaisvu.

14

Maisilétaitferméparuncadenasetjenesaispascequ’il
contient.Ildoitdater,tusais.Bienplusvieuxquemoietque
monpèreàmonavis.Jemesouviensquemongrand-pèrel’avait
déjàdepuislongtemps.Unhéritaged’unevieiletante,disait-il.
Que des papiers sans importance… Si tu retrouves la clef, il
t’apartient! Amusez-vousbienetàcesoir!

Joséphine, qui avait tendul’oreil, avetoutait tu éé oc
atentivement.Elen’enrevenaitpasetrepensaitàcesnomset
ces dates… Il devenait urgent de lever le voile sur ceteénigme.

Aprèsunetoiletesommaire,lesdeuxamisseprécipitèrent
dansleurnouveaurepaire.Ilsavaienthâtedemetrelamainsur
denouveauxéléments.Corentinavaitprévudesmasquesafinde
nepasrespirertropdepousièreetentenditunàJoséphine.Ce
dernierluiéchapaettombasuruntasdejournauxdontl’encre
paraisaitencorefraîche.Despas,quidevaientêtreceuxde
Martine,s’annoncèrentdanslecouloirmenantàlatrape.Puis,
plusrien.Lejeunegarçonapelasamèreetn’eutaucune
réponse.

Entre-temps,MadameCanivetavaitétéretenueparuncoup
detéléphone.Onluiannonçaitquelecolisqu’eleatendait
depuisquelquessemainesétaitdisponibleetqu’eledevaitpaser
leprendreauplustôt.Elealaprévenirlesenfantsdeson
absenceetpartitenvileavecTimothé.Lesjumelesétaientchez
leuramie.

«Jevouslaiselamaison.Jeseraideretourdansunepetite
heure.Sivouslesouhaitez,vouspouvezcommencersansmoi»,
cria-t-eledubasdel’escalier.

Ilsentendirentalorsclaquerlaported’entréeetlavoiture
démarer.Ilsétaientseuls.Denouveau,desbruitsdepasse
firententendresouslatrapedelaSaledesmystèresdutemps.

– Il y a quelqu’un ? interogeaCorentin.

15

Personnenerépondit.Voulantenavoirlecœurnet,Joséphine
descenditl’écheledemeunier.Rien.Eleremontaetdécidade
replierl’escalier,parsimpleprécaution.Corentinsemblaitfigé.Il
avaituneétrangelueursurlevisageetpasaitsesdoigtssousson
nez.

– Que fais-tu ? Que t’arive-t-il?

Lejeunegarçonnesouflaitmot.Iluitenditlamainafindelui
montrerl’encrequ’ilavaitsurlesdoigts.

– Qu’est-ce que c’est ? D’où vient ceteencre?Tuasécrit?

– Non justement, j’ai seulement pasélamainsurlespapiers
ducofre,répondit-ilfébrilement.

– Je commence à avoir peur, Co. C’est trop bizarecequise
paseici,ilfautabsolumentretrouverunportraitdeGaspardet
repartirauRoyaumedesOmbres.LeConseildoitsavoiretils
pourontnousexpliquer,ditJoséphinetoutetremblante.

– Tu as raison: ilfautqu’onretrouvel’acèsetpourcela,on
doittrouverunautreportraitdemongrand-oncle.Nerestons
pasici,j’étoufe,etj’ail’impresionquequelquechosesetrame
dansnotredos.Descendonsviteetalonsdansmachambre.

Lesdeuxenfantsregagnèrentrapidementlepremierétagedela
grandedemeureenprenantbiensoinderefermerderièreeuxla
Saledesmystèresdutemps.Ilss’enfermèrentets’instalèrent
calmementpourréfléchir.Corentinrepritenmainlepetitcarnet
etJoséphine,l’arbregénéalogique.Ilstrouvèrentégalementdans
lepetitcofretlejournaldebordquisemblaitavoirapartenuà
Gaspard lui-même. Il y relatait ses diférentsvoyages–le
Mexique, le Brésil, l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie, le Canada… Il
parlaitdesesdiférentesrencontresetd’unechoseimportante:
sesportraits.

– Écoute un peu ça : «Aujourd’hui,j’aiprislaposepourla
secondefois.Unartisteitalienaaceptédefairemonportraitetdepuis
quelquesjours,jemerendsdanssonatelierpourqu’ilpuisetravailer.

16

Peut-êtrequ’unjourquelqu’unconstruiraunemachinecapabledefaire
çatouteseuleetplusrapidement.Jepensequeceseraunbeaucadeau
pourmonépousebien-aimée,lajolieJuliene,etunsouvenirpourmes
enfantsetmadescendancequandjequiter f ia iaredeon mceaiirJ’…
fabriqueruncadreetjeleurofriraiàmonretourenFrance.».

–Maisilneparlequed’unportrait,etcedoitêtreceluiqu’on
avait… dit tristement Corentin.

Joséphine,quicontinuaitàfeuiletercedocument,repritsa
lecture.

– AtendsCo,jen’aipasfini! «NousdébarqueronsenGrècedans
quelquesheures.J’espèreytrouverunpeintrequiseracapabledecopier
montableauoudemefaireunautreportrait.J’airéfléchidepuisque
nousavonsquitéGènes: j’aienviequechacundemesenfantsaitun
portraitdeleurpère…».

– OK, il y aurait donc d’autres portraits de lui. Maintenant, il
nous faudrait savoir s’ils n’ont pas connu les mêmes
mésaventuresquelenôtre!Etilyaautrechosequenous
devons trouver : c’est le nombre d’enfants qu’avait notre
Gaspard.

Lesdeuxadolescentsétaientsurunepistetrèssérieuse.Ils
pouvaientàprésentaxerleursrecherchesverslesdescendants
directsdeGaspardetespérerqu’aumoinsuntableauaura
survécuautemps.

Joséphinedépliaànouveaul’arbregénéalogiqueetsemità
compter.

– Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept garçons. Et une, deux,
troisfiles!

– Dix enfants! QuelesantéceGaspard! ironisaCorentin.Tu
astouslesnoms?

– Oui! Gaston,Augustin,François,Charles,Michel,Danielet
Maurice,lesfils.Cécile,AstridetJuliepourlesdemoiseles.Là,
onvoitqu’iln’yaeuquecinqfilsdemariésetdeuxquisont

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mortsjeunes.Lestroisfilesausiétaientmariées.Tiens,c’est
marant,ilsonttouseudesgarçons:sixCanivet–Phlipe,
Christophe,André,Paul,Giles,Jean–,deuxGrément–Julienet
Marcel–,unPicardAnatoleetunFranquenouileBenoît.

– Et si on compte bien, ça fait encore dix ! remarqua
judicieusementCorentin.Maintenant,dis-moiquelsdescendants
sontencorevivants:nouschercheronsensuiteleuradreseafin
delescontacter.

Joséphinerepritsalectureetserenditviteàl’évidencequeles
recherchesseraientardues.Enefet,ilrestaitdixdescendantsde
l’oncleGaspardettoussetrouvaientauxquatrecoinsdumonde.

– Alors, raconte ! Ils sont dix, c’est ça ? interogeaCorentin
impatient.

Lajeunefile,perduedanssespensées,neréagitpas.

– Jo, dis-moi !

– Oui, ils sont bien dix, mais il y a des choses étranges…
Plusieursdatesdedécèssontentraind’aparaître,enrouge.Je
necomprendspas.C’estcommesionétaitentraindelesécrireà
l’instantmêmeoùjeteparle.Mais,commentt’expliquer?C’est
enfligrane,onnelesvoitpasvraiment.Atends.e oi lne-m Don
carnetaveclesadreses,s’ilteplaît.Ilfautquejeregardequelque
chose.’cseiu ,q eu tecpens je ais. O

Lejeunegarçonnesavaitcommentréagir.LeRoyaumedes
Ombresesayait-ildeleurenvoyerunmesagepourlesaider
dansleurquête?Ilfalaitfairelalumièresurcetehistoireetce,
leplusrapidementposible.Desdatescontinuaientdes’inscrire
aufildeleurconversation,maisunefoisqueJoséphinelesavait
lues,eless’efaçaient…

– Vite Co, vas sur l’ordinateur et note ! Laurent Goubet,
FranckLeterne,CédricTrinel,HervéMajor,AnnickLaganaet
AugustaMaleza.Jevaislesentourer;c’estverseuxquel’on

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doit se tourner, je pense. Leur nom s’efacepetitàpetit.Ilfaut
chercherdanscetedirection.Waouh,c’estquoiça?

Joséphine venait de voir le nom de MaurileCanivets’éclairer
subitement.Elen’encroyaitpassesyeux.Lesletreséclairaient
lachambreasombrieparl’épouvantableoragequigrondaitau-
dehors.Eleexpliquacequisepasaitàsonamialorsqu’unéclair
zébraitlecielintensément.Touslesélémentssemblaientse
déchaînerenmêmetemps.

Uneatmosphèrepesanteetpeurasuranteflotaitdansla
demeuredesCanivet.Corentinétaitperplexe.L’oncleMaurile,
illeconnaisait.Éricétaitactuelementchezlui,auCanada.
Qu’alait-ilsepaser?Était-ilendanger?Falait-illeprévenir?
Commentfaire?Personnenesavait.SeulsJoséphineetlui
avaientacèsauRoyaumedesOmbres.Lemystèrerestaitentier.

*
Lesjoursquisuivirentfurentchargésenémotion.Corentin
entreprit de contacter tout d’abord son frère pour obtenir
quelquesrenseignements.Ilétaitinstaléchezl’oncleMaurileet
latanteDorinadepuisquelquessemaines.QuandÉricreçut
l’apeldesonpetitfrère,ilfutàlafoissurprisettrèsheureux.
– Comment vas-tu, ma crapouile?Celamefaitplaisirde
t’entendre,tusais.Jepensaisjustementàtoihier.J’étaisavecdes
copainsd’icietl’und’euxmeparlaitdefraises.Jeluiaidoncdit
quej’avaisunpetitfrèrequiadoraitcuisineretnousfaisaitde
bonsgâteauxauxfraises!
– Tu lui as dit ausiquej’étaisaveugle?
Unangepasa.Ceblancdanslaconversationfitrapidement
comprendre à Corentin que si pour lui, ce n’était pas un
problèmedeparlerdesonhandicap,pourcertainsmembresde
safamile,celarestaitencoretabou.

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«Bref,jet’apelepourtedemanderquelquechose.Commetu
lesais,letableaudel’oncleGaspardaétédétruit.Depuis,surla
cheminée,çafaitunpeuvideetmamanadoraitcetableau.
J’aimeraibienenretrouverunpareil.Sais-tusil’oncleMaurile
enaunluiausi?Aufonddesongrenier,peut-être?»

Éricafirmaàsonjeunefrèrequedanslamaison,iln’avait
jamaisvulemoindreportraitdeGaspard,maisluipromitdese
renseigneretdeletenirinformé.

Quelquesjoursplustard,Joséphinereçutune-maild’Éricavec
unephoto.Ils’agisaitaparemmentd’untableauentreposé
danslacavedel’onclequébécois,maisquisetrouvaitdansun
étatavancédedécomposition.Onn’auraitsudires’ils’agisaitde
Gaspardoud’unautrepersonnage.Paraileurs,Maurilelui-
mêmenesavaitpasquiétaitcethomme.Ilavaithéritéce
tableaudesongrand-pèreetleportraitavaitmalheureusement
subilesoutragesdutemps.Corentinétaitdésespéré: jamaisilne
reveraitleRoyaumedesOmbres! Ilsesentaitdéjàcondamnéà
retrouverl’obscuritédanslaquelel’avaitplongésonterible
acident.IlsemitàpleurerdanslesbrasdeJoséphinequand
cele-cireçutunseconde-mail.

– Qu’y a-t-il ? demanda le jeune garçon.

– C’est encore ton frère. Il me dit qu’on lui a parlé d’une
certaineAugustaquiauraiteleausihéritéd’untableaucomme
celui-ci. Il cherche son nom de famile,maislamémoirede
Maurilesembleluifairequelquepeudéfaut.

Augusta Malezrarb s’l ems cs no danitésé atiatu’l ed n
généalogiqueetdontl’écriturecommençaitàs’efacer.Ilfalaità
toutprixremonterjusqu’àcetedamequidevaitêtreunmailon
importantdelachaîneàreconstituer.Sansperdreuninstant,
Joséphine chercha dans les adreses ducarnet.Maleco.
Malemeti. Maleza! L’adreseétaitsoulignée.

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« Augusta MalezioisNa, Piaadar ,aV 51. »lipoet-aiAvle
internet?Lesenfantsesayèrentderentrercesquelquesdonnées
dans le moteur de recherche. À leur grande surprise, cete
parentedesCanivetétaitconnueetavaitmêmeunsitequilui
étaitconsacré.Ilsdécouvrirentqu’eleétaitdanslamodeet
qu’eleavaitbâtiunvéritableempiresurlacôtesiclienne.Ele
vivaitdansunesortedepetitchâteausituénonloindela
frontièrefrançaise,prèsdeVintimile.Ilyavaitquelquesphotos
trèscoloréesdel’endroit,avecdenombreuxmimosasenfleurs.
– C’est superbe Co ! Cet endroit est magnifique ! Par contre,
jeneteracontepaslatêtedetagrand-tante!C’estunmélange
deGaspardetde…
Joséphineavaitenviederire,maisfutviteinterompuepar
l’arivéedeMartinequiétaitderetour.
– Vous savez les enfants, je crois qu’on va remetrelegrand
netoyageàunautrejour,sivouslevoulezbien.J’aireçuceque
j’atendaisetdecefait,j’aideschosesàrangerrapidementafin
detoutinstaler.
– Ce n’est pas un souci maman, le vide-grenier n’est que dans
deux semaines et nous avons toujours ma chambre… répondit
Corentin,quelquepeusoulagédenepasavoiràretournerdans
laSaledesmystèresdutemps.
MadameCanivetrepartitvaqueràsesocupationstandisque
lesdeuxjeunesamissepenchaientdeplusprèssurlatante
Augusta.
Joséphinesugéradeluienvoyerune-mailuiexpliquantqu’ils
étaientàlarecherched’unportraitdeGaspardpourl’ofrir.
Corentinselançaetluidictalecourier.
«ChèreMadameMaleza,
JemeprénommeCorentin,j’aiquatorzeansetjesuisnon-voyant.
Nousnenousconaisonspas,maisnoussommescependantdela
mêmefamile.Enefet,aprèsquelquesrecherches,j’aidécouvertque

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