Jean-Paul Sartre

De

Biographie de Jean-Paul Sartre suivie d'une Brève histoire de l'Existentialisme et d'un article sur Sartre au Proche-Orient. Le succès de Jean-Paul Sartre, à l'origine de l'existentialisme, prit à partir de 1945 des proportions étonnantes et le philosophe devint, avec Simone de Beauvoir, le centre d'une constellation d'artistes de talent. Du point de vue philosophique, il vaudrait mieux parler d'"existentialismes français" au pluriel et distinguer une tendance chrétienne, où se situeraient Gabriel Marcel, Emmanuel Mounier, Jean Wahl, et une tendance athée, représentée par Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty.


Publié le : mardi 4 décembre 2012
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EAN13 : 9782824900513
Nombre de pages : 40
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Alain Buisine
Sartre
Vie et oeuvre de Jean-Paul Sartre
Brève histoire de l'Existentialisme
Sartre au Proche-Orient
La République des Lettres
Vie et oeuvre de Jean-Paul Sartre
Écrivain, philosophe et dramaturge français, Jean-Paul Sartre est né à Paris le 21 juin 1905. Lorsque son père, l'enseigne de vaisseau Jean-Baptiste Sartre, qui a passé le concours d'entrée à Polytechnique et fait l'École navale, épouse Anne-Marie Schweitzer, il a déjà contracté en Cochinchine la fièvre asiatique qui l'emportera en septembre 1906, alors que "Poulou" n'a que quinze mois. Le père sera le grand absent de toute l'enfance et de toute l'adolescence de Sartre: "Jusqu'à dix ans, je restai seul entre un vieillard et deux femmes", écrira-t-il dansLes Mots(1963), dont le récit s'arrête à la veille du remariage de sa mère, le 26 avril 1917, avec Joseph Mancy, directeur aux usines Delaunay-Belleville.
L'enfance de Sartre est la double découverte de sa laideur physique et du livre comme valeur sacrée. À la suite d'un refroidissement, il portera toute sa vie une taie sur l'oeil droit, qui jouera un rôle déterminant dans ses rapports fictionnels, philosophiques, esthétiques au réel. L'enfant, par compensation, va découvrir et fétichiser le monde des livres et de la culture, enseveli vivant dans la tombe du savoir et de la littérature. En ce sens, l'oeuvre de Sartre sera toujours plus autobiographique que ne peuvent le laisser croire ses développements purement philosophiques.
Quand sa mère se remarie, le couple s'installe à La Rochelle, période difficile pour Sartre, qui a perdu l'exclusivité de sa mère, s'entend mal avec son beau-père et s'intègre difficilement parmi ses camarades de lycée. Heureusement, en 1920, sa famille le renvoie à Paris, en première au lycée Henri-lV, où il rencontre Paul Nizan. En 1922, Sartre et Nizan entrent en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand pour préparer le concours d'entrée de l'École Normale Supérieure. En août 1924, Sartre est reçu septième. S'ouvre alors une période euphorique de quatre ans d'indépendance et de bonheur. Partageant sa turne avec Nizan, Sartre travaille énormément, prépare l'agrégation de philosophie et manifeste son intérêt pour la question du visible dans son diplôme d'études supérieures intituléL'Image dans la vie psychologique: rôle et nature.
Pendant toute sa vie, multipliant les séjours en Italie, à Rome, à Venise, il s'intéressera passionnément à la peinture, en particulier au Tintoret, ne parvenant jamais à achever l'ouvrage qu'il voulait lui consacrer, sans doute parce que le visible vaut chez lui comme tache aveugle de toute sa philosophie. En 1928, Sartre échoue à l'écrit de l'agrégation, qu'il repasse brillamment en 1929: il est reçu premier, et Simone de Beauvoir, dont il a fait la connaissance en juillet, deuxième. Après son service militaire de novembre 1929 à février 1931, il est nommé professeur de philosophie au lycée du Havre.
Il lit beaucoup, multiplie les travaux d'écriture et de réécriture, mais il faut attendre sa découverte en 1933, grâce à Raymond Aron, de la phénoménologie et de la structure de l'intentionnalité pour que tout se mette en place. En septembre de la même année, il devient boursier à l'Institut français de Berlin. Il étudie Husserl, achève à Berlin une deuxième version deLa Nauséeet écritLa Transcendance de l'ego. De 1934 à 1936, il redevient professeur au Havre avant d'être nommé à Laon. Il vit alors une période de doute, même s'il écrit. En 1936 il publie chez AlcanL'Imagination, où il opère une impitoyable critique de toutes les conceptions classiques et chosistes de l'image, montrant sur un mode husserlien que la conscience imageante est la conscience de viser ce qui n'est pas. EnfinMelancholia(la futureNausée) est accepté par les éditions Gallimard.
En 1938, il n'écrit pas moins de quatre cents pages deLa Psyché, traité de psychologie phénoménologique dont une partie constituera L'Esquisse d'une théorie des émotions. En avril, la publication deLa Nauséecorrespond à ses vrais débuts littéraires et à la fin de ses années de doute. La critique est déconcertée par ce roman, qui exprime sous une forme
littéraire des vérités et des sentiments métaphysiques, confère une dimension romanesque à la découverte intellectuelle de la contingence et fait descendre la métaphysique dans les cafés. Ce que Roquentin découvre à Bouville, confronté au monde fascinant et horrible des choses, à l'empâtement dans la matière, c'est l'existence en tant que telle: sa propre existence injustifiable et sa solitude absolue.
Désormais l'activité de Jean-Paul Sartre va s'épanouir dans le roman, la philosophie, le théâtre, la critique. Il va d'abord poursuivre son oeuvre romanesque en écrivant les nouvelles duMur(1939). À l'automne 1938, il commenceL'Âge de raison, premier volume de la trilogie desChemins de la liberté. Outre les articles qu'il publie dans laNrf, il collabore àVerveet à Europe, consacrant des analyses à la figure humaine, à Paul Nizan, François Mauriac, Vladimir Nabokov, Denis de Rougemont, Charles Morgan, Eisa Triolet, William Faulkner, John Dos Passos. En 1938, il publie un article sur la "Structure intentionnelle de l'image" dans la Revue de métaphysique et de moraleet, en 1939, il fait paraître "Une idée fondamentale de la phénoménologie de Husserl: l'intentionnalité" dans laNrf.
Sa force, mais aussi dans une certaine mesure sa fragilité, vient précisément de cette étonnante polygraphie. Les aléas de la guerre n'y changeront rien. Mobilisé en septembre 1939, pendant toute la drôle de guerre il poursuitL'Âge de raison, remplit des carnets autobiographiques et publieL'Imaginaire(1940). Le 21 juin 1940, il est fait prisonnier. Il sera libéré à la mi-mars 1941 et il termine alorsL'Âge de raison(1945). Sans doute parce que ses efforts pour participer...
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