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Citoyenne du monde

De
324 pages
Née à Sao Paulo en 1950, elle passe son enfance en Amazonie, élevée par un père un peu bohème, séducteur impénitent, unique médecin de la région, Denise grandit avec son frère aîné au milieu des enfants indigènes dans une atmosphère de rêve, à Maués entre rivière, ville et jungle, légendes et superstitions. Une vie paradisiaque qui l’aide à oublier les maltraitances de sa belle-mère. Lorsque leur vraie mère retrouvera leur trace, la guerre paternelle reprendra de plus belle, mais n’empêchera pas Denise de se marier la première fois à dix-neuf ans. Longtemps prisonnière des hommes – son père, son frère, ses amants – elle finira par trouver son indépendance par un travail acharné et sa paix spirituelle dans ses voyages et en découvrant l’Europe. Denise Loureiro nous donne une belle leçon de vie: face à l’adversité, elle ne se laisse jamais abattre et pour elle "demain est toujours un autre jour". Entre chronique familiale et étude de mœurs, Citoyenne du monde brosse un portrait intéressant de la société brésilienne. Un récit initiatique pétri de nostalgie et d’émotion qui vient prouver que rien n’est écrit, tout reste à vivre.
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 IDDN.FR.010.0116053.000.R.P.2011.030.31500 
et ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2011
   
 
À mes deux fils, Adriano et Christhiano, et spécialement à Edouard Della Santa, mon mari.
   
Chapitre I Mes racines
   Ce n’est que récemment que j’ai réalisé combien il est vain d’essayer de ressusciter le passé. Ce qui est mort n’est plus… et il faut toujours aller de l’avant. Ce serait magnifique s’il était possible de revenir en arrière, de re-construire ce qui avait été détruit, de retrouver les temps anciens. Mais lorsqu’une fleur meurt, rien ne peut la res-susciter… On peut tout au plus la presser dans un livre et la sécher… mais elle devient fragile, elle perd sa couleur, sa vie s’en est allée ! Le passé est révolu… C’est pourquoi l’on doit vivre intensément le présent… Quant au futur il appartient à Dieu ! Ce livre contient toutes les « fleurs séchées » de mon enfance, de mon adolescence, de ma jeunesse… et de ma vie, auxquelles j’ai essayé de rendre un peu de couleur et leur donner un peu de vie ! Mais quand même, « se souvenir c’est vivre deux fois »…  La personne qui eut la plus grande influence sur moi au cours de mon existence fut incontestablement mon père, qui fut… aussi la seule mère que j’aie connue. Il n’a ja-mais été pour moi une idole mais j’ai toujours cherché à l’associer aux choses de ma vie quotidienne. Je l’ai tou-jours admiré pour sa façon d’être, pour sa gaieté, sa joie de vivre. Il a beaucoup aimé l’amour, la vie de bohème et il se moquait des convenances, vivant à sa guise.
 
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Il était le fils d’une métisse indienne (unecabocla) et d’un père descendant d’Italiens, émigrés au Brésil. L’un d’eux, âgé de 17 ans (Francisco Scardini), mon futur ar-rière-grand-père, apportait comme seuls biens un orgue de Barbarie accompagné d’un petit singe nommé « La Ursu-la ». Il devait s’enfuir d’Italie pour sauver sa peau, car il était le fils bâtard d’un noble italien. Mon grand-père paternel vivait dans l’aisance, il possé-dait deux maisons de commerce spécialisées dans la confection de vêtements féminins, situées dans une des rues principales de Salvador, la capitale de l’État de Bahia, au Brésil. Mon père avait un tempérament impulsif et après de nombreuses altercations avec son père, il quitta la maison paternelle à l’âge de 18 ans, pour vivre une grande passion avec une femme de dix ans son aînée. Elle était superbe, blonde, de type germanique, un peu plus grande que lui. En effet, mon père était un homme de taille moyenne mais était joli garçon et très sensuel. Il termina ses études de médecine dans les bras de cette femme qui lui donna sa première fille, blonde aux yeux verts, comme sa mère. Toutefois ses relations avec cette femme, séparée de son mari et qui avait déjà deux enfants, ne durèrent pas très longtemps. La fillette née de cette union fut confiée, encore petite, à la maman du jeune médecin… qui par la suite devait devenir ma grand-mère paternelle. Quant à mon père, pendant la deuxième guerre mon-diale il fut réserviste en tant que lieutenant-médecin. Il était surtout connu, à l’époque, comme lieutenant-séducteur : de nombreuses jeunes filles à Salvador soupi-raient pour lui. Des femmes mariées aussi, d’ailleurs, telle cette Dolorès, à qui il fit un enfant, femme d’un certain Tomix, (qui n’en a rien su, heureusement) employé à la préfecture et qui habitait la fameuse rue Ramos de Quei-roz. Enfin il était aussi connu pour être le meilleur danseur de tango et de boléro du Cabaret Tabaris !
 
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