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Corentin et le grimoire de Natula

De
213 pages

Depuis le malencontreux incident du portrait de son oncle Gaspard, Corentin était soucieux. Sans ce précieux sésame, aurait-il encore une chance de retourner un jour au Royaume des Ombres ?


À la recherche d'indices pouvant le mettre sur la piste d'un nouveau tableau, il découvre un petit carnet où sont consignées des adresses. Il prend alors contact avec une lointaine parente de la famille Canivet, qui, par chance, possède encore une peinture de son ancêtre...


Aidé par le Royaume des Ombres qui lui confie de nouveaux pouvoirs et une nouvelle mission, Corentin part donc à l'aventure au Canada sur la piste du peuple indien et de ses légendes enivrantes.


Le jeune garçon y croisera Kalua, qui lui demande son aide afin que son fils puisse enfin trouver la paix, et Natula, le gardien du grimoire aux prises avec le Royaume des Sombres.


Comment affrontera-t-il ces nouveaux problèmes ? Le mystère reste entier au sein des grands espaces verdoyants du Québec...

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©2014–ISEdition
MarseileInnovation.37rueGuibal
1303MARSEILLE
www.is-edition.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-082-6
ISBN(Ebooks): 978-2-36845-083-3

Directiond'ouvrage: MarinaDiPauli
ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Ilustrationsdecouverture:
©DmitrijsBindemanis–Crop–JoshuaKahle

Colection«Asiclarow»
Directeur: HaraldBénoliel

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delapropriétéintelectuele.

SABINECHANTRAINE-CACHART

Corentin

et le grimoire de Natula

I– U TRAR NOP'OMBIT DR ETDELUMIÈRE

Depuisl’acel ,ed aesn iGdrdpaaoirt rpddeutt susdela
cheminéedelamaisondesCanivetétaitrestévide.Seulunvase
ancien garni de grandes fleurs en soie était venu combler
l’espace.Corentinavaitexplorélereborddelacheminéeety
avaitdécouvertcetintrus.Pourlui,ceteplaceétaitceledeson
ancêtreetnuln’avaitledroitdes’aproprierleslieux.Iln’était
pasrare,Martineayantledostourné,quelejeunegarçon
déplacelebouquetafindelaiserlechamplibreauvieiloncle
qui,selonlui,auraitainsipurevenirquandiledésirait.

Jean-Christopheavaitdéjàsurprissonfilsàplusieursreprises.
Corentindescendaitdeplusenplusfréquemmentausalon–et
ce,àn’importequeleheuredujouroudelanuit–pours’aseoir
faceàlacheminéeetsoupirerlonguement.Ilserendaitcompte
dumal-êtredel’enfantets’interogeaitsurlefondementdece
dernier.IlreparlaitfréquemmentduportraitdeGaspardetde
cetemalencontreuseétincelequil’avaitréduitencendres.

Corentinétaitsoucieux.Ilsedemandaits’ilauraitencorela
chancederetournerunjourauRoyaumedesOmbresousicet
incidentluienavaitdéfinitivementfermél’acès.Milequestions
l’asailaientetiln’ytrouvaitaucuneréponse.L’oncleGaspard
n’étaitpasréap eettil pm s ajreçuotn el egoruuv aen tra
extrêmementlong.

4

Ils’étaitexercéàmaintesreprisesafindenepasperdreses
enseignements,maisplusriennefonctionnait.Ilfalaitserendre
àl’évidence: toutétaitperdu.Ilétaitdenouveaudanslenoirle
plustotaletcelalerendaittrèstriste.

Joséphine arosruri eit,nl eva un mai , esinafx auvrlè
d’emmener son ami en promenade. D’humeur mausade,
Corentinn’avaitpasl’airdécidé.

– Mais que t’arive-t-il, ndpopls ausu ? oC uT m enér e
téléphone,tunemeparlesplusetquandjeviens,tum’ignores!
Que t’ai-je donc fait ? Explique-moi… De toute façon, je ne
partiraipasavantd’avoirobtenuuneréponseetjet’enprie,ne
meracontepasdesalades!

Corentin,cachéderièreseslunetesnoiresetunsourireforcé,
neditmot.

Ilfixaitinlasablementledesusdelacheminéeetseterait
dansunmutismeincompréhensible.Lajeunefileavaitdela
peineenvoyantsonconfidentdansuntelétat.Elealas’aseoir
prèsdeluietsemitàfixereleausilemurfaceàele.Soudain,
commeunéclair,eleeutunerévélation.

– J’ai compris! lança-t-eleravie.

– Qu’as-tu compris, Jo ? Tu ne peux pas lire dans mes pensées,
tunesaispas,réponditCorentintristement.

Cedernieroubliaitsansdoutequelajeunedemoiselele
connaisaitsurleboutdesdoigtsetques’ilsétaientamis,c’est
qu’ilsseconnaisaientparfaitement.

Joséphines’aprochadel’oreiledesonamietluimurmurale
prénomdeGaspard.

Corentinfrémitetlaisaéchaperunelarmeavantdela
prendreparlamainetdel’emmenerloindesoreilesindiscrètes.
À l’abri des regards, il lui confia ses angoisesetsesdoutes
concernantl’incident.Ilcraignaitfortdeneplusjamaisrevoirses

5

ancêtresetl’idéedeseretrouverànouveaudanslenoirtotal
l’efrayaitunpeu.Lajeunefileesayadeleréconfortertouten
l’aidantàchercherdessolutions.Avait-iltentélesmiroirs?Avait-
ilesayédeparleràlastatuedeNoéliepourluiexposerle
problème?Sesentait-ilcoupabledequelquechose?Ilsdevaient
explorertouteslespistesafinderenouerlelien,cefilinvisible
quiavaitétérompuparlefeu.Lesflammesseraient-elesdes
élémentsnéfastes,desennemisduRoyaumedesOmbres?

Ilsneseraientpastropdedeuxpourélucidercemystère.En
premierlieu,Joséphineinsistapourfairecomprendreàsonami
qu’ils’agisaitd’unsimpleacidentetqu’ilnedevaitpass’en
rendreresponsable.MêmeMonsieurCanivetn’yétaitpourrien.
La fatalité, le destin incontrôlable. Cependant, Corentin ne
pouvait s’empêcher depenser qu’ils’agisait deforces
extérieures,sansdoutehostilesauRoyaumedesOmbres.Il
s’interogeaitsurlaposibleexistenced’unsecondRoyaume
peuplé d’ondes négatives, un Royaume où les âmes des
méchantserrspee que rcpat neiare Seulit… iaamel sn enoen
Gaspardauraitpuluirépondre.

– Écoute, si rien ne fonctionne depuis la disparition du tableau
deGaspard,ilsufitpeut-êtrequ’onretrouveunportraitdelui
pourreprendrecontact,ditJoséphine.

– Bien sûr, j’y ai songé. Malheureusement, un portrait de
famile,çanesetrouvepassifacilement.Ilfaudraitquel’on
fouileunpeudanslespapiersdemonarière-grand-père…
Quandmafamileestvenues’instalerici,avantmanaisance,
mesparentsonttoutmisaugrenier.C’estmamèrequimel’adit
quandj’étaispetit.Ilparaîtqu’ilyavaitpleindevieuxpapiers.
C’estlàquenousdevonsd’abordchercherselonmoi.

– Et puis, même si je me souviens bien de la tête de Gaspard,
pournepasmetromperetausipournousaider,j’aiencorecele
quej’avaistrouvéesurinternetquandtuétaisdanslecoma.Mais
queva-t-ondireàtesparentspouraleraugrenier?

6

– Je m’en charge, ne t’en fais pas.

C’estlecœurpluslégerqueCorentindévalalegrandescalier,
suividesafidèleJoséphine.Danslehal,ilssaluèrentpolimentla
statuedeNoélie,luiprometantàvoixbasedelaretrouver
prochainement et lui demandant de paserlemesga eua
RoyaumedesOmbres.Ilsseraientbientôtderetour!

Danslacuisine,Martineesayaitunenouvelerecetede
bavaroisauxfraises.Undélicatparfumsucréémanaitdufour.La
jeunefemmefutagréablementsurprisederevoirsonfilsle
sourireauxlèvres.

– Quel plaisir, mon grand, de te voir sourire à nouveau!
DoisjeremercierJoséphine?

Unairmoqueursurlevisage,lejeunegarçonacquiesçadela
têteavantdeselanceràl’asautdugrenier.

– Tu vois maman, je vais mieux et Joséphine vient de me
proposerdeparticiperauvide-grenierquiauralieudansdeux
semainesdansnotrerue.

– Quelebonneidée!Notregrenierregorgesansdoutede
trésorsquetupouraisvendre.Malheureusement,jen’aipasle
tempsdem’enocuper,ceserapouruneprochainefois.

Joséphineneperdantpasdevuel’importancecapitaleque
revêtaitl’investigationdugrenierdesCanivet,eleproposade
s’enchargeravecCorentin.

Aprèsquelquesnégociationsetconcesions,commedetout
netoyereux-mêmes,deneriendérangeretdenepastropfaire
decase,lesdeuxenfantsseprécipitèrentàl’étage,aufonddu
couloir.Unetrape,forméededeuxbatantssommetouteasez
lourds,setrouvaitau-desusdeleurtête.Joséphineatrapaune
chaiseetygrimpaafindedéplierunpetitescalierquiles
emmèneraitsansdouteverscertainesclefsdeleurtrésor.Ele
eutbeaucoupdepeineàsouleverlapremièreportedebois,qui
devaitêtrerecouverted’unetonnedepousière.Corentin,resté

7

aubasdesmarches,sursautalorsquecetedernièreretomba
lourdementsurleplancherpourlaiserlibreacèsàcetepièce
oubliée.Joséphine,asailieparunpetitnuagedepousière,se
mitàtouser.Cequ’eledécouvritl’émerveila.

– Jo, ça va ? Tu n’as rien dis-moi ?

– Non, ça va, ne bouge pas, je viens te chercher. C’est
surprenant!

Lejeunegarçondemandaàsonamiedeluidirelenombrede
marchesetnefutpassurprisd’entendresaréponse.Dix,ilyen
avaitdix.CenombreluirapelaitétrangementleRoyaumedes
Ombres.Qu’alaient-ilsdécouvrirenhautdesesmarches?Le
mystèrerestaitentier.

JoséphineacompagnaCorentindanssonascensionetl’instala
surunrocking-chairqu’eleavaitprislapeinededépousiérerun
peuavant.Eleluidécrivitalorsceteimmensepiècequidevait
bienavoirlataile,selonele,detoutelamaison.Ilyfaisaittrès
clair.Deuxgrandesfenêtresdetoitlaisaientpaserlesoleilqui
sereflétaitdansuntrèsgrandmiroirposéàmêmelesol.Surla
droite,onpouvaitremarquerunlittrèsancien,avecunesortede
baldaquin,recouvertd’unvieuxmatelasquin’avaitplusd’âge.
Par-desussetrouvaientdegrossacsdetoilecontenantsans
douted’anciensvêtements.Surlemurfaceàeuxétaient
acrochésdeschapeaux,l’unavecdesplumes,commeungrand
panacheblancdevenugrisaveclapousière,unsecondenpaile,
etbiend’autres,instaléslàcommeuneexposition.Prèsdujeune
garçontrônaitunemaleimmensedontcouverclebombélui
donnaitdesaluresdetrésordepirates.Eleétaitnoire.Sagrande
serureétaitobstruéeparungroscadenasrouiléparlesannées.
Laclefn’yétaitplus.Laretrouveraient-ils?Devraient-ilslefaire
sauteraurisqued’abîmercetrésorsansâge?

Joséphinepoursuivitsoninspectiondeslieux.Elesouflaitçà
etlàsurl’épaisecouchedepousièrequirecouvraittousles
objetsdelapièceàlarecherchedumoindreélémentleur

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permetantderetrouverl’acèsauRoyaumedesOmbres.Ele
trouvaplusieurscadresavecdesphotos,cequilafitsourire.

– Tiens, j’ai un portrait de tes grands-parents sous les yeux, ça
devaitêtreàleurmariage.Àbienyregarder,jetrouvequeton
grand-pèreGeorgesresemblebeaucoupàGaspard.

– C’est normal, c’est sonancêtre! répliquaCorentin,
impatientdedécouvrirdesindices.Ettun’asriend’autre?

Lajeunefileseremitàfouineràdroiteetàgauche.Quelques
bel du tresjoliment les poungeéd céroiane t tesleoid’s aiar
plafondmaisnegênaientnulementsonavancée.Aprèsquelques
trouvailtnréesep uei santes,Joséphines’arêtabrusquement
devantcequ’elepensaitêtreungrandcadrerecouvertd’une
toilejaunie.

– Co, j’ai trouvé un portrait ! Atends,jeregarde!Zut,ce
n’estpaslui.

Elevenaitdedécouvrir,sanslesavoir,unepiècedupuzle.

– Dis-moi vite qui est desus!Jeveuxsavoir,ilyapeutêtre
unindice…

– Tu parles! C’estleportraitd’unchefindienetdanslefond,
ilyaunlac,avecunvilagedetipisetdeschevaux,commeon
voitdansleswesterns.C’estmarant: tusavaisquetuavaisdes
ancêtresindiens?

Corentinéclataderireetselevapouresquiserquelquespasde
danseenimitantdeschantsindiens.

– Waouh ! Tu fais ça bien, tu es certain de ne pas avoir de
sangindien?ironisaJoséphineavantdesemetreàrireàson
tour.

– Peut-être, qui sait ? Tu m’imagines avec des plumes, en train
defaireladansedelapluieautourd’ungrandfeu?Avoueque
celateplairaitbiend’avoirunamindien! Hugh!

Lesdeuxjeunesgenspartirentdansunrêvepassiloindela
réalité.Ilsétaiententraindetoucherdudoigtunepiècecruciale

9

dupuzle.Peuaprès,ilsdécouvrirentuntasdevieuxpapiers,des
cartesetdesdesins.Apremment,unt ava pneiaaeb uocu
raportaveclanature.Ilétaitquestiondeteritoiresacquis,de
concesepr ,’draitlcsed eions, de justices en . ereCoinnt
comprenaitpasgrand-choseetdécidadelaiserceladecôtéafin
detrouveruneclefquileurpermetraitd’ouvrirlegrandcofre.
Déséqulibréeenmarchantsurunequeuedebilardquitraînait
surleplancher,Joséphineateritsurlecouvercledeleurtrésor.
Commeparmagie,lecadenascéda,leurofrantlaposiblité
d’asouvirenfinleurcuriosité.

– C’est bon, au cas où cela t’intéreserait,jen’airien.Enplus,
lamal fieunea nç jlateerla… tse vuo eleunpeuvexéeparcete
chute.

Ilss’asirenttousdeuxàmêmelesolavantdesortirlecontenu
etd’examinerletoutminutieusement.

Joséphinecommençapardéposerunpetitcofretdeboisdans
lesmainsdesonamienluidisantd’yalerdoucementafindene
prendreaucunrisque: personnenesavaitcequerenfermaitcete
petiteboîte.Corentinl’efleuradélicatementetpasasesdoigts
surlesreliefsqu’eleprésentait.Ilremarquaquedixpetites
pieresdetaileidentiquelacouvraient.Elesétaientplacéesde
façonrégulièreetformaientcommeuncaréàl’intérieurduquel
iltrouvaunesurfacelise.

– Jo, dis-moi ce qu’il y a là, s’il te plaît.

Lajeunefilesouflad’abordsurlaboîteafind’éliminerla
couchedepousièrequis’yétaitdéposée.Eledécouvritalors
avecstupeurlevisagedeGaspard,leregardéteintetqui
commençaitàdisparaître.Eleouvritlecofretetsemitàlireles
documentsqu’ilrenfermait.Ils’agisaitd’unesortedecarnetde
bordécritàlaplumeettrèsdificileàdéchifrer.Ensemble,ils
décidèrentdel’emmenerafindel’étudierd’unpeuplusprès.Ils
découvrirentensuiteunesortedeparcheminoùétaittracéletrès
grand arbre généalogique de la famileCanivet.Ilsétaient

10

fascinéspartouslesdétailsqu’ilcontenait.Onyretrouvaitles
noms,lesdatesdenaisance,lesdatesdemariage,lesdatesde
décèsainsiquedeslieux.

Dansunpetitcarnet,l’arière-grand-pèredeCorentinavait
consignédestasd’adresesdanslemondeentier.Certaines
comportaientdepetitesétoilesetétaientsoulignées.Celadevait
vouloir dire quelque chose. Un seul nom de famileyfiguraitet
étaitcommunàtouteslesadreses: CANIVET.

– Il faut qu’on recherche là-dedans ! La solution s’y trouve
certainement.Mets-ledecôté,Jo.Nousl’emporteronsavec
nous.Aubesoin,nouspouronsrevenir.

Celafaisaitmaintenantplusieursheuresquelesdeuxenfants
avaientinvestilegrenier,etMartines’inquiétaitunpeudenepas
lesvoirredescendre.Elelesapeladubasdel’escalieret,
n’ayantaucuneréponse,décidadeserendreàl’étagepourvoir
cequisepasait.

– Tout se pasecommevouslesouhaitez,lesenfants?
demanda-t-ele.Oh!jenemesouvenaisplusdecetepièce.
C’estvraiqu’eleestgrande!Jen’yavaispasremislespieds
depuis plus de quatorze ans ! Tous ces vieux trucs… Mais avec
unboncoupdebalaioud’aspirateur,çadevraitalermieux.
Qu’enpensez-vous?

MadameCanivet,quiaimaitgâterlesgensqu’eleaimait,
réservaitunesurpriseàsonfils.

– Demain, je devais repeindre les volets à l’extérieur de la
maison.Maisvucequ’annoncelamétéo,jevaisdevoirresterà
l’intérieur!Autantenprofiterpourremetrecetendroiten
ordre.Qu’enpensez-vouslesenfants?Vouspouriezenfaire
votrepiècesecrète…

CorentinetJoséphinenesavaientquerépondre,etl’idéedece
nouveaurepairelestentaitbien.

1

– OK, Maman, mais nous tenons à t’aider. On ne jeterien
avantdesavoircequec’est!Àtrois,nousseronspluseficaces
pourfaireletri.

Joséphineavaiteuletempsdemetredecôtétousleséléments
intéresantsqu’ilsavaienttrouvésjusque-là.Elelesdisimula
soussonpul ,eni edat sns pes svacoehedr na tcendedesMartre.
quifermaitlamarche,fitclaquerlelourdbatant,refermantainsi
l’acèsàlapièce.

– Je vais préparer le goûter et vous, alezvousdébarbouiler
unpeu: vousresemblezàdepetitsramoneurscouvertsdesuie!
Joséphine,tutrouverasunpeignoiracrochéaudosdelaporte
desal,nt nEifl h’ usae din. e ba ,xuev u xuep ute…uditab tsit E
paserlanuitici.Jeprévienstesparents?

Joséphineétaitravie.Enpasantlasoiréeetlanuitsurplace,ils
nepouraientqu’avancerdansleurpetiteenquête,eteleausi
étaitimpatientederetournerauRoyaumedesOmbres.Elese
précipitadanslachambredeCorentinafind’ydéposerles
quelques éléments trouvés et prit rapidement sa douche.
Corentinluisucédadanslasaledebainets’empresade
retrouversacomplicepourmetretoutàplat.

Ilsavaientàprésentàleurdispositionunlieubienàeux,une
piècemystérieuse.D’uncommunacord,ilslabaptisèrentla
«Saledesmystèresdutemps»…

Lasoirées’écoularapidementetlesdeuxenfantsseremirentà
discuterunepartiedelanuit.Joséphineavaitdépliésurletapis
delachambrel’arbregénéalogiquequ’ilsavaienttrouvéet
pasaitenrevuechaquenom.Corentinécoutaitatentivement
sonamie:

«Jean-LouisCanivet,filsd’ÉtienneetBlancheCanivet,né
en1650,décédéen1710.IlétaitmariéavecunecertaineAngèle
Lamy,ele-mêmenéeen1650etausdéeée nid cé1017»…

12

Lesnomss’enchaînaient,maisriendeconcretpouvantleur
venirenaide.Joséphineenétaitpratiquementàlafinquandele
découvritavecstupeurqueladatedudécèsdel’arière-grand-
père,ErnestCanivet,étaitrédigéedelamêmeécritureetsurtout
aveclamêmeencrequecelesutliséespourGaspard.Comment
était-ceposible?Plusétrangeencore,Jean-ChristopheCanivet
setrouvaitluiausisurcetarbre,ainsiqueMartineetlesenfants.

– Je ne comprends pas.’mcéah lI a y tunc rui qupe,là!
Commentest-cequel’encreutliséepourinscrirelesdatesde
naisanceetdedécèsdeteslointainsancêtrespeutêtrelamême
queceleemployéepourtonarière-grand-pèreettonpère?dit
Joséphineasezinquiète.

– Peut-être tout simplement que c’est mon père qui l’a fait,
cetarbregénéalogique.Jenevoispasd’autreexplication,Jo,
réponditCorentinensouriant.

– Tu as sans doute raison. radequi d anmemêM siad ejname
àtonpèredemain.Jetrouvecelacurieux.

Ilscontinuèrentleursrecherchesenexplorantlepetitcarnetoù
figuraienttouteslesadreses.Ilsaprirentainsiquelafamile
étaitdisperséedanslemondeentieretqueCorentinavait
d’innombrablescousinssurtouslescontinents.Lejeunegarçon
trouvaitcelaformidableets’imaginaitdéjàparcourirlemondeà
larecherchedesesracines.

Lanuitgagnaitduterainetlesdeuxenfants,tombantde
fatigue,glisèrentavecdélicedanslesbrasdeMorphée.Leur
sommeilfutdecourtedurée,Martineayantdécidéd’ataquer
songrandménageàl’aube.Elelesréveilaversseptheureset
leurservit,commeàsonhabitude,uncopieuxpetit-déjeuner.

«Biendormi?Unebelejournéepluvieusenousatend! Àmoi
balai,aspirateuretchifons!Nousalonsvousenfaireunpetit
bijou,decegrenier! »lança-t-eleauxdeuxpetitesmarmotes
quisetrouvaientfaceàele,lesyeuxencoreàmoitiéfermés.

13

Jean-Christophesavaitàquelpointsagentileépousepouvait
êtredynamiquedèsl’aube.Ilsesouvenaitdujouroùeleavait
décidé d’entreprendre le jardin… Une horeur!Elebougeait
danstouslessens,metaitlamusiqueàfondpoursedonnerdu
cœuràl’ouvrageet,sachantcequisepréparait,ilpréférapartir
au bureau afin d’y déposer un dostnegru rtneroC .e in lie
ratrapasurlepasdelaporte.

– Papa! Papa!

– Oui, fiston, que se pase-t-il?Voudrais-tuéchaperàta
mère?Tusais,jenepeuxpast’emmeneraujourd’hui.

– Non, je reste pour aider Maman et Joséphine, mais j’ai juste
unequestionàteposer.Aurais-tuunarbregénéalogiquedeta
famile?

MonsieurCanivetmarquauntempsd’arêtetréfléchitun
instant.

– Comment te dire ? Je suis architecte, c’est un fait, mais les
recherches–etenplusdustylegénéalogie–,j’aihoreurdeça.
Jesuisdésolémongrand,cen’estpasdansmescordes,jen’ai
jamaisfaitça.D’aileurs,c’estmarantquetumedemandesça,
caràtonâge,j’avaisposélamêmequestionàmonpèreetlui
nonplusnes’intéres desveux tu tuotiS .aç à ud t ais pa
renseignementssurlafamile,onchercherasurinternet.C’est
toutcequejepeuxteproposer.

– Ah, OK, ce n’est pas grave. Et le grenier qu’on a visité hier,
c’esttoiquiasmistoutesceschosesdedans?

– Oui, en partie. Les vieux meubles, des livres, des journaux,
desvieilesphotos,deschosesquiapartenaientàmongrand-
père,maisriendebienintéresant,crois-moi.

– Et la male?

– Une male?Quelemale?Jen’yaipasmisdemale;ele
devaitdéjàyêtre.Ah!oui,maintenantquetuenparles. uT
doissansdoutevouloirparlerdecegrandcofrequej’avaisvu.

14

Maisilétaitferméparuncadenasetjenesaispascequ’il
contient.Ildoitdater,tusais.Bienplusvieuxquemoietque
monpèreàmonavis.Jemesouviensquemongrand-pèrel’avait
déjàdepuislongtemps.Unhéritaged’unevieiletante,disait-il.
Que des papiers sans importance… Si tu retrouves la clef, il
t’apartient! Amusez-vousbienetàcesoir!

Joséphine, qui avait tendul’oreil, avetoutait tu éé oc
atentivement.Elen’enrevenaitpasetrepensaitàcesnomset
ces dates… Il devenait urgent de lever le voile sur ceteénigme.

Aprèsunetoiletesommaire,lesdeuxamisseprécipitèrent
dansleurnouveaurepaire.Ilsavaienthâtedemetrelamainsur
denouveauxéléments.Corentinavaitprévudesmasquesafinde
nepasrespirertropdepousièreetentenditunàJoséphine.Ce
dernierluiéchapaettombasuruntasdejournauxdontl’encre
paraisaitencorefraîche.Despas,quidevaientêtreceuxde
Martine,s’annoncèrentdanslecouloirmenantàlatrape.Puis,
plusrien.Lejeunegarçonapelasamèreetn’eutaucune
réponse.

Entre-temps,MadameCanivetavaitétéretenueparuncoup
detéléphone.Onluiannonçaitquelecolisqu’eleatendait
depuisquelquessemainesétaitdisponibleetqu’eledevaitpaser
leprendreauplustôt.Elealaprévenirlesenfantsdeson
absenceetpartitenvileavecTimothé.Lesjumelesétaientchez
leuramie.

«Jevouslaiselamaison.Jeseraideretourdansunepetite
heure.Sivouslesouhaitez,vouspouvezcommencersansmoi»,
cria-t-eledubasdel’escalier.

Ilsentendirentalorsclaquerlaported’entréeetlavoiture
démarer.Ilsétaientseuls.Denouveau,desbruitsdepasse
firententendresouslatrapedelaSaledesmystèresdutemps.

– Il y a quelqu’un ? interogeaCorentin.

15

Personnenerépondit.Voulantenavoirlecœurnet,Joséphine
descenditl’écheledemeunier.Rien.Eleremontaetdécidade
replierl’escalier,parsimpleprécaution.Corentinsemblaitfigé.Il
avaituneétrangelueursurlevisageetpasaitsesdoigtssousson
nez.

– Que fais-tu ? Que t’arive-t-il?

Lejeunegarçonnesouflaitmot.Iluitenditlamainafindelui
montrerl’encrequ’ilavaitsurlesdoigts.

– Qu’est-ce que c’est ? D’où vient ceteencre?Tuasécrit?

– Non justement, j’ai seulement pasélamainsurlespapiers
ducofre,répondit-ilfébrilement.

– Je commence à avoir peur, Co. C’est trop bizarecequise
paseici,ilfautabsolumentretrouverunportraitdeGaspardet
repartirauRoyaumedesOmbres.LeConseildoitsavoiretils
pourontnousexpliquer,ditJoséphinetoutetremblante.

– Tu as raison: ilfautqu’onretrouvel’acèsetpourcela,on
doittrouverunautreportraitdemongrand-oncle.Nerestons
pasici,j’étoufe,etj’ail’impresionquequelquechosesetrame
dansnotredos.Descendonsviteetalonsdansmachambre.

Lesdeuxenfantsregagnèrentrapidementlepremierétagedela
grandedemeureenprenantbiensoinderefermerderièreeuxla
Saledesmystèresdutemps.Ilss’enfermèrentets’instalèrent
calmementpourréfléchir.Corentinrepritenmainlepetitcarnet
etJoséphine,l’arbregénéalogique.Ilstrouvèrentégalementdans
lepetitcofretlejournaldebordquisemblaitavoirapartenuà
Gaspard lui-même. Il y relatait ses diférentsvoyages–le
Mexique, le Brésil, l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie, le Canada… Il
parlaitdesesdiférentesrencontresetd’unechoseimportante:
sesportraits.

– Écoute un peu ça : «Aujourd’hui,j’aiprislaposepourla
secondefois.Unartisteitalienaaceptédefairemonportraitetdepuis
quelquesjours,jemerendsdanssonatelierpourqu’ilpuisetravailer.

16

Peut-êtrequ’unjourquelqu’unconstruiraunemachinecapabledefaire
çatouteseuleetplusrapidement.Jepensequeceseraunbeaucadeau
pourmonépousebien-aimée,lajolieJuliene,etunsouvenirpourmes
enfantsetmadescendancequandjequiter f ia iaredeon mceaiirJ’…
fabriqueruncadreetjeleurofriraiàmonretourenFrance.».

–Maisilneparlequed’unportrait,etcedoitêtreceluiqu’on
avait… dit tristement Corentin.

Joséphine,quicontinuaitàfeuiletercedocument,repritsa
lecture.

– AtendsCo,jen’aipasfini! «NousdébarqueronsenGrècedans
quelquesheures.J’espèreytrouverunpeintrequiseracapabledecopier
montableauoudemefaireunautreportrait.J’airéfléchidepuisque
nousavonsquitéGènes: j’aienviequechacundemesenfantsaitun
portraitdeleurpère…».

– OK, il y aurait donc d’autres portraits de lui. Maintenant, il
nous faudrait savoir s’ils n’ont pas connu les mêmes
mésaventuresquelenôtre!Etilyaautrechosequenous
devons trouver : c’est le nombre d’enfants qu’avait notre
Gaspard.

Lesdeuxadolescentsétaientsurunepistetrèssérieuse.Ils
pouvaientàprésentaxerleursrecherchesverslesdescendants
directsdeGaspardetespérerqu’aumoinsuntableauaura
survécuautemps.

Joséphinedépliaànouveaul’arbregénéalogiqueetsemità
compter.

– Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept garçons. Et une, deux,
troisfiles!

– Dix enfants! QuelesantéceGaspard! ironisaCorentin.Tu
astouslesnoms?

– Oui! Gaston,Augustin,François,Charles,Michel,Danielet
Maurice,lesfils.Cécile,AstridetJuliepourlesdemoiseles.Là,
onvoitqu’iln’yaeuquecinqfilsdemariésetdeuxquisont

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mortsjeunes.Lestroisfilesausiétaientmariées.Tiens,c’est
marant,ilsonttouseudesgarçons:sixCanivet–Phlipe,
Christophe,André,Paul,Giles,Jean–,deuxGrément–Julienet
Marcel–,unPicardAnatoleetunFranquenouileBenoît.

– Et si on compte bien, ça fait encore dix ! remarqua
judicieusementCorentin.Maintenant,dis-moiquelsdescendants
sontencorevivants:nouschercheronsensuiteleuradreseafin
delescontacter.

Joséphinerepritsalectureetserenditviteàl’évidencequeles
recherchesseraientardues.Enefet,ilrestaitdixdescendantsde
l’oncleGaspardettoussetrouvaientauxquatrecoinsdumonde.

– Alors, raconte ! Ils sont dix, c’est ça ? interogeaCorentin
impatient.

Lajeunefile,perduedanssespensées,neréagitpas.

– Jo, dis-moi !

– Oui, ils sont bien dix, mais il y a des choses étranges…
Plusieursdatesdedécèssontentraind’aparaître,enrouge.Je
necomprendspas.C’estcommesionétaitentraindelesécrireà
l’instantmêmeoùjeteparle.Mais,commentt’expliquer?C’est
enfligrane,onnelesvoitpasvraiment.Atends.e oi lne-m Don
carnetaveclesadreses,s’ilteplaît.Ilfautquejeregardequelque
chose.’cseiu ,q eu tecpens je ais. O

Lejeunegarçonnesavaitcommentréagir.LeRoyaumedes
Ombresesayait-ildeleurenvoyerunmesagepourlesaider
dansleurquête?Ilfalaitfairelalumièresurcetehistoireetce,
leplusrapidementposible.Desdatescontinuaientdes’inscrire
aufildeleurconversation,maisunefoisqueJoséphinelesavait
lues,eless’efaçaient…

– Vite Co, vas sur l’ordinateur et note ! Laurent Goubet,
FranckLeterne,CédricTrinel,HervéMajor,AnnickLaganaet
AugustaMaleza.Jevaislesentourer;c’estverseuxquel’on

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doit se tourner, je pense. Leur nom s’efacepetitàpetit.Ilfaut
chercherdanscetedirection.Waouh,c’estquoiça?

Joséphine venait de voir le nom de MaurileCanivets’éclairer
subitement.Elen’encroyaitpassesyeux.Lesletreséclairaient
lachambreasombrieparl’épouvantableoragequigrondaitau-
dehors.Eleexpliquacequisepasaitàsonamialorsqu’unéclair
zébraitlecielintensément.Touslesélémentssemblaientse
déchaînerenmêmetemps.

Uneatmosphèrepesanteetpeurasuranteflotaitdansla
demeuredesCanivet.Corentinétaitperplexe.L’oncleMaurile,
illeconnaisait.Éricétaitactuelementchezlui,auCanada.
Qu’alait-ilsepaser?Était-ilendanger?Falait-illeprévenir?
Commentfaire?Personnenesavait.SeulsJoséphineetlui
avaientacèsauRoyaumedesOmbres.Lemystèrerestaitentier.

*
Lesjoursquisuivirentfurentchargésenémotion.Corentin
entreprit de contacter tout d’abord son frère pour obtenir
quelquesrenseignements.Ilétaitinstaléchezl’oncleMaurileet
latanteDorinadepuisquelquessemaines.QuandÉricreçut
l’apeldesonpetitfrère,ilfutàlafoissurprisettrèsheureux.
– Comment vas-tu, ma crapouile?Celamefaitplaisirde
t’entendre,tusais.Jepensaisjustementàtoihier.J’étaisavecdes
copainsd’icietl’und’euxmeparlaitdefraises.Jeluiaidoncdit
quej’avaisunpetitfrèrequiadoraitcuisineretnousfaisaitde
bonsgâteauxauxfraises!
– Tu lui as dit ausiquej’étaisaveugle?
Unangepasa.Ceblancdanslaconversationfitrapidement
comprendre à Corentin que si pour lui, ce n’était pas un
problèmedeparlerdesonhandicap,pourcertainsmembresde
safamile,celarestaitencoretabou.

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«Bref,jet’apelepourtedemanderquelquechose.Commetu
lesais,letableaudel’oncleGaspardaétédétruit.Depuis,surla
cheminée,çafaitunpeuvideetmamanadoraitcetableau.
J’aimeraibienenretrouverunpareil.Sais-tusil’oncleMaurile
enaunluiausi?Aufonddesongrenier,peut-être?»

Éricafirmaàsonjeunefrèrequedanslamaison,iln’avait
jamaisvulemoindreportraitdeGaspard,maisluipromitdese
renseigneretdeletenirinformé.

Quelquesjoursplustard,Joséphinereçutune-maild’Éricavec
unephoto.Ils’agisaitaparemmentd’untableauentreposé
danslacavedel’onclequébécois,maisquisetrouvaitdansun
étatavancédedécomposition.Onn’auraitsudires’ils’agisaitde
Gaspardoud’unautrepersonnage.Paraileurs,Maurilelui-
mêmenesavaitpasquiétaitcethomme.Ilavaithéritéce
tableaudesongrand-pèreetleportraitavaitmalheureusement
subilesoutragesdutemps.Corentinétaitdésespéré: jamaisilne
reveraitleRoyaumedesOmbres! Ilsesentaitdéjàcondamnéà
retrouverl’obscuritédanslaquelel’avaitplongésonterible
acident.IlsemitàpleurerdanslesbrasdeJoséphinequand
cele-cireçutunseconde-mail.

– Qu’y a-t-il ? demanda le jeune garçon.

– C’est encore ton frère. Il me dit qu’on lui a parlé d’une
certaineAugustaquiauraiteleausihéritéd’untableaucomme
celui-ci. Il cherche son nom de famile,maislamémoirede
Maurilesembleluifairequelquepeudéfaut.

Augusta Malezrarb s’l ems cs no danitésé atiatu’l ed n
généalogiqueetdontl’écriturecommençaitàs’efacer.Ilfalaità
toutprixremonterjusqu’àcetedamequidevaitêtreunmailon
importantdelachaîneàreconstituer.Sansperdreuninstant,
Joséphine chercha dans les adreses ducarnet.Maleco.
Malemeti. Maleza! L’adreseétaitsoulignée.

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« Augusta MalezioisNa, Piaadar ,aV 51. »lipoet-aiAvle
internet?Lesenfantsesayèrentderentrercesquelquesdonnées
dans le moteur de recherche. À leur grande surprise, cete
parentedesCanivetétaitconnueetavaitmêmeunsitequilui
étaitconsacré.Ilsdécouvrirentqu’eleétaitdanslamodeet
qu’eleavaitbâtiunvéritableempiresurlacôtesiclienne.Ele
vivaitdansunesortedepetitchâteausituénonloindela
frontièrefrançaise,prèsdeVintimile.Ilyavaitquelquesphotos
trèscoloréesdel’endroit,avecdenombreuxmimosasenfleurs.
– C’est superbe Co ! Cet endroit est magnifique ! Par contre,
jeneteracontepaslatêtedetagrand-tante!C’estunmélange
deGaspardetde…
Joséphineavaitenviederire,maisfutviteinterompuepar
l’arivéedeMartinequiétaitderetour.
– Vous savez les enfants, je crois qu’on va remetrelegrand
netoyageàunautrejour,sivouslevoulezbien.J’aireçuceque
j’atendaisetdecefait,j’aideschosesàrangerrapidementafin
detoutinstaler.
– Ce n’est pas un souci maman, le vide-grenier n’est que dans
deux semaines et nous avons toujours ma chambre… répondit
Corentin,quelquepeusoulagédenepasavoiràretournerdans
laSaledesmystèresdutemps.
MadameCanivetrepartitvaqueràsesocupationstandisque
lesdeuxjeunesamissepenchaientdeplusprèssurlatante
Augusta.
Joséphinesugéradeluienvoyerune-mailuiexpliquantqu’ils
étaientàlarecherched’unportraitdeGaspardpourl’ofrir.
Corentinselançaetluidictalecourier.
«ChèreMadameMaleza,
JemeprénommeCorentin,j’aiquatorzeansetjesuisnon-voyant.
Nousnenousconaisonspas,maisnoussommescependantdela
mêmefamile.Enefet,aprèsquelquesrecherches,j’aidécouvertque

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