Cas d'écoles

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On dit que pour apprendre bien, il faut laisser ses soucis aux grilles de l'école. Mais voilà, comme les escargots qui portent leur maison sur le dos, on transporte tous nos maux dans nos cartables, avec les livres et les cahiers. Ils sont devant moi. Ils se livrent, se délivrent ou se laissent deviner. Itinéraires au coeur de l'institution d'une maitresse, de filles, de garçons, de familles
Publié le : jeudi 1 août 2013
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342010374
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342010374
Nombre de pages : 148
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La Beluga, Mon Petit Éditeur, 2013 Les Morsures, in Recueil de nouvelles « Terre Inconnue », SaFéeÉditions, 2013 Lauréate du concours de Nouvelles-Samsung avecLa Chaleur de lAfrique, juin 2013
Béatrice Willaume-Couturier
CAS D’ÉCOLES
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0118837.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
La maîtresse
La formation Me voilà dans la Grande Maison. Non, pas dans la police, mais une autre bien grande maison ! Jy suis entrée avec fierté car le parcours est difficile. Du temps de mon arrière-grand-père, il y avait pénurie, alors il suffisait dun BEPC. Pour ma grand-mère, et longtemps après elle, le sésame fut le Bac, un concours et trois ou quatre années de formation en internat où on ne mélangeait pas les filles et les garçons. Seule-ment à lissue du cursus, pour le grand bal de la promo, il était bien connu quon tentait dapparier les couples. Ensemble, dans la Grande Maison, quelle splendeur ! Quel engagement en pers-pective ! Que dheures de travail à réfléchir de concert à ses objectifs, à préparer ses fiches, voire à innover ! Durant de nombreuses années, cette procédure (Bac, con-cours, école normale) fut de rigueur. Les promotions devinrent mixtes cependant et il y eut de moins en moins dinternat. Du temps de ma mère, laccès avait changé mais restait en-core simple dans son processus : avoir un DEUG, réussir un concours sur programme et ensuite, deux ans de formation. Les candidats sortaient titulaires dun nouveau diplôme, le DESI (diplôme détudes supérieures dinstituteur) dont aucun déten-teur a jamais vu la matérialisation sur un support quelconque. Cette formule ne dura guère, à peine quelques années. Les choses se compliquèrent très vite. Il fallait maintenant que les aspirants détiennent une Licence, de préférence dans un do-maine disciplinaire précis comme le français, lhistoire ou les
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mathématiques. Les philosophes, psychologues, sociologues, ethnologues, anthropologues et même les licenciés en Sciences de lÉducation (un comble !) nétaient pas vus spécialement dun bon il. Ce nouveau choix a entraîné mécaniquement le paradoxe suivant : la baisse du vivier interne susceptible de de-venir psychologue dans lInstitution. La Grande Maison exigeait en effet pour cette fonction une double compétence : avoir fait ses preuves (concours) et ses années (cinq puis trois au mini-mum) en tant que pédagogue, puis accéder sur dossier, et si Monsieur son Inspecteur le soutenait, à une formation spéciali-sée dun an dans lun des cinq centres en France. Il fallait au préalable tout de même détenir une Licence de Psychologie. Là, je vous parle de la mouture actuelle. Il fut un temps où les insti-tuteurs neffectuaient que quelques stages et cours en fac de psycho pour être qualifiés plus tard de psychologues scolaires ! Cette belle époque datait davant la création du Code de Déon-tologie des Psychologues en 1985 et elle a permis à la Grande Maison des nominations pour le moins discutables ! Bon, je reprends le fil de mon propos après cette digression. Dimportance, tout de même ! Maintenant que les aspirants étaient devenus des universitai-res, les Écoles Normales devinrent des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres. Le cursus resta de deux ans, mais le vrai concours dentrée était casé au milieu de ces deux ans, si bien que laspirant passait sa première année à bachoter plutôt quà explorer les facettes nombreuses et complexes de son futur métier. En somme, plus le niveau de recrutement montait, plus la formation pratique diminuait ! Actuellement, on recrute à la Maîtrise, une Maîtrise spécifi-que cependant, et exit les IUFM. Je nai pas trop suivi cette affaire-là, javais bien assez des miennes. Jai fait partie du lot avec « le concours au milieu ». Bien que licenciée, jai subi comme les autres les infantilisations de nos
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