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Contretemps

De
83 pages
Dans sa maison monumentale, comme un bilan, Julien Ravi possède et collectionne tout ce qui est fait pour émouvoir : tableaux, livres, bijoux. Et c’est là qu’il avait tenté d’enfermer son véritable trésor : sa femme. Elle est encore incontestablement jolie. Elle a dix ans de moins que lui et a su se sortir de la vie confinée qu’il lui offrait. Dans les premiers temps, les enfants arrivaient presque chaque année jusqu’au cinquième, la gardant à la maison. Puis pour la distraire, il quitta ses affaires pour prendre avec elle un mois de vacances par an. Il lui offrait encore des parures et des bijoux. Tout ce qui aurait pu calmer ses frustrations parachevait ses murs, remplissait ses tiroirs et ses bibliothèques pour montrer des indices de complicité, marquer le temps de perspectives rares.
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Contretemps
Hello
AUTOBIOGRAPHIE/MÉMOIRES(FICTION)« Il est dix heures du matin à Frède… » Frède
est une ville, et une réserve animale qui abrite des no-
tables au centre, et des employés à la périphérie de ses
artères. Le monde qui l’inscrit reste cependant dans
une dimension impalpable aux gens comme moi. En
effet,ladensitédesêtresetdeschosesquiyévoluentest
si légère qu’il faudrait connaître un soleil aux lumières
pluslentespourvoir;ouvrirsesoreillesauxplushautes
fréquencespourentendre,cependantqueceuxquiha-
bitent cet univers nous connaissent et nous voient. Ils
ontévoluésavecnoussurlaterre,etleurscodesetcom-
portements ressemblent par bien des traits à ceux de
notre partie du monde. Peut-être même ont-ils ins-
pirés notre évolution. Ainsi, les valeurs en jeu dans sa
description sont identifiables.
Le hasard et la technologie du scanner aidant,
nous avons pu découvrir et lire leur langage, qui est
une forme d’anglais presque banal. Ce monde a une
histoire et un cours dont nous ne connaissons qu’une
infime partie au travers du journal d’un des êtres de
cettedimensionnéen1941àFrède,(évaluéàLondres)
nommé Julien Ravi. Les comportements décrits ont
tant de similitudes avec la nature humaine dans ce
qu’elle a de probable, que nous pourrions appeler
humains ces êtres invisibles.
La découverte du cahier qui m’a permis d’écrire
ces pages est autant surprenante que drôle. Il était
contenu dans une valise abandonnée de l’aéroport de
Londres. A cette époque, il y a deux ans de cela, une
vagues d’alertes à la bombe avait entraîné l’analyse sys-
tématique de tous lescoliset bagagessanspropriétaire.
La tension était telle dans les lieux publics que plutôt
d’ouvrir simplement les paquets et risquer de blesser
quelqu’un, on les passait d’abord dans des détecteurs.
MonsieurConway,defactionàlasécuritédel’aéroport
ce jour-là découvrit donc sur l’écran de sa radio de
contrôle une forme qu’il ne retrouvait pas à l’œil nu
7Contretemps
dans la valise ouverte. Et il aurait pu passer outre et
ne plus jamais penser à l’incompréhensible décou-
verte, puisqu’elle était inerte, s’il n’avait eu pour tante
misses Bunn, chercheuse déléguée au centre d’analyses
archéologique de Londres. En entendant le récit de
sonneveu, elle se chargeade la valisevide et constata la
forme au travers d’un scanner plus récent, et identifia
unesortedecahierimpalpable. Ellecherchaunmoyen
d’éprouver son contenu en tournant les pages, et me
contacta finalement. Il est vrai qu’à l’époque, je tra-
vaillais à compacter les particules et poussières de l’air
afin de produire des briquettes d’énergie. Si bien que
LisaBunnpensaàmoipourdensifierl’objetinvisible.
Jemisquelquestempsàcomprendrequ’ilsuffisait
deprécipiterlespagesparprojectiondeselsdecalcium
activés à l’électrome sous l’effet d’une température de
deux cent et quelques degrés. Le cahier se figea alors
par couches séparées en révélant des strates blanches à
l’œilnu. Cependant, au traversdes rayonsx, desnotes
et des dessins se firent jour. Si bien que nous savons
aujourd’huiquenousvivonsavec,pendantetparmides
êtres qui évoluent, vivent et se déplacent comme nous.
J’ai formalisé le contenu du journal de monsieur Ravi
de façon à le rendre plus clair. En effet, les jours et
les heures rythment l’écriture du journal, mais le sens
général se découvre au fur et à mesure. Il nous donne
uneidéecommeuneperceptionassezprécisedecequi
compose sa vieetdesonmonde. Quiest là.
« Il est dix heures du matin à Frède. Au centre
de Frède, desbâtisses monumentales et isolées les unes
des autres s’organisent autour d’un forum. Les édi-
ficesparfaitementsymétriquesdivergentdepuislacour
carrée qui abrite le temple gentique de Dundee, l’im-
mense musée de Morricone, le palais de postiche et la
facultédulivre. Laceintureextérieureapourtoutere-
lationaveclecentreleslignesdetramwayquiparcourent
8