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Madeleine n'aimera pas ça !

De
102 pages
Sa Française, je l'ai bien eue aussi. Je hais les femmes qui mettent le grappin sur un homme, surtout si c'est mon fils. Le pauvre chou m'a invitée à leur mariage. Je suis arrivée la veille en tirant une gueule jusque par terre, histoire de mettre l'ambiance. Elle a compris de suite. Elle a fait la gueule aussi. Mon fils y perdait son latin, valsait de l'une à l'autre, s'efforçant d'arranger les choses. Je l'ai déjà dit, il ne comprend rien aux femmes. La soirée fut réussie comme un dîner sur la banquise. J'attendais mon heure pour offrir le clou du spectacle. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Elle ne s'imaginait tout de même pas que j'allais me laisser faire sans réagir. Mon fils lui, s'attend toujours au meilleur.
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Madeleine n aimera pas
a !Pierre Ferin
Madeleine n aimera pas
a !
Petite thØrapie contre une mŁreabusive
AUTOBIOGRAPHIE/M MOIRES (FICTION)' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1273-3 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-1272-5 (pour le livreimprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littØraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimØ telunlivre.
D Øventuelles fautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com-AllezmadameGhislain,encoreunpetiteffort,il
faut manger un peu plus. Essayez de finir ce bon
yaourt.
Non, fait-elleen agitant sa main dØcharnØe.
Ellenevapasmedirecequejedoismangerquand
mŒme. Je me sens beaucoup mieux depuis que j ai
maigri. Je n’ai aucune envie d’avaler son yaourt, il
aungoßtchimique,ellepeutlegarder,jenel aurais
jamaisachetØmoi,iln yamŒmepasunmorceaude
fruit dedans.
Elle tourne lentement de grands yeux bleus Øcar-
quillØs vers le visage de l infirmiŁre.
-D accordmadameGhislain,d accord,maisvous
savez, si je vous pousse, c est pourvotre bien.
Elle acquiesce d’un signe de la tŒte et ferme les
yeuxpouravoirlapaix. ElleestbiencalØedansson
fauteuil, elle a envie d’Œtre seule.
-Je vous laisse madame Ghislain, je vais faire d -
ner madame Laurent au cinquante-trois. Je reviens
tout à l heure vous mettre au lit.
Elle a tout son temps Madeleine, ligotØe qu elle
est à son fauteuil, rivØe à lui sans pouvoir en bou-
ger. LesinfirmiŁresl attachentparcequ elletombe,
la malheureuse, quand elle se lŁve toute seule. Ce
n’est pas l Ønergie qui lui manque, tout au contraire
elleenaàrevendre,maissesjambesetsesbrasnese
7Madeleine n’aimera pas a !
laissentpluscommandercomme avant cette attaque
cØrØbralequil ajetØeàterre. Ellegisaitsanspouvoir
bouger bien qu elle v t et entend t, c est pour dire,
elle savait bien qu elle appelait au secours, rien ce-
pendantdesabouchenesortaitqu’ellepßtentendre.
Elle dßt se rendre à l Øvidence, elle Øtait non seule-
ment incapable de se mouvoir seule, mais elle criait
aussidessonsinaudibles. LatŒteØtaitrestØelucide,
reliØeàuncorpsquiluiavaitØchappØd’unseulcoup.
Madeleines installeàlafenŒtrepoussiØreusedes
souvenirs. Elle y va quand elle veut et, d un simple
haussement de sourcil, l ouvre grande. Il y a tant
de choses àrevoirquandon aquatre-vingtcinqans.
Ainsi fait-elle chatoyer ses souvenirs.
Il faut reconna tre qu force, elle fignole sa vi-
siondeschoses,cen estpasletempsquiluimanque,
alorslesscŁnesØvoluent,desinterprØtationsinsoup-
onnØes Ømergent, Madeleine s invente unehistoire
revueetcorrigØeetilarrivequedesØclairagesinØdits
Øclaboussent d une aveuglante lumiŁre d anciennes
zones d ombres.
Elle se revoie si jolie en jeune Øpouse. Pourquoi
donc l a-t-il trompØe ce vilain monsieur Ghislain ?
Alors qu elle Øtait enceinte, qui plus est. Elle s en
souvient trŁs bien. Comme si c Øtait hier. Cela ne
date pourtant pas d aujourd hui. Elle Øtait sur le
point d accoucher. Paul a dß commencer à ce mo-
ment-l . Ellel aimaitpourtant. Enfin,autantqu elle
s en souvienne, car l amour est sujet à caution. Et
lui,lebougre,l avait-ilseulementaimØeunseuljour
aprŁs leur mariage ?
Jacquesremuedansmonventre. Pourquoin est-il
pas le fruit de son amour ? Pourquoi a-t-il fallu
qu il surg t de cette verge indiffØrente ? Pourquoi
cetenfantduplaisir,desonplaisirØgo stedevrais-je
8Pierre Ferin
dire, s est-il accrochØ à mon bas-ventre ? Pourquoi
dois-je l accueillir malgrØ moi ?
Ils s Øtaient mariØs jeunes. Paul finissait sa mØ-
decine et entamait tout juste une spØcialisation. Ils
n’avaient pas beaucoup d argent. Ses parents à elle
lesaidaient. Siseulementilsavaientsu,ilsneluiau-
raientpasofferttoutcetargentmaisilØtaittroptard
pour faire marche arriŁre.
Sa ma tresse Øtait brune. Elle la revoit sur la
gondole à Venise, l air Øtait doux, c Øtait son pre-
mier congrŁs d endocrinologie au professeur Ghis-
lain, il Øtait rapidement devenu une sommitØ par
sesrecherchessurlafertilitØ,Madeleinel accompa-
gnait,lecongrŁsprenaitdubontempssurlescanaux,
ils Øtaient montØs au hasard des gondoles, c est ce
qu elleavaitcrudumoins,carilss ØtaientretrouvØs
àquatre,elleetlui,etpuiselle,lasalopeetuneamie.
Pauvreidiotequej Øtais. Lasalopes estassisejuste
enfacedelui,satŒtelØgŁrementpenchØeenarriŁre,
laissant pendre ses longs cheveux bruns et gonfler
sapoitrinedanssonchemisierblanc,ellel aguichait
carrØment et le couillon mordait à l hame on.
Quiauraitpucroirequecettehistoiredureraitqua-
torze ans ? Je ne l ai pas imaginØ un seul instant et
ma mŁre renchØrissait, tu vas voir, ce n est qu une
passade,soispatiente,iltereviendracomplŁtement.
On vit sa vie sans y Œtre prØparØ. Si c Øtait à
refaire,jeneresteraispasuninstantaveccetra tre,je
rendrais cet enfant qu il n a pas voulu sur le champ
et m en irais vivre ma vie.
C est plus facile à dire qu faire Øvidemment, et
sans doute plus facile de nos jours qu avant. Les
femmes prennent la pillule à prØsent. Avant, il y
avait cette trŁs catholique universitØ qui n’aurait ja-
mais permis qu un de ses Øminents savants divorc t
impunØment.
9Madeleine n’aimera pas a !
Le salaud mena double vie à grand train. Il en
avait les moyens. Il vØcut dans le stupre me privant
de toute fornication. Je n Øtais qu une oie blanche
ØlevØe dans l ignorance par les coupables soeurs
blanches.
Mon mari ne se levait pas de grand-matin, ne se
dØcidant à ouvrir l oeil qu au moment oø je lui ra-
menais son cafØ au lit. Quand l ar me pØnØtrait ses
narines, il ouvrait toujours l’oeil droit d’abord. Son
nez frØmissait. Il se redressait à l aide d oreillers
amassØsderriŁresondospoursedØlecterdesonpre-
mier plaisir matinal. L’oeil gauche daignait s ouvrir
à la deuxiŁme gorgØe de cafØ et notre homme jouis-
saitdel instant. Chaqueaubenouvelleluiannon ait
une journØe fertile. Ses Øtudiantes l attendaient im-
patiemment. Elles lui trouvait un je ne sais quoi de
majestueuxdansleregard,qu ilavaitper ant. Quant
àses connaissances, ellesØblouissaientl assistance.
Le salaud gardait le meilleur de lui-mŒme pour
les autres et surtout pour l autre, la salope. Le doc-
teurconsacraitl aprŁs-midiàsesclientes. Puisàsix
heures,ilcouraithonorersama tresseetrentraitvanØ
vers onze heures, au domicile conjugal, oø j avais
gaspillØ le plus clair de mon temps. J ai supportØ
cetteviependantquatorzeans. J aidumalàycroire
encore, mais pouvais-je faire autrement ? Il avait
l argent et j avais l enfant.
-Bonsoir maman, comment vas-tu ce soir ?
Tiens, quand on parle du loup, voil l abruti. Il
s est encore payØ une nouvelle chemise, à ce que je
vois, avec mes sous c est sßr. Il n est pas fichu de
gagnerbiensavie,lepauvrechØri. Jeluifaislabise
quandmŒme. JenepeuxplusleguideràprØsentque
lessonsnefranchissentpluslafrontiŁredemagorge.
Ils rØsonnent pourtant clairement dans ma tŒte. Il
faudrait que je hurle pour me faire comprendre et je
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