Echos du silence

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C’est avant tout une histoire d’amour inconditionnelle et atypique qu’une blessure intérieure, invisible au commun des mortels, viendra bouleverser. Celui qui la porte devra lui partager sa couche jusqu’à son dernier souffle, la laissant prendre ses aises pour mieux le détruire à petit feu. Elle l’enfermera dans une tour d’ivoire cadenassée sans lui laisser les clefs. Mais elle devra composer avec cet homme à l’esprit aventurier, amoureux de liberté, de vagabondage, doté d’une intelligence hors du commun. Une histoire véridique qui nous fait voyager par-delà les frontières de l’impossible, de la maladie qui consume peu à peu sans arriver à combattre ni l’amour, ni une vie qui ne sera que don et dont la moisson ne fait que commencer...
Publié le : jeudi 24 janvier 2013
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342001358
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342001358
Nombre de pages : 284
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Jocelyne Fröchen           
ÉCHOS DU SILENCE                
Mon Petit Éditeur
 
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 IDDN.FR.010.0117855.000.R.P.2012.030.31500 
Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2013 
   
À Alain qui m’a permis de sonder l’insondable.  À mes enfants Marie et Jean-François qui sont les fruits et la saveur de ma vie.  À notre famille qui m’a accueillie avec ma différence et mes paradoxes.  À Marc Valentin son fidèle compagnon de recherche, de combat et d’espérance.  À Utopia et tous ses membres auprès desquels Alain fut heureux et travailla avec conviction.  À la vie associative qui se constitue spontanément, vit d’engagement bénévole et fait avancer notre société sans être bien souvent soutenue, voire parfois combattue !  À tous ceux qui se battent pour plus d’humanité !
   
Préface    Alain était réfractaire à toute forme de contrainte sociale. Sa soif de liberté était à la mesure de la volonté d’être disponible aux autres qui l’animait. La chose n’allait pas sans contradiction ni excès et j’ai pesté bien des fois en regardant ma montre car je savais que le retard avec lequel il arriverait au rendez-vous que nous avions fixé de longue date, était dû à un engagement qu’il avait pris par ailleurs et qu’il entendait naturellement honorer. Il répondait finalement présent et je passais bien vite sur ce qui pouvait être considéré par d’autres comme une insupporta-ble incapacité à respecter un horaire. Nous prenions alors la route pour tel ou tel colloque ou journée d’étude. Le trajet était avalé plein gaz à bord de l’une de ses increvables GS et nous parvenions parfois in extremis au lieu de la réunion, mais nous y étions et c’était bien là l’essentiel. Le souvenir de ces moments que nous avons vécus ensem-ble en compagnie de nos collègues du patrimoine industriel et technique, reste gravé dans ma mémoire. Me reviennent aussi les images de belles soirées à Noisiel. Elles commençaient au-tour de repas concoctés par mon épouse Olga – Alain avait toujours un mot gentil pour ses talents de cuisinière – et se pro-longeaient jusqu’à des heures avancées dans de passionnants débats sur les sujets les plus divers. Peuples et civilisations, lan-gues et cultures et bien d’autres encore, large était l’éventail des domaines que nous abordions. Alain ne faisait pas seulement montre de connaissances étendues, mais surtout d’une curiosité extrême.
 
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Sa bibliothèque en témoignait qui comportait de nombreux et magnifiques ouvrages d’histoire de l’art, d’architecture, d’urbanisme, d’histoire des techniques. Quelques-uns se trou-vent désormais sur les rayonnages de mon bureau. La plupart ont fait selon sa volonté l’objet de versements aux Archives Départementales de Seine-et-Marne, au Cilac et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Alain avait en particulier un intérêt très poussé pour les noms de lieux. Dans les divers pays où son métier d’ingénieur l’avait conduit, de la Scandinavie à l’Algérie en passant par l’Italie du sud, il s’était livré à des observations très fines sur une jolie moisson de toponymes et je me rappelle ce qu’il m’avait dit un jour sur la graphie à l’anglaise (Arzew) et la prononciation à la française (Arzeu) de la ville d’Oranie dont le nom en arabe s’écrit Arziou. Il ressortait clairement de l’exposé d’Alain que le voyageur anglais, un pasteur nommé Thomas Shaw, à qui l’on devait la première de ces transcriptions, avait une bien meilleure oreille et un plus grand respect de la prononciation dans l’idiome local que les fonctionnaires de l’administration colo-niale. Je repense à cela en lisant la très forte évocation de la vie d’Alexandre Yersin que nous livre le roman de Patrick Deville « Peste & choléra ». Dans ce personnage du disciple de Pasteur qui note tout dans les moindres détails, les caractéristiques techniques de l’avion qui le transporte en Indochine, le nom du pilote, les régions survolées heure par heure et mille autres choses encore, je revois Alain, toujours soucieux de conserver une trace écrite, assoiffé de connaissance, son carnet en permanence à portée de main. Et puis, il y a ce passage devant lequel je reste en arrêt et qu’Alain aurait aimé sur la graphie utilisée en langue d’oc et en portugais du Nha (prononcer Nia car c’est un « n » mouillé) de Nha Trang. Oui, cette solution adoptée par un jésuite avignon-
 
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nais auteur d’un dictionnaire portugais-annamite-latin au dix-septième siècle lui aurait plu. J’ignore d’où lui venait pour ce qui le concerne ce goût pour les langues que nous partagions. Je me prends à penser qu’il y avait peut-être un lien avec la manière dont s’écrivait son propre patronyme et l’histoire dont cette dernière portait témoignage. Ne surtout pas oublier le tréma sur le « o » de Fröchen qui s’était substitué à la barre oblique de son nom de famille d’origine norvégienne ! Je me souviens d’avoir noté cet oubli sur le tableau de sa chambre lors de la première visite que je lui rendis à l’hôpital Saint Camille. La fois suivante, je revins muni d’un feutre et juste avant de partir, je procédai au rajout des deux points, ce qui le fit sourire. La volonté manifestée par son épouse Jocelyne que l’inscription sur la pierre tombale ne soit pas entachée d’erreur  ce qu’elle n’obtint pas sans difficulté – exprime mieux que tout l’attachement qu’ils portaient tous deux à l’histoire de leur nom. Alain parlait peu de lui et des siens mais il m’avait un jour ra-conté les grandes lignes d’un itinéraire qui avait commencé avec l’arrivée de son trisaïeul, originaire de Bergen, banquier et consul de Norvège à Quimper. C’était la grande époque du commerce de la rogue, cet appât venu de Scandinavie dont se servaient les pêcheurs de sardines bretons. Son ancêtre ne parti-cipait pas directement à ces échanges commerciaux entre Norvège et Finistère, mais il avait initié les conserveries de sar-dines en Basse Bretagne. Ce récit il me l’avait fait au sortir d’une journée d’études à Lille sur le patrimoine de l’industrie alimentaire, au cours de laquelle il m’avait une fois de plus épaté par l’intervention dont il avait gratifié l’assistance, à la suite d’une communication sur les conserveries bretonnes. Tout cela m’est revenu lorsque j’ai effectué à l’été deux mille onze la visite du port-musée de Douarnenez. C’était quelques
 
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mois après la fin d’une exposition retraçant l’histoire des rela-tions économiques et humaines entre Norvège et Bretagne. J’ai précieusement conservé le ticket d’entrée du musée de Douarnenez à la date du six août deux mille onze. Cette habi-tude que j’ai de garder ces « trésors de rien du tout », Alain l’avait également et ce n’est pas sans émotion que j’ai retrouvé soigneusement rangées les moindres notes que je lui avais adressées. Elles portaient sur toutes sortes de sujets et à l’occasion, sur des problèmes techniques que je lui soumettais et dont il me donnait la clef de façon lumineuse. Son haut niveau de compétence en la matière – celui-ci fut souligné dans l’hommage que lui rendirent les responsables de notre association nationale, le Cilac – Alain le devait à sa forma-tion dans un prestigieux établissement parisien et à sa forte expérience professionnelle. Il ne s’en vantait nullement, bien au contraire ! Dans ce domaine comme dans d’autres où il était engagé et qu’il me fut donné de découvrir à ses côtés, il faisait preuve de la plus grande des humilités. Il entendait juste être au service de ses semblables. On ne comprend rien à Alain si l’on ne considère pas cet axe autour duquel s’est bâtie toute son existence. Avec les excès que comportait le caractère radical de cette démarche de disciple du poverello d’Assise jeté au cœur du vingtième siècle, ses déchiru-res, ses fractures, ses conflits. Être son ami et partager l’un de ses nombreux combats je mesure chaque jour un peu plus quelle chance fut la mienne. La dernière fois que je l’ai vu il n’était plus en état de parler. Joce-lyne son épouse lui a tendu le bloc Rhodia qui ne le quittait jamais et mis dans sa main un de ces feutres qu’il arborait d’ordinaire à la poche de sa chemise de trappeur canadien. Il a voulu m’écrire un mot, mais il était trop faible pour parvenir à autre chose qu’un tracé tremblant.
 
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