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Giacomo Joyce

De
24 pages

Texte intégral révisé suivi d'une biographie de James Joyce. Bref et admirable roman-poème d'amour, "Giacomo Joyce" a été inspiré à Joyce par la rencontre d'une jeune femme juive, Amalia Popper, son élève à l'école Berlitz de Trieste. Ces quelques feuillets énigmatiques relatant un moment de grâce romantique dans la vie de l'auteur d'"Ulysse" ont été gardés secrets toute sa vie. Extrait: "Jan Pieters Sweelinck. Le nom fantasque du vieux compositeur hollandais donne à toute beauté aura fantasque et lointaine. J'écoute ses variations pour clavicorde sur un air ancien: Jeunesse a une fin. Dans la brume indécise des notes anciennes une faible trace de lumière point: la parole de l'âme va se faire entendre. Jeunesse a une fin: cette fin la voici. Jamais elle n'aura lieu. Cela, tu le sais. Et après ? Écris-le, bon sang, écris-le ! de quoi d'autre es-tu capable ?"


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JAMES JOYCE
Giacomo Joyce
traduit de l’anglais par André du Bouchet
La République des Lettres
GIACOMO JOYCE
Qui ? Un pâle visage entouré de lourdes odorantes fourrures. Ses mouvements,
craintifs et nerveux. Elle use d’un face-à-main.
Ouies paupières.: brève syllabe. Un rire bref. Un bref battement d
Écriture arachnéenne, tracée haut et grêle avec sérénité hautaine et
résignation : une jeune personne de qualité.
Je pars sur une vague de verbiage insipide : Sweden borg, le pseudo-Aréopagite,
Miguel de Molinos, Joachim Abbas. La vague est reto mbée. Sa compagne, une
nouvelle fois lovée sur la volute de son corps, ron ronne dans son italien de Vienne
énervé :Che coltura !te piqûreLes longs cils battent, se redressent : une brûlan
d’aiguille darde et tremble dans le velours de l’iris.
De hauts talons claquent clair sur les degrés de pi erre sonores. Air hivernal au
château, cottes de maille appendues, grossiers cand élabres de fer sur les retours
tortueux des degrés de la tourelle. Tapant claquant — des talons, haut et clair.
Quelqu’un en bas demande si madame est visible.
Jamais elle ne se mouche. Une forme de langage : le moins pour le plus.
Arrondie et mûrie : arrondie au tour des mariages c onsanguins et mûrie dans les
serres chaudes de la forclusion de sa race.
Une rizière près de Vercelli sous la crème d’un bro uillard d’été. Les larges bords
de son chapeau rabattent leur ombre sur son sourire mensonger. Des ombres
strient son visage au sourire mensonger que frappe la chaude lumière crème,
ombres grises couleur de petit-lait sous les maxill aires, stries jaune d’œuf sur le
front moite, humeur jaune et rance tapie dans la pu lpe attendrie des yeux.
Une fleur offerte par elle à ma fille. Frêle offran de, frêle donatrice, frêle enfant
aux veines bleues.
Padoue au loin de l’autre côté de la mer. Moyen Age silencieux, nuit, noirceur de
l’histoire dorment dans laPiazza delle Erbesous la lune. La ville est endormie.
Sous les arcades des rues noires près de la rivière , les yeux des putains guettent
les fornicateurs.Cinque servizi per cinque franchi. Une noire vague sensuelle, à
nouveau, et coup sur coup.
Mes yeux sont perdus dans le noir, perdus,
Mes yeux sont perdus dans le noir, amour.
A nouveau. Plus rien. Amour obscur, noir désir. Plu s rien. Le noir.
Crépuscule. Traversant lapiazza. Grise vesprée descendant sur de vastes
pâturages vert sauge, qui silencieusement épanche ténèbre et rosée. Elle suit sa
mère avec une grâce dégingandée, la jument précédan t sa pouliche. Le gris du
crépuscule épouse tendrement la courbe frêle des ha nches, le cou résigné souple
tendineux, l’ossature délicate du crâne. Vesprée, c alme, le crépuscule de la
merveille … …. Holà ! L’aubergiste ! Holaho !
Papa et fillettes dévalant de la colline, à califou rchon sur un toboggan : le Grand
Turc et son harem. Bonnet et blouson étroitement aj ustés, bottines lacées d’un
zigzag expert sur la languette attiédie au contact de la chair, la courte jupe tendue
entre les bosses rondes des genoux. Un éclat blanc : un flocon, un flocon de neige :
A la prochaine chevauchée,
Il la fera bon regarder !
Je me précipite hors du tabac et l’appelle par son nom. Elle se retourne et
s’arrête pour m’entendre balbutier heures, leçons, heures, leçons : et...