Douleur

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Vieille compagne des humains, la douleur s'invite à tout instant, souvent sans raison apparente. Elle me visita il y a quelques mois et me fit perdre pied totalement pendant près de trois semaines. Trois semaines sans pensée, comme perdu dans des eaux noires, jusqu'à ce qu'un premier rai de soleil parvienne à percer et me montre qu'au-delà du mal la santé continue d'exister. L'amour de soi et l'amour de l'autre sont des guides précieux. La méditation, la pratique du zen, le stoïcisme, la distanciation sans fuite ni dans le passé, ni dans l'avenir, la pleine conscience de soi en sont d'autres dont il suffit de suivre le fil pour se retrouver, non sans la douleur, mais à côté d'elle, en la remettant à sa place, se permettant d'être autre chose, et bien plus, qu'un corps souffrant. Elle m'a beaucoup appris.
Publié le : jeudi 12 novembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342044331
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342044331
Nombre de pages : 52
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Du même auteur
Roger Scalliet, 1944-1945 : la transition, Edilivre, 2014 Bruno, Edilivre, 2014.
Pierre Scalliet DOULEUR
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 175, boulevard Anatole France 93200 Saint-Denis – France IDDN.FR.010.0120604.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
« Sois sage ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille, Tu réclamais le soir ; il descend ; le voici » Charles Baudelaire, Recueillement. « Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain, Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie » Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène.
Je remercie Anne pour son accompagnement tendre et bienveillant au cours de ces semaines de douleur, et pour sa lecture tellement encourageante du manuscrit. Merci aussi à Marie-Odette, fidèle lectrice, qui m’a sauvé de nombreuses fautes d’orthographe, de grammaire et même de français.
Aujourd’hui c’est le vingt et unième jour, le premier jour où ma douleur est supportable. Elle est encore trop forte pour n’être qu’un souvenir, mais la promesse est là. Pareille à un bandit masqué, elle se retire sans bruit, sans me quitter des yeux, pointant toujours son arme sur moi. Immobile, je l’observe. La menace est encore forte ; je vois l’arme ; je me souviens de la souffrance ; j’ai encore peur. Elle s’est introduite un samedi matin, discrète, presque un frémissement, dans un endroit familier de mon corps. Cet en-droit reste habité par le souvenir d’une crise violente, il y a quatre ans, qui m’avait elle aussi quitté à reculons, en laissant comme rappel quotidien de son existence une marque sur ma jambe droite. Dès son retour je la reconnus, enfin non, pas im-médiatement.
De Maurice à Olivier, jour -2
C’était un jeudi. La soirée s’était mal passée, et chacun parti seul, amer et déçu. Autrefois, nos agapes occasionnelles étaient l’occasion d’échanges conviviaux, parfois un peu vaches mais avec le sourire, l’air de rien, une petite pique par ci, une petite pique par là, mais cela nous laissait le goût d’une grande com-plicité et, pour certains même, d’amitié. Nous n’avions pas peur d’un peu d’ivresse non plus, surtout après une bonne poire gla-cée en guise de pousse-café.
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Pourtant ce soir-là le repas était soigné et les vins délicieux, le cadre intime, et j’avais annoncé de quoi nous souhaitions discuter pour que chacun puisse s’y préparer. Mais rien n’y fit. J’avais choisi cette table pour y être déjà venu trois ou quatre fois ; les menus m’avaient toujours étonné et ravi, alors que je suis si difficile. Il fallait réserver, surtout depuis que les enquê-teurs de chez Michelin avaient déniché ce drôle d’endroit et lui avaient plaqué une étoile. En façade, c’était une librairie. Enfin, même pas une librairie, plutôt un marchand de journaux et de tabac, rien de bien attrayant question restauration. Mais l’enseigne était cocasse : « De Maurice à Olivier ». Il fallait pas-ser la porte, se glisser entre les présentoirs de journaux et de chewing-gum, pour découvrir une arrière-salle façon brasserie. Lambris teinte noyer, jusqu’à mi-hauteur des murs garnis de banquettes. Une déco vaguement Art Nouveau et un gros pilier envahissant au centre. Assez cosy au fond, sans éclairage vio-lent, un chouette coin pour amoureux. Pas beaucoup plus que sept ou huit tables, une trentaine de couverts au grand maxi-mum. La paroi du fond était entièrement vitrée et donnait sur la cuisine dont les activités ne pouvaient échapper au client. Oli-vier s’y affairait. La vivacité de ses gestes démentait son aspect lymphatique, un peu encombré d’une graisse mal placée qui lui donnait une démarche de dindon. À la vérité, il était infatigable. J’arrivai le premier au moment où Olivier terminait une série de terrines, sans doute du gibier pour une nouvelle carte (nous étions fin septembre). Gestes précis, calibrés, tout un ballet alléchant. Je me tenais debout devant la baie vitrée mais il m’ignorait, soit par habitude, soit par concentration, ou bien les deux sans doute. Mon regard furetait sur les casseroles, le grand piano, les fours, la salamandre, ordonnés comme un chœur d’église, et tellement prometteurs. Je m’assis et sorti un livre, puis demandai une eau minérale, histoire de passer le temps. Peu après arrivèrent Xavier, Lau-rette et Carine, bien à l’heure, pestant contre la difficulté de
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