De Pichey-Mérignac à Stuttgart: de la résistance à la victoire

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Robert Proust n’a pas encore 18 ans lorsqu’il rejoint la Résistance. Près de soixante-dix ans plus tard, il nous emmène avec lui et nous fait vivre les événements qui bouleversèrent sa vie et le conduisirent à rejoindre la clandestinité au sein de plusieurs réseaux de résistants et notamment d’un des plus grands groupements de la Résistance française: le Corps Franc Pommiès. Son parcours nous emmène de Bordeaux à Stuttgart en passant par les Pyrénées, le centre de la France, les Vosges, l’Alsace… Nous côtoyons les combats qui marquèrent la Libération et nous approchons la dureté, tant morale que physique, de ces épreuves. Il nous rappelle ainsi que tout n’est pas simple dans une guerre et qu’elle ne peut se résumer à la seule lutte du bien, les résistants, contre le mal, les Allemands. Aspect trop souvent oublié: Robert Proust nous confronte au fait que la guerre ne fi nit pas en mai 1945. Pour de nombreux combattants, revenir à une vie normale deviendra un autre combat tout autant jalonné d’obstacles.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748367775
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748367775
Nombre de pages : 112
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Benoît Boucard et Robert Proust DE PICHEY-MÉRIGNAC À STUTTGART : DE LA RÉSISTANCE À LA VICTOIRE  
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IDDN.FR.010.0116605.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
À la mémoire de mes anciens compagnons et amis du Corps Franc Pommiès : Jean Amsler, Jean-Pierre Bastiou, les frères Nastuzzi, Gérard Sénac, les frères Della Barba, Roland Du-four et à tous mes camarades de la Résistance. Que tous soient gratifiés de mon plus profond respect et de mon amitié.
Robert Proust
À Robert Proust, avec toute mon admiration. À mes parents, à Célimène, avec tout mon amour.
Benoît Boucard
Couverture : Robert Proust devant les ruines de Stuttgart en 1945.
Sauf mention contraire, tous les documents iconographiques présentés pro-viennent des archives de Robert Proust.
Avant-propos Ma première rencontre avec Robert Proust se déroula lors dune assemblée consacrée à la Seconde Guerre Mondiale et réunie au cours de lété 2008 à Talmont-Saint-Hilaire, en Ven-dée. Voyant que je mintéressais à lHistoire en général et au second conflit mondial en particulier, il vint vers moi, me tendit un petit livret aux feuilles jaunies écrit en mai 1945 et intitulé «49e Ex Corps Franc Pommiès. Historique pour la période du R.I. 17 novembre 1942 au 22 avril 1945» en me disant «si ça tintéresse, jai une vraie histoire à te raconter». Sur le moment, il ne men dit pas davantage et je lui promis quaprès avoir lu son ouvrage je reviendrai le voir. Dans ce livre, je découvris pour la première fois lexistence et le parcours dun des plus grands groupements de la Résistance française : le Corps Franc Pommiès. Je lus ce document avec beaucoup dintérêt et quelques jours plus tard, je rencontrai de nouveau Robert Proust qui mexpliqua pour-quoi il possédait cet ouvrage et il commença à me conter son parcours durant la Seconde Guerre Mondiale. Passionné par ce récit, voulant en savoir davantage et souhaitant approfondir certains détails, nous continuâmes de nous voir et peu à peu prit forme un témoignage peu commun. Nos diverses entrevues furent loccasion de discussions au cours desquelles Robert Proust me livra, sans chercher à se mettre en valeur ni à embellir ce qui fut fait, son expérience et sa vision des événements auxquels il participa. Enregistrant au fur et à mesure son témoignage et après avoir retranscrit son
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récit, la seconde étape fut de le replacer dans un contexte histo-rique précis. Cette démarche savérait primordiale car avec le temps passé, mais aussi à cause de traumatismes subis, Robert Proust me contait son parcours de manière chronologique sans toutefois pouvoir fournir de dates exactes. Pour cette raison, une partie des faits décrits ici nest pas datée avec précision, notamment ceux se déroulant avant lété 1944. Il en va diffé-remment à partir des mois de juillet et août 1944 puisque les diverses forces armées se trouvèrent dorénavant dans la possi-bilité de se doter dun cadre permettant la création et la conservation de documents. Pour maider à mettre en place cette chronologie, il fallu donc retrouver, avec souvent comme seul point de départ des indications géographiques, les événe-ments dont le déroulement cadrait avec les dires de Robert Proust. Et, à force de recherches bibliographiques, aux limites parfois vite atteintes,de contacts avec des historiens spécialistes de la Résistance et des organismes chargés des anciens combat-tants, jai pu faire corroborer ces épisodes avec des faits historiques précis et les lier à la « Grande Histoire ». À lexception de ces événements historiques venant étayer un parcours personnel et le replacer dans un contexte général, jai tenté de ne rien ajouter, de ne rien transformer et de ne rien enjoliver : mon but étant dessayer de retranscrire le plus fidè-lement et le plus véridiquement possible le vécu de Robert Proust, sa vision des choses dhier et daujourdhui ainsi que les sentiments quil a pu laisser transparaître lors de nos rencontres. Pourtant, jeu la sensation que tout ne pouvait être dit et que certains épisodes, sous-entendus ou racontés à demi-mot, étaient trop pénibles à se remémorer. Parce que vécu dans sa chair ou parce quils pouvaient porter atteinte à la mémoire de personnes rencontrées, « Bébert » préféra ne pas men dire
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davantage. Jai alors respecté ses oublis volontaires ainsi que ses silences et accepté de ne pas aborder certains faits. Au fil de nos discussions, deux éléments mont particulière-ment marqué. Tout dabord, ladmiration et le respect que témoigne Robert Proust pour ses chefs et ses camarades de la Résistance, notamment pour le lieutenant-colonel André Pom-miès et le Corps Franc Pommiès, mais aussi le regret de ne pas les avoir tous recherchés ou revus après la guerre. Ce regret est particulièrement fort vis-à-vis de ses compagnons des Francs Tireurs Partisans Français et de lArmée Secrète à qui il na ja-mais pu témoigner toute sa reconnaissance pour lavoir accepté et sauvé. Le second point dont jai pris conscience au cours de nos rencontres est, au-delà du besoin de raconter, le manque de reconnaissance, voire même la déception que peut ressentir un homme ayant vécu une page décisive de notre Histoire face à lincompréhension et à lindifférence des autres. Si Robert Proust fut reconnu officiellement comme résistant et combat-tant de la Seconde Guerre Mondiale et décoré comme tel, curieusement, il ne le fut que peu par son entourage. Pendant des années, personne en effet ne prit au sérieux, ni parfois ne crut, les souvenirs dun homme qui navait pas encore dix-huit ans lorsquil eu le courage de tout quitter pour rejoindre la Ré-sistance. Et comme lon pensait que les histoires quil racontait étaient inventées et parce quil travaillait à Air France, certains ont eu vite fait de le surnommer, par dérision, «le gonfleur dhélices». Alors, que peut-on opposer aux moqueries et aux sourires dinterlocuteurs qui derrière la politesse affichée sous-entendent «ça ne mintéresse pas de savoir». Rien. On ne peut for-cer personne à écouter et encore moins à accepter de croire. Face à cette indifférence, Robert Proust parla alors peu de ce quil avait vécu et il fallut attendre plus de soixante ans pour
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quil soit entendu et surtout cru. En découvrant son parcours, on comprend néanmoins pourquoi son histoire ne fut jamais considérée comme elle aurait dû lêtre : tout simplement parce que lensemble des événements auxquels il fut confronté peut paraître invraisemblable, exagéré, voire même créé de toutes pièces pour être advenu à un seul homme et donc par consé-quent, difficile à admettre. Pourtant, tous ces épisodes sont véridiques et suffisamment de preuves sont là pour nous con-firmer son engagement au sein de la Résistance, du Corps Franc Pommiès puis de larmée française. Alors, en associant ma volonté de faire connaître, mais aussi reconnaître, le parcours de «Bébert» et mon envie de rendre hommage à ceux qui, comme lui, ont combattu pour que la France recouvre la Liberté, je vous livre ici le témoignage dun des acteurs de ce terrible épisode de notre Histoire. Pour achever cette introduction je tiens à remercier plusieurs personnes et en tout premier lieu Robert Proust pour la con-fiance quil ma accordée en moffrant ses souvenirs et en me faisant découvrir cet épisode de sa vie. Je lui en suis dautant plus particulièrement reconnaissant que jai parfois pu mapercevoir à quel point certains événements pouvaient lui être difficiles à raconter. Toute ma gratitude ira à Guy Labédan, ancien membre du Corps Franc Pommiès, correspondant de lInstitut dHistoire du Temps Présent et spécialiste de la Résistance, qui a répondu à mes questions, notamment sur ce prestigieux groupement, et qui ma fait limmense plaisir daccepter de relire ce texte. Mes pensées les plus chères iront à Célimène Mussini, sans le soutien de laquelle tout serait beaucoup plus difficile.
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