L'Exil qui a volé mon enfance

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Le 6 avril 1994, le président rwandais H. Juvénal est assassiné. Dès le lendemain, le Rwanda se réveille dans un bain de sang, saisi par une folie meurtrière qui coûtera la vie à plus d'un million de personnes. C'est le début de ce que la communauté internationale nommera plus tard le génocide rwandais. Alexis avait neuf ans pendant la guerre. Lui, qui n'était qu'un enfant, dut fuir pour survivre. Il a marché, comme tant d'autres, dans les montagnes, forêts et marais, sur près de 4 000 kilomètres, du Rwanda jusqu'à Brazzaville. Il a vécu dans les camps de réfugiés de Kashusha, Tingi-Tingi, Loukolela, Ndjoundou, devant s'adapter sans cesse aux conditions de vie, au contexte local, aux possibilités d'apprentissage... Il a vu les tueries, la sauvagerie des hommes, leur violence. Connu la peur, l'angoisse, la séparation, la souffrance. Ce livre est le cri d'un enfant de neuf ans que l'errance a fait disparaître trop tôt. Il est aussi le témoignage d'un adulte sur la cruauté de la guerre. Cette voix qui s'élève aujourd'hui refuse de remuer le couteau dans une plaie à peine cicatrisée. Non, il s'agit ici de témoigner pour ajouter une autre page à l'histoire. Témoigner pour condamner la guerre. Témoigner au nom des Tutsis et Hutus, peu importe, mais témoigner pour nous exhorter à la reconstruction d'un monde meilleur, un monde sans haine ni conflit.
Publié le : jeudi 10 septembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342041651
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EAN13 : 9782342041651
Nombre de pages : 142
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Du même auteur
J'avais neuf ans pendant la guerre, Éditions Caarec, Cotonou, 2008
Alexis Ruhamiliza L’EXIL QUI A VOLÉ MON ENFANCE Récit d’un rescapé rwandais Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120463.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
À ma grande sœur Thérèse M., décédée à Mbandhaka. Et à tous ces enfants victimes des conflits armés en Afrique.
Préface Alexis, je n’aurais jamais cru, en accueillant le 20 juin 1997 à Caraquet, au Nouveau-Brunswick, Jean Tamango, que cet ac-cueil vécu avec tout l’amour des autres qui m’habite ouvrirait un chemin vers toi, victime comme lui d’un génocide que l’histoire ne peut pardonner. Le chemin de ses larmes m’a conduit jusqu’à toi et les liens créés entre nous m’ont permis de marcher avec toi dans l’exil terrible de ta jeune vie. Alexis, tu es pour moi à travers ton parcours de survivance, l’icône qui donne un sens à l’humanité que nous avons en commun. En partageant la même humanité, à la lecture de ton récit, je retrouve dans ton vécu la vérité d’un martyr d’aujourd’hui et je dis non à la mondialisation de l’indifférence devant ce crime humanitaire. Alexis, les artisans de ce génocide sanguinaire d’avril 1994 et les auteurs de la barbarie qui s’en est suivie t’ont volé ton en-fance et ta jeunesse mais ils n’ont pu atteindre la résilience de ton cœur qui a permis l’écriture du vécu de ce récit. Un jour, je le souhaite de tout mon cœur, je t’accueillerai en Acadie et c’est à genoux devant toi que ta souffrance assumée et dépassée me fera voir la beauté de l’être que tu es. Tu es quant à moi, un médaillé d’Or de la vie. Je souhaite que la lecture de ton livre nous permette de dire « non » à la bêtise humaine pour que jamais le génocide rwandais ne se ré-pète !
Zoël Saulnier, prêtre écrivain, nationaliste acadien, le 17 février 2015, en Acadie (Canada).
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Chapitre I. Le Rwanda dans un bain de sang
Il y a eu une sorte de folie collective au Rwanda, une bêtise humaine qui a emporté près d’un million d’êtres innocents. En avril 1994, et plus précisément le 7 avril 1994, le Rwanda s’est réveillé dans un bain de sang. Ce fut un jeudi noir, un jeudi de sang. Jeudi matin, on entend à la radio nationale : « L’avion du président rwandais Juvénal Habyalimana a été abattu hier en nuit, alors qu’il allait atterrir à l’aéroport de Kanombe… Le chef de l’État y a trouvé la mort, ainsi que son homologue burundais, le président Cyprien Ntaryamira… ». Le président rwandais venait d’être assassiné alors qu’il revenait de Dar es Salam en Tanzanie, où se déroulait un sommet de CEPGL consacré exclusivement à la crise rwandaise. En effet, depuis 1990, le régime de Habyalimana faisait face à une rébellion du Front patriotique pour le Rwanda (FPR) dont la base se trouvait en Ouganda. Après la mort du président rwandais, le pays sombra dans des tueries d’une intensité inexplicable, les massacres des Tutsis et de tous les Ibyitsos (les complices du FPR)… Dès le 7 avril, c’est la traque de toutes parts. Dans les villes et dans les campagnes, on tue partout avec des moyens divers : fusils, grenades, machettes, couteaux, marteaux, etc. Ce fut le commencement de ce que la Communauté Internationale qualifiera plus tard de génocide. Génocide dans lequel près d’un million d’enfants de Dieu ont trouvé la mort.
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L'EXIL QUI A VOLÉ MON ENFANCE
Au lendemain du crash de l’avion présidentiel, on apprend également à la radio que les combats ont repris sur tous les fronts, violant ainsi le cessez-le-feu signé à l’issue des pourparlers entre le gouvernement de Kigali et le FPR à Arusha. Un nouveau gouvernement est installé. Le président du pays est Théodore Sindikubwabo, ancien président du Parlement. Le poste du premier ministre est confié à Jean Kambanda, un des leaders du Mouvement démocratique pour le Rwanda, MDR. On baptisa le nouveau gouvernement comme étant celui desAbatabazi, c’est-à-dire le « gouvernement des sauveteurs ». Ils ne sauvèrent rien, hélas ! Dans les jours qui suivirent, les tueries se poursuivirent avec une grande intensité et dans l’indifférence de la Communauté Internationale. En effet, en 1993, l’ONU avait dépêché au Rwanda, un contingent de casques bleus chargés de surveiller le cessez-le-feu, une mission nommée Minuar. Lorsque les massacres ont commencé, ils étaient environ deux mille cinq cents casques bleus, commandés par le Canadien Roméo Dalaire. Très vite, ils furent débordés et dépassés par les massacres. Bref, ils étaient dans l’incapacité de faire quoique ce soit, compte tenu de leur infériorité numérique, mais surtout des limites que leur imposait leur mandat. Les casques bleus n’étaient là que pour surveiller le cessez-le-feu. Ils ne pouvaient recourir à l’usage de leurs armes qu’en cas de légitime défense. Comme la peste, les tueries se propagèrent rapidement et embrasèrent d’autres préfectures du pays. Chez nous, à Masango, les Tutsis et les Hutus vivaient encore ensemble, mais avec une certaine méfiance. Ils suivaient les informations à la radio et écoutaient les récits des évacués de la capitale où les massacres battaient leur plein. Un jour, un groupe d’hommes et de jeunes gens débarqués de Kibuye étaient venus traquer nos voisins Tutsis. Avertis, ces derniers s’étaient sauvés avant que ceux-là ne les attrapent. Comme nous étions voisins et entretenions des rapports
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