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Diptyque

De
166 pages
Opi a-t-il encore de la famille en Allemagne, après toutes ces années? Après son grand départ, le sujet, tabou, attise les tensions et ranime de vieilles querelles. Car son petit-fils, qui lui avait promis de renouer les liens avec l’Allemagne, mène l’enquête. L’histoire de son grand-père, Berlin, des noms oubliés, des visages perdus… Mais aussi l’histoire de sa grand-mère, un parcours difficile jusqu’à une rencontre, un soir d’hiver à Versailles… Flous, non-dits, secrets de famille. Le charme du passé. Du noir et blanc qu’on garde en mémoire, qu’on ne dit pas, qu’on préfère oublier. Ou qu’on décide de ranimer. À tâtons. À coups de lettre, à coups de téléphone. À coups de peut-être… Tout en militant pour la réhabilitation affective d’une Allemagne encore fuie par certains, l’auteur signe les portrait poignants d’un homme et d’une femme, bien au-delà des apparences, bien au-delà des frontières.
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Diptyque
Romain Ravignot de Chevrier Diptyque Apatride sacrifiée
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0) 1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0115410.000.R.P.2010.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2011
Für Opi, auf immer meinen Führer
Préface Diptyqueune autre facette des conséquences de la ou Seconde Guerre mondiale. De tous les témoignages que j’ai pu collecter, celui-ci est le plus décalé de tous. Avant de m’installer devant cette feuille blanche, j’ai ressenti la nécessité de ressortir le dossier de Romain. Cette histoire m’a fasciné dès la prise de contact de ce petit-fils dont l’héritage du grand-père maternel n’était pas simple à porter pour au moins deux raisons : sa jeunesse, et la révélation d’une autre vie que son grand-père a eue avant de rentrer par « effraction » en France. Vous qui lirez ou qui avez lu le livre de Romain ne se-rez pas restés, non plus, indifférents à ce parcours atypique. À cette fabuleuse histoire. Plus habitué à entendre des récits d’enfants de la Se-conde Guerre mondiale, mon premier contact avec Romain a été déterminant pour la suite. Plusieurs choses retenaient mon attention. Opi, le grand-père, était alle-mand. Son départ était la conséquence directe des dommages de guerre dus par l’Allemagne aux forces al-liées. Une guerre finissait, une autre prenait forme : la guerre froide. Un pays ruiné, tant sur le plan humain, éco-nomique, social et moral, se voyait couper en deux à cause de l’incompatibilité de politiques antinomiques.
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Une volonté politique, économique, de diviser en deux blocs une même entité historique pour mieux la punir, l’assouvir à un nouveau régime totalitaire. La volonté d’un affrontement permanent entre deux systèmes totalement contradictoires où les populations devenaient un enjeu majeur dans l’application d’idéologies en opposition cons-tante. Un triste destin pour ce peuple qui sortait des griffes d’un monstre et de ses sbires pour basculer sans transition dans un système guère enviable. Des familles écartelées, divisées idéologiquement qui n’étaient plus en capacité de guérir leurs plaies, de se reconstruire, de reconstruire une seule et même identité, entité. Pour matérialiser ce syndrome de la partie est de l’Allemagne, devenue RDA, le Mur de la honte fut édifié en 1961. Il faudra attendre vingt-huit ans et la chute d’un système et de son symbole, pour que le pays puisse se ré-unifier et avec lui ses familles. La fin de cette dictature livre une population oppressée à elle-même et à l’autre moitié dite de la RFA. La joie de la réunification passée, sans apprentissage de la démocratie, il faudra du temps à ce peuple sous domination pour retrouver le chemin de la liberté, mais aussi le sens des responsabilités auxquelles il n’était plus habitué. Le Mur était tombé, les familles s’étreignaient… La joie retombée, il fallut affronter cette autre réalité qu’ils méconnaissaient. Le Mur est tombé depuis vingt et un ans, mais, quand on se rend dans cette ex-RDA, force est de constater que ses marques n’ont pas toutes disparu. Il y a de la nostalgie pour certains, le regret d’un système qui a montré ses limi-tes – sans évoquer ses violences physiques, psychologiques et sociétales. Il y a de la rancœur pour d’autres qui ont dû s’adapter pour accueillir « ses frères » venus d’ailleurs et n’ayant pas les mêmes valeurs…
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