De bonne famille

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Marie, une jeune femme "de bonne famille" mène une vie à la dérive jusqu'au jour où elle atterrit dans un centre de soin. Elle arrête l'alcool, les drogues et ses petits voyages "à l'ouest". Elle essaye la vie autrement. Elle écrit "De bonne famille", un roman pour essayer de comprendre comment elle est devenue cette Marie (Chantal?) couche-toi là. Il s'agit d'une "autobiographie anonyme", un livre où tout est aussi vrai que l'auteure est capable de voir, sauf qu'on ne sait pas qui elle est, parce qu'elle se dit qu'elle a bien le droit de parler d'elle, mais pas forcément de nommer tous les autres autour, qui n'ont rien demandé. Sous un autre nom, Marie de Biet a été journaliste et cinéaste. Aujourd'hui elle est éducatrice.
Publié le : jeudi 10 octobre 2013
Lecture(s) : 9
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342012866
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342012866
Nombre de pages : 276
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Marie de Biet
DE BONNE FAMILLE
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0118906.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
À Ben
Puisque ces mystères nous dépassent, feignons den être lorganisateur
Jean Cocteau
Ma petite entreprise égocentrique
Chez moi, on sautoproclamait « de bonne famille ». Avec ça, ma sur va à lhôpital de jour depuis des années, où elle a pu tranquille-ment ne soigner aucune de ses phobies et se livrer à sa potomanie. Ma mère est une vieille dame affreusement déprimée, elle ne mange presque pas, ne répond pas au téléphone, nouvre pas les vo-lets, ne se lave pas. Son frère, jeune, a connu les hôpitaux psychiatriques et les élec-trochocs (cest comme ça que ça sappelait ; aujourdhui on dit « sismo » pour sismothérapie ou ECT, qui fait moins peur quélectro convulsivo thérapie), celui de mon père était alcoolique. La sur de ma mère a été boulimique, et maintenant est atteinte dune maladie neurologique, la paralysie supra nucléaire progressive (PSP ou maladie de Steele-Richardson-Olszewski). Elle a deux filles, ma cousine bipo-laire et celle qui a été anorexique. Jai aussi ma cousine alcoolique, qui vit toujours chez ses parents à bientôt 50 ans. Son frère sest sauvé à lautre bout de la France, alors jignore de quoi il souffre. Personnel-lement jai longtemps été toxicomane. Je ne sais pas vraiment pourquoi tout le monde a si mal tourné, mais maintenant je vis tran-quillement au milieu de mes questions sans réponses. Jaurais pu appeler ce livreDans mon souvenir, ouAvant que joubliecomme le beau film de Jacques NolotBlanche comme neige presque comme un autre film que je nai pas vu, mais dont jai trouvé le titre épatant, moi qui ai mis tellement de temps à voir ma part dans tout ce qui marrivaitLes Illusions perdues déjà pris aussi, jaurais pu étant lintitulerLe Mauvais Coton, parce que jen ai longtemps filéUn peu vite en besogne, car je vais toujours trop vite,Moi moi moi disait un dindonen souvenir de ma grand-mère Ma Vie décousuecar ce livre vaga-bonde, maisDe Bonne Famillema paru le meilleur titre possible.
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DE BONNE FAMILLE
Je ne suis plus la même quavant, pourtant cest bien moi, Marie Dupond de Biet, nom usuel, Marie de Biet, gémeaux et coq de feu, 53 ans. Donc jy vais ! Avant que jaie tout oublié. Je ne sais pas si ma mère est atteinte de la maladie dAlois A. : cer-tains symptômes sont bien là, dautres pas du tout. Ou pas encore : elle se souvient bien du présent, cest le passé qui sefface. À un mo-ment, jai fait venir une psychiatre chez elle, qui ma dit que cétait purement névrotique. Impression parfois que ce nest pas vrai quelle ne se souvient plus de sa vie, quil y a un peu de cinéma là-dedans, ou un refus de parler. Ma collègue Gina me dit quon fait lhypothèse que les gens ont la maladie dA. pour ne pas voir venir la mort, mais alors quel bénéfice a ma mère à ne plus pouvoir se réfugier dans son passé ? Ma sur est également pas mal déconnectée, et plus elles oublient, plus je tiens à me souvenir de tout ce que je peux. Car je vois bien que je napprends plus comme avant, les choses ne simpriment plus dans mon cerveau fatigué. Passé trois mois en An-gleterre à travailler. Ny ai appris que deux ou trois mots (dont lindispensablecalin, qui se dita cuddle) Je napprends presque plus rien si ce nest à vivre ce qui bien sûr est loin dêtre rien. Je me sens mieux aujourdhui quà dix, vingt, trente, et quarante ans. Jai commencé lécriture de ce livre lété de mes cinquante ans. Il parle de moi, et au passage de gens qui ont interféré dans ma vie, ou avec qui jai interagi. Ce que je dis des uns ou des autres est juste mon point de vue. Quelquun dautre en aurait un totalement différent, forcément. Même moi, à un autre moment, je naurais pas eu celui-là. Jai écrit ce livre pour essayer dy voir plus clair, parce que je ne sais pas grand-chose de qui que ce soit, à commencer par mes parents. Encore bien moins des générations au-dessus, forcément. De ma mère, quelle est née en 1933, le jour des morts, dans lappartement loué par ses grands-parents maternels, à deux pas de la Tour Eiffel. Quelle aimait son père plus que sa mère. Laquelle mère avait une préférence évidente pour Jeanne, la dernière de ses quatre enfants (et par ailleurs respectait le droit daînesse comme si la Révo-lution Française navait jamais eu lieu, et voulait par conséquent toujours favoriser son fils Louis). Lautre frère de ma mère, Martin, de deux ans son cadet, était mort adolescent dune occlusion intesti-nale, si bien que des trois enfants quil restait à ma grand-mère, ma
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