Maisons d'arrêt

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Dans un style direct et vivant "madame Much", visiteuse de prison, raconte son parcours dans le milieu carcéral, ses visites et le suivi de quelques-uns de ceux qu'elle a rencontrés en prison, tout en vivant sa vie de famille. Elle raconte aussi ses relations avec la magistrature, la police, les gendarmes. Avec son journal, elle témoigne de son expérience sur le terrain et suggère des solutions envisageables pour tâcher d'éviter les nombreuses récidives de petits délinquants.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
Lecture(s) : 53
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748361414
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748361414
Nombre de pages : 166
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Claude Breguet Drory MAISONS D’ARRÊT Parcours d’une visiteuse de prison
Mon Petit Éditeur
 
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IDDN.FR.010.0115903.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
 
À lAdministration Pénitentiaire
1 Much et la prison Elle cherchait sans doute à se rendre utile pour aller voir des familles en difficulté, discuter, essayer de trouver des solutions. Agacée de se casser le nez chaque fois que lun des leurs se trouvait en prison, Much décide de vouloir comprendre ce qui amène ces pères de famille, ces jeunes, ces frères de familles nombreuses, ces jeunes maris ou compagnons à se retrouver enfermés ; car elle ne voit pas comment il est possible de sortir ces gens de lornière dans laquelle ils se trouvent.Or, Jacques, le jeune cousin de Much et Louis, est ordonné prêtre en juin. Appelé dans le Midi de la France, il se met à travailler à lévêché. Très heureux dans ses responsabilités, il se donne à fond. Lors des élections sa popularité grandit si vite quil est sollicité pour se présenter au Conseil Municipal. En tant que prêtre, il doit refuser. Son évêque le nomme alors aumônier de la Maison dArrêt. Son enthousiasme est grand et communicatif. Est-ce à cause de lui que Much a suivi ce parcours ? En tous les cas il le lui a suggéré. Elle se plonge alors dans ce monde judiciaire et pénal dont elle ne connaît rien. Elle répond à lappel dun aumônier pour rendre visite à des détenus en région parisienne, près de son domicile. La voici aussitôt convoquée pour un entretien avec le chef de la Maison dArrêt. Pas drôle, car elle se sent tout à fait bizarre de se
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trouver pour la première fois à lintérieur dune prison, passer par le sas, être introduite par des gardiens en uniforme, ses empreintes digitales prises en sexcusant. Cet entretien ressemble plutôt à une mise en garde : comment doivent se passer les entrevues avec les détenus, quel comportement adopter. « Ils vont tous vous dire quils sont innocents, ce ne sont pas des enfants de chur. Ils vont vous mener en bateau, vous risquez gros. Vous pourrez toujours appeler, une alarme se trouve près de votre siège, soyez prudente. Vous comprenez, nous devons assurer votre sécurité. Vous aurez une assurance spéciale ». Le chef lui remet aussi un petit fascicule expliquant les possibilités, et les obligations auxquelles sont soumis les visiteurs de prison : « Leur rôle consiste à prendre en charge un nombre restreint de détenus afin de leur apporter le réconfort de leur présence et de leur sollicitude, et en même temps de faciliter sous toutes ses formes la préparation au reclassement social ». Much lit attentivement le fascicule en remarquant tout de suite que ce qui serait confidentiel ne doit pas être divulgué, sauf évidemment lorsquil est question de sécurité. « Les visiteurs, visiteuses sont tenus à la discrétion en ce qui concerne les renseignements quils auraient recueillis par voie de confidences faites par les détenus quils assistent ». « Et surtout ne donnez pas votre nom, ni votre adresse. Il y a de tout ici, la plupart ne sont pas encore jugés ». Tout, quoi, pour la mettre à laise ! Ensuite la voici convoquée au bureau de police de la sous-préfecture. Lentretien se passe très simplement, dune manière plutôt sympathique. Dialogue coupé par de nombreux appels téléphoniques durant lesquels elle est invitée à rester dans le bureau. Elle entend les diverses conversations sur des cas à traiter immédiatement. Son interlocuteur attend probablement ses réactions quelle ne manque pas de lui communiquer et qui sont sans doute jugées conformes. La conversation se déroule de façon plutôt agréable.
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Il ne faut plus quattendre lagrément afin dobtenir la carte de visiteuse de prison. Quelques mois passent sans nouvelles. Sans doute y a-t-il enquête. Enfin elle reçoit une nouvelle convocation. Sa carte renouvelable tous les trois ans lui est remise. Elle peut donc commencer ses visites.
La Maison dArrêt
Cette Maison dArrêt de province dans laquelle Much va rendre visite aux détenus ou plutôt aux prévenus en attente de jugement, a été érigée au milieu du XIXe siècle. Elle est lune des vieilles bâtisses de la cité où plus dune centaine de détenus hommes, attendent dêtre jugés ou purgent déjà leur peine. Le chef de la Maison dArrêt lui fait visiter la prison. Les cellules denviron neuf mètres carrés sont meublées chacune de trois lits superposés, dune table, de deux chaises, dun lavabo et dun WC plus trois penderies avec chacune son cadenas. Il y en a quarante-sept.Le matin, les prisonniers sont réveillés à sept heures et reçoivent immédiatement leur petit déjeuner dans leur cellule. Ensuite, quelques détenus déjà jugés prennent place dans leur équipe de travail où ils ont réussi à être affectés, à leur demande. Cest leur manière de lutter contre loisiveté : repeindre un mur, nettoyage, cuisine. Lobjectif étant de les faire participer à lentretien du bâtiment. Travail pour lequel ils sont rémunérés. Certains préfèrent travailler dans leur cellule, ils ont alors, aussi, un compte financier nominatif tenu par lintendant de la prison, ce qui leur permet de « cantiner », cest-à-dire de sacheter quelques denrées au sein de la prison.Deux fois par vingt-quatre heures, ils peuvent tous se défouler sur un petit terrain de terre battue cerné de hauts murs, et grillagé.
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Les prévenus, ceux qui sont donc en attente de leur jugement, ont en général lautorisation de recevoir trois visites de famille, dune demi-heure par semaine, sur rendez-vous téléphonique. Une seule visite hebdomadaire pour les condamnés. La journée se termine à dix-neuf heures, été comme hiver. La télévision est installée dans chaque cellule. Les détenus qui ont de quoi payer labonnement, bénéficient certains soirs, dun film vidéo collectif. Il ny a pas encore de parloirs pour les avocats et les visiteurs, donc les entrevues doivent se passer dans le vestiaire des surveillants : un local tout en longueur, grand comme une cellule. Là, une petite table entre deux chaises se faisant face et un bouton rouge sur lequel on peut appuyer en cas de danger. Les casiers vestiaires des surveillants se trouvent derrière. La bibliothèque aligne des ouvrages de tous genres, allant de la bande dessinée aux ouvrages classiques. Il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux. (Certains détenus savent à peine lire ou écrire). Un instituteur est employé à plein-temps par lAdministration Pénitentiaire pour amener les détenus qui le désirent à un niveau scolaire acceptable. Les cellules ont de très petites fenêtres placées très haut, avec de gros barreaux. De plus elles sont fort sombres car occultées par un volet de bois penché « pour quils ne puissent pas avoir de contact avec lextérieur ». Elles donnent sur une cour décole. Une cellule, deux fois plus grande que les autres, loge ceux qui assument le travail en cuisine et aident à la propreté : les auxiliaires. Ils sont cinq ou six détenus plutôt privilégiés, car ils sont déjà jugés et condamnés à de courtes peines quils terminent à la Maison dArrêt. Certains détenus peuvent suivre des cours de cuisine, distribuer aussi les repas, bien sûr sous surveillance. Une cellule sert dinfirmerie, une autre est à la disposition de lassistante sociale du Comité de Probation qui vient régulièrement à la
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