Dix jours au pays de la négritude debout...

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Le 7 mai 2014, je me suis envolé pour Port-au-Prince dans le cadre d'un partenariat initié par le Bureau des relations internationales de l'Université des Antilles. J'avais comme mission d'enseigner l'histoire des États-Unis à des étudiants de langues vivantes à l'Université d'État d'Haïti. C'était mon premier voyage dans ce pays qui avait déjà fait couler tant d'encre. Aimé Césaire avait également fait ce pèlerinage et il en avait parlé comme le pays "où la négritude s'est mise debout pour la première fois". Durant mon séjour, j'ai croisé plusieurs étoiles noires: Dany Laferrière, Lilian Thuram, Emmelie Prophète, Évelyne et Lyonel Trouillot Au fil des jours, j'ai tenu un carnet de voyage pour consigner ce que je découvrais, ce que je voyais et ce que je ressentais. Le pays est une rose avec ses épines, le paradis et l'enfer y sont omniprésents...
Publié le : jeudi 23 avril 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342037012
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342037012
Nombre de pages : 56
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Steve Gadet DIX JOURS AU PAYS DE LA NÉGRITUDE DEBOUT…
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120337.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
« Si j’avais un conseil à donner à un jeune écrivain, 1 je lui dirais d’écrire sur quelque chose qui lui est arrivé… »
Gabriel García Márquez « Ces étrangers que nous ne connaissons pas toujours bien sont pour nous une inépuisable source de connaissance »
Ryszard Kapuściński,Cet Autre(2006 : 15-16)
1 RevueParis Review, The Art of fiction, n° 69 : http://www.theparisreview.org/interviews/3196/the-art-of-fiction-no-69-gabriel-garcia-marquez.
Préface
Confronter mon imaginaire à la réalité, rencontrer une réalité et conforter mon imaginaire. Ce pays d’Haïti a cette capacité de susciter des émotions diverses et le plus souvent très contras-tées. Ses codes sont multiples et complexes… « Dix jours au pays de la négritude debout » et brusquement je replonge dans ma propre quête, dans mon envie de comprendre le rythme de cette île montagneuse. Je m’immerge avec délectation dans ce carnet de bord et trébuche souvent sur les mêmes paradoxes. « Négritude debout » ? Cette interrogation me ramène à la mienne, comment et sur quoi je construis mon identité ? Hon-nête, à l’écoute, sensible, Steve Gadet nous offre à travers son regard une pièce d’un puzzle dont la finition est longue et riche d’enseignement.
Stevy Mahy (Artiste chanteuse originaire de Guadeloupe et qui visite souvent Haïti)
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7 mai Mon voyage a commencé avant que je mette un pied dans l’avion. Ce n’était pas la première fois que j’y allais. Il a com-mencé sur les pages des livres d’Edwidge Danticat et dans le village de Manuel, sur les pages du grand classique de Jacques Roumain. Ce sont eux qui m’ont emmené en Haïti les premiers. Il a commencé aussi dans les campagnes de mon pays où je croisais les travailleurs haïtiens, dans les rues de Pointe-à-Pitre avec les vendeuses ambulantes et dans les églises. Les pages sombres du duvaliérisme, je les ai vues sous la plume du journa-liste haïtien Jean Florival, l’auteur deDuvalier : La face cachée de Papa Doc(2007). Mon voyage a commencé à la télévision où je voyais seulement la misère de ces gens. Il s’est poursuivi par le malheur des malheurs en janvier 2010 diffusé sur toutes les télévisions du monde entier pendant des jours et des jours. L’Université d’État et le Bureau des relations internationales de l’Université des Antilles-Guyane m’ont permis de mettre le pied sur la terre où « la négritude s’est mise debout pour la première fois ». C’est avec ces mots qu’Aimé Césaire a évoqué Haïti, lui qui fit ce pèlerinage aussi en 1944. Les voyages sont toujours des moments privilégiés pour moi car avant d’arriver à destination, je me réjouis des longs mo-ments où je pourrais lire sans interruption, non, où je pourrai abattre les arbres littéraires qui poussent dans ma jungle de li-vres et que la vie quotidienne m’empêche de travailler au corps longuement. En allant à Port-au-Prince, j’ai été accompagné par lePointe-à-Pitre – Paris de Frankito, un écrivain au souffle litté-
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DIX JOURS AU PAYS DE LA NÉGRITUDE DEBOUT…
raire imposant qui m’a fait rire et réfléchir. Il m’a communiqué des choses à penser, des émotions et des moments de détente insoupçonnés. Du rire gras, malicieux. Des souvenirs et le sen-timent réconfortant de faire partie d’un peuple à l’histoire unique et un parler unique dans lesquels je nageais sans jamais perdre pied. Les paroles de ses personnages m’ont fait réfléchir. Elles m’ont fait aussi revenir à mes idées. J’ai pu les comparer et voir où elles se séparaient des leurs. En partant de Fort-de-France, j’ai vu un homme accompagné jusqu’à l’avion par un agent de police. Au départ de Pointe-à-Pitre, ils étaient environ cinq à être accompagnés à l’avion par des hommes et des fem-mes en uniforme. Leur regard était un mélange de résignation, de déception et d’inquiétude. Une porte s’ouvrait sur une réalité que je n’avais pas approchée de près à part via les journaux. À l’instant où j’écris ces mots, je vois la baie de Port-au-Prince baignée par le même soleil que j’ai laissé en Martinique. Ma chambre d’hôtel est envahie par lamixtape de The Dauze, un ami et DJ guadeloupéen en hommage au rappeur Nas, pour les vingt ans de son album légendaireIllmatic. Avant de toucher la terre, j’avais envie de voir Haïti d’en haut. J’avais envie de voir le pays qui avait fait danser mes parents, le pays qui avait tant souffert, le pays qui avait déversé tant de ses citoyens sur nos îles et dans la Grande Amérique. Avoir cette première im-pression est important. L’avion n’a pas pu atterrir tout de suite à l’aéroport international Toussaint-Louverture car il y avait un orage au-dessus de la piste donc nous avons tourné un peu dans le ciel avant de nous poser. Nous nous sommes posés et toutes mes idées, tous les reportages ont dû céder la place au réel. Comme le prônait l’anthropologue polonais Bronisław Mali-nowski, « il faut être sur place pour pouvoir juger ». J’ai d’abord senti l’odeur du pays. Oui, le pays avait sa propre odeur tout comme la Guadeloupe, la Martinique, la Jamaïque, Trinidad, Paris ou encore Antigua. Chaque pays a son odeur. Ceux qui y sont sensibles comprendront. J’étais content d’être là. Le temps
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